Le signal clair de Bart de Wever et les œillères francophones…

 Jules Gheude, essayiste politique (1)

 « Qu’on ne se trompe pas d’élections ! Le triomphe de Bart De Wever ne l’autorise pas à dicter le calendrier du gouvernement fédéral. Le confédéralisme n’est pas à l’ordre du jour. »  Telle est la réaction des responsables politiques francophones au discours prononcé, dimanche, par le président de la   N-VA.

Il en va des rodomontades francophones comme des grandes émotions : elles restent sans lendemain ! Tandis que Bart De Wever prépare la Flandre à l’offensive finale – qui pourrait survenir avant 2014… -,  les responsables francophones poursuivent avec leurs œillères et leurs sabres de bois !

En invitant les francophones à négocier sans attendre le confédéralisme, Bart De Wever, le maître incontesté de la Flandre, ne fait que rappeler les fameuses cinq résolutions approuvées par le Parlement flamand en 1999 et qui s’inscrivent clairement dans un schéma confédéraliste.

Que cela plaise ou non, force est de reconnaître que la Flandre est une Nation, comme le stipule d’ailleurs la Charte que le Parlement flamand a récemment adoptée. Une Nation prospère, dynamique, et qui entend bien prendre sa place à part entière dans le concert européen. On voit d’ailleurs, ces derniers temps, Kris Peeters (souvenons-nous de sa « révolution copernicienne » !) se profiler à l’étranger comme le chef d’un véritable état souverain.

Si le confédéralisme devait voir le jour dans les deux à trois ans à venir, la Belgique se verrait réduite à l’état de coquille vide, avec une Wallonie qui serait dans l’incapacité financière de s’assumer. Qu’à cela ne tienne, rétorquent les ultra-régionalistes. Mieux vaut être libre et pauvre que dominé et riche !  Peut-on cependant imaginer un seul instant que la population wallonne accepterait, sans rechigner, de voir ses prestations sociales chuter sensiblement ? Les manifestations violentes en Espagne et en Grèce à propos des plans d’austérité répondent à la question…

Convaincu du caractère inéluctable de la scission, j’ai, depuis sept ans, placé délibérément ma réflexion politique dans l’optique « post-belge ». Mieux vaut, en effet, anticiper les choses que de les subir dans l’improvisation.

Contrairement aux responsables politiques, je n’ai aucune rente de situation à sauvegarder. Car il ne faut pas tourner « autour du plan ». Ce Plan B, que l’on nous sert régulièrement depuis quelque temps, ne vise, ni plus ni moins, qu’à assurer, via une Fédération Wallonie-Bruxelles qui reste à construire et qui peine à pénétrer dans les esprits, le maintien de la Belgique sous une forme réduite, le jour où la Flandre aura décidé de larguer les amarres. Si, comme l’a déclaré un jour Francis Delpérée, « le confédéralisme est le fédéralisme des cons », le WalloBrux est la grande illusion des nostalgiques belgicains et monarchistes. Comme l’a bien dit François Perin : « Nous aurions une Belgique en réduction, tout aussi médiocre que la première, avec le maintien des Saxe-Cobourg dont la Flandre aurait eu l’intelligence de faire l’économie ! ».

J’entends dire qu’une Belgique « seconde » ou « continuée » resterait liée aux traités internationaux auxquels nous avons adhéré.

La chose ne serait  pas aussi simple. Une adhésion de plein droit aux traités internationaux comme successeur de l’ancienne Belgique pourrait être contestée juridiquement par d’autres Etats, par exemple par le nouvel Etat flamand… Celui-ci se mettrait de facto en dehors des organisations internationales, que la déclaration d’indépendance soit jugée légale ou non par la Cour internationale de Justice. Mais, par là même, la Flandre mettrait aussi la Belgique résiduelle hors du jeu international, l’exclurait des organisations internationales de jure. Ce fut d’ailleurs le cas pour la « Yougoslavie continuée » (Serbie-Monténégro) lors des sécessions croate et slovène de la Fédération yougoslave.

Cette Belgique résiduelle serait d’ailleurs si substantiellement différente de la première qu’on voit mal comment la communauté internationale pourrait lui reconnaître une personnalité juridique identique.

Avec un taux de chômage élevé et une situation qui serait intenable au plan des finances publiques (Bruxelles devrait se montrer solidaire de la lourde dette wallonne…), la viabilité de ce nouvel Etat serait vite compromise.

Enfin, se pose la question de savoir comment, au départ de relations qui, il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître, ont toujours été empreintes d’une certaine méfiance, organiser les pouvoirs et fixer le poids respectif de la Wallonie et de Bruxelles au sein de l’Etat commun. Optera-t-on pour le principe de l’égalité (Bruxelles = Wallonie) ou celui de la proportionnalité (W > B) ? Un beau casse-tête en perspective…

Comme l’ont démontré les travaux des Etats généraux de Wallonie (www.etatsgenerauxdewallonie.com) et les études du Gewif (Groupe d’Etudes pour la Wallonie intégrée à la France – www.gewif.net), la seule option d’avenir réaliste et crédible réside dans un statut particulier d’intégration à la France, qu’une Constitution française fort souple pourrait garantir aisément. Un tel statut, dont pourrait également disposer Bruxelles si elle en émettait le souhait, permettrait à la Wallonie de maintenir ses compétences et organes d’auto-administration actuels. Sa spécificité ne serait en rien malmenée.

Pourquoi s’échiner à couper les cheveux en quatre quand la solution est à portée de main ?

En 1958, André Renard, dont on ne peut mettre en doute l’attachement à la Wallonie, ne déclarait-il pas : « Nous avons foi en cette France qui, pour nous, est éternelle. (…) la France reste le grand flambeau et, pour beaucoup d’entre nous, la grande lumière de culture ».

Nous savons, par divers sondages, qu’une majorité de Français seraient favorables à l’option réunioniste. Ne laissons pas passer cette chance unique, gage de notre redressement et de notre prospérité !

(1) Derniers ouvrages parus : « Le petit guide de l’après-Belgique » (éd. Mols, 2010) et « On l’appelait Belgique » (Mon Petit Editeur, 2011).

Un discours royal

dimanche 14 octobre 2012

UN DISCOURS ROYAL

Encore un majordome ?

Un vent favorable (facétieux) a déposé sur mon bureau l’avant-projet d’un discours qui, lorsqu’il sera prononcé par le mystérieux monarque d’un pays voisin, ne manquera pas d’être qualifié d’historique…

Je vous en ai réservé la primeur.

 Michel Lemmens

« Mes chers compatriotes,

« La Reine et toute notre famille se joignent à moi pour vous souhaiter une heureuse et prospère année 20**, dans la paix sociale et institutionnelle et dans un renouveau de l’économie mondiale dont vous avez toujours été capables de recueillir les bienfaits.

« Le protecteur des institutions, sinon Père de la Nation, que fait de moi la Constitution ne peut que se réjouir en constatant que le fossé qui s’est creusé entre la V** et la W** n’a jamais donné lieu aux violences qui ont dévasté tant de nations durant les deux derniers siècles de l’histoire européenne. Sans doute le nationalisme des uns ou des autres n’était t-il pas aussi toxique que le proclamaient ses critiques ?

« On peut en tout cas y voir la preuve du légendaire bon sens des B**, connus mondialement pour leur pragmatisme grâce auquel ils admettent sans peine que la situation est désespérée mais pas grave; avis que je partage entièrement.

« Les nombreux gouvernements dont vous avez, au fil des décennies, doté notre pays ont, suite aux récentes élections, décidé de consulter la population sur la question de l’avenir que vous souhaitez donner à la B***

« Il est en effet désormais parfaitement établi et reconnu que le gouvernement de la V** entend suivre une voie institutionnelle incompatible avec la volonté, tout aussi claire, de la W*** qui veut ne pas renoncer à des garanties indispensables au maintien du niveau de vie de ses habitants.

« La Consultation populaire, rédigée dans des termes actuellement débattus devant vos divers Parlements, permettra de savoir avec certitude si les citoyens de B*** désirent ou non, sont prêts ou non, à accepter une transformation du pays en une confédération de plusieurs États indépendants unis par des traités de portée internationale librement négociés.

« De votre réponse à cette question dépendra l’avenir de la B***, et le mien. Car je ne suis pas seul à penser que les projets des uns et des autres ne sauraient fonder des traités qui restaureraient une union qu’une Constitution plus que centenaire et dix fois réadaptée n’a pu empêcher de se dissoudre et qu’il serait ainsi mis un terme à mon règne.

« Si nos destins devaient se séparer, je renoncerais sans amertume à un trône devenu sans objet et à une monarchie qui ne serait plus désirée que par une minorité nostalgique uniquement intéressée par la conservation de quelques privilèges.

« Je resterais reconnaissant à la B***, à mes prédécesseurs et à ses gouvernements de m’avoir assuré, grâce à leur générosité, la préservation d’un patrimoine qui assure à notre famille une durable prospérité.

« Nous rejoindrions alors l’agréable société des Rois et Princes sans trône, des Romanoff, Hohenzollern et autres Bourbon, sans avoir eu à souffrir des sanglantes péripéties qui ont accompagné certaines fins de règne. Cette fois encore, la B*** aurait su éviter de funestes violences.

« Nous pourrions ainsi envisager l’avenir serein car apaisé dont la B*** a tant manqué ces dernières années et qui lui a coûté si cher en temps et en imagination pour de vains efforts destinés à sauver ce qui ne devait pas l’être.

« Mes chers concitoyens, je vous souhaite à nouveau etc… »

Sans commentaire

« Nous sommes le plus grand parti de Flandre, nous devons défendre cette position de la rue du village à la rue de la Loi. Je fais un appel à Di Rupo et aux francophones : préparez avec nous la réforme confédérale. Car ce gouvernement fiscal qui n’a pas la majorité en Flandre n’est pas soutenu par les Flamands. » (Bart De Wever, au soir des élections communales et provinciales en Belgique…)

Le jeu des coalitions ne va pas étouffer le discours de la N-VA mais va l’amplifier.

La Belgique à l’épreuve des élections

Plus que deux fois dormir et on y verra plus clair. En Belgique, même les élections locales ont valeur de test. Pas seulement pour mesurer la forme des partis politiques et de leurs figures de proue. Non, ce sont les chances de survie de l’Etat qui seront pesées à l’issue du scrutin. Que l’on soit d’Etalle ou de Colfontaine, de Gedinne, de Lasne ou de Juprelle, les enjeux locaux ne dispenseront pas de regarder ailleurs. Nous ne savons pas si, dimanche, se produira ce que De Wever appelle une « révolte démocratique » en Flandre, mais force est de constater que, d’élection en élection, l’Etat belge est en sursis.

C’est la raison pour laquelle l’AWF a envoyé dix questions à de nombreux candidats. Pour nous, la démarche est nouvelle et nous nous promettons déjà de faire mieux la prochaine fois. Forts de cette première expérience, nous ferons la chasse à tous ceux qui éludent un débat devenu indispensable. Il va de soi que le choix de la France est à prendre en considération mais n’est pas la seule option pour la Wallonie. Nous remercions tous les candidats qui ont pris la peine de réagir à notre questionnaire, même quand c’était pour exprimer un point de vue opposé au nôtre (nous invitons à découvrir ici la réaction de Jean-Claude Maene, député-bourgmestre de Beauraing, 1er sur la liste PS de sa commune).

Jean-Pierre Hupkens, échevin de la culture à Liège et 3e sur la liste du PS dans la Cité ardente, a bien voulu, lui,  répondre à nos dix questions, sans trop s’engager toutefois. De ses réponses, on retiendra qu’il n’est pas question, selon lui, de sauver la Belgique à n’importe quel prix. Il ne veut pas du confédéralisme réclamé par la Flandre et se dit favorable à un rapprochement avec la France (lien).

Pour d’autres réactions à notre questionnaire : ici, ici, ici et ici.

Un article bien loin des vieux clichés

Qui a dit que la France n’avait que condescendance vis-à-vis de la Wallonie ? Voici un article qui en dit long sur la façon dont une grande majorité de Français nous tient en estime, voire en admiration. Nous sommes bien loin des vieux clichés qui voudraient que notre Région devienne la région oubliée ou la cinquième roue du chariot de la République lorsque nous rejoindrons la France.

Paul Durieux

Escapade gourmande en Wallonie : quand le site du Monde.fr rend hommage à notre région, à ses habitants et à sa gastronomie (lien).

A trois heures de Paris, le sud de la Wallonie est un petit joyau méconnu qu’il faut prendre le temps de découvrir à la lumière de l’automne. Entre la vallée de la Meuse et le grand-duché de Luxembourg, on y traverse des paysages brumeux et vallonnés d’où émerge parfois, au milieu d’une forêt, un jardin à la française du XVIIIe siècle, comme celui du château de Freÿr près de Dinant.

Dans la vieille querelle qui les oppose aux « laborieux » Flamands du Nord, les « gentils » Wallons du Sud ont développé avec le temps un sens de l’autodérision aussi sympathique qu’efficace. Ainsi les habitants de Namur, moqués pour leur lenteur légendaire, n’ont-ils rien trouvé de mieux que de prendre l’escargot pour emblème de leur ville. Ce sens de l’humour typiquement wallon, Rémy Belvaux et Benoît Poelvoorde, eux-mêmes natifs de Namur, ont su le traduire il y a vingt ans dans un film culte : C’est arrivé près de chez vous.

Mais la Wallonie est aussi une fascinante terre de goût, à la fois rustique et joyeuse, que nos gastronomes en quête de nouvelles saveurs se devraient d’explorer au plus vite.

Pour une telle escapade, pas de meilleur guide que Jean-Pierre Gabriel. Photographe sensible, amoureux des jardins, ce Wallon né dans une ferme à beurre milite depuis toujours pour la renaissance des produits du terroir belge, comme l’endive de pleine terre ou le fromage au lait cru de Herve (seul fromage belge à bénéficier de l’appellation d’origine protégée européenne). « Depuis quelques années, une nouvelle génération d’artisans passionnés est apparue en Belgique, et particulièrement dans le sud de la Wallonie. Avec eux, ce sont des terroirs, des savoir-faire et une vraie gastronomie locale qui se sont mis à revivre, générant des emplois et un tourisme de qualité », dit-il.

LETTRES DE NOBLESSE

L’exemple de Stephen Destrée est de ce point de vue éloquent. Seul dans son garage de Leignon, près de Namur, ce jeune pâtissier de 27 ans a décidé, il y a peu, de redonner ses lettres de noblesse à la grande tradition du biscuit belge chère à Hercule Poirot. Aux antipodes du spéculoos industriel, ses délicieux biscuits aux amandes, au chocolat, au caramel et aux agrumes, tous sans additifs chimiques, sont aujourd’hui servis à l’heure du thé dans les plus grands hôtels de Bruxelles.

A Falmignoul, près de Dinant, la brasserie Caracole est l’un des trois derniers établissements artisanaux belges, avec Cantillon à Bruxelles et la brasserie à vapeur de Pipaix. Remise en état de marche en 1994 par le très passionné François Tonglet, cette merveilleuse brasserie en brique du XVIIIe siècle n’est aujourd’hui encore chauffée qu’au feu de bois. Procédés de fabrication, outils et matières premières sont exactement les mêmes qu’autrefois et le produit final reste 100 % wallon : de l’eau de source, du malt bio torréfié, de la fleur de houblon, des levures et un mélange d’épices traditionnelles. Il faut entre six et huit semaines pour élaborer une grande bière, comme la Troublette bio, à base de malte et de froment. A mi-chemin entre la blanche et la gueuze, cette bière légère, parfumée au jus de citron, à l’écorce d’orange, à la graine de coriandre et au houblon, séduit par sa fraîcheur et sa rondeur aromatique.

Mais les bières de la brasserie Caracole sont aussi de magnifiques bières de repas, comme le démontre le jeune chef Ludovic Vanackere (sosie de Tintin) qui, dans son excellent restaurant Atelier de Bossimé, au village de Loyers, propose la bière ambrée sur une délicieuse joue de cochon confite dix-huit heures à basse température, accompagnée de pommes de terre cuites dans une croûte de foin. C’est ça, le goût de la Wallonie…

HOSPITALITÉ ADMIRABLE

En pénétrant dans les Ardennes belges, on découvre soudain une campagne qui est restée dans son jus, exactement comme il y a un demi-siècle… « Ici, les gens sont plus têtus, explique Jean-Pierre Gabriel, ce sont des chasseurs, des hommes de la forêt, mais leur hospitalité est admirable. »

A Attert, tout près du grand-duché de Luxembourg, ne manquez pas de rendre visite à un artisan d’exception : Marc Fouss, de la Maison Thill. Poigne de fer, voix de stentor et rire gargantuesque, cet Ardennais de souche est aujourd’hui le dernier à élaborer des jambons fumés entiers avec l’os, non pas avec de la vulgaire sciure mais bien avec des rondins de bois de hêtre bien secs : « Le hêtre offre l’avantage de ne pas avoir d’écorce, sa fumée est très fine et légère, sans tannin excessif », confesse-t-il.

Plongés vingt jours dans un bain de sel et d’épices, les jambons du père Fouss sont ensuite séchés plusieurs semaines dans une cave à 8 degrés avant d’être fumés un mois entier dans une immense cheminée qui surplombe le village. « La semaine dernière, un gars est venu me dire que la fumée l’incommodait et que je devais déménager. Je lui ai dit que la Maison Thill fumait ses jambons depuis le XVe siècle et que celui qui l’arrêterait n’était pas encore né ! », s’enflamme-t-il.

Après le fumage, les jambons sèchent à l’air libre pendant au moins quatre mois, mais c’est après vingt-quatre mois d’affinage qu’ils atteignent leur plénitude, arborant une belle couleur rouge. Leur doux fumé campagnard et leur fondant en font un produit d’exception que l’on ne peut, hélas, trouver que sur place…

NECTAR D’AUTOMNE

Mais la Wallonie du Sud est aussi un pays de pâturages propices à la production de beurre, de crème et de fromages au lait cru d’une qualité insoupçonnée. Lionel Plaquette, 28 ans, est un agriculteur atypique qui s’est rendu célèbre grâce à l’émission de télé-réalité « L’amour est dans le pré » (il y jouait son propre rôle, celui d’un fermier gay à la recherche de « l’âme frère »).

Issus du lait de vaches jersiaises et normandes nourries au trèfle, à la luzerne et au foin, les beurres au lait cru qu’il fabrique dans sa ferme du Mesnil-sur-Blaise n’ont rien à envier à nos fameux beurres Bordier, Echiré et autres Bellevaire. D’un beau jaune pâle, son nectar d’automne baratté à la fleur de sel est élégant, rond et très pur en bouche. Lionel Plaquette produit aussi des beurres à la truffe noire, aux fines herbes et aux oignons-gingembre (délicieux sur des gambas flambées au whisky). On les trouve Chez Catherine, la plus belle crémerie de Bruxelles.

Cette plongée au cœur des terroirs de la Wallonie ne serait pas complète sans le maître fromager Daniel Cloots, véritable pionnier dont la coopérative du Gros Chêne, créée en 1986 à Méan, fait vivre aujourd’hui une cinquantaine de petits producteurs de lait de la région. Au fil des ans, Daniel Cloots a su tisser le lien qui, dans son esprit, doit relier l’agriculteur au consommateur. Fabriqués et affinés sur place, ses fromages de chèvre et de brebis au lait cru bio sont tous d’un goût subtil et font partis du patrimoine gastronomique belge.

Emmanuel Tresmontant

Un candidat prêt à devenir français

Jean-Paul Bonjean, candidat du PS à Liège, a répondu à nos dix questions. Contrairement à beaucoup, il croit davantage en l’indépendance de la Wallonie qu’en l’avenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais en cas d’union avec la France, il préfère une assimilation complète à un statut particulier pour la Wallonie.

Un seul commentaire pour accompagner ses réponses, mais il est intéressant :

Il n’y a pas eu de congrès sur la question d’autant que nous n’avons pas encore liquidé la Communauté Wallonie-Bruxelles; mais de temps en temps, lors de fortes tensions avec les Flamands, un ou l’autre parlementaire PS wallon « roule des mécaniques » et annonce le désir pour les Wallons d’être rattaché à la France.

Rappelons ici les réponses de Claude Emonts (PS) et de Pierre Castelain (Ecolo) pour Liège.

Ajoutons-y les réponses d’Alain Balsat (RWF) pour les élections provinciales à Liège.

Et les candidats francophiles, que disent-ils ?

On a beau être une personnalité politique et ne pas craindre, à l’occasion, de plaider pour la réunion de la Wallonie à la France, il y a des moments où il vaut mieux parler d’autre chose. A l’approche des élections communales, par exemple, surtout quand on brigue un mayorat. Nous comprenons. Nous connaissons beaucoup de candidats francophiles et nous souhaitons leur élection, même si, dans leur campagne électorale, ils se gardent bien de parler de la France.

Nous savions, quand nous avons décidé d’envoyer un questionnaire aux candidats, que peu d’entre eux prendraient le temps d’y répondre, ou le risque d’y répondre. Il était clair, déjà, que plusieurs membres de l’AWF qui se présentent aux élections, ne le feraient pas au nom de leur engagement pour une Wallonie française. Le militantisme est souvent pluriel. Nous respectons leur choix. Si nous ne parlons pas d’eux sur ce site, c’est parce qu’ils nous l’ont demandé.

Le cas du RWF est bien sûr différent. Le choix de la France est sa raison d’être. Il n’y a pas d’incompatibilité entre le RWF et l’AWF, mais il y a la discipline de parti. Pour les candidats du RWF qui sont par ailleurs membres de l’AWF, la discrétion est aussi de mise. Il nous suffit, dès lors, de signaler que le RWF n’a déposé des listes que pour les élections provinciales.

Pour permettre à chacun de s’en faire une idée, voici l’ensemble du courrier que nous avons envoyé à un nombre important de candidats : ici.

Nous remercions tous les candidats qui, d’une manière ou d’une autre, ont réagi à ce courrier.

A propos d’un questionnaire de l’AWF

A tous les candidats que notre action indiffère ou dérange,

Nous savons qu’il ne manque pas de causes à défendre et que les motifs d’inquiétude sont nombreux.

Nous savons que la France n’est pas la « solution-miracle » aux problèmes actuels et à venir de la Wallonie. Les slogans sont mobilisateurs mais réduire une idée à un slogan, c’est de la poudre aux yeux, de la démagogie. Personne n’y échappe. Pas plus vous que nous.

Vous avez des idées, nous aussi. La finalité de toute idéologie est de s’imposer comme une évidence, à la fois morale et intellectuelle. On est toujours du côté de ceux qui ont raison. Il y a forcément de la subjectivité dans tout ce que nous disons, répétons, martelons. Dans tout ce que vous dites aussi. Le tout est de l’assumer et de ne pas se couper des réalités.

Nous assumons notre attachement aux valeurs démocratiques, à la culture du débat public. A l’heure où, plus que jamais, l’avenir de la Wallonie est en jeu, nous assumons aussi notre préférence pour le choix de la France.

Ce point de vue est certes partisan, mais il est fondé sur des réalités que nul ne peut ignorer. Pas plus vous que nous.

Nous sommes conscients que, pour les candidats aux prochaines élections communales, en Wallonie, la problématique communautaire est sans intérêt, les enjeux n’étant pas ceux-là. Nous reconnaissons que le questionnaire que nous avons envoyé à des milliers d’entre vous est orienté (voir ici la réponse de Pierre Castelain, candidat Ecolo à Liège, le seul, jusqu’à présent –PS, MR, CDH et Ecolo confondus-, à avoir répondu à nos 10 questions). Mais nous croyons utile d’attirer votre attention sur les premières lignes de notre texte fondateur :

« En Wallonie comme ailleurs, l’exercice de la démocratie exige un minimum de lucidité, de participation à la vie publique et, pour en mesurer les enjeux, de conscience collective.

« Il va de soi que les sentiments, les émotions même, influenceront toujours le choix politique. Mais c’est à la raison qu’il appartient de confronter les désirs, parfois contradictoires, à la réalité… » (pour la suite du texte : ici)

Nous insistons : il y a des réalités que nul ne peut ignorer. Surtout quand on veut assumer des responsabilités politiques. Il faut lire, notamment, l’analyse du professeur Gazon.

G.R.

A la réponse de Pierre Castelain, nous ajoutons la réaction de Bruno Willemart, candidat MR à Namur : ici.

France et Wallonie : non à la malbouffe !

Parce que nous apprécions les lecteurs qui nous font l’honneur de lire les articles de notre site, nous répondons bien volontiers à l’invitation de  Jules Jasselette, ancien échevin de l’instruction de la Ville de Liège, de publier le texte qui suit. La « malbouffe » est aussi un combat qui intéresse l’Alliance Wallonie France. Ici aussi, France et Wallonie partagent des valeurs communes.

Vous vous souvenez de « Tricatel », l’infâme dans le film « L’aile ou la cuisse » ???
En fait, on est en plein dedans !!!
A lire, et bien réfléchir…

Un faux fromage plus vrai que nature… le fromage ‘analogue’

Article étonnant de Paule Neyrat, diététicienne au sujet d’un faux fromage dont les consommateurs ignorent certainement l’existence (lien).

« Ça ressemble au fromage, ça a le goût du fromage et c’est un scandale alimentaire ».

Et il est consommé dans nombre de pizzas, lasagnes, burgers et autres plats industriels contenant du fromage genre gouda, mozzarella, emmental.

Il existe deux versions de fromage analogue inventées par CARGILL, fabricant américain de produits pour l’industrie agro-alimentaire implanté dans 63 pays… ça laisse rêveur !

1) La pâte composée de 15 % de protéines laitières, d’huile de palme (la moins chère mais la plus toxique car c’est une graisse dite ‘Trans’ qui a des effets délétères sur la santé) et d’exhausteurs de goût qui existe depuis 2007.

2) L’autre pâte dite le « Lygomme TACH Optimum », destinée au marché européen et datant de 2009, est composée de trois amidons, d’un galactomannane (E 410,412, 417), d’un carraghénane (E 407), tous deux gélifiants, et d’arômes.

Quoi de plus appétissant?

Ce dernier type de « fromage » a fait partie des trois nominés aux Food Ingredients Excellence Awards 2009, catégorie « Innovation de l’année pour la Laiterie ». Ce Lygomme est intéressant pour les industriels car il coûte 60 % de moins que l’autre fromage analogue (et 200 % de moins qu’un vrai fromage) : les firmes se sont ruées dessus depuis la flambée du prix du lait.

En plus, CARGILL se glorifie d’avoir inventé un ALIMENT BON POUR LA SANTE car son Lygomme ne contient pas de graisses saturées, ni de lactose et convient aussi bien à l’alimentation halal que kasher (bref, un gros mensonge pour vendre à tout le monde ce qui ne convient en fait à personne).

Vous croyez manger du fromage (donc des protéines et du calcium) avec votre pizza, vos lasagnes, votre burger et vous absorbez une infâme pâte qui vous démolit la santé.

Le comble de l’hypocrisie : la CEE a autorisé l’emploi de ce  » fromage analogue  » à condition que les ingrédients qui le composent soient indiqués sur l’étiquette…

Mais qui va regarder ces minuscules caractères ?
Qui va déchiffrer que le galactomannane et le carraghénane, c’est le fromage ?
Amoureux des vrais fromages : soyez encore plus vigilants ! !

Pour Info, la sauce tomate utilisée sur ces aliments est aussi à la tomate ce que ce fromage analogue est à la vraie mozzarella : la sauce tomate utilisée est un assemblage de produits bon marché mais artificiellement gouteux qui sont additionnés à une base de ketchup lui aussi de la plus basse qualité.

Les exemples similaires sont très nombreux. Merci Pizza Hut et l’industrie agro-alimentaire en général (appuyée par la grande distribution) qui nous sert de la merde. Et après ça, on viendra décréter qu’il est très étonnant d’assister à une véritable et inexplicable « épidémie mondiale de maladies humaines » comme l’obésité, le diabète, les allergies, les maladies cardio-vasculaires ou les cancers…

Le but est bien évidemment de faire de l’argent, beaucoup d’argent, d’abord en nous vendant des produits « faciles » et « standardisés » dont le prix de revient est le plus bas possible et ensuite de nous rendre dépendants des médicaments qui vont soi-disant résoudre nos problèmes de santé… Un cercle vicieux qui touche tout le monde et encore plus les plus précarisés d’entre nous (mais il faut dire qu’ils sont de plus en plus nombreux et sont de fidèles clients).

Réfléchissez et soyez critiques quand vous consommez : le moins cher n’est pas forcément le plus cher… et la qualité de vie n’a pas de prix…

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde