Tous les articles par alliancewalloniefrance

Pas finie, la surenchère

C’est le « Vif-L’express » qui nous l’apprend. Nous sommes loin du battage médiatique réalisé à l’occasion de l’anniversaire du roi ou à l’occasion de la victoire de l’équipe belge de football. Ce ne sont pas ces deux derniers faits qui vont changer la face de la Belgique.

Non, il n’y a pas que la N-VA qui veuille plus de Flandre et moins de noir-jaune-rouge. C.D.&V et Open VLD, sans parler du Vlaams Belang, sont sur la même longueur d’onde.

Paul D.

Source : Belga

Bart SomersL’Open Vld veut la fin de l’obligation d’équilibre linguistique au sein du gouvernement fédéral, annonce son chef de groupe à la Chambre, Bart Somers, lundi dans les pages du Standaard. Interrogé lundi matin par la VRT-radio, le président du MR Charles Michel a rejeté toute suppression de la parité linguistique au sein du gouvernement.

Pour M. Somers, il convient d’en finir avec les « verrous confédéraux » dans la structure d’Etat fédéral. « Les deux groupes linguistiques au Parlement peuvent se neutraliser l’un l’autre, sans jamais bouger d’un millimètre. C’est tout sauf démocratique », estime l’ancien président des libéraux flamands.

Celui-ci plaide dès lors pour l’abrogation de la règle imposant la parité linguistique au sein du gouvernement fédéral étant donné que les Flamands représentent plus de la majorité de la population du pays.

Les errements de l’AWEX-OFI

L’AWEX-OFI, l’Administration «OVNI» totalement incontrôlée par le Ministre de tutelle. Information exclusive.

awexNombreux sont les Wallons qui ignorent ce que représente l’AWEX-OFI, qui cependant est un des outils du Gouvernement wallon, assurant certaines modalités d’application du Plan Marshall, en vue du redressement économique et la diminution du chômage en Wallonie.

Cette administration, qui se trouve sous la tutelle du Ministre de l’économie, a pour but de promouvoir les exportations et d’attirer les investisseurs étrangers.

 Son Administrateur général, Philippe Suinen, est bien connu des Directeurs de PME, grâce à son service «d’incitants financiers» qui octroie, systématiquement, des subsides couvrant 50% des frais de voyages, d’hôtels, de restaurations et autres, lors de prospections en dehors de l’Union Européenne.

Point n’est besoin de prouver les résultats du voyage de prospection, seule la volonté d’effectuer le déplacement est récompensée.

La technique est bien rôdée, les attachés commerciaux en poste dans le réseau, savent qu’il est préférable, dans le cadre de leurs évaluations personnelles annuelles, de remettre un avis positif à la demande de subsides, surtout si la société intéressée est localisée dans la province du Hainaut.

Considérant que le budget de fonctionnement de cette administration est supervisé par le Gouvernement wallon, qui a désigné ses représentants au Conseil d’Administration, il devrait être possible de suivre et de contrôler les dépenses comparées aux résultats obtenus. Signalons au passage que les partenaires sociaux y ont également des représentants.

Nombreux sont les effets d’annonces relayés par la presse subventionnée, mais en réalité, les exportations ne décollent pas, se maintenant annuellement aux environ de 40 Milliards d’Euros durant les cinq derniers exercices, alors que la Flandre atteint 184 Milliards d’Euros, soit plus de quatre fois le chiffre du sud du Pays.

Durant le premier semestre 2012, les exportations wallonnes ont diminué de 4,7% alors que celles de la Flandre ont augmenté de 1,1% (Bruxelles a connu une forte hausse de 16,7%).

Quant aux investissements étrangers, cela fait trois ans que les rapports publient les mêmes implantations, malgré les fonds engagés pour la promotion de notre région en tant que terre d’accueil, et le chômage poursuit son augmentation.

Les représentants du Gouvernement wallon au CA se contentent des résultats publiés, sans se poser de questions en matière de dépenses réalisées sur le compte des contribuables.

Prenons comme exemple les montants exorbitants qui ont été dépensés pour obtenir la certification «ISO 9001» et qui sont récurrents dans le cadre des contrôles annuels de l’organisme international de Normalisation.

Il s’agit d’un mécanisme qui permet à la hiérarchie de l’AWEX-OFI, de se dégager de toutes responsabilités, en faisant simplement appliquer par la base, les procédures édictées par l’organisme.

Remarquons, que la filiale belge de «ISO» (Veritas Belgium d’Anvers) n’applique pas les propres règlements de l’organisation internationale, puisqu’aucun contrôle n’est exercé en matière de services dans les postes des Pays étrangers, où sont localisés les attachés économiques et commerciaux.

Dès lors, il apparait clairement que seule une partie de l’AWEX-OFI peut bénéficier de l’appellation «ISO 9001» et que ce logo, qui coute très cher, est totalement inutile.

En bref, les montants importants que représente cette certification ne servent à rien et pourraient être consacrées à des projets en adéquation avec la situation économique et financière du moment.

Le rôle du CA est de s’assurer du bon fonctionnement des services internes et externes de l’AWEX-OFI, or les membres se contentent d’acter les rapports de l’Administrateur général, sans vérifier les nombreux dysfonctionnements internes qui existent, bien que la certification «ISO 9001» soit reconduite chaque année, moyennant le paiement du «soi-disant» contrôle.

On peut également s’interroger sur la fonction et la position de la Cours des Comptes.

En parlant de contrôles, il est aberrant de constater les «libertés» dont disposent certains Attachés commerciaux en postes, qui ne subissent aucun contrôle sur des périodes dépassant 5 ans voir même 10 ou 20 ans, ou qui sont particulièrement bien protégés par «les petits copains» de la Direction.

Certaines rumeurs auraient cependant fait apparaitre des «confusions de patrimoine» dans un Pays d’Amérique du Sud, ainsi que des déclarations de créances pour des déplacements de 70.000 Kms / an dans une juridiction d’Europe, ce qui correspondrait à +/- 350 Kms/jour de travail, ne permettant pas à l’agent concerné  d’exercer d’autres tâches administratives. C’était également le cas dans un poste d’Asie du Sud-Est, sans tenir compte d’une ardoise importante laissée il y a quelques années par l’Attaché lors de son transfert vers un autre poste.

Il faut également savoir que la Direction a mis deux ans et bénéficié de rumeurs, pour s’apercevoir qu’un Attaché commercial assigné dans un Pays de l’UE, n’occupait pas ses fonctions, mais continuait à gérer sa petite société en Wallonie. Le C4 lui a été signifié dans la plus grande discrétion.

Il est intéressant de remarquer que l’absence de l’Attaché commercial de son poste de travail  n’a pas modifié le résultat des exportations dans ce Pays.

L’attraction des investisseurs étrangers est sous la responsabilité de l’OFI (Office for Foreign Investors), qui dépend de l’AWEX.

Ce domaine est très spécifique et nécessite des contacts à très haut niveau. Il est donc indispensable de posséder une très grande expérience dans le domaine financier et économique, afin d’aborder des décideurs de Holdings ou des groupes industriels étrangers.

Les Pays émergents du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) constituent actuellement les principales localisations d’investisseurs potentiels, surtout la R.P. de Chine.

La Direction de l’AWEX-OFI l’a compris très tardivement et pour rattraper le retard, a décidé d’ouvrir deux bureaux de représentation dans le centre et le sud de la Chine, en recrutant pour l’un d’entre-eux une «Call Girl» certes très attrayante et particulièrement appréciée par l’Attaché commercial et sa hiérarchie directe, mais ne disposant ni de la formation, ni de l’expérience et des relations indispensables, pour mener à bien des contacts de très haut niveau, avec l’espoir de finaliser l’investissement.

Considérant que le minimum de formation d’études requises pour une fonction de Consultance en recherche d’investisseurs est un MBA, lorsque l’expérience est absente, la Direction de l’AWEX a reçu de la part de l’Attaché en poste, une demande de formation complémentaire, qui a été refusée, à cause du précédent qu’une autorisation aurait provoqué.

Il est probable que Monsieur Suinen ne soit même pas informé de ce qui se trame. Dans le cas contraire, il couvrirait la déviance des procédures d’embauches de l’AWEX, ainsi que des gestions salariales, qui pour les agents locaux en Chine, doivent passer par une société d’intérim gouvernementale.

Mentionnons également la frénésie qui s’est emparée de la Direction de l’AWEX-OFI dans le cadre de l’implantation «d’incubateurs» dans chaque province wallonne en vue d’accueillir des investisseurs potentiels, mais qui les laissent à leur triste sort dès qu’ils occupent les lieux, et que leurs contacts éventuels sont perturbés par les grèves de la SNCB et des TEC…

Ces errements qui ne subissent aucun contrôle de gestion ni financier de la part du Ministère de tutelle et qui représentent plusieurs Millions d’Euros, sont payés de manière récurrente par le contribuable.

L’attitude des responsables de la société de Conseils «Ernst & Young», assez critiques vis-à-vis de la gestion de l’AWEX-OFI se comprend mieux, lorsque certaines investigations permettent la mise à jour de dysfonctionnements maintenus sous le couvercle.

En cette période de restriction budgétaire, il serait bon que les mandataires politiques du gouvernement wallon se ressaisissent, en veillant à réduire les dépenses, plutôt que d’augmenter les recettes en taxant davantage les contribuables.

Il y a lieu de préparer l’avenir, qui verra l’abandon des transferts Nord-Sud d’ici peu, ce qui ne permettra plus les dépenses superflues et sans effets de retour pour l’économie wallonne.

Alain Proviste

Ensival-Moret Belgique, à mille lieues du coup de pompe !

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire suivre l’article que m’envoie Nico Cué, secrétaire général des M.W.B. (métallurgistes Wallonie Bruxelles). D’abord parce que nous montrons par là que nous sommes sensibles aux victoires que marque le tissu industriel wallon et la SRIW, mais aussi parce que cela se passe à Ensival (Verviers), là où je suis né voici quelques dizaines d’années. Je suis également heureux de vous présenter un exemple qui réunit tous les ingrédients de la réussite : un personnel qualifié et performant, une gamme de produits à haute valeur ajoutée de grande qualité, non délocalisables, un groupe qui exporte aux quatre coins du monde dans plus de 100 pays et qui a su investir quand il le fallait, de vrais patrons qui ne sont pas des financiers comme Mittal, mais des commerciaux dynamiques qui connaissent leurs forces et les marchés qu’ils doivent conquérir, un groupe qui a une vision d’avenir.

Enfin, cerise sur le gâteau, la réussite est le fruit d’un mariage entre deux sociétés, l’une française, Moret, l’autre wallonne, Bertrand, qui a été relayée par la Région wallonne au moment où il le fallait.

Paul Durieux.

ensival-moret« Je travaille chez Ensival-Moret depuis 29 ans », commente un des membres de la délégation MWB-FGTB qui nous reçoit, « et je n’ai pas encore fait le tour de toute la gamme de nos produits ».

Ensival-Moret Belgique conçoit, usine, monte et répare des pompes : de toutes tailles et de tous usages, pour autant qu’il s’agisse de liquide. Même s’il y a un catalogue de base, les pompes qui sortent de chez EMB sont pour la plupart customisées sur un cahier des charges systématiquement personnalisé à la demande du client.  Elles doivent résister à des acides, ou à des hautes températures, ou à des hautes pressions, ou à tout çà à la fois.  Elles sont grosses ou petites, mais elles ont nécessairement une grande valeur ajoutée.  Les pompes standards ou de faible valeur ajoutée sont fabriquées ailleurs, par d’autres ou sur d’autres sites du groupe.

Ensival-Moret Belgique (EMB) fait partie d’un groupe né fin 2000 du rapprochement de deux sociétés familiales, l’une française (Moret) et l’autre belge (les pompes d’Ensival, appartenant à la famille Bertrand).  En 2004, une réorganisation financière a vu disparaître la famille Bertrand de la liste des actionnaires et l’entrée de la SRIW à hauteur de 30% du capital. Le groupe compte des sites de production aux 4 coins du monde, de Shanghai aux Etats-Unis, d’Inde au Brésil ou de Pologne au Chili… et de nouveaux sites sont à l’étude, le monde de la pompe est en développement constant !

Il faut ajouter à cela des filiales de service après-vente et des bureaux de représentation commerciale, pour une société qui livre ses produits, au total dans une centaine de pays de par le monde.  Enfin, le groupe vient de racheter une fonderie en France afin d’accélérer les délais de production.

Pas pour rien que l’entreprise a décidé, il y a quelques années, non pas de rénover ses locaux mais carrément de déménager et de remplacer plus que partiellement le parc machines.  Désormais sur le Zoning des Plenesses, le bâtiment accueille une station d’essai avec la fosse la plus profonde en Europe !

Et les bonnes nouvelles ne semblent pas s’arrêter là puisqu’à l’horizon 2014-2017 on parle d’agrandir les locaux, d’engager 25 ouvriers et 25 employés, d’acheter de nouvelles machines… et d’aménager le temps de travail en 3 pauses désormais.

Ce dernier point fera l’objet d’ailleurs de nombreuses heures de discussion encore entre les représentants des travailleurs et les membres de la direction.  « Nous sommes conscients de la chance que nous avons de travailler dans une boîte qui cartonne et sur une niche de produits dont on repousse sans cesse les limites » (on rêve de pompes destinées à des « solides » tels les cimenteries ou autres produits de carrière).  « Nous souhaitons toutefois souligner que cette chance n’est pas le fruit d’un simple coup de bol. »  C’est le résultat des efforts consentis par des équipes de femmes et d’hommes qualifiés, qui sont passés par les années de vaches maigres d’avant 2000 et qui n’ont jamais cessé de croire dans l’avenir d’EMB.

« Nous souhaitons continuer à aller de l’avant et enregistrer de nouvelles victoires.  Des victoires commerciales bien sûr.  Mais surtout victoires en termes de bien-être social ! »

Rosario Ponsard, Benoit Schmetz, Fabrice Nokin

Journée de rencontres et de réflexion

L’AWF invite ses membres, sympathisants, ou toute personne intéressée, à participer à une journée de rencontres et de réflexion.
Château MondronCelle-ci se tiendra le samedi 15 juin 2013, de 10 à 16 heures au Château MONDRON, 57 chaussée de Fleurus à Jumet.

Programme :

– 10h : accueil par Georges-Henry SIMONIS, président de l’ A.S.B.L. Château de Mondron.

– 10h15 : présentation du programme d’actions de l’AWF pour l’année 2013-2014 par Paul DURIEUX, président de l’AWF.

– 10h45 : présentation de son livre « le retour à la France », par G.-H. SIMONIS.

Robert Collignon– 11h : « Quel avenir pour la Wallonie dans la perspective des élections fédérales et régionales de 2014 ? » par M. Robert COLLIGNON, ancien ministre-président de la Wallonie.

– 11h45 : débat.

– 12h30 : buffet garni (10 € de participation).

– 14h : petit salon littéraire, présentation de livres édités en Wallonie ou en France par des auteurs de chez nous : Chantal Van HUFFELEN, Emilie MALBURNY, Pierre HAZETTE, Louis NISSE, et les éditions Tandem.

– 15h à 16h : clôture en chansons françaises, par Croque-Notes.

N.B. : un covoiturage sera organisé à partir de Liège.

INSCRIPTIONS NÉCESSAIRES AVANT LE 13 JUIN 2013, par courriel ou téléphone :

pauldurieux2003@yahoo.fr / 04 263 69 17
ou bien
ghsimonis@voo.be / 0485 53 56 23

La chimère wallo-brux (II)

Puisque les partis francophones dominants peuvent compter sur la collaboration de nombreux experts, pourquoi donnent-ils l’impression de ne pas savoir où aller, de s’en tenir à des formules, à des velléités ?

Le fameux plan B francophone, agité pour faire croire aux Wallons et aux Bruxellois que, quoi qu’il arrive, ils resteront belges ensemble, a-t-il seulement fait l’objet d’une amorce de début de commencement de réflexion ?

Nous poursuivons ici la publication de l’analyse qu’en fait Jacques Lenain. (Pour relire la partie précédente de cette analyse, cliquer ici.)

Présentation Bruxelles

4.3. La seconde question fondamentale, fort liée à la première, mais distincte, est que la Belgique de langue et de culture française, autrement dit la « Communauté française de Belgique » n’est pas assez distincte et différente de la France pour exister en tant que « nation » à son côté, et donc comme « État indépendant » à côté de l’État français. Car l’existence de cette « base nationale », socle majeur d’un État souverain nouveau, à qui il faudrait déjà naître et puis arriver à survivre, avant de pouvoir exister et durer, outre qu’elle doit se prouver à titre « interne », doit aussi se prouver à titre « externe » : la substance d’une « nation » s’exprime aussi fondamentalement par ce qui la différencie des « nations » qui l’entourent. Or la Communauté française de Belgique, une fois réduite à elle-même, ne peut « exister » par rapport à la France . Ce qui fait l’identité différente de la « Belgique française » par rapport à la France, c’est qu’elle a appartenu et appartient encore à un espace politique belge, opposé politiquement à la France, doté d’une dimension néerlandaise, flamande, qui existe et domine cet espace depuis des siècles. Une fois cette dimension flamande logée dans un État national flamand, que restera-il de l’identité belge « francophone » ? Quelque chose, certainement, qui est l’héritage de ce long compagnonnage, mais certainement pas assez de quoi fonder une « identité nationale » propre face à l’identité nationale française, écrasante par sa force intrinsèque et sa proximité encombrante.

Il y a bien une identité commune à la Wallonie et à Bruxelles, elle est historique, mémorielle, mais il n’y a pas une dimension plus large de cette identité commune qui pourrait faire appel au concept d’identité « francophone », d’identité nationale « francophone ». Une telle pseudo-identité « francophone » n’a évidemment rien « de propre et de commun » au couple Wallonie-Bruxelles, dont la population est d’identité « française », et n’est que cela. Il n’y a pas d’identité nationale « francophone » qui tienne ou qui pourrait tenir à la place et à côté de l’identité nationale française. Et cette identité mémorielle « belge » plus que « francophone » ne peut rivaliser avec cette identité « française », qui l’emportera totalement et fatalement dès que la Belgique franco-flamande aura cessé d’exister.

Le fait qu’on ne peut avoir deux « identités nationales » distinctes et deux États nationaux côte à côte qui partageraient les mêmes fondements linguistiques et culturels, alors que le premier État serait doté d’une existence manifeste et millénaire et le second d’une identité dérivée et d’aucun passé se vérifie aisément : en Europe, ça n’existe pas. En Suisse romande, personne ne revendique une « identité nationale francophone ». Il n’y a même pas d’entité politique de « Suisse romande », autrement dit de « région fédérée » de Suisse romande. On se contente d’y exprimer une « loyauté suisse », avec d’autant plus de vigueur que la Suisse est la triple promesse tenue d’une grande stabilité politique, d’une constante prospérité économique et d’une paix durable. Et toute similitude avec l’Autriche est à rejeter, la comparaison entre elle et la Belgique française étant cependant fort utile à faire. Car si l’Autriche est bien une « nation germanophone » accolée au flan de la « nation allemande », son existence comme État-nation est millénaire, précède de loin celle de l’unité prusso-allemande. La nation autrichienne peut encore exister au côté de la nation allemande car elle dispose d’une mémoire nationale considérable, d’un « centre national » incontestable et prestigieux, Vienne, l’une et l’autre ayant été le centre d’un Empire majestueux, dont l’Empereur a justement été pendant quatre siècles celui de toute l’Allemagne. Rien de tel, vraiment rien, n’existe pour pouvoir affirmer l’existence soudaine d’une « nation francophone » qui serait distincte de la nation française : un espace belge « si français » et « coupé en deux », dépourvu de toute centralité, et dépourvu aussi de passé étatique propre (et le passé de l’ex-Principauté de Liège ne saurait en tenir lieu, car elle ne rassemblait qu’une petite moitié de la Wallonie actuelle et était étrangère à Bruxelles) ne saurait devenir, d’un coup, au côté de la France, ce qu’est l’Autriche, depuis si longtemps, au côté de l’Allemagne.

4.4. La troisième question fondamentale réside dans la faculté très incertaine de deux entités aussi dissemblables de construire les institutions politiques et administratives communes d’un État fédéral. En effet, et contrairement à une opinion répandue, un tel État ne pourrait, sur le plan institutionnel, se borner à continuer l’ancienne Belgique, une fois la Flandre « partie ».

L’organisation des pouvoirs, le partage des compétences entre niveau fédéral et entités fédérées, régionales et communautaires, les dispositifs financiers, fiscaux et budgétaires, sont autant de règles fixées par la présente Constitution belge qui sont conçues en fonction même de l’existence de la partie flamande (composition du Parlement, du gouvernement, répartition des attributions entre Communautés et Régions, lois de financement et transferts financiers, etc.). La Constitution belge serait donc caduque, et une nouvelle constitution serait à construire pour le nouvel État wallo-bruxellois.

Ainsi, dès ses premiers instants, ce couple incertain de lui-même devrait s’accorder pour définir ses institutions politiques communes, donc sa constitution, et notamment s’entendre sur l’équilibre des pouvoirs des deux membres. Or, définir par cette nouvelle constitution, l’organisation des pouvoirs entre la Wallonie et Bruxelles, serait une tâche très ardue, compte tenu des intérêts divergents précités des deux entités.

Une fois traitée la seule chose facile, à savoir de donner/conserver au nouvel État sa forme monarchique, tout ce qui suit paraît insoluble. Car comment organiser le juste équilibre des pouvoirs, ce qui revient à devoir choisir entre le principe de parité, soit le même poids pour Bruxelles et la Wallonie au sein des organes fédéraux, législatifs et exécutifs, et le principe de proportionnalité, qui conduit à tenir compte du fait que les Wallons sont plus de trois fois plus nombreux que les Bruxellois ?

Ce serait tout d’abord le cas de la composition « fédérale » du Parlement et du Gouvernement, qui devrait à la fois reconnaître la parité/égalité des deux membres fédérés, tout en faisant droit au fait majoritaire de la population wallonne, et alors même qu’il faudrait éviter la domination d’une entité par l’autre. Et cet équilibre serait tout aussi difficile à établir dans le champ financier, fiscal et budgétaire, afin de maintenir une solidarité suffisante entre les deux membres, sans que celle-ci « étouffe » Bruxelles au seul bénéfice de la Wallonie, et ne s’exerce aux dépens de l’avenir économique des deux membres.

A cette première série d’obstacles relative à la relation institutionnelle, horizontale, entre la Wallonie et Bruxelles s’en ajouterait une seconde, verticale, portant sur l’organisation des compétences entre les deux entités fédérées et l’instance supérieure fédérale. Où seraient « logées », par exemple, les compétences éducatives et culturelles, aujourd’hui détenues par la « Communauté française » ? Autre exemple, quelles seraient les compétences fiscales et budgétaires de l’État fédéral, et notamment son autorité en ces matières sur les entités wallonne et bruxelloise ? Bruxelles et la Wallonie restent et resteront trop distantes pour, une fois laissées à elles-mêmes par le départ de l’élément dominant belgo-flamand, pouvoir concevoir rapidement un État commun, et encore plus faire vivre immédiatement et durablement cet État dont le fonctionnement serait subordonné à leur entente.

4.5. La quatrième question fondamentale tient à l’aptitude contestable d’une telle union à affronter les énormes difficultés, immédiates, qu’aurait à surmonter un État wallo-bruxellois, pour arriver à naître, dans l’urgence, alors même que les questions institutionnelles précitées ne seraient pas encore réglées. Car, après la séparation d’avec la Flandre, les deux entités seraient plus que jamais en butte à des intérêts dissemblables, qui seraient de surcroît immédiatement accentués, à des problèmes toujours bien différents pour l’une et pour l’autre, qui seraient aussitôt bien plus aiguisés.

Dans ces conditions, peut-on fonder des espérances sérieuses sur la solidité d’un couple wallo-bruxellois qui serait d’emblée confronté aux négociations de la partition de l’État belge et à ses problèmes redoutables ? Peut-on attendre une action unifiée des Bruxellois et des Wallons pour « copiloter » sans division la séparation d’avec la Flandre, une Flandre qui sera dotée d’une vraie unité et animée d’une volonté farouche d’en découdre ? Une telle union parviendrait-t-elle donc à résister au processus même de la partition et de tous ses sujets redoutables qui constituent l’essence de la partition d’un État ? Par exemple, celui de la partition des dettes publiques et autres passifs, engagements et biens de l’ex-État fédéral ? Celui de la partition des administrations fédérales, dont nombre sont largement placées sous direction flamande ? Celui du sort des « francophones » de la périphérie bruxelloise, au moins là où ils sont très majoritaires ? Celui de la teneur de la jonction géographique à établir par le pertuis flamand ? Ce serait là un processus d’une grande urgence, d’une grande brutalité, très douloureux, très exigeant, qui soumettrait à une très rude épreuve les centres dirigeants respectifs de la Wallonie et de Bruxelles. On peut douter fortement que le couple Wallonie-Bruxelles y résisterait alors que, face à la Flandre, la Wallonie et Bruxelles n’auraient, dès cette épreuve-là et à ce moment-là, pas les mêmes priorités, la principale étant financière pour l’une, territoriale pour l’autre, et toutes deux d’urgence immédiate. Et sans que chaque entité soit en situation de contribuer substantiellement à la résolution des problèmes communs comme de ceux de l’autre.

A très court terme encore, et parallèlement aux négociations très dures avec la Flandre, décideurs wallons et bruxellois devraient de plus résoudre un autre ensemble de difficultés immédiates, celles relatives aux premiers pas du jeune État « francophone ». Ainsi, décideurs wallons et bruxellois parviendraient-ils à s’accorder sur les solutions d’urgence à retenir et à mettre en œuvre pour maîtriser la considérable dette publique précitée, pour la part immédiatement reçue en héritage, ainsi que les énormes déficits publics qui se présenteraient sans attendre ? Seraient-ils à même d’arbitrer la multitude de tous les autres sujets en matières financière, fiscale et budgétaire, absolument vitales pour tout État au moment de sa naissance ? Seraient-ils en mesure de s’accorder sans délai sur les premières mesures provisoires de partage des pouvoirs constitutifs du nouvel État wallo-bruxellois, dans l’attente de leur mise au point définitive dans la Constitution future, compte tenu des difficultés susmentionnées ? Seraient-ils en situation de construire très vite une administration centrale fiable avec les débris hérités de l’ex-administration centrale belge largement façonnée par les Flamands ?

(A suivre…)

Jacques Lenain

Les plans B de la Wallonie

La Meuse, tableauxTroisième volet de l’enquête publiée par les journaux du groupe Sudpresse sur « la Wallonie sans tabou ». Aujourd’hui : « les plans B de la Wallonie » (le pluriel est important car il permet le débat).

La Meuse, MélenchonPour ceux qui n’ont pas acheté La Meuse ou La Nouvelle Gazette du jour, nous avons extrait ces éléments du dossier (cliquer sur les images) :

Régionalisation, bombe à retardement ?

G.R.Nous avons besoin de vrais débats. Sans tabou ni langue de bois. Dans un monde qui change très vite, il faut se méfier des certitudes.

L’horizon s’obscurcit. Le temps n’est plus d’accorder sa confiance à des marchands de rêves. Il appartient aux responsables politiques de voir et de saisir les réalités du changement. Celui-ci condamne l’immobilisme et réclame une adaptation dont la forme est précisément l’enjeu du débat démocratique.

Il y a peu, je me suis rendu à une conférence-débat organisée par une section locale du Parti socialiste, me souvenant que la citoyenneté se vit au pluriel, pas seulement sur un clavier, devant son écran. La circulation des idées est certes facilitée par internet au point de bousculer, parfois, les codes de la démocratie représentative, mais les partis politiques institutionnalisés servent encore de lieux de parole et de relais avec le pouvoir.

Au programme, Jean-Claude Marcourt et Thierry Bodson réunis pour répondre à la question du jour : Régionalisation, bombe à retardement ? Pour un tel sujet, de tels acteurs de la vie politique wallonne, un déplacement de quelques centaines de mètres, à pied, ce n’était pas trop demander. Cela m’intéressait de les écouter mais j’avais aussi quelque chose à leur dire.

Sur place, en guise d’apéritif, j’ai découvert le texte de Marcourt repris sur l’invitation à la conférence-débat. Le ministre le plus régionaliste du gouvernement wallon commençait par évoquer le Congrès national wallon de Liège en 1945 qui s’était presque terminé par un vote en faveur de la réunion de la Wallonie à la France. Cette référence était de bon augure, surtout que, par la suite, Jean-Claude Marcourt multipliait les formules et les citations pour marteler qu’il ne faut pas subir le changement mais le choisir. A la fin de son texte, il rappelait toutefois que si la Wallonie devait prendre en main son destin, c’était dans le cadre évolutif de l’Etat belge, dont il soulignait la « plus-value ». Mon enthousiasme retombait un peu mais cela renforçait mon envie d’ « interpeller » le ministre.

Hélas, Jean-Claude Marcourt ne s’est pas livré davantage car, retenu ailleurs, il n’est finalement pas venu. Pour le remplacer, il avait envoyé un expert de son cabinet, Benoît Bayenet, professeur d’économie politique à l’ULB et, soit dit en passant, fils de Maurice Bayenet, ancien chef du groupe PS au Parlement wallon, aux positions très régionalistes. A côté de lui, Thierry Bodson, Secrétaire général de l’Interrégionale wallonne de la FGTB, était bien présent. Cela restait intéressant.

Qu’ont-ils dit ?

Benoît BayenetBenoît Bayenet a d’emblée insisté sur les contraintes auxquelles était soumise l’action du gouvernement wallon. Il a pointé, notamment, les effets négatifs de la politique suivie actuellement par l’Union européenne, imposant une rigueur budgétaire aveugle sans chercher à protéger l’industrie en Europe. Si rien ne change à ce niveau, la Wallonie souffrira davantage à partir du 1er janvier 2015, quand elle assumera de nouvelles compétences dans les conditions prévues par la 6e réforme de l’Etat.

Signé le 10 octobre 2011 au bout d’une interminable crise politique, ce grand accord institutionnel n’a pas encore sa forme définitive parce qu’on n’a pas fini d’en discuter les détails, ce qui est loin d’être anodin, mais, quoi qu’il en soit, il réclame une attention d’expert et, si l’on veut s’en faire une idée assez précise, il vaut mieux se rapporter à la présentation que Benoît Bayenet lui-même en a faite pour l’Institut Emile Vandervelde,  le centre d’étude du PS (lien). De ce document de 74 pages, je me contenterai de reprendre ici ces quelques lignes : « La sixième réforme de l’État déplace le centre de gravité des politiques publiques vers les Régions et les Communautés par un transfert de compétences pour un montant de 16,9 milliards. Cela devrait correspondre, selon les négociateurs, à une augmentation des moyens des Communautés et des Régions de plus de 40%. »

On a fait un pas vers l’autonomie fiscale des entités fédérées. Concrètement, cela signifie qu’à partir du 1er janvier 2015, l’Etat fédéral ne percevra plus que 75 % des impôts sur les personnes physiques puisqu’avec moins de compétences, il aura aussi moins de charges à assumer. Les 25 % restants de l’IPP seront donc prélevés par les Régions (les Communautés n’ayant pas le pouvoir de lever l’impôt), qui pourront les affecter comme elles le veulent mais aussi les augmenter ou les diminuer.

Toutes choses restant égales, on a voulu que la réforme ne pénalise aucune entité fédérée. Puisque le passage de l’ancien au nouveau modèle faisait perdre 600 millions par an à la Région wallonne, on a mis en place un mécanisme de solidarité qui, dans l’hypothèse où la situation de la Wallonie ne serait pas meilleure, prévoit le versement (maximum) de cette somme, sous forme d’aide annuelle, jusqu’en 2022. En réalité, ce montant fixe, qui ne tient pas compte de l’inflation, a été quelque peu sous-évalué, et la situation relative de la Wallonie s’est déjà détériorée depuis la signature de l’accord.

Parmi les nouveautés, il y a aussi le transfert aux Communautés (à la Cocom pour Bruxelles et à la Communauté… Wallonie-Bruxelles pour la Wallonie) de la gestion des allocations familiales. Dans ce cas, le principe est celui d’une enveloppe calculée sur le nombre d’enfants mais sans tenir compte des situations particulières. On sait déjà que les 5,8 milliards reversés aux francophones ne suffiront pas à honorer les engagements actuels mais tout le monde se veut rassurant.

Pour permettre à la Wallonie de faire face à ses obligations nouvelles et de voler bientôt de ses propres ailes, il faut tout de suite un « plan Marshall au carré », selon Jean-Claude Marcourt. Cela signifie, explique Benoît Bayenet, qu’il faut recentrer le plan Marshall, revenir à la priorité n° 1 : créer de l’activité économique, de l’emploi. Avec des moyens revus à la baisse, il faudra se montrer plus efficace. Autant dire que l’enseignement ne tardera pas à faire débat. Coût élevé, résultats médiocres : Jean-Claude Marcourt ne veut pas seulement la régionalisation de l’enseignement mais aussi la fin de la concurrence entre les réseaux.

Plus tard, quand il reprendra la parole, Benoît Bayenet ajoutera que si les Wallons ne relèvent pas le défi de la 6e réforme de l’Etat, les Flamands ne tarderont pas à leur en imposer une autre, encore plus dure. Ils y travaillent depuis 1999 et ils n’ont pas tout obtenu. Le PS, parce qu’il est le plus fort en Wallonie, doit prendre la responsabilité de proposer un vrai projet d’avenir pour la Wallonie, avec une vision… dans une Belgique de plus en plus confédérale.

thierry bodsonSecrétaire général de l’Interrégionale wallonne de la FGTB, Thierry Bodson n’est pas éloigné des positions de Marcourt, mais c’est un syndicaliste : avec lui, le ton devient plus polémique, la parole se libère, même si le propos reste mesuré. Le fond de son intervention n’est guère encourageant. Ce qu’il dénonce n’est pas le transfert des compétences (il est régionaliste) mais les coups de canif portés à la solidarité dans ce pays.

Cela va faire mal. Aux effets de la 6e réforme de l’Etat, à partir du 1er janvier 2015, va s’ajouter un nouveau train de mesures antisociales décidées par le gouvernement Di Rupo. La situation des chômeurs ne cesse de se dégrader. Bodson est en colère contre l’exclusion du chômage qui, au 1er janvier 2015, va frapper les bénéficiaires de l’allocation d’insertion. Cela concerne 24.000 personnes dont la grande majorité vit en Wallonie. On y trouve beaucoup de femmes qui ont travaillé à temps partiel, repoussées injustement vers les CPAS, dont les budgets vont exploser (c’est un transfert des coûts sociaux vers les communes les plus… pauvres).

Selon le très rouge et très wallon Thierry Bodson, la CSC serait prête à aller plus loin dans l’appauvrissement de la Wallonie. Fortement dominée par son aile flamande, elle voudrait que les nouvelles compétences en matière d’allocations familiales et de soins de santé ne soient plus financées par les cotisations sociales mais par la fiscalité régionale, ce qui arriverait si le PS était rejeté dans l’opposition. Une horreur.

Même s’il juge sévèrement les concessions faites à l’aile droite (et flamande) du gouvernement Di Rupo, le représentant de la FGTB wallonne préfère manifestement que le PS reste au pouvoir. Il ne semble pas rassuré. Ce qui l’inquiète aussi, c’est le projet de réforme fiscale porté par le MR, forcément défavorable à la région la moins riche. A l’entendre, on pense inévitablement au « bain de sang social » dont la menace a déjà été agitée par le Parti socialiste. Bodson va jusqu’à penser tout haut que, pour se refaire une virginité avant les élections, le PS ne doit pas hésiter à provoquer une crise gouvernementale.

Ceci dit, le gouvernement wallon en prend aussi pour son grade. C’est même le monde politique wallon dans son ensemble qu’il accuse d’une incroyable inertie alors qu’il lui appartient de préparer le passage à la situation nouvelle imposée par la 6e réforme de l’Etat. Thierry Bodson préside le Conseil économique et social de la Région wallonne et, à ce titre, il a tous les outils devant permettre à la classe politique de mener une réflexion sur la façon de gérer les compétences  dont la Wallonie hérite à partir du 1er janvier 2015. Mais pas de réaction.

A cette date, qui va s’occuper de l’activation des chômeurs ? On ne sait pas. S’est-on posé la question de savoir ce qu’on pouvait changer dans la politique des allocations familiales ? Non. Avec un budget bloqué et un système en croissance, il n’y aura pas assez d’argent en Wallonie pour utiliser les titres services aux mêmes conditions qu’aujourd’hui : on en discute ? Non. Rien ne se passe. On ne semble pas conscient des réalités (sauf Marcourt, concédera Bodson).

Alors que la Flandre, elle, se prépare depuis longtemps, la Wallonie risque bien de sombrer dans la confusion la plus totale. Or, il est important de faire réussir la 6e réforme de l’Etat, car si elle rate, ce sera la faute des Wallons, inévitablement. Les Flamands nous tiennent à l’œil. L’autonomie accrue ne doit pas faire illusion. Nous resterons tributaires des décisions prises en Flandre. Concurrence sociale (par exemple, si on ne parvient plus à diminuer les cotisations sociales pour des groupes cibles). Concurrence fiscale (on y pense beaucoup mais Bodson minimise ce risque, la Flandre ayant aussi besoin d’argent pour mener ses politiques). Et quid des titres services achetés dans une autre région si leur prix est différent…  Pour la mobilité des travailleurs, autre danger : selon le patron de l’UNIZO, qui s’en est ouvert à Thierry Bodson, le gouvernement flamand ne tarderait pas à durcir les règles linguistiques à l’usage de ceux qui voudraient travailler en Flandre.

Alors, régionalisation, bombe à retardement ?

On aurait pu penser à une question oratoire en découvrant qui allait y répondre. Animés par de fortes convictions régionalistes, Jean-Claude Marcourt et Thierry Bodson nous incitent, en effet, à ne pas nous engager dans la 6e réforme de l’Etat à reculons. Même si on n’a pas voulu cette réforme, il faut en faire une opportunité pour la Wallonie.

Mais l’impression générale est loin d’être encourageante.

Benoît Bayenet a joué son rôle d’expert et, puisqu’on lui demandait de s’exprimer sur l’hypothèse d’une 7e réforme de l’Etat, il a jugé qu’on avait au moins dix ans devant nous, sauf si la N-VA venait à forcer les événements.

Pour conclure, après les interventions du public (dont la mienne, j’y reviendrai dans un autre article), Thierry Bodson a livré son sentiment. Il a parlé de trois paris dont le premier était de former un gouvernement et les deux autres de faire barrage à la N-VA, d’abord à Anvers et ensuite au grand rendez-vous électoral de mai 2014. Globalement, il pense que le pari est perdu. De Wever est bourgmestre d’Anvers et la N-VA gagnera les prochaines élections. Ce qui lui fait mal, c’est que, dans cette hypothèse, la gauche wallonne aura accepté des mesures antisociales pour maintenir en vie un pays de toute façon condamné…

G.R.

Un signe positif

drapeau françaisNon, nous ne sommes pas cocardiers, mais on a tellement déconstruit l’idée nationale, avec des effets si problématiques sur la qualité du vivre-ensemble, qu’on accueille positivement cette décision des autorités françaises.

Voici l’information telle qu’on peut la lire sur le site du magazine Le Point :

Les sénateurs ont voté un amendement du gouvernement prévoyant que « la devise de la République et le drapeau tricolore sont apposés sur la façade des écoles et des établissements d’enseignement du second degré publics et privés sous contrat ». Il précise également que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
du 26 août 1789 sera affichée « de manière visible » dans les locaux scolaires. « Aucune disposition législative ou réglementaire ne détermine les conditions de pavoisement des écoles, des collèges et des lycées », a fait valoir le ministre de l’Éducation Vincent Peillon. Il s’agit de « réaffirmer l’attachement de la nation à son école et de contribuer à l’appropriation par les élèves des fondements de la Constitution ». (…)

Vive la République

enquête sudpresseAprès Bruxelles, c’est la Wallonie qui fait la une des médias francophones. Les journaux du groupe Sudpresse publient et commentent, toute cette semaine, les résultats d’une grande enquête intitulée « La Wallonie sans tabou ». Première surprise : en cas d’indépendance, les Wallons opteraient plutôt pour une république.

Voir l’info sur le site de La Meuse.

C’est quoi la Belgique ?

Belgique KBCEncore une carte polémique avec, d’un côté, des patrons belges de Wallonie qui crient au scandale et, de l’autre côté, des responsables flamands (ici de la KBC) qui haussent les épaules en relativisant l’affaire.

Extrait choisi de l’article de La Libre (Belgique) :

« Au-delà de la vidéo de la KBC, le patron de BSB en a assez du climat en Flandre, où les sociétés wallonnes sont, selon lui, laissées sur le côté pour des raisons communautaires. « Faire des affaires en Flandre est devenu de manière générale beaucoup plus dur qu’il y a dix ans : on perd le contrat sans qu’on ne nous dise rien, sans retour d’information. « 

« Autrement dit, il y a sélection « antiwallonne », laisse entendre le patron de BSB. « C’est d’autant plus injuste que les équipes de BSB sont bilingues ! Mais on a notre siège en Wallonie et c’est un handicap apparemment. Dans ce contexte, c’est choquant de voir la vidéo de la KBC alors que les mêmes se pressent à notre porte au même moment pour être notre banquier ! » »