« Good Morning Belgium »

Vous avez aimé « Good Morning Vietnam », cette histoire de radio comique et bruyante pour distraire les soldats de leur sale guerre ?

Alors vous aimerez (peut-être) « Good Morning Belgium » : c’est le titre d’un ouvrage collectif dont certains médias se gargarisent aujourd’hui.  Des plus ou moins spécialistes y crient à leur façon que la Belgique est appelée à durer toujours, quitte à se renouveler sans cesse. Tandis que certains farfelus décomptent les jours avant la fin du monde, ceux-là jurent leurs grands dieux que la Belgique ne disparaîtra pas. Ni maintenant, ni plus tard. Paroles d’experts.

« C’est un des objectifs du livre de se poser les bonnes questions : sachant que la Belgique ne disparaîtra pas, quelle est la meilleure architecture pour la Belgique ? Sachant que les régions auront plus de compétences, comment les gérer de manière efficace ? » Voilà ce que répond Vincent Laborderie à des lecteurs du Soir quand même un peu beaucoup sceptiques (lien). Vincent Laborderie, le coordinateur de l’ouvrage, est chercheur en sciences politiques à l’UCL et, pour ceux qui ne le savent pas, membre du comité directeur de B Plus.

Selon les animateurs de « Good Morning Belgium », la Belgique doit se trouver une architecture nouvelle, en tenant compte des exigences flamandes, et avec le sourire s’il vous plaît car « il est urgent de sortir de cette résignation mortifère, la première étape est d’ordre psychologique » (ajoute Vincent Laborderie dans La Libre qui fait du livre un événement).

Le point de vue adopté est celui d’une refondation de la Belgique (il faut choisir ses mots) : « Parler d’évaporation est révélateur : ce serait un phénomène naturel indépendant de la volonté humaine. Comme si la fin de la Belgique obéissait à une loi d’essence divine et ne dépendait pas de la volonté des citoyens ni des politiques. » Il a raison, Vincent Laborderie, il a raison de rappeler que la politique est une affaire de choix, de volonté citoyenne, et c’est pour ça qu’il a tort d’affirmer tout de go que la Belgique ne disparaîtra pas.

 « Good Morning Belgium » : à chacun sa vérité, son credo, son besoin d’être. En politique, il n’y a que des opinions plus ou moins dominantes, des luttes d’influence, des choix plus ou moins possibles, en rapport avec des situations mouvantes.

« C’est un des objectifs du livre de se poser les bonnes questions »… et la Wallonie ne pourrait pas devenir française ?

Mauvaise question ?

Bonjour la France quand même.

G.R.

7 réflexions sur « « Good Morning Belgium » »

  1. Vincent Laborderie est un Français belgicain!!! Un comble! C’est décidément très pénible, cette haine de soi :-)! Je suis moi aussi Français, et moi aussi, je vis en Belgique, mais à la différence de ce politologue, j’ai travaillé avec des collègues flamands, et pire, je comprends (un peu, il faut être modeste…) leur langue et leur état d’esprit.
    Tout ce que je peux dire, c’est que je partage le même scepticisme que Marcel Sel: il faut mépriser le suffrage universel et la volonté profonde des Flamands pour faire persister la Belgique telle que ce monsieur la décrit.
    Il est possible, et même probable, que la Belgique survive à court ou moyen terme, mais à mon avis, ce serait une très mauvaise chose! Même si je ne veux pas me mêler d’affaire externe, nous sommes entrés dans une logique anti-française, et là, je ne peux rester indifférent. Je ne supporte plus la francophobie des élites Wallo-Brux, et plus encore quand elle est défendue par un compatriote!
    Je ne saurais dire quel est le meilleur régime post-Belgique, mais le confédéralisme à la NVA/CD&V (ce dernier parti étant le vrai parti flamingant en Belgique) est mortifère pour les francophones: comme l’avait dit un de vos constitutionnalistes, c’est un séparatisme de cons car c’est un séparatisme qui s’ignore!! Donc mieux vaut envisager le divorce.
    Je voudrais bien que l’intégrité de la Belgique soit maintenue, mais ça n’en prend pas le chemin: dans le cas où la Flandre voudrait aller vers ce divorce, il faut que les francophones (Wallons surtout) défendent pied à pied leurs intérêts dans les prochaines évolutions à venir avec les Flamands, et non plus penser à sauver la Belgique à tout prix!!

    J'aime

  2. L’Eglise catholique de Belgique (donc toutes ses institutions comme l’UCL) garde une rancune tenace à l’encontre de la France pour, si je me remémore correctement les pages d’Histoire, pour lui avoir ravi sa puissance et ses avoirs pendant vingt ans au 19e siècle. Au cours des siècles antérieurs, la dite Eglise catholique se méfiait déjà de la monarchie française pour les mêmes raisons: éviter de perdre pouvoir et privilèges. Alors, une République laïque ! Cela dit notre « Eglise nationale »demeure très ultramontaine également et si ses paroisses se vident des fidèles, elle garde malgré tout une force d’influence conséquente sur les esprits au sens politique du terme. A cet effet suivez les démarches de nos politiques wallons ayant fréquenté les auditoires de l’UCL, leur conformisme mental les pousse à préférer vivre sous la botte flamande. Maintenant, depuis la révolte de 1960, les Wallons ont été matraqué par le pouvoir belge et aujourd’hui une certaine peur du lendemain les paralyse. Mais il suffit parfois d’un déclencheur inattendu…

    J'aime

  3. Il est de bon ton je vois, de toujours et systématiquement s’en prendre de près ou de loin aux catholiques sur tous les blogs rattachistes. C’est une erreur et même une erreur pénible je rajouterai. Je suis catholique et même très engagé dans l’Eglise. Cela ne m’empêche pas d’être un rattachiste convaincu depuis 1980 et je vous prie de croire que je suis loin d’être le seul dans ce cas même si nous sommes une minorité déclarée comme telle (en fait, je n’en sais rien quand à la quantité) au sein de l’Eglise. Chez nous, tout cela se fait dans la discrétion. Mais n’en est il pas de même pour les rattachistes disséminés dans les différents partis politiques qui n’osent pas proclamer leur idéal rattachiste? …FDF, MR, PS, …

    Même si les catho’s de la base sont majoritairement francophiles, je parle des cathos francophones, pas des flamands évidemment. La majorité catho est attachée traditionnellement au régime monarchique non pas parce qu’il est belge ou par amour passionné d’Albert II ou de Philippe mais parce que le régime est monarchique. Point. Permettez moi de vous faire remarquer qu’il n’en est pas autrement en France ! Où ce sont dans les assemblées intégristes catholiques que vous trouverez les plus ardents défenseurs de ce type de régime. Donc, svp, ne faites pas d’amalgame trop facilement en pensant, en disant, en écrivant, les cathos sont les derniers belgicains. C’est vrai pour certains, pas pour tous loin de là pour ce que j’en sais et dites vous bien que si beaucoup ne sont pas encore rattachistes, la grande majorité est largement francophile et je n’ai eu aucun mal à me faire aider lors d’une certaine soirée de distribution de tract sur Nivelles par des catholiques pures et dures. Je vous demande donc d’être prudent dans vos propos concernant les catholiques qui existent encore dans ce pays. N’en déplaise à d’autres. … à méditer. Merci pour votre compréhension.

    J'aime

    1. Monsieur, Sincèrement navré d’avoir pu vous blesser, tel n’était le but de mon commentaire. Mon texte pointait l’Institution officielle à travers les siècles. Loin de moi l’idée de stigmatiser le citoyen wallon. Je n’ai, hélas, pas l’impression que l’Institution évolue beaucoup malgré « une régionalisation » déclarée. Les Wallons dépendent toujours de Malines-Bruxelles, alors que Tournai, Liège ou Namur pourrait devenir archidiocèse des provinces wallonnes. Je n’ose pas rêver d’un retour sous l’autorité de Cambrai comme le Saint Siège l’accorda à Philippe II au 16e siècle. Encore toutes mes excuses.

      J'aime

      1. Ce qui est certain, c’est effectivement que l’Institution est très belgicaine. La structure en piliers de notre pays offre à l’Eglise un poids important et une influence presque démesurée dans les Affaires de l’Etat. La Belgique, depuis 1830, et l’énorme poids du Parti Catholique, n’a que très peu évolué malgré le fait que les suffrages accordés aux partis confessionnels ont considérablement diminués. Le système politique et électoral belge a fait en sorte que les partis confessionnels belges se sont retrouvés de façon pratiquement constante dans les gouvernements, protégeant le financement des ministres des cultes, les mutualités, les syndicats, les fabriques d’Eglise et le réseau d’enseignement libre confessionnel,…
        Le souci, aujourd’hui, c’est que le système belge, dans le cadre du communautarisme ambiant, risque de déboucher sur l’élargissement des avantages donnés aux catholiques et à leur pilier aux autres confessions, ce qui exploserait les coûts et ne favoriserait certainement pas le « vivre ensemble », surtout du côté francophone du pays. Le CDNV a gardé sa référence au Christianisme. En ce sens, il indique à la Flandre qu’il se veut défenseur de la civilisation judeo-chrétienne, ce qui, selon le CDNV, ne sera que difficilement possible dans le cadre belge. En cela, le CDNV est également séparatiste et proche de la NVA.
        Mon message n’a rien d’anti-Chrétien. Je le suis moi-même (non-pratiquant), mes enfants sont scouts et étudient dans le Libre. Mais compte tenu de ce qui précède, pour les wallons et bruxellois, je pense que la laïcité de l’Etat, pleinement assumée, comme en France, sera une garantie contre le communautarisme débridé dont le système belge permet les dérapages coûteux et dangereux. Le Cdh, à ce propos, est le parti le plus dangereux. Le PS lui-même ne parvient plus à obtenir une position tranchée.

        J'aime

  4. Ce Laborderie a raison quand il dit : « il est urgent de sortir de cette résignation mortifère, la première étape est d’ordre psychologique ». Sauf que ce qui est mortifère, c’est de ne pas voir la Wallonie comme une entité à part entière, de la considérer comme belge ou encore comme « francophone » belge. Traiter les Wallons de « francophones », c’est leur dénier la reconnaisance de leur qualité de locuteurs (à défaut de citoyens) français. C’est leur refuser leur identité. C’est participer à un génocide culturel.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s