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Afrique, Africa

africa mandelaNelson MANDELA, un homme courageux, intelligent, brillant. Un être simplement humain, mais aussi un visionnaire qui a su, avec le dernier président blanc sud-africain Frederick De Clerk, conduire l’Afrique du sud sur le chemin de la dignité et de la paix. Nelson MANDELA reste, plus que jamais, un exemple pour tous les Africains, mais surtout pour tous les dirigeants d’un continent toujours en recherche de démocratie.

L’Afrique du Sud a accompli un grand pas avec « Madiba », mais d’énormes défis restent à vaincre pour cet immense Etat. Souhaitons que les successeurs de Nelson MANDELA soient à la hauteur de celui qui a si bien tracé les sillons.

Nelson MANDELA en 7 citations :

1. « Nous ne sommes pas encore libres, nous avons seulement atteint la liberté d’être libres. »

2. « En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d’en faire autant. »

3. « J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre. »

4. « Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès. »

5. « Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. »

6. « L’éducation est une arme puissante pour faire évoluer les mentalités. »

7. « Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un de sa liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. »

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La Centrafrique est un pays méconnu. Alors que la France s’apprête à y envoyer des troupes, Francetv info propose une séance de rattrapage.

Lire ici l’article de Francetv info, avec le résumé suivant :

La Centrafrique a une histoire mouvementée depuis son indépendance. L’arrivée d’une rébellion qui a pris le pouvoir a plongé le pays dans une grave crise. Composée majoritairement de musulmans, cette rébellion a attisé les tensions avec la population majoritairement chrétienne. Paris dit redouter un génocide, mais le terme est excessif. Les troupes africaines sont dépassées et la France doit intervenir avec l’aval de l’ONU pour ramener la paix. La France dispose des seules forces pouvant intervenir rapidement et efficacement. Ses intérêts économiques dans le pays sont peu importants, mais elle a des intérêts stratégiques : préserver la stabilité de la région et empêcher l’installation de groupes islamistes.

Le « tout pour la Flandre » de l’Open VLD

A l’ A.W.F., nous ne cessons de dire que N-VA, CD&V et Open-VLD ont non seulement un programme économique et social très semblable,  mais que leurs objectifs communautaires ne diffèrent guère : seuls changent les mots et les chemins, parfois tortueux, pour aboutir au confédéralisme. Le CD&V, dans la bonne tradition du CVP, avance voilé, avec un discours jésuitique. Le professeur Nicolas Bouteca, de l’université de Gand, décortique, dans le quotidien De Morgen, la supercherie de l’Open-VLD. Seule la N-VA a un discours clair. Je pense que les Wallons doivent écouter ce que dit Bart de Wever et en tirer les leçons.

Paul D.

L’article qui suit a été publié sur le site du Vif/L’Express.

Le politologue Nicolas Bouteca (Université de Gand) estime que l’Open VLD ne diffère pas de la N-VA en prônant un fédéralisme basé sur le principe de majorité qui démantèlerait les mécanismes destinés à protéger les francophones contre la majorité flamande numérique.

Maggie De Block, Bart Somers, Gwendolyn Rutten et Patrick Dewael (Open VLD) ©  Belga

Selon Bouteca, l’Open VLD fait de son mieux pour se distinguer des nationalistes flamands tout en disant essentiellement la même chose. Ce week-end, le parti présentera sa « déclaration d’avenir » qui opte pour un fédéralisme de coopération entre les régions dans le respect de la diversité de celles-ci.

Si ce point de vue s’oppose effectivement à la N-VA qui aspire au confédéralisme, Nicolas Bouteca estime que « l’étape suivante de la logique des libéraux flamands fait fondre la distinction avec les nationalistes de la N-VA comme neige au soleil puisque l’Open VLD aspire à un fédéralisme basé sur le principe de majorité (résolution 84) qui démantèlerait les mécanismes destinés à protéger les francophones contre la majorité flamande numérique. Cette exigence aligne le point de vue libéral communautaire sur les souhaits de la N-VA ».

Ce démantèlement signifierait la fin de la « constitution de verrouillage » (grendelgrondwet) instaurée en 1970 pour empêcher les néerlandophones de prendre des mesures contestées par les francophones. Le politologue de l’Université de Gand souligne le caractère étonnant du souhait de l’Open VLD de révoquer cette « constitution de verrouillage ». D’après lui, cette mesure exige une réforme de l’état poussée entraînant de longues négociations à laquelle le parti déclare s’opposer et, plus fondamentalement, « signifierait la fin de la Belgique fédérale que le parti prétend défendre ».

« L’Open VLD peut donc difficilement être considéré comme une alternative au ‘séparatisme édulcorée’ de la N-VA. Au contraire, c’est un message flamand extrêmement dur emballé dans un pseudo fédéralisme unioniste », conclut-il.

Paris désignée meilleure ville étudiante du monde

Paris« Paris a été désignée comme la meilleure ville étudiante du monde pour la deuxième année de suite par le bureau d’études britannique QS mercredi. La capitale française devance Londres, Singapour, Sydney, Melbourne et Zurich à ce palmarès établi par la société d’étude QS (Quacquarelli Symonds Ltd) qui publie également tous les ans un classement international des universités. »

Pour lire l’intégralité de l’article, aller sur le site de La Libre.

Les Flamands surreprésentés au top des entreprises belges

Nous reproduisons ici une information donnée ce jeudi par le magazine Trends-Tendances , sous la signature de Gilles Quoistiaux.

trends-tendancesLes chiffres exclusifs révélés ce jeudi par Trends-Tendances sont implacables : dans les entreprises comptant plus de 100 employés, les Flamands dominent les francophones à tous les postes clés.

Trends-Tendances s’attaque ce jeudi à un sujet tabou : la domination flamande dans les entreprises à vocation nationale. Les chiffres exclusifs issus de la base de données du Trends Top le démontrent : les postes-clés sont largement trustés par des Flamands. Bien souvent, les francophones doivent se contenter des miettes. A la tête des grandes entreprises basées en Belgique (plus de 100 employés), on retrouve deux fois plus de CEO flamands que de CEO francophones. La proportion est identique au niveau des comités de direction. Tous les autres postes stratégiques sont eux aussi dominés par des Flamands. 70 % des directeurs financiers, 71 % des directeurs juridiques, 71 % des directeurs marketing, 73 % des responsables des ressources humaines, 74 % des directeurs commerciaux… sont Flamands. Découvrez tous les chiffres, les témoignages et les analyses de ce phénomène dans le Trends-Tendances du jeudi 7 novembre 2013 intitulé : « Comment la Flandre a kidnappé l’économie belge ».

160 000 euros pour les salles de bain de l’ambassadeur

Quand donc nos dirigeants politiques instaureront-ils des lois qui empêchent que des gens  complètement déconnectés de la vie de leurs concitoyens ne sévissent ? Ne peut-on parler dans le cas qui nous occupe de détournement de fonds publics. C’est de l’utilisation de nos impôts qu’il s’agit. Si, comme citoyen, je suis satisfait  de payer des impôts pour vivre dans une société où les services publics seraient performants (enseignement-santé-transports-recherche- …), il m’est insupportable de voir une véritable caste de sujets de sa majesté vivre dans un autre  monde sans loi ni morale. A l’heure où la Belgique va subir une nouvelle cure d’amaigrissement avec la 7ème réforme de l’Etat qui se profile, il serait peut-être bon de réaliser en parallèle des économies d’échelle au niveau de la diplomatie belge.

Paul D.

Lu dans « Le Vif » du 30.10.13

160 000 euros pour les salles de bain de l’ambassadeur

ambassade belgeSi la «douche de Marie Arena» (moins de 7 000 euros) avait fait jaser en son temps, les trois nouvelles salles de bain de la résidence de l’ambassadeur de Belgique en France, Patrick Vercauteren  Drubbel, ont coûté au Trésor public la coquette somme de 160 000 euros.

C’est ce qui apparaît sur le site des Bains d’Alexandre, qui s’enorgueillit d’avoir réalisé pour une telle somme ces « SDB d’ambassade », à l’hôtel de la Marck, dans le 8e arrondissement de Paris.
La résidence de l’ambassadeur est installée dans l’ancien hôtel particulier de la Marck, merveilleusement situé au n°9 de la rue de Surène, près de la place de l’Etoile. Les travaux ont été adjugés et réalisés en 2013. (…)

Les fleurs du Nouvel Obs

La rédaction du Nouvel Observateur a produit un livret de douze pages intitulé « Le génie des Belges » et encarté dans sa dernière édition belge. On n’est pas tout à fait sûr que ce « spécial Belgique » soit destiné aux lecteurs français du magazine. Aucune trace de ce dossier dans le sommaire, ni sur le site nouvelobs.com. Couverture différente, aussi, bien entendu. Quoi qu’il en soit, Georges-Henry Simonis s’est empressé de réagir.

nouvel obsAinsi donc, avec son numéro « spécial Belgique » de ce 10 octobre 2013, et son article intitulé « Sans frontières » (sic), le Nouvel Observateur est lui aussi tombé dans le panneau de cette logorrhée de belgitude qui envahit tout ce que la Belgique compte dans le domaine de la presse écrite, parlée ou télévisée.

Il nous avait habitués, en son temps, à plus d’esprit critique et d’analyse objective.

En Belgique, aujourd’hui, tout y passe dans le domaine d’une glorification permanente de l’Etat belgicain  : d’une monarchie à peine reliftée au pavoisement des édifices publics aux jours qui conviennent à la Royauté, à la béatification d’un chanteur qui a parlé flamand sur la place de Bruxelles le jour de la fête de la Communauté française, ou évidemment à la glorification d’équipes sportives vénérées comme si elles faisaient autre chose que de gagner du pognon dans les stades internationaux… Et un prix Nobel par-dessus le marché ! (comme si la science de haut niveau avait encore des frontières nationales…)

Sans oublier la quasi-sanctification d’un ancien premier ministre à qui on offre des funérailles nationales assurément méritées pour cet homme qui a tant fait pour la cause flamande nationaliste… L’éviction de Louvain, l’Etat C.V.P., les détournements de subventions wallonnes par la Flandre… :  c’était lui ! L’ami du Roi Baudouin, le fondateur du Parti Populaire Européen « attrape tout »…

François PERIN, brillant professeur, politique engagé, homme libre entre tous, n’a pas eu ces honneurs factices. Tant mieux : il ne les eût pas appréciés. Mais il restera à jamais en nos cœurs et nos esprits.

Et puis, après tout, si le Nouvel Observateur a décidé sans originalité de glorifier quelques figures  belges, pourquoi ne pas nous en réjouir ? Il pourra peut-être sensibiliser ainsi le Président François HOLLANDE, qui n’a pas l’air de comprendre grand chose à la situation de la Belgique, des Wallons, des Flamands, de Bruxelles. Un Président sous influence du gouvernement belge en place, assurément. Mais sans le moindre souffle ni la moindre originalité : son interview au Nouvel Observateur et au journal Le Soir est singulièrement creuse.

Où est passé le souffle Gaullien de l’époque du Québec Libre ? Après Jean-Pierre Chevènement, qui avait compris, ne nous restent que les déclarations de Jean-Luc Mélenchon et de prudentes marques d’attention de quelques  hommes politiques français…

Défense et illustration de la Belgique ? Après tout, le catalogue du Nouvel Obs  aidera peut-être à convaincre dans l’hexagone que les francophones de Belgique peuvent apporter beaucoup à la France : une culture audacieuse, un redressement économique considérable, une recherche fondamentale de très haut niveau, un patrimoine d’exception, des valeurs partagées, une langue aimée que nous voulons défendre.

En Wallonie, l’idée du rattachement à la France progresse avec constance, plus dans les esprits éclairés et lucides que chez des supporters de foot hyper-conditionnés, ou que dans les cénacles politico-financiers jaloux de leurs privilèges.

Ainsi, l’Alliance Wallonie-France, mouvement de citoyens et non parti politique, qui accueille à sa tribune des anciens ministres, des professeurs, des historiens, pour qui une alternative française est devenue une nécessité pour la Wallonie.

Dans une perspective plus politicienne et à courte vue, les responsables politiques francophones feignent de ne pas voir se lever la vague flamande nationaliste qui, dès 2014, sera majoritaire en Flandre comme en Belgique.

Toute solution confédérale sera nécessairement dominée par la Flandre et ses 60 % d’habitants du Royaume. Et ses sirènes droitières risquent de tenter les milieux francophones les plus conservateurs qui y trouveront un moyen d’accéder au pouvoir pour y conforter leurs privilèges.

Pour la Wallonie, l’heure de l’émancipation a sonné, et avec elle celle de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité.

Dans cette mesure, merci au Nouvel Observateur.

Georges-Henry SIMONIS

François Perin

François Perin n’est plus. « C’est un des derniers pères historiques de la Wallonie qui nous quitte », a déclaré Rudy Demotte, attristé par la nouvelle. Avant de laisser à Jules Gheude ou à Paul Durieux le soin d’en parler plus longuement, nous publions ici, dans son intégralité, la dernière interview que François Perin a livrée au journal Le Soir. C’était il y a un peu plus de deux ans.

François Perin : « Finissons-en ! »

perinGrand témoin et ancien acteur majeur de la scène politique belge, François Perin souhaite que la Flandre proclame son indépendance, que Bruxelles s’organise en ville internationale et que la Wallonie rejoigne la France. Pour lui, il faut en finir. Par David Coppi

Jeudi après-midi, café de l’Europe, la digue, Saint-Idesbald : « Je n’ai pas choisi mais ça tombe bien : c’est une station balnéaire essentiellement pour enfants, donc les mères sont jeunes… » Grisaille, pluie fine : mer, plage et ciel ne font qu’un paysage. À la table, François Perin n’enlève ni blouson ni chapeau, il attaque…

Quand de Gaulle parle d’eux aux Wallons

François Perin nous livre, en historien, ces extraits tirés d’un ouvrage d’Alain Peyrefitte, soit une série d’entretiens avec le général de Gaulle, réalisés en 1965 et publiés en 2000, aux éditions Fallois-Fayard, sous le titre « C’était de Gaulle ».

Eclairant. Provoquant. Jugez plutôt.

« J’avais reçu (après la Seconde Guerre mondiale, NDLR) une délégation de Wallons, bien décidée à préparer le rattachement à la France. Elle m’avait expliqué que les Flamands étaient de plus en plus arrogants et finiraient par faire eux-mêmes sécession. C’est peut-être comme ça que ça finira. »

« La Wallonie existe, mais il n’y a pas une nation wallonne, les Wallons n’ont jamais cherché à devenir un Etat. Ils demandent à être intégrés au sein de la République française, dont ils ont déjà fait partie. C’est tout autre chose que, pour les Québécois, de s’émanciper de la domination anglo-saxonne. »

« Beaucoup de Wallons pensent qu’ils seraient mieux traités par la France que par la Flandre. C’est probable. Ils retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines » (…) « Toutes choses qu’ils ont perdues dans leur association contre nature, imposée par les Anglais, avec les Flamands qui ne les aiment pas et qu’ils n’aiment pas. Pour les besoins de l’unité de la Belgique, on a raboté ce qu’ils avaient de différent. Ils en sont frustrés. »

Comme dirait le même général sous d’autres latitudes : « Je vous ai compris ! »

Les négociations doivent reprendre le 16 août. Cela vous inspire ? La Belgique continue ? Ou s’achève-t-elle ?

Sur les négociations, je n’ai pas grand-chose à dire. Demandez à Di Rupo. Interrogé à propos de la possibilité de former un gouvernement, le formateur a répondu : « Je n’en sais rien »… En ça, il était parfaitement sincère, et bien informé.

De Wever a réaffirmé, lors de la fête flamande, que la Flandre était une nation.

Et Kris Peeters, président du gouvernement flamand, demande, lui, à être reçu à l’étranger comme un chef d’Etat. Il prend de l’avance si vous voulez. Et il n’est pas N-VA, mais CVP, CD&V si vous voulez, héritier du grand et influent parti catholique flamand. Chef d’Etat…

Le problème, ce n’est donc pas tant les négociations du 16 août.

Le problème n’est pas celui, classique dans les régimes parlementaires, de la formation d’une coalition, mais de l’existence de la Belgique. On a évoqué la « nation » flamande. En face, les bons Belges, eux, qui sont surtout la masse de l’opinion publique francophone, et les hommes politiques élus par les francophones, sont accrochés à l’idée de Belgique. Le comble, c’est Francis Delpérée, qui envisage, si les Flamands devaient partir, une « Belgique résiduaire », avec tout : la Constitution, les institutions, la famille royale, le Roi… De la folie !

« Folie » ? Même la Belgique résiduaire, amputée de la Flandre, ne trouve pas grâce à vos yeux ?

Non. Il y a quelque chose que la presse et les médias ne rappellent jamais, c’est l’histoire, et c’est fondamental : en 1830, à cause de la défaite de Napoléon à Waterloo, les neuf départements du nord – par sanction – sont enlevés à l’Empire, et là, ce que l’on appellera le « congrès national belge », élu après la révolution de novembre, est le fruit du vote d’à peine 2 % de la population ! 2 % émanant de la grande bourgeoisie. C’est tout. Le suffrage universel viendra plus tard.

Vous voulez dire : il y a un vice originel.

Oui. Les gens – en particulier les bons Belges, je l’ai dit – ne se rendent pas compte. Ce n’est pas tout. La fameuse « révolution » de 1830, qu’en est-il ? Elle éclate sur une scène d’opéra, où l’on jouait La Muette de Portici. Avez-vous déjà vu la masse populaire se presser à l’opéra ? À cette époque en tout cas, seuls les bourgeois pouvaient aller à l’opéra. Ce sont eux qui se sont enflammés. La révolte, ensuite, sera celle d’une masse populaire de Bruxelles – d’une seule commune –, ce qui, d’ailleurs, fera peur à ladite bourgeoisie, qui créera alors un pouvoir qui perdurera, notamment une garde civique pour maintenir l’ordre. La voilà, notre Belgique.

 Et j’ajoute : qui intervient à l’époque pour consolider tout cela ? L’Angleterre, vainqueur, avec Wellington, de Bonaparte. En effet, que se passe-t-il ? Le congrès national désigne un roi : un collatéral des Bourbons, un prince français. Les Anglais disent « non ». Ils récusent notre candidat. En désarroi, notre ministre des Affaires étrangères se rend à Londres : « Que faire ? ». Les Anglais lui disent : « Ah !, mais c’est simple… Nous avons un prince disponible… Un certain Léopold de Saxe-Cobourg ». Un personnage que personne ne connaissait chez nous. Qui avait refusé, avant cela, d’être propulsé roi des Grecs. Le congrès national obtempère.

Pourquoi rappelez-vous tout cela ?

Parce que notre opinion publique ne sait pas que la Belgique est un artifice, à l’origine une sorte de protectorat anglais. La voilà, notre histoire ; les voilà, nos origines. On connaît la suite : avec le suffrage universel, à partir de 1919, on assistera à l’affirmation du mouvement flamand. Qui, d’étape en étape, a gagné sur toute la ligne.

« Gagné » quoi ?

Il a gagné de devenir une « nation », avec un esprit collectif qui, de fil en aiguille, deviendra une « conscience nationale ». Bart De Wever est dans la ligne, et logiquement, il dit : « Nous voulons un Etat flamand indépendant ». Et vous aurez noté que pour expliquer ça, il va d’abord à Londres. Chez Cameron, il y a quelques mois. Il connaît l’histoire, De Wever. L’Angleterre – la France n’y verra pas d’inconvénient – sera le premier Etat à reconnaître l’indépendance de la Flandre quand celle-ci sera proclamée.

Car on en est là, selon vous ? C’est la prochaine étape pour le mouvement flamand ? Une déclaration unilatérale d’indépendance en Flandre ?

C’est, en tout cas, ce que souhaitent les principaux leaders flamands, à commencer par ceux de la N-VA, qui ont une grande influence sur les autres. Et moi, personnellement, je le souhaite aussi !

Vous souhaitez que la Flandre proclame son indépendance… Et nous, dans tout cela ? La « nation » wallonne n’existe pas, la bruxelloise moins encore…

La notion de Wallonie n’a été inventée qu’au milieu du XIXe siècle ; même si le mot « Wallon » remonte à la nuit des temps, de la racine « Wahl », germanique, qui veut dire « population romanisée » – on trouve la même racine en Suisse. Mais enfin : les Belges francophones, qui détestent le mouvement flamand ne le comprennent pas, ne connaissent pas ses origines, son fondement populaire, doivent sortir de leur aveuglement… Il n’y a pas de « drapeau belge », pas davantage, je l’ai dit, de nationalisme wallon. Il faut donc qu’ils cherchent une solution. Il n’y en a qu’une.

Laquelle ?

Il n’y a plus qu’une issue, à laquelle les politiques ne se résolvent pas : devenir une région de France, graduellement. Quel est l’intérêt de s’acharner à vouloir un gouvernement belge ? C’est que cela fournit un grand nombre d’emplois de ministres, et de cabinets ministériels. Alors, on tire sur la corde.

C’est un détail.

Pas un détail, une résistance.

Donc, Wallonie, région de France. Et Bruxelles ?

Problème. Les Flamands disent que c’est leur capitale. Ce qui est insensé démographiquement. Ils sont obsédés : à l’étranger, lors d’expositions internationales, ils présentent des cartes géographiques où Bruxelles figure en plein dans leur territoire. Mais Bruxelles est quand même en grande partie francophone et composée d’immigrés. Alors, quoi ? Les Flamands ne vont quand même pas faire donner la troupe ! Bruxelles est une ville internationale. Point. Les Bruxellois, d’ailleurs, sont francophones mais francophobes. Je souhaite donc le scénario suivant : la proclamation d’indépendance de la Flandre, une négociation pacifique de la séparation et du sort de Bruxelles, et la Wallonie en France. C’est mon opinion. On va hurler ! Mais enfin…

Pendant ce temps, Elio Di Rupo, en formateur, essaie de recomposer une coalition, de faire durer la Belgique…

C’est un Italien naturalisé, né en Belgique… Les Italiens ont un attachement spécial au pays qui les a accueillis, donné un emploi… Et puis, pour Di Rupo, comme socialiste, la Belgique, c’est la sécurité sociale, la raison d’être de la social-démocratie. On est sur un autre registre.

Admettons même qu’il réussisse à former un gouvernement. Le pays est-il sauvé pour autant ?

La N-VA ne va pas s’évanouir, le nationalisme flamand est bien ancré. Il est porté tantôt avec virulence, et haine, par certains, tantôt avec un louvoiement prudent par d’autres, mais il ne s’arrête pas, il ne s’arrête jamais.

C’était la fête à la Wallonie.be

fêtes de WalloniePas terrible, le bilan politique des fêtes de Wallonie. Peu crédible, Rudy Demotte qui parle, parle et ne sait pas quels mots utiliser pour mobiliser la société wallonne. Il ne sort pas des contradictions actuelles. Plaider pour un nationalisme wallon qui consoliderait la Belgique, c’est assez paradoxal. L’exaltation du sentiment belge rend impossible un vrai débat sur l’identité wallonne. Empêche une véritable prise de conscience. Il n’y a pas d’élan. Pas de souffle. Dans la population, la confiance en la Wallonie est toute relative et les éditorialistes étalent leur scepticisme à la une des journaux. Mais Rudy Demotte affiche « une forme olympique », selon ses dires, et pour tous ceux qui lui reprocheraient de manquer de vision, le voilà qui annonce le plein emploi en Wallonie en… 2025.

Thierry Bodson n’a pas l’air convaincu, lui qui, au nom de la FGTB wallonne, tire à nouveau la sonnette d’alarme, allant répéter que  la Wallonie n’est pas encore en mesure d’exercer les compétences qu’il lui faut assumer dès le 1er janvier 2015. Pas de panique. A huit mois d’une échéance électorale hyper-importante, Rudy Demotte préfère croire aux vertus d’un discours positif. « Les Wallons doivent savoir que leur avenir dépend d’eux-mêmes et de leur capacité à créer les conditions de leur prospérité et de leur bien-être ». Bien, bien, mais dans la réalité les Wallons sont très dépendants de ce que veut la Flandre. Alors pas de perspective claire en Wallonie. Il suffit à Bart De Wever d’ouvrir la bouche pour que toute l’attention médiatique se porte sur lui. La N-VA, dit-il, fera barrage au PS et imposera une politique tellement contraire aux intérêts des socialistes wallons que ceux-ci finiront par accepter le confédéralisme. Dans les mois qui viennent, ce sera Di Rupo-le-Belge contre De Wever-le-Flamand et le positionnement des autres formations politiques fera la différence. L’avenir de la Wallonie… il est trop tôt, semble-il, pour y penser vraiment dans les allées du pouvoir.

Reconnaissons quand même à Rudy Demotte le mérite d’avoir mis en ligne le travail de l’Institut Jules Destrée sur l’histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon. Paul Delforge, qui en est le maître d’œuvre, a notamment écrit un livre sur l’Assemblée wallonne qui, il y a juste un siècle, a doté la Wallonie de son drapeau et de sa fête annuelle. Un tel anniversaire méritait peut-être une attention plus grande. Quoi qu’il en soit, l’essentiel de l’histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon est désormais très accessible sur un site que le citoyen wallon gagne à consulter pour y voir plus clair.

Georges R.

Pour contribuer à la promotion de cette initiative, nous reprenons ici l’article de Pascale Serret dans le journal Vers l’Avenir.

Le Wikipedia du Wallon : c’est nouveau et c’est en ligne

WallipediaFaire tenir 4 500 pages d’infos très détaillées sur la Wallonie en une carte de visite: c’est fait ! Le site «Connaître la Wallonie» est en ligne.

Dans son bureau à l’Élysette, Rudy Demotte est visiblement impatient de montrer son bébé. Devant son écran d’ordinateur, le ministre-président wallon résume. «Ce site internet est une sorte de Wallipedia. Le Wikipedia du Wallon, d’une certaine façon.»

1. En chiffres

Le site en question s’appelle «Connaître la Wallonie». Il est en ligne depuis ce lundi. Du costaud : 4 500 pages internet, 1 018 notices biographiques de Wallons qui ont marqué l’Histoire, une ligne du temps à 1 287 dates, un atlas historique de 249 cartes, 128 fiches explicatives de lieux de mémoire, etc.

2. Identité wallonne : pfff… Encore?

À quelques jours des Fêtes de Wallonie, l’idée est bien celle-là : un soutien à l’identité wallonne, qui passe par une meilleure connaissance de la culture, du patrimoine, du passé et du présent de notre région. « Une pierre à l’édifice… » Si ce n’est que cette pierre-ci est à l’opposé du fameux logo aux cinq points noirs (wallonia.be), qui avait fait couler beaucoup d’encre, fin juin. En effet, le site «Connaître la Wallonie» est non seulement dense, très construit, pédagogique, accessible, inédit dans la centralisation de l’information… mais, en plus, son budget reste light : 24 800 € TVAC.

3. L’Histoire à la ligne

Onglet «Histoire», clic. La ligne du temps proposée s’étire confortablement du paléolithique à aujourd’hui. Plus de 300 000 ans… De l’enfant de Sclayn, mort à 8 ans et 17 jours sans savoir qu’il serait un jour le plus vieux fossile humain découvert sur le territoire wallon, à la victoire de Philippe Gilbert à Valkenburg le 23 septembre 2012, en passant par ce fameux 15 octobre 1980 qui a vu la toute première réunion du Conseil régional wallon au Sofitel de Wépion… On a là du politique, du socio-économique, des sciences, de la culture, du religieux et bien entendu les dates clés qui ont compté pour la Wallonie.

4. À la carte

Rudy Demotte va naviguer dans l’atlas historique. Il télécharge une des 249 cartes disponibles où la Wallonie actuelle apparaît en filigrane. « Ici on voit que les limites actuelles de la Wallonie et la frontière linguistique étaient déjà à peu près tracées par les capucins, au XVIIe siècle. Frappant. Ça ne démontre évidemment pas que la Wallonie existe depuis toujours; nous sommes juste le produit de tout ça. L’approche historique doit être modeste», souligne-t-il. Pour les profs, des leçons clés en main sont disponibles sur 12 périodes de l’histoire. D’autres sont déjà programmées. «Tout est libre de droit», précise Demotte.

5. D comme ducasse

Vous voulez de la culture, des lieux de mémoire et du patrimoine? Il y en a aussi. Des Wallons qui ont marqué leur temps? Pour l’instant, le site héberge la biographie de plus de 1 000 personnalités. La liste va encore s’enrichir. Vous voulez du folklore? Les «tubes» du Doudou de Mons? Du grand feu de Bouge? Tout y est. Paroles et musique, entre autres documents. Servez-vous.