Comment peut-on être belge ?

Par Valmy

Comment peut-on être wallon ?

Chers lecteurs ne vous alarmez pas. La provocation dénigrante de Monsieur Nicolas De Decker, journaliste au VIF (Roularta media Group) ne mérite qu’un vibrant « RASTRINS VALET » !

Le sieur De Decker parodie les Lettres persanes de Montesquieu afin de nous décrier. Sa plume belgicaine au service d’une agence flamande ne peut nous surprendre. Il sert, croit-il, un bon Maître (Meester : bij wie men in dienst is); il faut bien vivre (hélas).

D’accord, parodions donc Montesquieu.

D’entrée de jeu, cher Rica (je préfère Rica à Usbek), comme nous le chantons, « Nous sommes fiers d’être Wallons » et nous le confirmons par la Marseillaise car nous n’oublions pas les noms de nos héros inscrits sur l’Arc de Triomphe à Paris : les généraux de la République et de l’Empire : Lahure, Jardon et Dumonceau.

Afin de te convaincre, cher Rica, de ton erreur provocatrice, je m’en vais te dessiller les yeux avec l’aide d’un homme honnête et amoureux de la Belgique : Monsieur Francis Delpérée.

En 2011, Monsieur Delpérée développe dans la revue n°136 de Pouvoirs (Seuil) une analyse inattendue de sa part, un écrit existentiel, dont je te conseille la lecture :

« La Belgique existe-t-elle ? » Accroche-toi Rica, cela décoiffe !

LA BELGIQUE A-T-ELLE JAMAIS EXISTÉ ?

« L’Etat belge n’est pas né de l’alliance de deux peuples. Il ne procède pas du contrat de vie commune qu’ils auraient scellé à cette occasion. »

Valmy te le confirme, adieu le mirage ; au 19e siècle, l’Angleterre (celle du Brexit actuel) a créé de toutes pièces le Royaume de Belgique, pour mille ans, face à la France, au détriment des Néerlandais méridionaux (les Flamands) et des Français septentrionaux (les Wallons). Hélas pour toi, Rica, tu vivras l’« Ondergang » de cette « colonie pénitentiaire » que deux peuples, étrangers l’un à l’autre, ne méritaient pas.

LA BELGIQUE EXISTE-T-ELLE ENCORE ?

Rappelle-toi, Rica, Gaston Eyskens : « L’Etat unitaire est dépassé par les faits ». Les faits, comme c’est têtu, la cruelle réalité que Jules Destrée décrivit en 1912 : « Sire, il n’y a pas de Belges mais des Flamands et des Wallons ». Mais il fallut le séisme du remplacement de la vieille U.C.L. par la fringante K.U.L. pour que disparaissent les familles politiques unitaires issues de la bourgeoisie « francophone » de 1830, toutes remplacées par des partis régionalistes.

Aujourd’hui, en 2019, la Flandre, que tu sers au Vif, prend le large, toute seule, comme une grande fille assurée de sa force et de sa maturité. Certes, la NVA, suivie par tous les autres partis, patiente à prononcer le mot magique et terrible « INDEPENDANCE » et le remplace par un synonyme tout aussi brutal, « IDENTITE ». Rica, certaines personnes détiennent parfois deux passeports mais elles ne possèdent qu’une identité et une seule !

Rica, la Nation de tes employeurs largue les amarres sans plus se soucier ni de l’opinion ni de l’avenir des Wallons. Elle embarque, de fait, Brussel, sa vassale, dans ses cales. Crois-moi, Rica, les Bruxellois s’expriment encore en français mais la flamandisation des esprits pousse leurs enfants dans les bras du G.O. (Gemeenschap Onderwijs).

Si l’Histoire apprit aux Néerlandais qu’ils n’avaient aucun intérêt à laisser monter la frontière française jusqu’à Brussel, par la grâce des traités européens, ils ne craignent plus la République à Waterloo aux abords de la millénaire frontière linguistique.

Plus loin, cher Rica, comme Jésus portant la croix, Monsieur Delpérée poursuit sa passion : « La Belgique renonce au développement d’une culture juridique et politique commune ; elle s’inscrit résolument dans une logique de partage des compétences et de souveraineté (Rica as-tu bien lu ?) ; la Belgique renonce au mythe puis à la réalité de la Nation unifiée ».

LA BELGIQUE EXISTERA-T- ELLE DEMAIN ?

Dans le n°54 de la revue Pouvoirs (Seuil) en 1991 (!), Monsieur Delpérée écrivait déjà, prémonitoire, « à l’instar des civilisations de Valéry, les société politiques étaient mortelles. La Belgique n’a pas toujours existé ni comme Etat ni comme Nation. Qui serait assez fou ou assez fort pour lui garantir la pérennité sous une forme ou sous une autre ? »

Pour terminer Rica, la Flandre prône le « confédéralisme » ce qui signifie de facto la mort de la Belgique et la coopération (sic) entre les Etats héritiers. Fumisterie ! A l’échelle lilliputienne, le confédéralisme à la Belge rappelle la succession de Charlemagne suivie du traité de Verdun puis du Traité de Meersen.

Rica, tu peux entonner « Plus près de toi, mon Dieu » car il n’existe pas de Plan B.

3 réflexions sur « Comment peut-on être belge ? »

  1. J’ai envoyé une plainte au Vif, en voici l’échange :
    ————————————
    De : Roland Claude
    Objet : Plainte contre un article diffamatoire envers l’identité wallonne.
    Bonjour,

    Je viens de lire l’article « « Comment peut-on être wallon ? » wallon avec une minuscule pour renforcer le mépris de votre … « journaliste » envers les Wallons.
    Étrangement, on y voit pas la question « comment peut-on être bruseleer ou Flamand »
    Dois-je comprendre que le Vif, que, moi Wallon, je paye avec mon abonnement et qui reçoit probablement des subsides, que nous Wallons payons avec nos impôts, n’a que du mépris envers les Wallons et la Wallonie ?

    Le Vif est-il le vecteur d’un régionalisme bruseleer méprisant envers la Wallonie ?
    En tous les cas, cette article démontre bien qu’il est urgent que la Wallonie mette fin à la communauté française, qui nous ruine et qui nous vaut que du mépris des bruseleer bénéficiaires.

    > Claude Roland.
    ————————————-
    Réponse du Vif :
    ——————————-
    Merci pour votre message. Même s’il est courroucé.
    Et même si, je pense sincèrement, vous vous trompez en étant fâché.

    1) Nicolas De Decker est wallon. De Charleroi. Et fier, très fier, de l’être. Il ne se moque pas des Wallons, il raille
    2) Il n’y a pas de majuscule à l’adjectif, qu’il s’agisse de wallon, bruxellois, flamand, italien ou autre. Donc, pas de marque de mépris.
    3) Le texte, le commentaire de Nicolas, s’adresse à ces gouvernants, ces dirigeants wallons, qui changent d’avis, de cap et de propos comme on change de chemise, selon qu’ils soient au pouvoir ou non, et qu’ils proviennent des rangs socialistes, libéraux, humanistes ou écologistes.
    4) Il n’y est pas question du fait d’être bruxellois ou flamand parce que l’article porte sur la composition du nouveau gouvernement wallon (et de celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles, avec à sa tête un régionaliste wallon convaincu, qui voulait la peau de la Fédération avant d’accepter de la diriger).
    5) Le titre fait référence aux Lettres persanes, de Montesquieu, dans lesquelles les deux héros, Uzbek et Rica, évoquent les voyages, les identités nationales, les différences, les traditions, etc.
    6) Le Vif ne reçoit pas de subsides, aucun (il fait partie d’un groupe de presse flamand, et il n’y a pas de système d’aide à la presse en Flandre), donc vous ne payez rien d’autre que le prix de votre abonnement, en ce qui nous concerne.
    Bref, merci de ne pas penser que nous manquons de respect à quelle que population que ce soit (les ¾ de la rédaction du Vif habitent en Wallonie, entre Namur, Liège, Verviers, Charleroi, Mons et Jodoigne). Mais nous sommes sans pitié pour les contradictions, petits arrangements et gros mensonges de nos dirigeants politiques. Qu’ils soient wallons, bruxellois ou flamands.

    Merci aussi de nous lire encore en toute confiance.
    Rédacteur en chef
    Le Vif/L’Express

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  2. OUF !
    On ne peut donc me taxer de mauvaise foi !
    Monsieur Claude ROLAND partage la même perception de mépris à l’encontre des Wallons. Peu importe où résident les rédacteurs du Vif, ce n’ est pas une excuse suffisante.
    Si le commentaire de Nicolas, s’adressait aux gouvernants wallons, qui tergiversent tant qu’ils participent au pouvoir, le titre de l’article aurait dû
    s’intituler  » Comment peut-on être un gouvernant wallon sans rougir de honte ?  »
    Mais, navré, l’article ne se présente pas comme cela !

    Par contre, voici, grâce à la plume de Bertand Henne (RTBF le mardi 08 octobre 2019), la réponse du berger à la bergère :

    PS et N-VA face à l’abîme

    302 jours après la démission du gouvernement Michel, 135 jours après les élections, on franchit un nouveau palier. Le PS et la N-VA vont maintenant prendre la barre des négociations fédérales. (…) (…)
    (…) nommer un duo PS-NVA qui va préparer le terrain. Mais préparer le terrain pour quoi ? (…) (…)
    Tout se passe comme si, PS et N-VA devaient au moins se mettre d’accord sur le fait qu’ils ne sont pas d’accord afin d’arriver au palier suivant : la formation d’un gouvernement sans la N-VA, minoritaire en Flandre. (…)

    NDLR : NON POSSUMUS pour les autres partis en Flandre.

    (…) Revoter c’est prendre le risque de plonger dans l’abîme. Au sens liturgique, l’abîme c’est la profondeur sans limite. Une profondeur où l’on trouve la parfaite obscurité de dieu. Le principe de toute chose.

    En plongeant on prend le risque de trouver LA VERITE. Nous sommes peut-être devenus trop différents pour encore nous entendre ?
    Voilà l’abîme qui s’ouvre devant le PS et la N-VA.

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  3. Bonne chance  » mon petit Rudy » .

    Un article à lire sur le site en langue française de la NVA ( 2 octobre 2019) : Un bon avenir pour tous les Flamands

    « La Flandre est une nation prospère, sûre d’elle, disposant d’une riche tradition et d’un avenir prometteur. » Le tout nouveau ministre-président flamand Jan Jambon n’a pas caché l’ambition de son gouvernement flamand (…) (…) « Nous devons faire en sorte que la Flandre se surpasse. Nous avons toutes les cartes en main pour être une référence en Europe et dans le monde entier : un excellent emplacement, des ports maritimes florissants, des villes animées, des entreprises merveilleuses et une richesse de talents. Nous avons tout pour émerveiller le monde ». (…) (…) (…)

    Préparer institutionnellement la Flandre ! (…) « Et je le demande à vous, les représentants du peuple flamand, de préparer institutionnellement la Flandre pour l’avenir. Notre objectif est d’utiliser au maximum notre autonomie et de la mettre en œuvre au sens le plus large. Mais c’est au Parlement flamand d’entamer une réflexion approfondie sur la structure étatique souhaitée en toute liberté et dans tous les recoins. Une structure étatique qui peut améliorer à long terme la coopération entre les Flamands, les francophones et les germanophones de ce pays. »

    Un bon avenir pour tous les Flamands
    L’objectif du gouvernement flamand est un bon avenir pour tous les Flamands, (…) Jan Jambon a conclu son ambitieuse déclaration gouvernementale en paraphrasant les mots gravés au-dessus de la porte du Palais des Seigneurs de Gruuthuse à Bruges : « Plus est en nous ».

    A bon entendeur, salut !

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