La France, championne de la protection sociale

Que la France soit dirigée par la gauche ou par la droite, elle se distingue par un très haut niveau de protection sociale. On en pense ce qu’on veut mais on ne peut nier les faits : « santé, vieillesse, invalidité, la France est le pays de l’UE qui dépense le plus par rapport à son PIB, à 33,8%, devant le Danemark et les Pays-Bas » (lien). Ces chiffres sont ceux que publie Eurostat ce mardi.

Autre chose est l’efficacité des politiques mises en œuvre. A lire dans le journal Le Soir de ce mercredi : « Les économistes liégeois Mathieu Lefebvre et Pierre Pestieau ont dressé le classement des systèmes de sécurité sociale européens dans une étude publiée par l’Ecole normale supérieure, à Paris. Les Etats sont classés selon leur capacité à lutter contre la pauvreté, à réduire les inégalités sociales et le chômage ainsi que sur leurs performances en termes d’éducation et de santé. »

Résultat ? Six ex æquo en tête du classement : Autriche, Espagne, France, Luxembourg, Pays-Bas, Suède. Puis, dans l’ordre : Italie (7e), Finlande (8e), Danemark (9e), Irlande (10e), Belgique (11e), Allemagne (12e), Royaume-Uni (13e), Grèce (14e) et Portugal (15e).

Précision des auteurs de cette étude : le mauvais résultat de la Belgique est dû à la Wallonie. Ses résultats la placent au niveau du Portugal. Suffisant pour en faire le gros titre du journal Le Soir, mais pas pour oser parler d’un rapprochement de la Wallonie avec la France.

Pour le détail de l’étude réalisée par Mathieu Lefebvre et Pierre Pestieau, cliquer ici.

Un petit coup de griffes de plus…

Une de nos amies, Vivianne Dupont, nous fait suivre l’article qui suit…

Yves Ralet, Secrétaire Général de l’UKFGB (union des kinésithérapeutes francophones belges), répond aux attaques de la NV-A publiées dans la newsletter du Journal du Médecin du  20.11.2012.
Polémique communautaire autour de la kinésithérapie : l’accusation de la N-VA

«Depuis 2005, seuls un petit nombre de kinés nouvellement diplômés peuvent travailler comme indépendants. Contrairement à la Flandre, la Belgique francophone ne se tient pas à cette limitation. Des calculs du sénateur Louis Ide (N-VA) montre que ceci coûte au moins 9 millions d’euros au contribuable», estime un communiqué de la N-VA. Et, disent les animateurs de ce parti, la Flandre doit payer pour la mauvaise gestion francophone.

La kinésithérapie ne peut être pratiquée que sur prescription médicale.

Les kinés sont donc obligés de prester des soins de santé proportionnellement à la demande des médecins.

Qu’il y ait beaucoup ou peu de kinésithérapeutes, les prescriptions de kinésithérapie resteront inchangées mais le travail presté par kiné sera élevé ou faible suivant le nombre de prestataires de soins, ce qui veut dire que les dépenses en kinésithérapie, quel que soit le nombre de kinésithérapeutes, resteront les mêmes.

C’est donc une analyse complètement fausse de dire que nous dépensons 9 millions d’euros de trop en région francophone, surtout que nous ne savons pas faire une équivalence des dépenses proportionnelles des kinésithérapeutes néerlandophones.

Il serait bon aussi de savoir combien ces 9 millions d’euros, dépensés par la kinésithérapie, ont fait économiser de jours d’invalidité par remise au travail précoce.

Comment Arnaud Montebourg voit l’avenir de Florange

Toute personne qui s’intéresse à l’avenir de la Wallonie en général et de Seraing en particulier porte aussi son regard sur Florange. Il sera intéressant de voir au final le sort réservé aux deux sites sidérurgiques et d’en tirer des conclusions.

Paul Durieux

Les méthodes d’ArcelorMittal « relèvent du non respect des engagements, du chantage et des menaces », a déclaré lundi 26 novembre Arnaud Montebourg, en marge de son déplacement dans l’usine Duralex près près d’Orléans. Dans un entretien au quotidien  économique Les Echos, le ministre du redressement productif avait déclaré ne plus vouloir de Mittal dans l’Hexagone « parce qu’ils n’ont pas respecté la France ». (…)

« Les mensonges de Mittal depuis 2006 sont accablants », souligne M. Montebourg, ajoutant que le groupe « n’a jamais tenu ses engagements » vis-à-vis de l’Etat français. Le ministre a confirmé travailler à un projet de « nationalisation transitoire » de Florange. Selon le quotidien économique, « l’idée serait une association avec un opérateur industriel, minoritaire dans le capital le temps de stabiliser l’activité ». Jeudi devant le Sénat, il avait  déclaré que « le problème des hauts-fourneaux de Florange, ce n’est pas les hauts-fourneaux de Florange, c’est Mittal ».

Pour l’intégralité de cette information, consulter le site du journal Le Monde.

Les tabous de Paul Magnette

Le gouvernement Di Rupo ne donne pas satisfaction. Sa note est descendue à 4,6/10 (4,4 en Flandre), selon un récent sondage à découvrir sur le site du Soir. Ce déficit de popularité n’est pas anormal, les perspectives étant peu rassurantes en Europe, mais le gouvernement fédéral belge, jugé trop à gauche par l’opinion flamande et trop à droite en Wallonie, a les yeux rivés sur le court terme : le défi, pour lui, c’est avant tout de repousser la menace que la N-VA fait peser sur la Belgique.

Avec une note personnelle de 4,6/10 en Flandre, le Premier ministre est loin d’avoir gagné son pari : séduire la Flandre et sauver ce qu’il reste de la Belgique !

Sans jouer les prophètes, on peut s’attendre à un nouveau blocage de l’État fédéral après le choc électoral de juin 2014. Même en cas de recul de la N-VA, le paysage institutionnel belge est condamné à évoluer vers le « confédéralisme ». Il ne fait pas de doute que ceux qui détiennent le pouvoir en Wallonie finiront par céder à la pression flamande, ils ne tiendront pas jusqu’à la rupture complète avec la Flandre.

Pour s’en convaincre, il suffit de lire l’interview de Paul Magnette dans Le Vif/L’Express de ce vendredi. Au journaliste qui lui demande si « l’avenir de la Belgique (l’)inquiète », voici ce que répond l’homme fort de Charleroi :

« Non. On discourt beaucoup sur la disparition du pays, mais c’est un fantasme. La Belgique est indissoluble. Pendant les 541 jours de négociations, de juin 2010 à décembre 2011, on a eu tout le loisir d’y réfléchir. J’ai consulté beaucoup de collègues juristes : si on se trouvait dans l’obligation de chercher un plan B, comment s’en sortir ? Eh bien, il n’y a pas de voie de sortie ! C’est aussi simple que ça. »

Petit rappel. En 1996, réagissant à la pression flamande, Claude Eerdekens, alors chef du groupe PS à la Chambre, avait surpris tout le monde en lançant dans l’hémicycle : « Nous, Wallons, sommes fiers de nous trouver à côté d’un grand pays comme la France. Si vous voulez que la France se trouve aux portes de Bruxelles, alors, allez-y… » Dans la foulée, le très belgicain Louis Michel, alors président des libéraux francophones, osait dire au Figaro : « Entre un État wallon replié sur lui-même et la France, je choisis la France ». Le rattachement de la Wallonie à la France était devenu le sujet du moment. La Wallonie avait une alternative à la pression continuelle de la Flandre. On respirait. Au moins, cela faisait débat. Finis, les tabous.

Maintenant, selon Magnette, « il n’y a pas de voie de sortie, c’est aussi simple que ça ». Force est pourtant de constater que la Flandre a poursuivi sa marche en avant depuis 1996 et que nous sommes dans les cordes et que, désormais, la République française regarde la Wallonie avec bienveillance, il suffirait d’un signe… Mais nous sommes belges pour toujours, assène le ministre PS, stop aux fantasmes. La discussion est verrouillée, cadenassée. Onbespreekbaar.

« Mais si la Belgique devient ingouvernable, a-t-elle encore un sens ? », insiste le journaliste du Vif/L’Express. Réponse de Paul Magnette :

« Pour séparer la Belgique, il y a trois options. Un : la guerre civile. Personne ne veut en arriver là. Deuxième scénario : une rupture à l’amiable, à la tchécoslovaque. Mais la Tchécoslovaquie a été construite par l’addition de deux anciens États de l’Empire austro-hongrois. Chaque partie du pays avait sa capitale, avec une frontière très claire entre les deux. Chez nous, c’est infiniment plus compliqué. Troisième scénario : la déclaration d’indépendance unilatérale. La Flandre ne le fera pas, car elle perdrait aussitôt sa qualité d’État, elle ne serait plus membre de l’Union européenne, de l’OTAN, de l’ONU. Je ne vois pas la Flandre entamer une grande tournée diplomatique pour regagner son statut d’État. De plus, la Belgique résiduelle pourrait mettre son veto à une entrée de la Flandre dans l’Union européenne. En d’autres mots, personne n’a les moyens de provoquer la disparition de la Belgique. Tout le monde doit jouer le jeu du compromis. Ceux qui ne le font pas prennent le risque de paralyser le système. »

« Le risque de paralyser le système », dit Paul Magnette. Drôle de risque en vérité, puisque la paralysie de l’État fédéral sert d’argument pour renforcer les entités fédérées. Livrées à elles-mêmes, celles-ci évoluent ipso facto vers le confédéralisme. Pour Kris Peeters, le chef du gouvernement flamand, c’est du pain bénit.

« Je ne vois pas la Flandre entamer une grande tournée diplomatique pour regagner son statut d’État. » Myopie ou aveuglement volontaire ? La Flandre a une diplomatie active et ne manque pas de relais au plus haut niveau. Même Bart de Wever, sans autre titre que président de la N-VA, a été accueilli chaleureusement par David Cameron. Certes, la Flandre n’a pas besoin ni peut-être envie de se déclarer indépendante mais, si elle le faisait, peut-on raisonnablement penser qu’elle serait mise au ban de la communauté internationale ? A qui cet argument « tarte à la crème » est-il destiné ? Mise en garde à la Flandre ou volonté de couper court à toute forme de débat sur l’avenir de la Wallonie ?

Mais pourquoi étouffer le débat ?

Pourquoi ne pas imaginer que la Wallonie prenne elle-même l’initiative de la rupture pour échapper à un prochain « compromis des Belges » encore plus difficile à supporter ?

Paul Magnette se trompe en disant que « la Tchécoslovaquie a été construite par l’addition de deux anciens États de l’Empire austro-hongrois ». L’empire des Habsbourg a dû se transformer en une double monarchie après la défaite de 1866 contre la Prusse, mais c’était une concession faite au nationalisme hongrois, sans concession pour les Slaves tchèques et slovaques. Entre ceux-ci, pas de réelle opposition culturelle et linguistique. Le nationalisme slovaque, tardif, fut celui d’une minorité non respectée (dominée essentiellement par les Hongrois). Quant à la capitale de la Slovaquie, Bratislava, elle ne comptait, en 1910, que 10 % de Slovaques. La décentralisation puis la « séparation de velours » (le divorce avec les Tchèques) en 1992, a été voulue par la minorité slovaque, pourtant plus faible économiquement.

La vérité, que Paul Magnette ne veut pas dire, c’est que les Slovaques ont osé prendre en main leur destin, sans même le soutien d’un grand pays comme la France, si proche de la Wallonie.

La vérité, c’est que la Wallonie a peur d’elle-même et s’enferme dans un pays qui, soumis au bon vouloir de la Flandre, se désagrège et ne lui veut pas du bien.

La vérité, c’est que la population wallonne est loin d’avoir une conscience nationale qui lui permettrait de supporter les sacrifices liés à l’indépendance, et qu’elle a même perdu le peu qu’elle en avait, par la volonté de ceux qui la dirigent.

La vérité, c’est que l’appauvrissement de la Wallonie est programmé quand même, au nom de la Belgique et de sa survie apparente, avec trois ou quatre entités autonomes, très peu solidaires (sauf pour permettre au plus fort de garder un œil sur le plus faible).

La conclusion pour Paul Magnette : « Le conflit communautaire fait partie de la Belgique. C’est un trait de son identité. (…) Tout comme la gauche et la droite, éternellement, se confronteront, le conflit linguistique et territorial, lui aussi, sera toujours là. »

Pauvre Wallonie…

G.R.

« Good Morning Belgium »

Vous avez aimé « Good Morning Vietnam », cette histoire de radio comique et bruyante pour distraire les soldats de leur sale guerre ?

Alors vous aimerez (peut-être) « Good Morning Belgium » : c’est le titre d’un ouvrage collectif dont certains médias se gargarisent aujourd’hui.  Des plus ou moins spécialistes y crient à leur façon que la Belgique est appelée à durer toujours, quitte à se renouveler sans cesse. Tandis que certains farfelus décomptent les jours avant la fin du monde, ceux-là jurent leurs grands dieux que la Belgique ne disparaîtra pas. Ni maintenant, ni plus tard. Paroles d’experts.

« C’est un des objectifs du livre de se poser les bonnes questions : sachant que la Belgique ne disparaîtra pas, quelle est la meilleure architecture pour la Belgique ? Sachant que les régions auront plus de compétences, comment les gérer de manière efficace ? » Voilà ce que répond Vincent Laborderie à des lecteurs du Soir quand même un peu beaucoup sceptiques (lien). Vincent Laborderie, le coordinateur de l’ouvrage, est chercheur en sciences politiques à l’UCL et, pour ceux qui ne le savent pas, membre du comité directeur de B Plus.

Selon les animateurs de « Good Morning Belgium », la Belgique doit se trouver une architecture nouvelle, en tenant compte des exigences flamandes, et avec le sourire s’il vous plaît car « il est urgent de sortir de cette résignation mortifère, la première étape est d’ordre psychologique » (ajoute Vincent Laborderie dans La Libre qui fait du livre un événement).

Le point de vue adopté est celui d’une refondation de la Belgique (il faut choisir ses mots) : « Parler d’évaporation est révélateur : ce serait un phénomène naturel indépendant de la volonté humaine. Comme si la fin de la Belgique obéissait à une loi d’essence divine et ne dépendait pas de la volonté des citoyens ni des politiques. » Il a raison, Vincent Laborderie, il a raison de rappeler que la politique est une affaire de choix, de volonté citoyenne, et c’est pour ça qu’il a tort d’affirmer tout de go que la Belgique ne disparaîtra pas.

 « Good Morning Belgium » : à chacun sa vérité, son credo, son besoin d’être. En politique, il n’y a que des opinions plus ou moins dominantes, des luttes d’influence, des choix plus ou moins possibles, en rapport avec des situations mouvantes.

« C’est un des objectifs du livre de se poser les bonnes questions »… et la Wallonie ne pourrait pas devenir française ?

Mauvaise question ?

Bonjour la France quand même.

G.R.

De Sa Majesté à Son Éminence

Le pastiche de Michel Lemmens

15 novembre 2012

   En ce jour de liesse populaire, c’est par le site d’information généraliste Wiki-Lîdje, encore peu connu, que nous est parvenue copie d’une lettre adressée tout récemment à un de ses amis personnels, le Cardinal A-M. L.***, par le chef d’État dont nous avons pu dernièrement lire un futur et virtuel discours.
    Contrairement à ce que semble penser l’illustre auteur de ce courrier, son entourage n’est pas aussi parfaitement sécurisé qu’il le voudrait; hélas, rien n’est parfait dans ce royaume…

À son Éminence le Cardinal A-M. L.***

Premier-Secrétaire de la Congrégation du ***

Cité du V…

  Monsieur Le Cardinal,

  Mon Cher A-M.,

  Permettez-moi tout d’abord de vous remercier encore pour votre accueil lors de l’agréable réception que vous aviez organisée pour nous au V… à l’occasion de ***

  J’ai beaucoup pensé au Saint-Père ces derniers jours, à cause de toute cette histoire causée par un domestique indélicat, qui a dû le contrarier malgré la grande indulgence dont il a su faire preuve.

  Qui aurait pu croire que cet aimable jeune homme, dont le service à table était si attentionné, si professionnel, qui remplissait mon verre de cet excellent Pétrus -le bien nommé- (dont j’ai oublié le millésime, la mémoire des détails me fait parfois défaut) avec discrétion et assiduité, était capable, d’une même main qui ne tremblait pas, ou si peu, de révéler de lourds secrets d’État et de Religion à des ennemis de l’Institution ?

  Pareille mésaventure ne se produirait certes pas dans ma Maison; en effet, comme vous le savez de bonne science, la survie de notre Monarchie a conduit au dédoublement de toutes les fonctions stratégiques; et le service de Notre table, où se traitent tant d’affaires, et de si délicates, qui ne sont pas de celles dont on discute au Parlement, appartient sans conteste à ce domaine sensible.

  Chaque domestique issu du Nord du pays se trouve désormais assisté d’un acolyte venu du Sud, et inversement; ainsi, ils se surveillent l’un l’autre si attentivement que toute attitude suspecte de l’un serait aussitôt découverte par l’autre, qui veillerait à y faire mettre bon ordre; et inversement comme je crois vous l’avoir dit plus haut.

  J’ai introduit ce management subtilement équilibré dans notre Maison après en avoir constaté les effets bénéfiques dans mes gouvernements successifs, où il a permis, sinon de résoudre un état de crise désormais permanent, du moins d’apaiser les élites politiques dirigeantes en leur assurant des emplois ministériels durables et rémunérateurs, à l’instar de ceux auxquels aspirent, bien légitimement me semble-t-il, les masses laborieuses qu’ils représentent.

  Je reconnais que la dépense s’en trouve considérablement alourdie et que l’immobilisme est souvent le fruit de ces neutralisations réciproques, mais enfin ce n’est pas trop cher payé pour la survie de nos institutions et de mon Trône.

  Il me revient que l’un de nos penseurs les plus éclairés, professeur de droit constitutionnel dans une de nos meilleures Facultés, n’hésite d’ailleurs pas à y voir, dans une forte extrapolation, une application des plus judicieuses de Montesquieu lorsqu’il théorise le nécessaire équilibre entre pouvoir et contre-pouvoirs. Voilà qui est fort bien trouvé, et je voudrais l’en récompenser, mais je l’ai déjà anobli: il me serait donc agréable que vous pensiez à lui pour un prochain Grand-Cordon de l’Ordre du Saint-Esprit.

  Voilà pourquoi, mon cher A-M., je ne saurais trop vous recommander d’appeler l’attention du Saint-Père sur l’utilité pour Lui, et pour toute l’Institution, d’engager un second majordome pour le service de Sa table et de Sa chambre, sauf à devoir servir lui-même le Pétrus, ce qui ne serait compatible, ni avec Sa dignité, ni avec Son âge, ni avec la grandeur d’un tel crû dont la moindre goutte requiert les plus grands égards.

  En attendant le plaisir de vous lire à nouveau etc…

Liège au cœur de Paris

Liège, « ce petit coin de France perdu en Belgique », selon les mots d’Alexandre Dumas, s’est installée à Paris dès les premiers mois de la Grande Guerre, quand la station de métro « Berlin » a été rebaptisée au profit d’une ville dont la résistance à l’attaque allemande était plus forte que prévu.

Le gouverneur de la province de Liège, Michel Forêt, dont on connaît la fibre liégeoise, wallonne et francophile, attache la plus grande importance à cette vitrine du pays de Liège à Paris. La décoration de cette station de métro à nulle autre pareille vient d’être enrichie pour que ne cesse jamais le voyage imaginaire entre Liège et Paris.

Voir, à ce sujet, la vidéo postée sur le site du Soir et l’article publié sur le site de la RTBF.

La Wallonie va rater le train

Jules Gheude, carte blanche publiée dans Le Soir du 8 novembre 2012.

L’aveuglement des « responsables » –  mais méritent-t-ils bien ce nom ? – politiques wallons est proprement consternant.

Ainsi donc, le Parlement wallon va se pencher sur le plan Horizon 2022, destiné à préparer l’avenir, quand il s’agira de voler de ses propres ailes. L’échéance, on le sait, a été fixée en fonction des nouvelles compétences qui seront transférées suite à la 6ème réforme de l’Etat. Or, tout cela est d’ores et déjà dépassé.

On sait, en effet, que la Flandre souhaite aller beaucoup plus loin que ce qui a été (laborieusement) négocié. Et cette volonté n’est pas uniquement le fait de la N-VA.

A l’inverse de leurs homologues flamands, les parlementaires wallons n’ont jamais été amenés à débattre sérieusement de la manière dont ils conçoivent l’avenir de leur Région.

Cet exercice a été fait au Nord il y a… treize ans ! Le 3 mars 1999, en effet, le Parlement flamand a adopté, à une large majorité, une « proposition de résolution concernant les lignes de force de la Flandre en matière de réforme de l’Etat ». Soutenue par le CVP, le VLD et la VU (le SP, Agalev et le Vlaams Blok s’abstiendront), ce programme de revendications institutionnelles en cinq points s’engage résolument sur la voie confédérale.

Ainsi, outre une autonomie fiscale et financière accrue, il est question de régionaliser les lois communale et provinciale, les soins de santé et les allocations familiales, l’emploi, la recherche scientifique et technologique, le commerce extérieur, les télécommunications, le transport et la mobilité, les statistiques, la coopération au développement, l’économie et l’énergie, l’infrastructure ferroviaire, l’agriculture, l’horticulture et la pêche. L’on parle aussi de « paquets de compétences cohérents ». Tout cela dans une structure reposant sur deux Etats, la Flandre et la Wallonie, avec un statut spécifique pour Bruxelles, qui se retrouverait cogérée paritairement. Quant à la Flandre, elle devrait être compétente pour l’organisation de la tutelle administrative dans les communes de la périphérie bruxelloise et à Fourons, ainsi que pour la réglementation des facilités (en vue de les supprimer…) dans les communes à statut linguistique spécial.

On sait comment les responsables francophones ont accueilli ce programme. En « snobant » la Flandre, ils ont tout simplement permis à la N-VA de naître et d’entreprendre son irrésistible ascension.

Quand Bart De Wever, le soir de son triomphe anversois, invite les francophones à négocier dès à présent le confédéralisme, il ne fait que confirmer la volonté exprimée par le Parlement flamand en 1999. C’est la fameuse révolution copernicienne, chère au ministre-président flamand CD&V, Kris Peeters, lequel entend déjà se profiler à l’étranger comme le chef d’un véritable Etat souverain. N’oublions pas que le mot « Nation » figure expressément en préambule de la Charte que le Parlement flamand a récemment adoptée…

On se souvient de la définition de Francis Delpérée concernant le confédéralisme : c’est le séparatisme des cons. Les manuels, en effet, parlent d’Etats indépendants qui décident, à un moment donné, d’exercer ensemble certaines compétences, tels que la défense, les affaires monétaires ou les contrôles de frontière. Chez nous, le terme a une connotation ambiguë, dans le sens où il pourrait viser la plus grande autonomie pour les entités fédérées, sans toutefois remettre en cause l’Etat fédéral, c’est-à-dire le Royaume de Belgique. Mais l’on sait aussi que le programme de la N-VA entend clairement faire de la Flandre une République à part entière au sein de l’Europe…

Toujours est-il que la 6ème réforme de l’Etat est, comme nous l’avons dit, déjà dépassée. Et il n’y a pas que la N-VA qui le proclame. Relisons l’interview accordée par Wouter Beke, le patron du CD&V, au « Soir », le 23 juin dernier : « Personne ne niera qu’une 7e réforme viendra un jour. L’approfondissement de la réforme de l’Etat est irréversible. Une série de compétences devront encore être attribuées aux Régions : impôt des sociétés, services d’incendie, police… Nous étions aussi, comme le PS, pour la régionalisation de la Justice. Nous voulons qu’on tienne compte, en matière communautaire, de pensions, de sécurité…, de ce que  veulent 57% de la population belge, donc les Flamands ». Et d’ajouter, à propos de la nomination des bourgmestres en périphérie bruxelloise : « La meilleure façon de pacifier, c’est de respecter les lois et règles. C’est la Flandre qui est compétente ! Les circulaires flamandes doivent donc être respectées. » A bon entendeur, salut !

Il ne faut pas être grand clerc pour saisir que les choses vont se précipiter et que le gouvernement d’Elio Di Rupo risque de ne pas aller jusqu’à son terme.

Le débat que les parlementaires wallons devraient entamer d’urgence, est celui qui concerne l’après-Belgique. Faute de quoi, ils pourraient bien se retrouver le nez sur le poteau de la dislocation belge, contraints à devoir négocier le devenir de la Région dans l’improvisation absolue.

Ce que disait un certain Charles de Gaulle…

09 novembre : jour anniversaire de la mort de Charles de Gaulle.

Les paroles qui suivent sont attribuées au Général par le journaliste Claude de Groulard ainsi que par Alain Peyrefitte, ministre sous de Gaulle. Elles auraient été prononcées lors d’un entretien entre de Gaulle et le professeur Robert Liénard, professeur à l’université de Louvain, mais aussi lors d’un autre entretien avec une délégation de Wallons qui voulaient préparer l’intégration de la Wallonie dans la République.  

Ce qui est certain, c’est que le Général de Gaulle avait une connaissance hors du commun de la Wallonie et des Wallons qu’il appréciait particulièrement.

« Des Wallons m’avaient déjà demandé de les annexer à la fin de la guerre. Je n’ai pas voulu donner suite à leur démarche. En 45, il fallait respecter les frontières que nous a léguées l’Histoire, sauf les frontières des pays vaincus. C’est ce qui a été fait. La Belgique, il ne faut pas y toucher. Mais que les Wallons s’organisent pour défendre leur langue et leur culture, pour éviter que les Flamands ne leur marchent sur les pieds, nous n’y voyons aucune espèce d’inconvénient… Ou alors, il faudrait que les Flamands rendent la vie impossible aux Wallons, et qu’alors les Wallons se jettent dans nos bras. Mais nous n’avons surtout pas à bouger. Ce serait trop facile de nous accuser de vouloir nous arrondir aux dépens de la Belgique.

« Je sais bien qu’après la Libération, il aurait suffi que je claque des doigts pour que la Wallonie demande son rattachement à la France. Mais justement, j’estimais qu’il ne m’appartenait pas de claquer des doigts. Il aurait fallu que les Wallons ou leurs représentants légitimes prennent l’initiative. La France n’avait pas à payer une dette comme au Canada. Un moment, j’avais songé à faire un voyage qui aurait commencé à Gand, je me serais arrêté à Dinant où j’ai été blessé en 14, à Namur, capitale de la Wallonie, j’aurais descendu la Meuse jusqu’à Liège, dont Michelet disait qu’elle était plus française que la France. Ç’aurait été comme le Chemin du Roy au Québec. Mais j’ai résisté à la tentation.

« Notez bien que depuis mon retour aux affaires, une de mes premières initiatives a été d’inviter le Roi et la Reine des Belges. On ne m’a jamais rendu l’invitation. On avait trop peur, sans doute, des manifestations populaires en Wallonie. »

Il reprend, après quelques secondes : « J’avais reçu une délégation de Wallons, bien décidée à préparer le rattachement. Elle m’avait expliqué que les Flamands étaient de plus en plus arrogants et finiraient par faire d’eux-mêmes sécession. C’est peut-être comme ça que ça finira.

« La Wallonie existe, mais il n’y a pas une nation wallonne, les Wallons n’ont jamais cherché à devenir un État. Ils demandent à être intégrés au sein de la République française, dont ils ont déjà fait partie. C’est tout autre chose que, pour les Québécois, de s’émanciper de la domination anglo-saxonne.

« Beaucoup de Wallons pensent qu’ils seraient mieux traités par la France que par la Flandre. C’est probable. Ils retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines. »

La Catalogne pour ouvrir le bal ?

Le président de la Catalogne annonce la couleur : « Si les partis catalans pro-indépendance remportent clairement le scrutin du 25 novembre, alors nous déciderons d’aller plus loin. Nous lancerons dans les 4 ans qui viennent, une consultation sur l’indépendance de notre région. » Il est venu le dire à Bruxelles et il ne fait pas de doute, selon lui, qu’une Catalogne indépendante serait membre de plein droit de l’Union européenne.

Même combat pour l’Écosse et la Flandre ? « Nous avons des contacts avec ces régions », reconnaît le président de la Catalogne.

L’information est signée Anne Blanpain, sur le site de la RTBF : ici.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde