L’avenir de la Wallonie passera par le régionalisme

Dans sa dernière brochure, l’A.W.F. aborde les choix qui s’offriront bientôt à la Wallonie et note ce qui suit :

a) la Belgique confédérale est inévitable. M. Robert Collignon notant au passage que ce confédéralisme portera encore plus mal son nom que notre fédéralisme porte le sien. Bart de Wever présidera le gouvernement flamand et la classe politique flamande imposera sa volonté pour les matières restant de la compétence fédérale.

b) coupée des transferts nord-sud, tous les économistes s’accordent à démontrer qu’une Wallonie indépendante n’est pas viable sauf à accepter de sacrifier deux générations sur l’autel d’une Belgique évanescente. Nos enfants et petits-enfants devront-ils payer le prix de politiques qui n’ont pas voulu prévoir le prévisible ?

c) un Wallo-Brux, Belgique résiduelle, n’est pas réalisable pour des raisons politiques. Elle est rejetée par 70 % des Bruxellois qui affirment leur identité bruxelloise et ne veulent pas d’un avenir avec la Wallonie. N’est-ce pas le Président de la Région bruxelloise qui plaide en faveur d’un enseignement qui réponde aux besoins des francophones bruxellois ?

d) une Belgique à 4 Régions jouissant des mêmes pouvoirs permettra de belles économies d’échelle en mettant fin à ce monstre surréaliste belge composé d’une pléiade de gouvernements. Pour la Wallonie, ce choix assurera la transition qui permettra d’entamer les négociations avec la France afin de parvenir à une Wallonie autonome intégrée à la République française. Par cette intégration-autonomie, les Wallons retrouveront la signification d’une vraie solidarité nationale, principe qui fait obstacle aux conflits entre régions françaises.

Paul D.

« Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme avec courage et volonté !». Antoine Laurent de Lavoisier (1743-1794) modifié par votre serviteur.

Le site du RWF publie, le 16-02-2019, une carte blanche de Paul Henry Gendebien, ancien député européen, « Vlaanderen boven ! Pour une concertation des Wallons et des Bruxellois » (Le Vif Express, 16 février 2019) dans laquelle il brise une lance pour une concertation des Wallons et des Bruxellois face à la montée en puissance de l’hégémonie de la Flandre au sein du Royaume de Belgique et en prévision des élections de mai 2019 aux accents « confédéraux », avoués chez les N-VA/Vlaams Belang et insidieux chez les VLD/CD&V/SPA/Groen.

Certes, Monsieur Gendebien pose correctement le problème, « Le récif électoral de mai 2019 est en vue et le bateau belge, à cette occasion, pourrait subir de nouvelles avaries. On ne peut plus se complaire dans un certain déni de la réalité. Reconnaissons-le : «la question nationale » posée par la Flandre est toujours présente et ne cessera pas de miner l’État ». Il pointe également avec justesse que l’hégémonie de la Flandre put se développer encore plus rapidement et largement sous « les gouvernements Di Rupo et Michel. Il est reconnu par des observateurs objectifs. Il s’est même aggravé ».
Il observe qu’« En Flandre, dans les partis, dans la presse, dans les milieux patronaux et en particulier les PME, dans les universités, on compte beaucoup de monde pour penser que c’est désormais la Belgique elle-même qui coûte cher, trop cher, à la Flandre, et pas uniquement la Wallonie. »
Et (ndlr : très heureux de pas être le seul à le répéter), « tout ce monde en Flandre estime que Bruxelles est décidément gérée comme un artefact féodal, brouillon, remarquable par ses dysfonctionnements. » De plus, d’insister, « Même aux yeux des cercles flamands modérés, la Belgique fédérale et sa capitale sont ressenties comme des charges et des freins au développement harmonieux du pays flamand. »
Il appréhende avec clairvoyance qu’« une instabilité gouvernementale prolongée se soldant par une coalition hétéroclite et impuissante serait insupportable aux responsables économiques flamands. On pourrait alors assister à une jonction supplémentaire entre le pilier politique autonomiste et le monde des affaires, connivence fondée sur le constat commun de l’inefficacité de l’État belge ? »

En conclusion il en appelle à renouer avec l’indispensable concertation francophone, au-delà des rivalités électorales quelque peu dérisoires alors même que sont en jeu les intérêts réels des Wallons et des Bruxellois, concertation qui devrait aboutir à une véritable « Realpolitik ».

Malgré tout mon respect pour Monsieur Gendebien et mon admiration de lecteur , il semble qu’il ne parvienne pas à se distancier de son historique prédécesseur Alexandre. Dommage car désirer lier les destins bruxellois et wallon relève d’une nostalgie belge semblable à un certain chagrin français pour son héritage carolingien perdu sous Charles Quint, qui rompit les derniers liens vassaliques unissant le Comté de Flandre au Royaume de France par le traité de Madrid (1526). La Flandre devint alors l’une des dix-sept Provinces (l’actuel Benelux).

En toute honnêteté, l’analyse politique de Monsieur Gheude touchant la Région de Bruxelles relève d’un réalisme basé sur des considérations de rapports de force et de possibilités concrètes. D’ailleurs, il vient de publier, à ce sujet, sur le site de Doorbraak, le 16/02/2019, un article percutant :

WalloBrux : een hersenschim (WalloBrux: une chimère).

« Une enquête réalisée par RTL-Ipsos-Le Soir en mars 2013 montre que 68% des Bruxellois plaident pour un statut indépendant au cas où la Belgique se décomposerait. En revanche, 61% des Wallons veulent une Belgique recomposée de la Wallonie et de Bruxelles. »
Cette option peut, bien sûr, tenter les nostalgiques de la monarchie mais cette rêvasserie ne tient pas compte des réalités flagrantes de l’Histoire européenne . Tout d’abord, en Europe les empires, les monarchies, les Etats bicéphales ont TOUS disparus tels l’Autriche-Hongrie, la Tchécoslovaquie.

Aujourd’hui, les Wallons et les Flamands doivent tout de même constater que Bruxelles a acquis la stature et le sens d’ une région à part entière. A la N-VA, des responsables de haut rang l’admettent : les Bruxellois sont préparés à leur propre identité parce qu’ils constituent, au bout de deux bonnes générations, une communauté de destin dissemblable de celles de la Nation flamande et de la Wallonie, cette branche encore séparée de la Nation française .

Ainsi, Hermann Bode, de la N-VA, proche de De Wever et de Jambon, dans le Vif du 22/12/2018, s’exclame : « Quant à Bruxelles, elle ne fait, à mes yeux, plus partie de la Flandre. C’est devenu une tout autre ville depuis bien longtemps, avec une autre dynamique, d’autres défis, une répartition différente de la population. Bruxelles a une autre finalité. Elle doit enfin remplir son rôle de capitale de l’Europe. »

Et, navré pour nos impénitents belgicains du PS, MR, CDH et ECOLO, les additions de capitaux, d’implications budgétaire et économique de style « wallobrux » ne peuvent camoufler l’HEUREUSE VERITE : avec des populations très différentes sur le plan sociologique et humain, avec des sensibilités différentes. Bruxelles et la Wallonie ne pourraient pas former un État cohérent. D’autant que la construction ne montrerait pas d’homogénéité géographique puisque Bruxelles est une enclave en Flandre et que Madame Homans, comme tous ses prédécesseurs, y veille jalousement.

Comme l’indique Monsieur Gheude, il paraît « Impraticable d’organiser les pouvoirs et mesurer le poids respectif de Bruxelles et de la Wallonie » ; « Il est déjà difficile pour les Wallons et les Bruxellois de former une seule et même entité. » ; « En outre, il faut quand même compter avec le droit international : si un État disparaît, afin de ne pas déstabiliser les pays voisins, le droit international applique le principe de l’ uti possidetis juris : vous posséderez ce que vous possédiez. Cela rend les limites externes inattaquables. »

« La seule manière d’échapper à ces divisions politiques sera un modèle confédéral. Et cela arrivera plus vite qu’on ne le pense. Pas parce que la N-VA va soudainement engranger 50% des voix mais parce que c’est la seule solution possible pour sortir du chaos » (cfr. Hermann Bode,)

Conclusion : Si « Bruxelles a une autre finalité. » Elle doit enfin se transformer comme la Flandre et la Wallonie en Région autonome et s’établir en Ville-Etat (cfr les exemples en Allemagne) et remplir un rôle de capitale de l’Europe à discuter avec la France . »

En réclamant une régionalisation à quatre entités autonomes dans un plan d’une Belgique confédérée, vidée et nettoyable de tous pouvoirs, les régionalistes wallons sauveront la Wallonie…et entreront dans l’Histoire comme leurs devanciers liégeois principautaires de 1793.

Valmy

2 réflexions sur « L’avenir de la Wallonie passera par le régionalisme »

  1. Et pendant ce temps là la petite RTBF s’offusque de ceci:
    https://www.rtbf.be/sport/autres/detail_un-belge-champion-d-europe-de-jiu-jitsu-pose-avec-le-drapeau-flamingant-sur-le-podium?id=10154238
    Mais qu’ils ouvrent les yeux bon sang!!! Ca fait longtemps que des sportifs préfèrent le drapeau jaune-noir au drapeau belge! Ca fleurissait déjà du temps de Johan Museeuw et partout sur les courses en Flandre (Tour de Flandre, Het Nieuwsblaad, etc…). On peut même en voir sur les bords du Tour de France, au point que les français peu habitués à les voir, avaient posé la question de savoir que représentait ce drapeau! C’est pas nouveau!!!!!!!
    En revanche, j’ignorais la petite subtilité de différence entre les 2 drapeaux (avec bout des pattes rouge ou noir).

    Aimé par 1 personne

  2. On ne le sait que trop, l’avenir de la Wallonie passe par son régionalisme.
    C’est pourquoi le tout Bxl fait tout pour briser le régionalisme wallon et même pour détruire l’identité wallonne.
    RTBrux, RTL, Le Soir, La Libre et autres médias bruxellaires nous désinforment par un lavage de cerveau permanent qui supprime l’identité wallonne pour la remplacer par une identité « francophone » qui noie les Wallons dans un amalgame bruxello-bruxellaire.
    Des médias bruxellaires qui, avec les subsides de la Wallonie, renforcent jalousement l’identité bruxelloise dont ils font fiers, tout en considérant la Wallonie comme une extension bruxelloise et les Wallons comme des « sous-bruxellois » vivant à la « périphérie » de Bxl et répondant à l’appellation de « francophones ».
    Dans cette Belgique confédérale, la Wallonie ne pourra s’en sortir qu’au travers d’un régionalisme fort. C’est ce qu’a fait la Flandre et ce qu’est en train de faire Bxl.
    Par contre, continuer à se faire dominer par les intérêts bruxello-flamand, nous entraîne vers notre déchéance et notre perte.

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