Le gouvernement flamand commande une nouvelle étude sur les transferts financiers générés par la solidarité interrégionale en Belgique. Encore une fois, il s’agit de montrer aux électeurs flamands que la Wallonie est un puits sans fonds, qu’elle engouffre une part toujours excessive de la richesse produite en Flandre.
Il n’est pas du tout certain que la Flandre, en tant que nation ou, à tout le moins, de communauté d’intérêt, souhaite vraiment le redressement de la Wallonie, car elle tire un bénéfice évident de sa situation dominante en Belgique. Elle ne voudrait pas que la Wallonie rivalise avec elle, elle ne supporterait pas que les rôles s’inversent à nouveau, quelle horreur ! Mais ce déséquilibre entre une Flandre forte et une Wallonie faible a un prix dans la mesure où la région la plus riche doit automatiquement contribuer aux dépenses de la région la plus pauvre. Et ce prix doit être revu à la baisse. Encore. Encore.
« On rentre dans la Wallonie comme dans du beurre », disait un premier ministre. Autant que possible, il s’agit d’avoir le beurre et l’argent du beurre. Soit la Wallonie accepte de renégocier le contrat qui la lie à la Flandre, en des termes toujours plus avantageux pour celle-ci, soit il n’y a plus de Belgique. L’objectif de la N-VA n’étant pas de conserver la Belgique, elle peut mettre une pression maximale sur la classe politique francophone. Ou ça passe ou ça casse et, dans les deux cas, c’est bingo pour la N-VA.
Les Wallons, eux, s’emploient à démontrer que la solidarité interrégionale est loin d’être excessive…
Voici ce qu’on pouvait lire il y a deux jours sur le site de La Libre Belgique :

Les transferts financiers Flandre-Wallonie n’ont qu’une ampleur limitée
Les Wallons sont-ils des assistés ? Oui, en un sens, mais à un degré nettement moindre que bien d’autres populations européennes. C’est en substance la réponse que donne l’économiste Julien Vandernoot à une question qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. Ce mercredi encore, le ministre-Président flamand Geert Bourgeois (N-VA) a annoncé que son gouvernement avait commandé une nouvelle étude sur les transferts financiers flamando-wallons.
Dans ce contexte, la thèse de doctorat que vient de défendre Julien Vandernoot, assistant à l’Université de Mons, a des implications très politiques. Son travail va en effet à l’encontre d’une idée répandue, selon laquelle les flux financiers nord-sud, en Belgique, atteindraient des montants extravagants. Chiffres à l’appui, le jeune homme s’oppose à l’un des arguments avancés par les nationalistes pour justifier une plus grande autonomie flamande. Selon lui, les transferts qui s’écoulent de la Flandre vers Bruxelles et la Wallonie n’ont rien d’anormal.
Une Allemagne très solidaire
Le chercheur montois a étudié cinq pays fédéraux qui présentent un niveau de richesse assez proche : le Canada, l’Allemagne, l’Espagne, la Suisse et la Belgique. Pour ces cinq Etats, il a passé au crible les systèmes de solidarité financière entre institutions (régions, communautés ou autres, selon les cas).
La conclusion est plutôt inattendue. « Contrairement à ce qu’on entend parfois, la solidarité entre régions en Belgique n’est pas plus élevée que dans les autres Etats étudiés, note Julien Vandernoot. Dans la plupart des indicateurs de solidarité que j’ai utilisés, c’est même en Belgique que la solidarité est la plus faible. »
En 2009, a calculé l’économiste, la solidarité représentait en Belgique 0,46 % du produit intérieur brut (PIB), contre 1,39 % en Allemagne. Selon un autre indicateur, comparant les transferts entre régions au regard de leur « capacité fiscale » (le rendement de l’impôt des personnes physiques), la solidarité atteindrait 1,63 % en Belgique, 2,47 % au Canada, 2,63 % en Suisse, 2,72 % en Espagne et 6,67 % en Allemagne.
L’ordre n’est qu’à peine modifié si l’on observe l’importance de la solidarité en proportion des dépenses des entités fédérées : 3,42 % en Belgique, 6,42 % au Canada, 6,64 % en Espagne, 9,42 % en Suisse et 16,14 % en Allemagne. De toute évidence, les transferts nord-sud en Belgique sont loin d’approcher les colossaux flux ouest-est qui ont cours en Allemagne depuis la réunification du pays, en 1990.
Bémol
Autre indicateur : le montant reçu par l’entité qui bénéficie le plus de la solidarité nationale. Pour la Communauté française, le chiffre s’élève à 151 euros par an et par habitant. C’est beaucoup moins que l’Estrémadure espagnole (775 euros), le canton helvétique d’Uri (1 291 euros), la province canadienne de l’Ile-du-Prince-Edouard (1 756 euros) et le Land allemand de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (2 017 euros).
Un bémol s’impose toutefois. L’étude ne concerne que la solidarité entre institutions. Elle ne vaut pas pour la solidarité interpersonnelle, qui fonde la sécurité sociale. Celle-ci est affaire d’individus : des chômeurs flamands en profitent, des patrons wallons y contribuent. Il n’empêche, au nord du pays, de nombreuses voix considèrent que les francophones sont anormalement trop nombreux à en bénéficier.
La Wallonie fait gagner de l’argent à la Flandre
Rapport de l’Iweps. « Le meilleur client de la Flandre, c’est la Wallonie », dit souvent le patronat flamand. Et à raison, à en croire le récent « Rapport sur l’économie wallonne » de l’Institut wallon de la statistique (Iweps), dont Belga a donné les grandes lignes jeudi. Bien sûr, les transferts financiers Nord-Sud sont une réalité. Selon l’étude, les ménages flamands paient implicitement aux ménages wallons 4,6 milliards d’euros par an et un milliard aux ménages bruxellois. Dit autrement, chaque Flamand verse en moyenne 874 euros par an à chaque Wallon et – hasard de la statistique – le même montant à chaque Bruxellois. Cela dit, l’Iweps souligne aussi que 100 euros dépensés en Wallonie généreront, en plus de leurs effets locaux, 36 euros supplémentaires en Flandre et 24 à Bruxelles… A l’inverse, cent euros dépensés en Flandre ne généreront « que » 9 euros en Wallonie et 19 à Bruxelles.
connaître en France sont des Wallons. Quand ils se disent belges, attachés à leur « beau royaume », fiers de leur « belgitude », et se moquent lourdement des Wallons qui, de toute façon, ne s’en offusquent pas car eux-mêmes se sentent belges, faut-il y voir un sens aigu de l’autodérision… ou une volonté plus ou moins consciente et désespérée de nier la Wallonie pour mieux s’accrocher à ce qui reste de la Belgique ?
accordée aux gens plutôt qu’à l’argent. Partisans d’une Flandre indépendante, les membres de Vlinks se distancient néanmoins des propos de la N-VA, notamment sur la problématique des réfugiés. « Le Mouvement flamand peut se vanter d’une longue tradition d’émancipation. Actuellement, celle-ci ne se retrouve plus au sein de la N-VA », a indiqué le porte-parole de Vlinks (
C’est un scénario qui compte encore beaucoup d’opposants et auquel ni la politique flamande ni « la société civile » ne semblent vouloir réfléchir. Comme si la Belgique (ou n’importe quel état) était éternelle. Pourtant, envisager ce scénario n’est pas insensé. À quoi ressemblerait une « post-Belgique » ? Irait-on vers une situation, comme les défaitistes et les prophètes de malheur se plaisent à prédire, vers un drame analogue à ce qu’il s’est passé dans les Balkans? Un grand mur – au sens littéral ou non – le long de la frontière linguistique élevée au rang de frontière d’état qui arrête les trains et les trams, des familles qui ne se voient plus pendant cinquante ans, comme en Corée, un Bruxelles scindé comme Berlin pendant la Guerre froide?
L’ancienne ministre fédérale de la Mobilité, et mère du RER, Isabelle Durant (Ecolo), a mis en cause jeudi la stratégie des partis francophones face à la SNCB. A ses yeux, le dossier RER est de nature communautaire.
Le constat est amer pour le patron de l’institut de médecine légale de Liège. Il vient de signer le préavis de la dizaine de personnes qui travaillent à ses côtés, dans le laboratoire et à la morgue. « Effectivement les préavis sont partis vers tout le monde de manière à faire en sorte que si à la fin de l’année je vois que ça ne va pas du tout, que le ministre n’a pas changé d’avis, et bien qu’on puisse fermer », a expliqué Philippe Boxho, directeur de l’institut médico-légal de l’ULG.
Pour éviter de créer une nouvelle différence entre la France et la Belgique, la Fédération Wallonie-Bruxelles a contacté le ministère français de la Culture et de la Communication chapeauté par Fleur Pellerin. Elle a demandé à être associée à la réflexion menée dans l’Hexagone sur une éventuelle adaptation des claviers azerty. L’idée avait été lancée par la ministre, car il n’est pas facile de respecter l’orthographe française avec les claviers «azerty» actuels. Ils ne permettent notamment pas d’accentuer les lettres en capitale ou d’ajouter une cédille au c majuscule. Elle voudrait aussi que des symboles devenus incontournables comme le @ ou l’€, soient optimisés pour augmenter la rapidité de frappe.
