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La Belgique et la Wallonie en pleine lumière

En soi, l’enjeu du CETA dépasse largement celui de la politique locale ou régionale, mais il fallait que s’exprime une volonté politique.

Il y a d’abord eu le Parlement wallon qui, très tôt, s’est saisi du dossier. Puis ce fut l’heure de Paul Magnette : en sa qualité de Ministre-Président de la Wallonie, il a montré à l’Europe et au Canada que la position de son parlement méritait qu’on s’y attarde. A présent, les opposants au CETA comptent sur la Wallonie et ils le font savoir. Un peu partout en Europe, et même au Canada, le citoyen ordinaire commence à se poser des questions. C’est peut-être une vague qui monte et l’amorce d’un retournement. Et voilà que le Parti socialiste, avec Elio Di Rupo à sa tête, s’engage à fond dans ce combat qui lui donne une nouvelle raison d’exister.

En soi, l’enjeu du CETA dépasse largement celui de nos querelles communautaires, mais ce dossier est potentiellement explosif pour les relations entre la Flandre et la Wallonie, et nous devons ici nous réjouir que la Wallonie ait choisi d’affronter son destin. Ce qu’il faut prendre en considération, ce n’est pas seulement la fin annoncée de l’Etat belge mais aussi la façon d’en sortir, sachant que la N-VA dit clairement vouloir pourrir la vie des Wallons pour les pousser à demander le divorce aux conditions qu’on leur imposera. Sur ce coup-ci, la Wallonie fait mieux que se défendre. On n’est plus au temps de la Question royale, évidemment, mais l’esprit de résistance est à nouveau là.

Nous ne pouvons pas nous empêcher de relier ce dossier, qui met la Belgique et la Wallonie en pleine lumière, à la situation particulière d’un pays qui n’en est plus vraiment un. Aux yeux de Jacques LENAIN, qui est français, ce qui se passe actuellement révèle la vraie nature de la Belgique aujourd’hui. Voici son analyse :

Cette affaire du traité CETA UE/Canada est une manifestation de plus de l’inconsistance structurelle de l’Etat central belge, après cette autre preuve que fut la COP 21 (où la Belgique ne put apporter sa contribution « commune » chiffrée à la réduction des gaz à effet de serre). Une preuve de sa décomposition continue. Du caractère déjà « confédéral » de l’entité belge, une entité qui ne se commande plus elle-même, qui est commandée par ses membres (certains se souviendront que j’ai exposé les quatre phases historiques et chainées du « confédéralisme » belge en décembre 2014 (« confédéralisme » culturel, puis politique, puis institutionnel puis enfin financier ; voir sur mon site ma dernière note : Le Projet d’Intégration-Autonomie, un projet pour la Wallonie et Bruxelles avec la France. Du nécessaire au possible).

Ni la Californie, ni la Bavière, ni la Lombardie, ni la Catalogne ni l’Ecosse, ni le Québec, ni aucune entité fédérée de quelque État, État belge excepté, ne peut empêcher son État central de signer un traité international, dans quelque domaine que ce soit. Alors que chacune des six entités fédérées belges le peut, une situation unique au monde ! Un fait stupéfiant pour le monde entier car il dévoile le caractère résiduel de l’Etat belge, de son absence de substance, de la superficialité de sa souveraineté interne et internationale. Et surtout un fait annonciateur inéluctable de sa future disparition, dont seule l’échéance nous reste inconnue (ainsi que certaines de ses modalités).

Magnette dit que la Wallonie a le même pouvoir constitutionnel qu’un État membre de l’UE. C’est à la fois vrai et faux, constitutionnellement et politiquement. C’est vrai car c’est le pouvoir de dire « non » (au moins pendant un certain temps…). C’est faux car ce n’est pas celui de dire « oui », puisque la Wallonie, comme la Flandre (et chaque autre entité fédérée belge, dans son domaine de compétence, ne peut négocier ni signer, seule, le moindre traité international (malgré ce que semble autoriser la constitution belge…). Au grand regret des nationalistes flamands, qui veulent l’indépendance sans oser la faire (à cause de leur refus de perdre Bruxelles) et des ultra-régionalistes wallons, qui veulent l’autonomie maximale sans en avoir les capacités ni les moyens (notamment financiers). Deux forces antagonistes qui, à leur insu, se ressemblent de plus en plus en ce qu’elles participent désormais, l’une comme l’autre, chacune à sa manière, au minage des dernières structures belges ! Voilà une contradiction insurmontable pour les dirigeants wallons, une contradiction croissante, une mine de plus sous les pas du PS « francophone », obligé de se gauchiser pour conserver son électorat afin de rester au pouvoir, et, alors même qu’il fait tout pour conserver la structure protectrice belge aussi longtemps que possible, pour simplement gagner du temps, faute de disposer de la moindre stratégie alternative pour protéger la Wallonie de l’étranglement financier progressif engagé par la « sixième réforme », en vient, à son tour, à saboter lui-même cette structure pour servir cette « gauchisation »! Ce n’est pas seulement à la « communauté internationale » que Magnette parle ainsi : il parle aussi à la Flandre, et comment ! Et les dirigeants flamands n’aimeront pas jouer longtemps à « qui perd gagne »… (Jacques Lenain)

Non, la Wallonie n’est pas seule

paul-magnette

Et les réactions sur les sites des journaux français suggèrent que Paul Magnette ferait un bon candidat pour les prochaines élections présidentielles en France…

Lu ce vendredi 21 octobre sur le site du Vif/L’Express :

Ceta : « La Wallonie montre la voie »

Le libre-échange augmente les inégalités, soutient le journaliste français Emmanuel Defouloy, qui estime que la Wallonie, en refusant le traité commercial avec le Canada, « se trouve à l’avant-garde ».

La Bassée (nord de la France), 29 septembre 1998 : les 541 personnes, surtout des femmes, qui fabriquent des jeans pour le groupe américain Levi Strauss apprennent que l’usine va fermer. Coup de massue. Quelques jours plus tard, le personnel manifeste à Bruxelles, cœur du pouvoir européen et siège continental de la société. En couvrant l’événement pour l’Agence France Presse (AFP), le journaliste Emmanuel Defouloy, qui a vécu cinq ans en Belgique, rencontre pour la première fois les ouvrières qui seront licenciées. Ce fut le début de la gestation de son livre qui vient de paraître (1).

Emmanuel Defouloy donne d’abord la parole à deux de ces ouvrières qui, pendant dix ans, ont retranscrit leur parcours chaotique après leur mise au chômage. Dans une deuxième partie, il explique comment les pays occidentaux, en adoptant un libre-échange radical, ont livré des centaines de milliers de travailleurs à la cupidité de grands groupes et de leurs actionnaires. « Au début des années 2000, le phénomène était encore mal compris. Presque invisible. Quinze ans après, il apparaît clairement que les reculs sociaux et les dégâts humains engendrés ont été dramatiquement sous-estimés « , écrit-il. Entretien, à la résonance toute particulière, en plein débat pour ou contre le traité commercial entre l’Europe et le Canada (Ceta).

En quoi l’histoire de ces deux ouvrières est-elle emblématique ?

A la faveur de l’accord douanier entre l’Union européenne et Ankara qui venait d’être signé, les usines française et belges ont été délocalisées en Turquie. Une aubaine pour Levi’s, qui a trouvé l’occasion de produire à bas prix et de réexporter sa production dans l’UE sans payer de droits de douane. Les deux ouvrières, elles, n’ont jamais retrouvé de contrat stable… C’est emblématique du chômage de masse et de la spirale du déclassement qui frappent les classes populaires depuis plusieurs décennies.

Caterpillar, qui va fermer ses portes à Gosselies, c’est la répétition du même scénario ?

Oui. La quasi-disparition des droits de douane implique que les multinationales peuvent aujourd’hui s’installer là où elles engrangeront le plus de profits. Dans mon livre, j’explique en quoi cette dérégulation met en concurrence des ouvriers européens, qui ont acquis des revenus décents après de longues luttes, avec des ouvriers chinois ou bangladais aux salaires très bas et aux droits bafoués. Mais c’est également une concurrence des ouvriers d’Europe entre eux.

Les Wallons ont-ils eu raison de s’opposer au Ceta ?

Je me réjouis que la Belgique francophone (NDLR : la Wallonie) se soit placée à l’avant-garde de l’opposition à un libre-échange sans fin. Non, elle n’est pas la risée de l’Europe. J’y vois là l’éternel argument des multinationales : « Vous vous repliez, vous êtes archaïques… » Il faut retourner l’argument : le repli sur soi, c’est plutôt l’entre-soi des doctrinaires du libre-échange qui continuent de défendre un système qui ne marche plus. Ils ne sont plus capables de voir ceux qui sont victimes de ce système.

Ils prétendent favoriser la croissance…

Comment y croire encore ? La liste des étapes de la libéralisation des échanges depuis les années 1970 est très longue. Dans le même temps, la croissance du PIB en France n’a cessé de baisser : de 5,9 % dans les années 1960, on est passé à 4,1 % dans les années 1970, 2,3 % dans les années 1980, 1,8 % la décennie suivante et 1,3 % au cours de la décennie 2000. Cette tendance est similaire dans tous les pays développés. En fait, ces doctrinaires du libre-échange créent sciemment la confusion entre la croissance globale et celle des profits des multinationales et de leurs actionnaires, laquelle accroît toujours plus les inégalités.

En quoi le libre-échange est-il un « piège qui mine la démocratie » ?

Les opinions publiques en Europe sont désormais très majoritairement opposées à la poursuite du libre-échange. Mais par des procédures opaques, on les contourne. Du coup, le fait qu’une instance élue comme le parlement wallon ait voté non est une avancée très importante car, en général, ce sont seulement des syndicats ou des ONG qui se font entendre.

Qu’est-ce qui vous semble rédhibitoire dans le Ceta ?

Notamment l’ICS (Investment Court System), qui est le mécanisme privé pour régler les différends entre les Etats et les multinationales. Nulle part, dans aucun pays, aucun homme politique n’a jamais mis à son programme qu’il fallait créer des tribunaux privés dans des accords de libre-échange, le Ceta aujourd’hui, le TTIP (avec les Etats-Unis) demain. Ces traités ne sont donc pas le résultat de processus démocratiques mais du lobbying opaque de multinationales qui cherchent à remettre en cause nos acquis collectifs.

Dans ce tableau, quel rôle joue la spéculation financière ?

Le libre-échange a commencé à produire ses effets délétères avant même la liberté de circulation des capitaux. Dans les années 1970, on assistait déjà à des fermetures d’usines et à un chômage grimpant en flèche. J’explique dans mon livre comment la finance dérégulée a utilisé ce cadre libre-échangiste pour déstabiliser encore plus le rapport de force entre capital et travail, au profit du premier.

Votre livre est-il une dénonciation ?

Non, car je bannis le ton polémique. Le livre s’intitule L’Entraide : il faut mettre en avant des valeurs nouvelles, prendre un autre chemin et remettre l’Europe sur les rails. Critiquer le libre-échange n’est pas une posture nationaliste, mais profondément européenne, visant à généraliser vers le haut les normes environnementales, sociales, sanitaires. Ce qu’il nous faut, ce sont des traités d’un genre nouveau visant l’entraide et la régulation, notamment contre l’évasion fiscale, et non des traités de mise en concurrence généralisée de tous contre tous.

(1) L’entraide. Deux ouvrières dans le piège du libre-échange,par Nadine Jurdeczka, Michèle Sevrette et Emmanuel Defouloy, éd. Riveneuve, 320 p.

Bientôt Walloween et la chasse aux sorcières

La Wallonie dit non au Ceta. La Wallonie, l’impudente, cette « région pauvre où on parle français », pourrait bien faire capoter le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. Et mettre au frigo le fameux TTIP avec les Etats-Unis. Plus cette éventualité se confirme et plus la pression monte, avec la colère et les menaces. Mais pour tous ceux qui dénoncent le caractère antidémocratique, antisocial, anti-environnemental de ce traité, la Wallonie apparaît comme une dernière chance.

Cela pourrait bien être un fait majeur dans la construction d’une identité wallonne. Car il ne suffit pas d’ânonner des leçons sur l’esprit de résistance et l’engagement démocratique. Il faut les mettre en pratique. Il semblerait que les autorités wallonnes aient choisi de faire entendre une voix discordante et citoyenne. On ne les a pas toujours connues aussi résistantes et engagées, mais elles ont tout à coup pris de l’épaisseur et les voilà projetées dans la lumière de l’histoire.  Une majorité de Wallons s’associent à cette volonté de ne plus accepter tout et n’importe quoi au nom de l’Europe et de l’ouverture au monde.

Bientôt Walloween et la chasse aux sorcières… Mais « La gauche ne meurt jamais » : c’est la profession de foi de Paul Magnette.

La Wallonie altermondialiste

Lu ce vendredi sur le site du journal Le Monde :

André Antoine, président du Parlement wallon : « le débat sur le traité avec le Canada commence »

Le Parlement de la Wallonie a approuvé à une très large majorité, vendredi 14 octobre, une motion déposée par les deux partis de la majorité régionale (socialiste et centriste) prônant le rejet, par la Belgique, du projet d’accord commercial Union européenne-Canada (Ceta). Le texte adopté demande toutefois au gouvernement fédéral belge de renégocier cet accord – ou du moins sa « déclaration interprétative » – avant la signature définitive, prévue initialement pour le 27 octobre.

André Antoine, le président centriste de l’assemblée, détaille pour Le Monde, la position de la Wallonie, susceptible de mettre à mal tout le projet, dès l’instant où l’un des 28 États membres dirait ne pouvoir y souscrire.

Comment faut-il interpréter le vote ?

D’abord comme une victoire de la démocratie. Les traités sont généralement des enjeux pour les technocrates, les multinationales et les lobbies qui mènent des négociations dans la discrétion la plus totale. Puis, c’est aux parlementaires, privés de la capacité de négocier et de fixer des conditions, de voter le texte tel quel. Dans ce cas-ci, nous avons ouvert le capot du CETA, contrairement à d’autres – dont certains députés canadiens, j’ai pu m’en rendre compte.

Nous avons envoyé, dès le mois d’avril, un signal clair à nos amis Canadiens, Français et à la Commission européenne, en priant cette dernière de l’entendre. Nous avons ensuite étudié et réétudié les textes et, jeudi soir, nous avons découvert que la déclaration interprétative qui nous a été soumise par morceaux pouvait être contraignante, à condition toutefois d’être rédigée avec précision. Nous avons aussi découvert que nous pouvions encore ajouter des éléments de fond. Donc, à mes yeux, le débat sur le Ceta commence aujourd’hui.

Vous pensez réellement pouvoir infléchir ce traité ?

Oui. Nous sommes en quelque sorte des lanceurs d’alerte et j’espère vraiment que l’on nous entendra désormais. Des valeurs démocratiques sont en cause, et pas simplement des intérêts privés. Le Ceta est un traité d’une nouvelle génération, qui peut conditionner tous les traités futurs. Nous devons donc nous montrer inflexibles quant à certains principes. Nous ne pouvons, par exemple, accepter que des juges privés conditionnent le droit européen ou le droit national. Nous ne pouvons pas tolérer que, demain, nous puissions édicter des normes mais, pour cela, devoir procéder à des indemnisations. C’est heurtant pour la démocratie et pour les citoyens, qui élisent leurs représentants.

L’enjeu véritable est de savoir si la démocratie peut encore jouer son rôle face aux exigences de multinationales qui ont eu l’oreille de technocrates européens. On ne peut plus déterminer la destinée de nos sociétés sans entendre les représentants des citoyens, élus démocratiquement dans les parlements.

Vos amis du Parti populaire européen, comme les socialistes, admettent l’idée que ce traité est bon, peut-être même le meilleur jamais négocié…

Dès l’instant où il est d’un nouveau type, heureusement qu’il est meilleur que les précédents. Je le reconnais, nous avons parfois voté ceux-ci à l’aveugle, et je le regrette. Mais, désormais, il faut fixer des balises beaucoup plus nettes. Le principe de précaution, par exemple, qui est au cœur des traités européens, n’est pas suffisamment affirmé. Nous voulons, par ailleurs, que l’un continue à faire confiance aux juges nationaux pour trancher les litiges, sans donner l’impression à l’opinion qu’ils sont incompétents. L’exception agricole n’est, elle non plus, pas rencontrée et il est inacceptable que l’on obtienne la reconnaissance de quelques fromages en échange des importations de tonnes de viande produites dans des conditions sanitaires et de recherche de rentabilité incompatibles avec nos normes. Ce qui ne fera qu’aggraver les conditions, déjà difficiles, de nos agriculteurs.

Enfin, le rôle des services publics et des services sociaux doit beaucoup plus affirmé dans le texte.

Une élue de votre opposition libérale a évoqué le risque de voir la Wallonie devenir « la Cuba de l’Europe »…

Jolie formule mais même Cuba s’ouvre aujourd’hui, prouvant que la solitude n’est jamais définitive. Ce n’est pas parce que nous sommes seuls pour l’instant que nous ne pouvons pas partager nos convictions. D’ailleurs, nous avons entendu les réticences du chancelier autrichien ou de parlementaires néerlandais. Nous savons que, jusque dans les dernières heures, Roumains et Bulgares ont négocié ferme pour la question des visas qui leur étaient imposés. Nous avons aussi vu les Grecs batailler. La Wallonie ne doit pas avoir de complexes dès lors qu’elle a la force de justes convictions.

Le ministre-président de votre Région, Paul Magnette, devait discuter avec François Hollande après ce vote. Vous pensez que la France peut encore vous aider ?

Oui. Parce que s’ils manifestent, à juste titre, leur opposition au Traité avec les États-Unis, les Français doivent savoir que, par certains aspects, le CETA ressemble bel et bien au TTIP. Le président Hollande peut faire entendre une autre voix que celles des multinationales et de l’argent. Je me souviens d’ailleurs de sa promesse : « Je ne serai pas le président de l’argent ». Il a donc l’occasion unique d’être à nos côtés pour imposer ses valeurs.

Propos recueillis par Jean-Pierre Stroobants (Namur, envoyé spécial).

P.S. : Si le CETA est soutenu par les autorités françaises, il n’en provoque pas moins, en France, les mêmes réactions qu’en Wallonie. Ainsi, ce 15 octobre, les Economistes Atterrés (« un collectif de chercheurs, universitaires et experts en économie de gauche ») n’ont pas hésité à signer une tribune intitulée : Gloire aux Wallons!

Lire aussi : Rejet wallon du CETA, nouvel accroc pour le libre-échange sur le site du Monde diplomatique.

Le désastre scolaire

M. Jules Jasselette nous envoie ce qui suit. Rappelons que M. Jasselette (PS) fut un brillant Echevin de l’Instruction Publique à la Ville de Liège.

C’est le « Comité P » qui dénonce

Attentats de Paris: la police belge a raté 13 occasions de démasquer les terroristes

La police belge souffre notamment d’un manque de personnel.

Un rapport confidentiel révèle de graves défaillances au sein de la police belge, qui disposait d’informations susceptibles d’empêcher les attentats du 13 novembre.

Nouvelles du Québec

Lu ce samedi sur le site du journal Ouest-France :

Jean-François Lisée, 58 ans, a été élu vendredi soir chef du parti québécois (PQ) par ses militants en remplacement du milliardaire Pierre-Karl Péladeau qui avait démissionné en mai, moins d’un an après son arrivée à la tête des indépendantistes.

Au deuxième tour, le nouveau leader du PQ a recueilli 50,6% des votes des militants, devant Alexandre Cloutier (31,7%) et Martine Ouellet (17,7%). Organisé sur trois jours, le taux de participation a été de 75,1% des 73 236 militants du parti. À son apogée, le PQ a compté plus de 300 000 membres.

« Les jours du gouvernement Couillard sont comptés », a déclaré Jean-François Lisée en référence au premier ministre libéral Philippe Couillard. « Nous voulons un gouvernement honnête, (…) un gouvernement qui protège notre langue », a ajouté Jean-François Lisée devant les militants après la publication des résultats.

Vers un État laïc

Jean-François Lisée, journaliste de formation et réputé pour son habileté politique, a promis « une marche vers davantage de laïcité » en cas de victoire aux législatives d’octobre 2018 qu’il conduira.

Avant d’envisager de reprendre le pouvoir aux libéraux, le nouveau leader du PQ va devoir recoller les morceaux d’un parti divisé par les courants de pensée, particulièrement sur la question de l’indépendance de la province francophone.

Faire un référendum, ou pas ?

Le principal sujet de discorde porte sur l’essence même du parti, l’indépendance du Québec. La candidate Martine Ouellet promettait aux militants d’organiser, en cas de retour au gouvernement, un référendum entre 2018 et 2022. À l’inverse, M. Lisée ne voit pas d’urgence pour l’émancipation du Québec mais a cependant joué la carte de l’union en tendant la main à Martine Ouellet et à Alexandre Cloutier pour « réussir ensemble l’indépendance du Québec ».

Jean-François Lisée, réputé pour ses qualités lors des débats politiques, est député depuis 2012 après avoir largement influencé l’idéologie du parti. Il a notamment été l’éminence grise de Jacques Parizeau, premier ministre québécois lors du second référendum perdu pour l’indépendance en 1995. M. Lisée succède donc au très charismatique Pierre-Karl Péladeau, indépendantiste convaincu, qui avait démissionné début mai pour raisons familiales.

Au début du printemps 2014, le mouvement indépendantiste avait été exclu du gouvernement. Le PQ avait alors subi une déroute aux législatives avec seulement 25% des voix et 30 élus sur 125 à l’assemblée, son plus mauvais score depuis le scrutin de 1970, deux ans après sa création par René Lévesque.

La Belgique n’aidera pas la Wallonie

Il semblerait que la Wallonie soit poussée à revoir son train de vie. Il y a pourtant des projets qui attendent un financement. Il y a le rôle économique et social de la Région. Il y a la concurrence avec le reste du monde. Il y a le poids des réalités, celui des chiffres et des contraintes. Il y a les premiers effets de la 6e réforme de l’Etat. C’est un appauvrissement collectif qui se dessine. Il faudra s’habituer… ou réagir ensemble.

Lu ce vendredi sur le site du journal L’Echo :

Le ministre du Budget prépare un plan pour améliorer l’état de la dette et éviter un abaissement de la note financière de la Région.

Un léger vent de panique souffle à nouveau sur les finances wallonnes. Après le trou budgétaire qu’il a fallu colmater au mieux pour boucler le budget 2017 sans trop laisser filer le déficit, le ministre du Budget Christophe Lacroix (PS) s’attaque à un autre gros morceau: la dette wallonne.

Après le big bang de 2014 et la requalification du périmètre de la dette wallonne par l’Institut des comptes nationaux pour voir celle-ci flirter autour des 21 milliards dus à l’intégration des dizaines d’entreprises et organismes publics imposée par l’Europe, la coalition PS-cdH, aux commandes en Wallonie, ne s’était plus trop penchée sur le dossier. Le problème refait aujourd’hui surface au point de voir le cabinet du ministre du Budget travailler sur un plan d’optimisation.

Pourquoi toute cette agitation aujourd’hui? La dernière visite de l’agence de notation Moody’s à Namur est l’élément déclencheur. Dans son dernier rapport transmis au cabinet du ministre du Budget cet été, l’agence américaine a tout bonnement dégradé la perspective de la notation de la Région wallonne de A1 perspective stable à A1 perspective négative.

« Un signal »

Moody’s souligne que, malgré l’autonomie fiscale dont dispose la Région, cette dernière n’a pas planifié de lever des recettes supplémentaires pour atténuer les déficits budgétaires. « C’est un signal à prendre en compte », dit-on dans l’entourage de l’Elysette. Moody’s n’en restera pas là! Ses experts ont programmé une nouvelle visite chez Christophe Lacroix en fin d’année. Et, sans un réel changement, la sanction pourrait être sévère. « Nous craignons que Moody’s abaisse notre note financière si rien ne s’améliore », fait savoir un proche du dossier. D’où ce vent de panique!

Dette directe

Les derniers débats politiques autour de la requalification des outils wallons et l’explosion inévitable de la dette globale de la Wallonie ont occulté un point fondamental de la situation financière de la Région: la dette directe. Elle représente les différences entre les recettes du Service public de Wallonie (SPW) et les dépenses du budget wallon. Moins médiatisée, la dette directe est en constante progression depuis plusieurs années. À 6,6 milliards en 2012 selon les calculs du Conseil supérieur des finances, elle ne cesse d’augmenter pour flirter aujourd’hui autour des 9 milliards d’euros. « Pour 2016 par exemple, la Région devra lever un milliard pour financer son solde primaire (c’est-à-dire la différence entre les recettes et les dépenses, NDLR)« , pointe un expert. Bref, la situation est délicate, même si, chez le ministre Lacroix, on relativise la charge de la dette directe. « En 2017, cela représentera 316 millions, soit 2,37% du budget. »

Si la Région a déjà pris quelques mesures pour diminuer son train de vie ces dernières années et limiter les déficits, cela ne suffit pas. « La situation n’est pas à minimiser, il faut agir », admet le cabinet Lacroix. « Des propositions politiques doivent être faites pour alléger et simplifier la dette. »

Parmi les pistes étudiées, on évoque un rapatriement des réserves de trésorerie des unités d’administrations publiques. Les montants ne sont pas négligeables. Des outils publics comme la SRIW, la Sowalfin ou les invests sont assis sur un paquet d’argent qu’on évalue à près de 1,2 milliard. « Cette trésorerie n’est pas prise en compte dans le calcul de la dette de Moody’s. Cette opération permettra d’améliorer la situation de trésorerie de la Région wallonne et impactera donc à la baisse la dette telle que calculée par Moody’s », souligne le cabinet du Budget.

L’autre solution est d’acheter des billets de trésorerie au sein de certaines entités publiques wallonnes. « Cette opération a l’avantage d’optimaliser l’utilisation du cash au sein de notre périmètre. Ceci permettra donc de diminuer le recours externe aux capitaux ». La mise en place de l’agence de la dette wallonne – dont le travail consistera à minimiser les coûts de cette dette – est aussi attendue avec impatience.

Il restera ensuite à attendre le verdict de Moody’s!

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