Archives pour la catégorie Vu sur le web

Un partenariat entre la Wallonie et la France pour stimuler les technologies vertes

Lu sur le site du forum démocratique wallon.

DSC00059Voici une information qui correspond tout à fait à une des demandes de l’AWF : l’activation des accords bilatéraux de coopération signés entre la France et la Wallonie en 2004.

Paul D.

internet@lesoir.be (Avec les rédactions du Soir en ligne, du Soir, d’AFP, d’AP et de Belga)

GreenWin et Trimatec, les pôles de compétitivité respectivement wallon et français dédiés aux technologies environnementales, doivent signer un accord de partenariat mardi lors de l’ouverture du salon Pollutec à Lyon. L’accord vise à « stimuler les coopérations technologiques et commerciales franco-belges » dans le secteur des technologies propres et de la chimie verte, annoncent les deux pôles dans un communiqué commun. L’accord sera signé entre 10 et 12h00 en présence de Ségolène Royal, ministre française de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, et de Fabienne Reuter, la déléguée Wallonie-Bruxelles à Paris. Issu du Plan Marshall 2.vert de la Région wallonne, GreenWin compte plus de 150 membres dont 135 entreprises et cinq universités. Ce pôle cherche à créer des synergies pour favoriser l’innovation technologique verte et durable. Trimatec, son homologue actif dans les régions françaises de Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Rhône-Alpes, fédère 173 adhérents dont une majorité d’entreprises. « Le positionnement des membres de GreenWin et de Trimatec étant complémentaire sur la chaîne de valeur, leur coopération permettra de développer des projets innovants à l’intersection des filières. La collaboration permettra d’améliorer la visibilité européenne des acteurs, de gagner en compétitivité et d’atteindre une ’masse critique’ suffisante pour peser à l’international dans le secteur de la chimie-environnement et des écotechnologies ainsi que de prendre une part active dans les projets innovants européens du secteur », affirme le communiqué. En janvier 2014, GreenWin avait déjà signé un accord de partenariat avec Axelera, le pôle de compétitivité spécialisé dans la Chimie et l’Environnement de la région Rhône-Alpes.

Wattitude invente la première compil’ 100 % wallonne

Lu sur le site de la Meuse 04 :

compil wallonneLa Wallonie regorge de talents musicaux. C’est bien simple, il ne se passe pratiquement plus un mois sans qu’un groupe de la région ne défraye la chronique. Désireuse de mettre en valeur ce vivier qui semble inépuisable, Emmanuelle Wegria  a décidé de créer une compilation regroupant une série d’artistes locaux. Une bonne idée de plus pour cette liégeoise qui promeut déjà les spécialités wallonnes dans sa boutique Wattitude de la rue Souverain-Pont.

« Ce projet est né à la demande de mes clients », explique-t-elle fièrement. « Outre les produits de bouche et les éléments de mode et de design issus de la région, je vends aussi des livres et des CD’s d’artistes locaux. De nombreux visiteurs de la boutique m’ont demandé si je n’avais pas une compilation qui en regroupe les meilleurs, histoire de pouvoir se faire une idée de ce qui se fait chez nous au niveau musical. J’ai fait mes recherches et je me suis rendu compte que ce disque n’existait pas encore. J’ai donc décidé de le créer moi-même. »

Un voyage musical entre différents styles

compil wallonne 2Pour ce faire, Emmanuelle Wegria a fait appel à la DJette liégeoise Stef Wunderbar. Cette valeur montante de la scène électro a fait parler son oreille pour sélectionner une série de morceaux qui pourraient figurer sur la compilation. Les deux amies ont ensuite pris contact avec les artistes concernés pour leur demander leur accord. « L’accueil était généralement très enthousiaste », sourit Emmanuelle Wegria. « Nous n’avons en tout cas essuyé aucun refus. L’idée était de mettre en valeur différents styles, en proposant une lente évolution entre le jazz, la chanson française, le pop-rock et une pointe d’électro. Nous ne voulions pas nous cantonner à un genre en particulier, mais au contraire proposer un large aperçu de ce qui se fait en Wallonie en matière de musique, tout en proposant une sélection cohérente et homogène. C’est pour cette raison que nous avons posé nos choix en nous basant sur les morceaux, sans chercher à promouvoir l’un ou l’autre artiste à tout prix. »

Du Greg Houben Trio à Piano Club en passant par Wrap, Benjamin Schoos, Dalton Telegramme, Moladji ou encore MLCD, le disque réunit un panel d’artistes au talent indéniable, proposant tous ensemble un voyage à la fois sinueux et exaltant. De quoi constituer le cadeau idéal pour les fêtes, d’autant qu’un pack collector avec des bières spéciales de la région est également disponible ! Il est vrai qu’en matière de musique comme de cervoise, la Wallonie n’a pas l’habitude de faire dans la petite bière.   

 
compil wallonne 3La compilation « C’est la Watt » est disponible pour 16 euros (55 euros pour le pack collector) dans la boutique Wattitude, 7 rue Souverain-Pont 7 à 4000 Liège.
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www.wattitude.be

L’Histoire jugera Di Rupo

Nous reprenons ci-dessous ce qu’a fait paraître Michel Henrion sur sa page « Facebook ».

Michel Henrion 14 novembre, 14:38 ·

Jean -Maurice Dehousse à M-Belgique Hebdo:
-« Di Rupo a recréé un belgicanisme criant, mettant une sourdine forte au mouvement wallon. Maintenant, le PS est perdu avec son belgicanisme, parce qu’il n’a plus d’interlocuteur en Flandre. Le PS est isolé et va le rester un bon moment ».
-« En cassant l’alliance historique PS-CVP, Di Rupo a permis le basculement vers la N-VA, parce que le mouvement flamand n’abandonne jamais là ou le mouvement wallon est épisodique ».

Jean-Pierre Chevènement, gaulliste avant tout

Jean-Pierre Chevènement était l’invité de l’émission « La voix est libre » sur France 3 Franche-Comté, samedi 4 octobre 2014. Il répondait aux questions de Jérémy Chevreuil. Chevènement 2Témoignage important de notre histoire contemporaine. D’une hauteur de vue remarquable. Sans aucun mandat, il veut se consacrer à la réflexion et l’apporter à ceux qui veulent bien l’écouter… Et ils sont nombreux. Respect pour celui qui se dit aujourd’hui plus gaulliste que mitterrandiste.

Alain Kerhervé

Verbatim :

Je suis allé au terme de ce que je pouvais faire comme parlementaire. J’ai été élu pour la première fois il y a 41 ans, en 1973. Mais Jean-Pierre Chevènement peut exister autrement qu’en étant sénateur ou député dans le paysage politique. Par conséquent, je continuerai à m’exprimer.

J’ai consacré l’essentiel de mon temps à l’action politique, mais une politique qui ne se séparait pas du combat des idées, par conséquent aussi à la lecture, à la réflexion. Je pense être resté fidèle à cette conception très ancienne de la politique, où on ne sépare pas son engagement politique d’une vision du monde. C’est un engagement de l’être tout entier au service de ses concitoyens, de son pays. Par conséquent, on ne se ménage pas. On lui accorde peu de repos.

Au moment où on approchait de la fin du septennat du général de Gaulle, l’idée de refonder la Ve République sur des bases de gauche, d’unir la gauche, avec un Parti Socialiste entièrement rénové (je suis l’un des principaux artisans du congrès d’Epinay), est enthousiasmante. Et cela a réussi. J’ai adhéré au Parti Socialiste en 1964. L’alternance avec François Mitterrand fonctionne en 1981. C’était un travail de patience, et je m’y suis pleinement investi, en rédigeant notamment les programmes du PS.

Sur l’accident d’anesthésie de Jean-Pierre Chevènement

Cet épisode a renforcé mon caractère, mais il ne l’a pas changé.

J’ai une bonne santé, c’est ce que les médecins m’ont dit, car j’ai surmonté une épreuve qui m’a été très difficile. Mon cœur s’est arrêté pendant 55 minutes. Il fallait ensuite récupérer. J’étais aussi très motivé. Je pense que cela m’a donné une certaine force.

Mes amis, qui sont des laïcs intransigeants, ne voulaient surtout pas que je sois miraculé d’autre chose, d’où l’expression « le miraculé de la République ». Le miracle devait s’être déroulé dans le strict espace républicain et laïc. C’est une plaisanterie !

J’ai vu la mort à deux ou trois reprises d’assez près dans ma vie. Pendant la guerre d’Algérie, je me suis fait arrêter en quelque sorte par une police supplétive, des gens qui n’avaient aucune formation, et je revois le pistolet mitrailleur appuyé sur mon estomac, avec la culasse en arrière, dans une position extrêmement dangereuse. Et heureusement, quelqu’un pousse un cri de l’autre côté. Et le « policier » occasionnel tend sa mitraillette dans la direction opposée. Donc je ne me suis pas fait prier, et j’ai pris la poudre d’escampette. C’était en juillet 1962, les premiers jours de l’indépendance de l’Algérie.

Sur les 3 démissions de Jean-Pierre Chevènement

En février 1983, j’avais une discussion avec François Mitterrand sur la politique industrielle, dont je lui réclamais les moyens. Quand je suis revenu au ministère de l’Industrie, les journalistes m’attendaient pour une conférence de presse, et m’ont demandé ce que je pensais de la négociation qui allait s’engager sur le maintien ou non de la France dans le Système Monétaire Européen. Et j’ai donc dit : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l’ouvrir, ça démissionne ». Et j’ai ajouté que pour le moment je fermais ma gueule. J’ai démissionné du gouvernement le mois suivant.

Je n’ai pas quitté le gouvernement sur un choix mineur, ou des questions de susceptibilité, mais sur des questions majeures. L’accrochage du franc au mark allait déterminer toute la politique ultérieure de libéralisation.

J’ai démissionné une seconde fois pour protester contre la première guerre du Golfe en 1991. Je n’y reviens pas. On en voit aujourd’hui les résultats. Le Califat islamiste, c’est la conséquence de cette première guerre du Golfe, redoublée par une seconde, qui a détruit l’Irak, alors qu’on pouvait éviter cette guerre, je vous le certifie.

J’ai démissionné la troisième fois à propos de la question corse. Transférer le pouvoir réglementaire aux régions, c’est revenir à l’Ancien régime, où on changeait de loi plus souvent que de cheval, comme disait Voltaire en traversant la France ! Cela devient un pays éclaté, ce n’est plus la République. La République comporte une loi, qui est la même pour tous. L’idée que l’on puisse transférer, non seulement le pouvoir réglementaire, mais aussi le pouvoir législatif à la Corse, me hérissait.

Il faut dire non à des choses très importantes. J’aurais pu démissionner mille fois ! En 1988-89, quand j’ai vu qu’en application de l’Acte unique, on allait libéraliser les mouvements de capitaux, non seulement à l’intérieur de l’Europe mais aussi vis-à-vis des pays tiers, sans aucune harmonisation fiscale, croyez-moi, j’ai ouvert ma gueule en Conseil des ministres ! Mais j’étais le seul. Tous les arbitrages avaient été rendus. Par conséquent ça s’est fait, au 1er janvier 1990. Cette décision est fondatrice du capitalisme financier, dans la crise duquel nous nous débattons aujourd’hui. Peut-être que là j’aurais pu démissionner, et peut-être même l’aurais-je dû.

Sur les conséquences de la première guerre du Golfe

Si je raisonne dans le cadre de notre politique extérieure, de notre politique arabe, de notre politique au Moyen-Orient, oui, je considère que François Mitterrand a fait une grave erreur en participant à la guerre du Golfe. Il a retourné la politique qui était celle du général de Gaulle. Et pour moi, c’était très dur à supporter, parce que j’adhérais à cette politique.

La modernisation du monde arabe devait être encouragée, et pas les tendances les plus fondamentalistes.

On voit aujourd’hui le résultat : on a cassé l’Irak, qui était le verrou par rapport à l’Iran. On a ouvert la voie à Ben Laden et à Al Qaeda, et aujourd’hui les sunnites irakiens se sentent laissés pour compte, et se sont livrés au Califat islamiste.

Très franchement, je ne sais pas ce que sera la suite, mais nous n’avons pas fini de boire le calice jusqu’à la lie.

Sur les cycles politiques de longue période de la gauche

François Mitterrand à Epinay, a pris la tête du PS alors qu’il n’en avait pas la carte 24 heures auparavant, cela notamment grâce à l’aide du CERES. Mais il avait été le candidat de l’union de la gauche en 1965, et c’est cela qui lui avait donné une stature extrêmement attirante pour les couches populaires.

Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, beaucoup de choses ont changé. L’abolition de la peine de mort, la décentralisation, la retraite à soixante ans, les lois Auroux, une certaine démocratisation de l’enseignement… beaucoup a été fait. Mais il y a un retournement fondamental qui est intervenu au milieu des années 1980. L’ampleur de ce qu’on a appelé la « parenthèse libérale », qui ne s’est jamais refermée, l’ampleur de la conversion au libéralisme, la dérégulation appliquée non seulement en France, mais aussi en Europe et dans le reste du monde, est immense.

Il y a malheureusement des Français éminents, considérés en tout cas comme tel, Jacques Delors et un certain nombre d’autres technocrates bien connus, qui ont joué un rôle tout à fait décisif au printemps 1983, et par la suite au moment de l’Acte unique, qui étend le néo-libéralisme a toute l’Europe, puis la monnaie unique, en 1992.

Soyons clairs : la gauche au pouvoir aujourd’hui n’est pas la même gauche. Nous ne sommes plus dans la même situation. La globalisation financière s’est installée, via l’Europe et en particulier le nœud français de 1983, par le ralliement de la Chine à l’économie de marché en 1979, et l’implosion de l’URSS en 1991.

La masse des capitaux, qui font ce que l’on appelle les marchés financiers, sont les arbitres de vie ou de mort des entreprises et des États. Nous sommes dans un monde très différent, et par conséquent, il faut imaginer une stratégie nouvelle, qui reste fidèle aux inspirations initiales.

Nous sommes dans un monde où il faut penser que la France soit un pays qui reste inspiré et voué à l’universel, voué à servir de pont entre l’Occident et les pays émergents.

Sur François Mitterrand

En 1979, François Mitterrand me reçoit à son domicile. Me raccompagnant, il se penche vers moi et me dit : « Vous savez Jean-Pierre, nous sommes d’accord sur tout, vous et moi. Mais malheureusement, à votre différence, je crois que, à notre époque, la France ne peut plus faire autre chose que passer à travers les gouttes ». C’est une des rares phrases que j’ai notée, parce que je pense qu’elle a bien symbolisé la politique de la France jusqu’à l’épisode de la guerre du Golfe.

François Mitterrand était un homme qui a commis des erreurs. Le traité de Maastricht en était une, et elle n’était pas mince ! Mais pour autant, c’était un homme tout à fait fascinant, qui avait un recul historique, une culture, qui impressionnait. Les hommes politiques d’aujourd’hui sont formés à une autre école.

Sur l’ENA

J’ai donné mon sentiment sur l’ENA en 1967 dans un petit livre, intitulé : « L’énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise »,  que j’ai écrit avec deux copains sous le pseudonyme de Jacques Mandrin. En fait, l’ENA c’est deux concours : un concours d’entrée et un concours de sortie. Il faut les réussir ! Mais entre les deux, ce n’est rien.

A l’ENA, je n’ai appris qu’à servir le vin ! C’est l’anecdote que je raconte pour faire rire : mon préfet, chez lequel je faisais un stage dans le Morbihan, m’avait appris à tourner le goulot de la bouteille, de telle manière que d’un coup sec, je pouvais éviter que la goutte ne tombe sur la nappe.

Sur quelques considérations liées à notre époque

Avec la mondialisation libérale, on trouve le triomphe de l’argent. Les gens sont mus davantage par l’envie de gagner de l’argent. C’est le règne de la pantoufle, du parachute doré. Il y a aussi l’instantanéité, le court terme qui s’est substitué à la réflexion de long terme.

Le système médiatique s’est profondément transformé. Il y a beaucoup plus de télévisions et de radios, les réseaux sociaux sont là… Chacun est en position d’être le valet de chambre de tous les hommes politiques que nous avons en activité !

Il n’y a plus de respect du secret de l’instruction, de la présomption d’innocence, de la vie privée. Je pense que c’est regrettable.

De Gaulle disait : « L’autorité ne va pas sans prestige, et le prestige ne va pas sans éloignement ». Aujourd’hui, l’éloignement n’est plus possible. Tout se diffuse, les conseillers parlent, les attachés parlent… Pratiquement, pour être sûr de garder un secret, il faut le garder pour soi-seul, et n’en parler à personne !

Sur la Russie et l’Ukraine

Pour faire l’histoire, il ne faut pas se mettre à la remorque des États-Unis. Prenons le cas de l’Ukraine. Je pense que l’histoire s’est passée d’une façon différente de ce qui nous est raconté. Je pense que les torts sont très partagés. On donne une description souvent outrée de la Russie d’aujourd’hui. La Russie d’aujourd’hui, ce sont des classes moyennes qui partent à l’assaut des aéroports. La Russie, ça change.

Sur Manuel Valls

Je pense que Manuel Valls a été un très bon ministre de l’Intérieur. Il a très bien compris le rôle de la règle : la règle protège, et la liberté écrase. Pour être un bon Premier ministre, il doit savoir que la République ne s’applique pas qu’à l’ordre public : la République, c’est aussi quelque chose qui doit intervenir dans l’ordre économique et social. Il pose à bon escient le problème de l’euro, qui est une monnaie surévaluée, qui nous plombe depuis trop d’années, qui a contribué largement à notre désindustrialisation.

Sur la campagne présidentielle de 2002

Je ne me suis pas préparé à être Président de la République ou Premier ministre. En 2002, mon intention était de créer un courant républicain qui pèse suffisamment sur la gauche plurielle.

Tout ce que j’ai dit reste juste, et les axes principaux de ma campagne, je peux les reprendre aujourd’hui à mon compte. Mais je ne me suis pas préparé à être Président de la République quand je le pouvais, c’est à dire au moment où j’ai été élu député, à l’âge de 34 ans. Si à ce moment-là, j’avais voulu me mettre dans la roue de François Mitterrand, je n’aurais pas fait le CERES, j’aurais caché mes dissentiments, je n’aurais démissionné en aucune circonstance. J’aurais alors peut-être pu devenir Président ou Premier ministre, mais ce n’est pas sûr. Et en agissant de la sorte, je me serais confondu avec la couleur de la muraille.

Je considère qu’il est très injuste de faire de moi le bouc-émissaire de la défaite du candidat socialiste, qui lui doit quand même beaucoup, par sa politique et par sa campagne, qui n’était quand même pas formidable. Et pourquoi avoir donné des parrainages à Besancenot ? Pourquoi n’avoir pas découragé Taubira qui était prête à se retirer ?

Lionel Jospin n’avait pas accroché quelques étoiles à son firmament. Je le lui ai dit sous cette forme en 2000. C’était un très bon Premier ministre, avec beaucoup de compétence, mais je pense qu’il n’avait pas la capacité de devenir Président de la République. Il n’avait pas la vision. Il avait été pour la Constitution européenne. Il avait été l’un des suppôts de Maastricht. L’expression « parenthèse libérale » est la sienne à l’origine. On ne peut pas dissimuler que nous avions deux lignes différentes. Ce n’est pas criminel !

Sur le Front National

Je n’ai pas du tout le même itinéraire que Marine le Pen. Sur des sujets fondamentaux, nous ne pensons pas du tout la même chose. Le problème aujourd’hui, c’est de savoir comment on desserre la contrainte monétaire. Ce que je propose est quand même plus fin que ce que propose Marine le Pen.

S’agissant de la République, je la crois fondée sur la citoyenneté. L’idée que l’on puisse distinguer un Français par son origine me fait horreur.

Il y a des gens qui se revendiquent de moi dans tous les partis politiques. Ma pensée a essaimé largement, et peu, je crois, au FN, parce que je suis un partisan ardent de la citoyenneté, que la France est naturellement un pays métissé. Je demande simplement à ceux qui veulent la nationalité française de respecter la loi républicaine, et l’esprit de la loi : se conformer à quelques usages raisonnables.

Je combats le racisme, l’islamophobie, l’antisémitisme, tout ce qui vise à ranger les Français dans une catégorie particulière. Je pense que quand on est citoyen français, on est citoyen français. Point final.

Pour Belfort

Avoir été maire de Belfort pendant plus ou moins 30 ans, c’est une charge, mais c’est d’abord un honneur. Belfort est devenue une ville universitaire. Le TGV, après 25 ans d’efforts, y arrive. Les fondements industriels ont été consolidés, et je n’y suis pas tout à fait pour rien. L’organisation territoriale a été modifiée. Nous avons répondu à la disparition de Bull par une stratégie : Technum. Il y a aujourd’hui, sur le site de Technum, autant d’emplois qu’il y en avait à l’époque de Bull et d’Alstom. Il a fallu intervenir constamment pour que le bateau reste à flot et continue d’avancer.

Sur l’avenir de la gauche

La vie politique procède par cycles de longue durée. La gauche reviendra quand elle se sera refondée intellectuellement, qu’elle aura pris la mesure du monde, qu’elle aura une nouvelle grille de lecture qui lui permettra de comprendre où elle se situe et où elle doit aller. J’œuvrerai pour ma part, dans les années qui me restent, à lui fournir ces clefs, à faire ce travail d’instituteur républicain, à montrer que la France reste un grand pays universaliste, qui peut tendre la main à tous, qui peut jouer un rôle pour construire une Europe européenne, peser dans le monde de demain entre les États-Unis et la Chine, défendre notre modèle social en le modernisant.

Je préside la Fondation Res Publica, qui en est à son 85ème cahier – un immense travail de fond y est fait par les meilleurs experts, dans tous les domaines. Je traduirai aussi cette œuvre sous la forme des livres que je vais écrire. Il y aura certainement quelque chose que je ferai sur la théorie de la République, qui me paraît un peu oubliée, pour montrer la cohérence du concept, sur le récit national, qui doit être vrai et non falsifié, pour redonner à la France l’estime de soi qui lui manque tellement, et puis construire un programme de Salut public !

Sur les questions de sécurité

Sauvageons et racaille, cela n’a rien à voir ! Sauvageons, c’est un arbre non-greffé. En utilisant ce terme, je pointais le défaut d’éducation. Racaille, c’est une expression choquante. J’ai tendance à penser qu’il faut toujours offrir une voie de rédemption. Je suis toujours pour des réactions très proportionnées. Sauvageon, ça n’a peut-être pas été compris, beaucoup ont été choqués car ils ont entendu « sauvage », mais ils ont fait des progrès en Français, puisque je leur ai expliqué ce que ça voulait dire !

Il y avait une très mauvaise conception de la sécurité à gauche. On se mettait toujours à la place des coupables, on était dans la culture de l’excuse. Tout cela faisait sûrement honneur au cœur tendre de ceux qui exprimaient cette vision, mais la réalité c’est qu’il y a une délinquance qu’il faut combattre. La sécurité est quand même l’un des premiers droits de l’homme et du citoyen.

Sur ces questions, il y a en fait une double démagogie : un angélisme de gauche, et une démagogie de droite, un catastrophisme qui ne paraît pas non plus très raisonnable. Il y avait 1000 personnes qui étaient tuées chaque année quand j’étais ministre de l’Intérieur, aujourd’hui c’est 600. On ne dit jamais les choses qui vont mieux. Quant aux chiffres… les policiers étaient astreints à en produire sous Sarkozy. Ils ne faisaient plus la police, ils remplissaient des formulaires pour faire des statistiques !

Sur de Gaulle, Mitterrand et Chirac

J’ai eu l’occasion de déjeuner avec le Président Chirac, qui m’a dit : « Il y a deux grands présidents, de Gaulle et Mitterrand. Moi je me sens plutôt mitterrandiste ». J’ai failli lui répondre, et je le fais devant vous, que moi je me sens plutôt gaulliste, car je sais ce que la France doit au général de Gaulle. Il n’y a pas d’équivalent à l’effondrement de 1940 dans notre histoire, et si la France continue, c’est grâce à de Gaulle. De Gaulle a aussi su trancher le nœud gordien de l’Algérie. Il fallait que l’Algérie soit indépendante.

J’admire de Gaulle comme étant le plus grand homme d’État français du XXe siècle. J’admire aussi François Mitterrand mais pour d’autres raisons. Et surtout, je suis attaché à l’homme qu’était François Mitterrand, plus qu’à ses choix politiques d’ailleurs, avec lesquels je me suis dissocié, de son temps.

Sur l’état de la gauche à Belfort

Le candidat que j’avais installé dans le fauteuil du maire de Belfort a changé de parti après sa défaite aux législatives. C’était un choix malheureux pour lui-même. Je me suis senti blessé dans la fidélité à ce qu’étaient nos idées communes. C’était une question de dignité et d’intérêt. Il avait une chance d’être réélu, en restant au MRC. Il a fait le choix inverse, il a divisé son camp, et il porte lui, et ceux qui l’ont débauché, la responsabilité de cet échec.

Mais je vous l’ai dit, je suis optimiste pour le long terme. La vague va et vient, et elle reviendra. La gauche refondée, républicaine, reviendra à Belfort.

FC Sochaux ou Eurockéennes ?

J’étais plutôt footballeur, j’étais ailier, mais il y a très longtemps.

Pour ce qui est du rock, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. La création des Eurockéennes doit tout à Christian Proust.

Il m’arrive d’aller au stade voir Sochaux ou d’aller au Stade de France.

J’ai quand même organisé, comme ministre de l’Intérieur, la Coupe du Monde de 1998 : croyez-moi, ce n’était pas de la tarte !

Sur l’association France-Algérie

Je suis Président de l’association France-Algérie. J’irai la semaine prochaine 4 jours en Algérie. Je suis très attaché à préserver le continuum entre ces deux pays. Il s’est passé beaucoup de choses entre la France et l’Algérie. J’essaye de maintenir des liens entre les sociétés civiles : un prix de cinéma, un prix littéraire…

Rédigé par Chevènement.fr le Dimanche 5 Octobre 2014

La colère du Collectif des inspecteurs lauréats de l’enseignement

Comme enseignant, je ne puis que me joindre à la colère de mes collègues et relayer leur appel aux citoyens que nous livre le site du quotidien L’Avenir. (Paul D.)

Les inspecteurs lauréats accusent politiques et syndicats et s’adressent à vous.

ministre enseignementC’est une longue lettre, au contenu très fort. Elle vous est adressée à vous, citoyens. Elle est signée par le Collectif des inspecteurs lauréats. Ces derniers y accusent les politiques et les syndicats de copinage, de manque de courage, d’amateurisme. Ils accusent également les inspecteurs ayant raté leur examen d’avoir dévoyé l’épreuve, au mépris du système éducatif.

En mai 2013, le Selor avait organisé un examen de présélection pour des postes d’inspecteurs dans l’enseignement. Certains candidats, qui étaient déjà inspecteurs, avaient raté l’épreuve… et devaient donc quitter leur poste.

Certains d’entre eux n’ont pas accepté cette décision et ont multiplié les recours contre les résultats de cet examen. Le Conseil d’État leur a donné raison. Du coup, les lauréats, qui avaient commencé un stage en septembre… ne peuvent plus être inspecteurs. Plus d’un an plus tard, la situation est toujours au point mort.

Le Collectif des lauréats du concours en a donc ras-le-bol «de ne pas être reconnus et respectés!» et «sélectionnés sur des bases objectives» alors que l’enseignement a été déclaré comme priorité dans le Plan Marshall 2022.

Dans une «dernière tentative», le Collectif, qui dit vouloir alerter l’opinion publique, vient de diffuser une lettre au ton comminatoire. En voici la majeure partie…

Florent Marot

«Comment croire au redressement de notre Fédération sans un enseignement solide? Et un de ses acteurs, c’est le Service général de l’Inspection! Oh bien sûr, il a beaucoup changé. Ce n’est plus un organisme de contrôle pur et dur, mais bien un élément essentiel du pilotage de notre système éducatif. Comment concevoir des réformes sans retour du terrain? Comment analyser l’impact des décisions prises sans en mesurer les effets dans les classes? Comment faire tout cela sans un regard bienveillant, mais objectif sur les pratiques de classe? Or, chers concitoyens, on vous refuse d’avoir des inspecteurs sélectionnés sur des bases objectives.»

«Nous accusons les politiques»

«Nous accusons les politiques d’avoir laissé perdurer depuis plus de 10 ans un système de désignation politique hors de tout contrôle démocratique basé sur le copinage. En effet, il est moins important aux yeux de nos décideurs d’avoir pu prouver quelque chose que d’être l’ami d’un député, posséder la carte du bon parti au bon moment. Notre belle Constitution ne garantit-elle pas des chances d’accès égal à tous les citoyens de ce pays?

«Nous accusons ces mêmes politiques de faire montre de peu de courage pour se sortir d’une telle situation, car un arrêt du Conseil d’État, aussi noble est cette institution, peut-il paralyser un gouvernement dans son ensemble et aller à l’encontre de la volonté des élus du peuple? Nous comprenons très bien, même si à titre personnel nous le regrettons, que revenir à la situation d’avant cet arrêté est difficile, mais est-ce pour autant une raison pour trahir des personnes ayant juste commis l’erreur d’avoir fait confiance en l’Institution de la Fédération Wallonie-Bruxelles? Mais non, il est beaucoup plus intéressant de se poser en victime et de ne rien faire. Quel bel exemple!

«Nous accusons certains inspecteurs»

«Nous accusons certains Inspecteurs faisant fonction ayant raté l’examen de jouer la montre, et de refuser systématiquement toute forme d’évaluation, sauf « entre amis ». Ils nous ont accusés d’amateurisme, d’inexpérience… L’étaient-ils, expérimentés, lorsqu’ils ont été désignés par « le fait du Prince »? Sur quoi reposent tant de morgue et d’arrogance? La certitude que tout leur est permis, d’appartenir à une caste? Comment comprendre les menaces, insultes et mise en scène médiatique? Tout cela sans aucune sanction. Des gens sont même allés jusqu’à proférer des menaces sur l’intégrité physique de personnes. Quelle belle image! Nous avons encore en tête la réflexion d’un ministre: « les inspecteurs sont le corps d’élite de l’enseignement ». Cela devrait l’être, effectivement.

«Quelle tristesse, quelle bassesse, quel manque d’intérêt et de commisération pour les enfants, quel exemple pour la jeunesse!

«Nous les accusons également d’avoir dévoyé ce qu’était cette épreuve en la travestissant: comment oser se plaindre qu’elle n’était pas en rapport direct avec le métier? Ne comprennent-ils pas le sens d’épreuve de sélection? Ce n’était pas un examen du meilleur inspecteur, mais bien une sélection devant jauger les capacités des candidats à acquérir les compétences attendues d’un inspecteur. Faire autrement aurait avantagé ceux déjà en fonction. Demande-t-on aux étudiants candidats en médecine de participer à une épreuve de sélection en leur demandant de prouver qu’ils sont de bons médecins? Et de le faire en concurrence avec des personnes ayant déjà exercé? Cela aurait été à l’encontre de la liberté d’accès aux emplois publics.

«Nous les accusons enfin de participer grandement à la judiciarisation de notre société, à l’instar de la société américaine. Qui contestera à l’avenir le droit des parents de remettre en cause n’importe quel examen sur base du fait que son enfant n’a pas été évalué sur TOUTES les compétences attendues? Un examen n’est par définition jamais exhaustif… encore moins des examens oraux par exemple. Manque de chance, c’est justement ce sur quoi ils n’ont pas été interrogés qu’ils étaient bons!»

«Nous accusons les syndicats»

«Nous accusons les syndicats d’avoir participé à l’élaboration du processus amenant cette épreuve SELOR, d’en avoir accepté le principe et les modalités, d’avoir participé au jury nous désignant comme légitimes lauréats pour ensuite payer des avocats à des personnes ayant échoué… S’il est évident que le devoir d’une organisation syndicale est d’apporter aide et soutien à l’ensemble de ses membres, comment peut-on se renier à ce point? Défendre d’accord! Mais pas l’indéfendable. En signant le procès-verbal du jury, les syndicats ont participé à cette situation. Il est trop facile aujourd’hui de se défiler en accusant la seule Fédération Wallonie-Bruxelles.»

«Nous accusons l’ensemble des acteurs»

«Nous accusons également l’ensemble des acteurs ayant joué dans cette mauvaise pièce de nous avoir causé un préjudice moral certain, qui, nous le rappelons, dure depuis le 12 août et le premier retrait de nos désignations, mais également à nos familles, nos collègues, nos amis, les personnes qui nous avaient remplacés et s’étaient investies, aux inspecteurs nommés ainsi que les faisant fonction ayant eux réussi l’épreuve, aux enseignants qui ont perdu confiance dans une des plus hautes valeurs à leurs yeux: l’équité dans l’évaluation. Nous n’oublions pas les familles et élèves de l’ensemble des établissements tous réseaux et tous niveaux confondus. D’ailleurs, certains d’entre nous ont entamé une action au civil qui coûtera plusieurs centaines de milliers d’euros à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et une fois de plus il n’y aurait aucun responsable?

«À l’heure où nous venons d’apprendre que le Conseil d’État a rendu sa position quant à la solution proposée par le Gouvernement en janvier qui consiste en un nouvel examen qui devait tenir compte des résultats de mai 2013, et que finalement le principe du nouvel examen est accepté, mais sans tenir compte de nos résultats, nous rappelons que nous n’accepterons jamais d’être purement et simplement effacés du paysage, car nous, nous avions confiance en l’Autorité! Qui aura la confiance suffisante pour s’inscrire à cette énième tentative?»

« Réforme ou dérèglement de l’Etat » : ce qu’en pense Dehousse

dehousseNotre ami Jules Jasselette nous envoie l’interview réalisée par la revue « Toudi » auprès de Jean-Maurice Dehousse. Ce dernier éclaircit bien des choses tenues sous le boisseau dans le débat électoral. Nous savons que le moment des élections n’est pas propice à de vrais débats politiques, dans le sens noble du terme, mais plutôt à des épisodes où slogans, promesses et petites phrases incendiaires tiennent le haut du pavé.

Je me souviens d’une conférence-débat organisée par le PAC (Présence et Action Culturelle) d’Esneux où les deux orateurs Jean-Maurice Dehousse et Jules Gazon étaient invités à croiser leurs vues sur l’avenir de la Wallonie. Je peux dire que les deux experts se rejoignaient dans 95 % des idées exposées.

Il en va de même ici où je partage 95 % de l’exposé de J-M Dehousse. Sans vouloir polémiquer, j’émettrai un bémol au chapitre où J-M Dehousse parle de la perte de la souveraineté budgétaire qui passe aux mains de commissaires européens. Il classe 4 degrés (au moins, dit-il) de cette pression.

La France serait au degré 3 de cette pression avec 3 grands axes économiques touchés : diminution des salaires, des pensions (en particulier pour les fonctionnaires) et des investissements publics. Il y a lieu de préciser ici que les salaires et les pensions des plus faibles ne seront pas touchés – exemple : un couple dont chaque membre est au SMIC (salaire minimum) avec 2 enfants ne verra pas son salaire touché et continuera à payer 0 % d’impôt. Nous sommes loin de la saignée imposée à la Grèce, mais aussi des situations portugaise et espagnole.

La Belgique serait au degré 4, un degré de « surveillance ». Quelle est la valeur d’une note attribuée à un Etat qui vivra après le 25 mai au rythme d’une réforme de l’état sans précédent qui mettra la Wallonie dans une situation des plus délicates. L’analyse scientifique du Professeur Gazon, jamais démentie par un économiste, indique que malgré une récente prise de conscience de la situation, faute de ne pas avoir anticipé à temps le risque, faute d’avoir tenu un discours du « demandeur de rien », la Wallonie va être confrontée à une situation des plus délicates.

J-M Dehousse ne dit d’ailleurs pas le contraire dans la suite de son analyse.

A quel degré de pression se situera la Wallonie après le 25 mai ? Là est la question qui m’importe.

Je ne puis le dire, mais ce que je peux affirmer, c’est que le concept d' »intégration-autonomie » de la Wallonie dans la République française permettra à notre région de bénéficier de la forte solidarité interrégionale française. Ce que je peux affirmer aussi, c’est que la Wallonie, mais aussi la France sortiront gagnantes d’une telle alliance. Dans un article prochain, j’argumenterai mes affirmations.

Paul D.

Nous avons posé la question suivante à Jean-Maurice Dehousse : « Vous avez été acteur et témoin de toutes les réformes de l’Etat. Trouvez-vous que celle-ci est différente ? C’est la première fois que l’on touche à la sécurité sociale. Est-ce que l’on est passé à autre chose ? Ou bien poursuit-on ce qui a été commencé en 1970 ? » Après un long entretien avec lui il y a quelques semaines à Liège, nous lui avons renvoyé un compte-rendu de cette conversation : c’est sur cette base qu’il a retravaillé ce que nous pouvons lire. Cette longue étude dans la mesure où elle porte sur tous les thèmes qui n’ont pratiquement jamais été abordés dans la campagne électorale et qui ne le seront probablement pas.

Pour comprendre ce qui suit, tournez-vous vers les médias commerciaux traditionnels et surtout les médias audiovisuels : comme il s’agit des vrais  enjeux du 25 mai, vous ne les trouverez sans doute traités qu’ici.

Pour lire le long texte de Jean-Maurice Dehousse, nous vous invitons à passer sur le site de la Revue Toudi.

Invitation à participer à une enquête sur les relations Wallons – Flamands.

Je vous invite à participer à l’enquête en cliquant sur le lien en fin de cet article paru sur le site du « Vif » et d’indiquer en fin d’enquête votre désir de voir le concept d’ « intégration-autonomie » de la Wallonie dans la République française s’inscrire dans le débat politique qui concerne l’avenir de la Wallonie. A ce jour, il en est totalement absent.

Paul D.

 « Les Flamands et les Wallons se considèrent avec respect, sympathie et admiration » (KU Leuven)

Le Vif

mardi 13 mai 2014 à 10h50

Selon une étude réalisée par l’Université Catholique de Louvain (UCL), l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et la KU Leuven (KUL) relayée par le quotidien De Standaard, les Flamands et les Wallons se considèrent essentiellement avec respect, sympathie et admiration.

© Belga

Les chercheurs ont étudié l’attitude des Belges par rapport aux autres groupes linguistiques en 2010 et 2011. « À cette époque, notre pays était en crise et nous voulions vérifier le résultat de cette situation par rapport à l’autre. Les résultats étaient étonnamment positifs » explique Ellen Delvaux de la KU Leuven au journal. « Le respect, la sympathie et l’admiration étaient les principales émotions éprouvées par les Flamands et les Wallons les uns envers les autres ».

Cependant, l’étude révèle que les sentiments négatifs nourris par l’autre groupe linguistique sont systématiquement surestimés. « Les Flamands pensent que les Wallons sont frustrés et jaloux alors que les francophones s’imaginent que les Flamands sont fâchés et frustrés » déclare-t-elle.

Par ailleurs, la majorité des répondants soulignent leur attachement à la Belgique et préféreraient voir les régions se rapprocher « même s’ils ajoutent qu’accorder davantage d’autonomie aux régions est une option plus réaliste ».

Les trois universités poursuivent l’étude en cette période d’élection, considérée comme « un moment indiqué » selon Delvaux. Si vous souhaitez participer à l’enquête, vous pouvez cliquer sur ce lien

Billet d’humour de Jean d’Ormesson

LE FRANÇAIS ? UNE LANGUE ANIMALE…

chèvre«Myope comme une taupe», «rusé   comme un renard», «serrés comme des sardines»… les termes empruntés au monde   animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont   partout.

La preuve : que vous soyez fier comme un coq, fort  comme un bœuf, têtu comme un âne, malin comme un singe ou simplement un chaud  lapin, vous êtes tous, un jour ou l’autre, devenu chèvre pour une caille aux  yeux de biche.

Vous arrivez à votre premier rendez-vous fier comme un paon et frais comme un gardon et là , … pas un chat ! Vous faites le pied  de grue, vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin.  Il y a anguille sous roche et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard, la tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon, vous l’a certifié : cette poule a du chien, une vraie panthère ! C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour.   Mais tout de même, elle vous traite comme un chien.  Vous êtes prêt à gueuler comme un putois quand, finalement, la fine mouche arrive.

Bon, vous vous dites que dix minutes de retard, il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Sauf que la fameuse souris, malgré son cou de cygne et sa crinière de lion est en fait aussi plate qu’une limande, myope comme une taupe, elle souffle comme un   phoque et rit comme une baleine. Une vraie peau de vache, quoi ! Et vous, vous êtes fait comme un rat.  Vous roulez des yeux de merlan frit, vous êtes rouge comme une écrevisse, mais vous  restez muet comme une carpe. Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez, mais vous sautez du coq à l’âne et finissez par noyer le poisson. Vous avez le cafard, l’envie vous prend de pleurer comme un veau (ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon). Vous finissez par prendre le taureau par les cornes et vous inventez une fièvre de cheval qui vous permet de filer comme une anguille.  C’est pas que vous êtes une poule mouillée, vous ne voulez pas être le dindon de la farce. Vous avez beau être doux comme un agneau sous vos airs d’ours mal léché, faut pas vous prendre pour un pigeon car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie.

Et puis, ça aurait servi à quoi de se regarder comme des chiens de faïence. Après tout, revenons à nos moutons : vous avez maintenant une faim de loup, l’envie de dormir comme un loir et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.

Devant la justice pour avoir refusé de polluer !

Chère amie, cher ami,

Emmanuel Giboulot, viticulteur bio dans le département de la Côte-d’Or, exploite depuis plus de quarante ans 10 hectares de vignes en agriculture biologique.

Le 24 février 2014, il passera devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé de déverser un dangereux pesticide sur sa vigne. Il encourt jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Par solidarité avec lui, je vous demande de signer la déclaration de soutien située en bas de ce message.

Un insecticide qui détruit les abeilles

En juin dernier, pour contrer un risque hypothétique d’épidémie de flavescence dorée, une maladie de la vigne, le préfet de Côte-d’Or a pris un arrêté radical : tous les vignerons devront traiter leur vigne contre la cicadelle, l’insecte qui répand la maladie.

Le problème est que même l’insecticide le moins polluant contre la cicadelle tue les abeilles et la faune auxiliaire.

Il détruit toutes sortes d’insectes nécessaires à la régulation de la vigne pour éviter les parasites. Or, Emmanuel Giboulot travaille justement depuis plus de 40 ans à préserver les équilibres biologiques de sa vigne.

Il décide donc, fort logiquement, de lutter contre la cicadelle en choisissant parmi les nombreux traitements naturels bien connus des agriculteurs bio.

Le 30 juillet dernier, un inspecteur de la direction régionale de l’Agriculture arrive chez lui. L’inspecteur s’aperçoit qu’il n’a pas déversé de pesticide.

Il décide aussitôt de le signaler au procureur. Emmanuel Giboulot est mis en examen, comme un délinquant.

Traîné en correctionnelle !!

Emmanuel Giboulot est convoqué le 24 décembre pour un arrangement amiable avec le procureur, mais celui-ci annule au dernier moment.

Au lieu de classer l’affaire, le procureur décide de le renvoyer devant le tribunal correctionnel, avec un procès le 24 février prochain !

Emmanuel Giboulot sera donc jugé aux côtés de délinquants sexuels et de cambrioleurs endurcis, qui forment la population habituelle des audiences correctionnelles.

Le problème est que, en dehors de quelques réactions isolées, personne ne s’est exprimé publiquement pour défendre Emmanuel Giboulot.

Aucune réaction massive n’a eu lieu dans la population, jusqu’à présent.

L’IPSN avait créé une page de soutien sur Facebook pour Emmanuel Giboulot, qui a récolté plus de 35 000 soutiens. Mais, vu le contexte, la mobilisation doit aujourd’hui être infiniment plus forte et plus officielle.

Les alternatives naturelles sont efficaces !

En effet, contrairement à ce qu’affirment les autorités, il existe plusieurs moyens de protéger les vignes contre la cicadelle tout en respectant l’environnement :

  • les vignes peuvent être protégées avec des fougères et de l’argile calciné ;
  • des pièges à cicadelle existent, et ils sont efficaces (la cicadelle est attirée par la couleur orange) ;
  • on peut également poser entre les pieds de vigne de la paille d’avoine ou du papier d’aluminium, dont la forte intensité lumineuse empêche l’insecte de se poser. Des expériences ont montré que cette simple mesure est tout aussi efficace que l’insecticide ;
  • mais surtout, surtout, c’est en préservant la biodiversité qu’on lutte le mieux contre la cicadelle, car c’est un insecte apprécié par de nombreux prédateurs dans la nature. Le problème est que ces prédateurs, les araignées, la mante religieuse et certains types de punaises, ont aujourd’hui été éradiqués dans les vignes non biologiques, où la faune est ravagée par les insecticides.

Ces solutions ne devraient pas être combattues mais au contraire encouragées par les autorités.

Les agriculteurs qui les utilisent devraient être félicités et donnés en exemple, non pas soumis à la terreur d’une répression judiciaire.

C’est pourquoi je vous demande de signer la déclaration officielle de soutien à Emmanuel Giboulot.

Signez la déclaration de soutien

Emmanuel Giboulot ne doit pas se rendre au tribunal abandonné de tous. Il doit savoir qu’il est soutenu par des centaines de milliers de personnes.

Oui, si vous signez la déclaration de soutien ci-dessous, et si vous passez ce message à tout votre carnet d’adresses, nous pouvons provoquer une vague de solidarité historique dans le pays.

Nous pouvons aussi changer l’issue de ce procès en rassemblant des centaines de milliers de signatures de soutien.

Car sans réaction massive de la population, ce viticulteur risque très probablement d’être condamné, pour l’exemple.

La plupart des agriculteurs qui verront cela se le tiendront pour dit. Ils comprendront qu’ils doivent obéir aveuglément aux injonctions des autorités, y compris si cela implique d’empoisonner leur propre terre et de décimer plus encore les abeilles et autres insectes pollinisateurs !!

Ne laissez pas se commettre une telle injustice, avec des conséquences aussi lourdes et contraires à l’intérêt de tous. Manifestons publiquement notre réprobation la plus totale contre les réglementations qui marchent à l’envers et qui nuisent autant à l’environnement qu’au bon sens.

L’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle vous appelle donc solennellement à signer la déclaration officielle de soutien à Emmanuel Giboulot et à la faire signer par tout votre entourage.

Cela ne vous demandera qu’un instant, mais c’est un moyen concret d’empêcher qu’une grave injustice ne soit commise, doublée d’une grave atteinte à notre planète.

S’il vous plaît, ne fermez pas cet email pour l’envoyer aux oubliettes. Ce serait un énorme gâchis. Puisque vous avez investi du temps pour lire ce message jusqu’ici, faites un geste simple et signez la déclaration officielle de soutien à Emmanuel Giboulot.

Puis transmettez ce message à toutes vos connaissances.

Un grand merci,

Avec tout mon dévouement,         Augustin de Livois

Institut pour la Protection de la Santé Naturelle

Institut pour la Protection de la Santé Naturelle – Rue du Vieux Marché au Grain 48, 1000 Bruxelles
www.ipsn.eu
Association sans but lucratif conforme à la loi du 27 juin 1921.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde