Le pirate de la mer Rouge

Par Valmy

Elio Di Rupo lutte contre le confédéralisme parce qu’«il y a 5 milliards de transfert de sécurité sociale vers la Wallonie».

L’ancien Premier ministre a réagi, sur les ondes de la RTBF, le 14/01/2019, aux propos de Bart De Wever.

Comme il fallait s’y attendre après la chute du gouvernement fédéral, il a précisé la sempiternelle rengaine des orientations du PS pour les élections législatives : les réformes sociales doivent passer avant les réformes économiques.

Comme il fallait s’y attendre, il refuse toute forme de réforme de l’État et notamment le confédéralisme : « Je ne veux pas du confédéralisme ». Là, le Chantre du Royaume de Belgique s’avance hardiment dans l’utopie existentielle. « Je crois que la grande majorité des francophones (sic) et des néerlandophones (sic) veulent que la Belgique reste unie ». D’abord, que signifie encore francophones entre la Wallonie et Bruxelles-la-métissée ?

Ensuite, au sujet des néerlandophones, notre Macron du Borinage devrait mieux regarder l’évolution des sondages et des élections en Flandre que sa silhouette juvénile dans le miroir.

Justement, les Flamands n’ignorent pas que « ce sont les entreprises néerlandophones (sic) qui cotisent le plus dans la Sécu », et, à l’intérieur de cette sécurité sociale, il y a un transfert de 5 milliards par an en faveur des Wallons. Et que ces milliards, ils les préfèreraient dans le Trésor de Mère Flandre !

« Donc, quand de Wever veut le confédéralisme, il veut supprimer la solidarité du nord vers le sud, et préserver lui-même ses moyens financiers. » Enfin, voilà qui est bien vu et la conclusion tant attendue : « ça veut dire la fin de la Belgique. »

Mais contrairement aux incantations du Président à vie, si « tous les citoyens de Flandre ne veulent pas la scission du pays », ils veulent tous « their money back » comme le réclamait feue Madame Thatcher. Et, cela signifierait la fin du « Royal Cancer de Belgique » sauf si tous les partis politiques de Wallonie s’aplatissent comme Bart De Wever s’y attend et acceptent le confédéralisme, notamment en vue de refinancer la Communauté française, ce tonneau des Danaïdes voulu par les idéologues socialistes. François Perin ajouterait « afin de rester bêtement Belges ».

Or, Le président de la N-VA a annoncé, le lundi 14/01/2019, qu’il était candidat à la présidence de la Flandre et l’ex-vice-premier ministre Jan Jambon, au poste de Premier ministre du « Royal Puzzle de Belgique ». Les deux hommes ont dit leur ambition de combattre la « reconquista » annoncée vendredi par le président du PS, Elio Di Rupo.

Comme il fallait s’y attendre, les constitutionnalistes patentés du régime, Christian Behrendt et Marc Uyttendaele sont formels : sans révision de la Constitution, le confédéraliste Bart De Wever va tout simplement dans le MUR, sans doute comme l’armée allemande dans la Ligne Maginot en 1940 !

Mais faut-il nécessairement réviser la Constitution si la Flandre créancière venait à réduire, si pas cesser, les transferts financiers vers le Sud au seul bénéfice, en fin de compte, de la survie de certains partis politiques wallons ?

« N’employez pas la Constitution comme une arme contre le pouvoir du peuple », s’exclama Bart De Wever à Malines lors de la réception de Nouvel an de son parti.

En fait, parce qu’il reste une autre possibilité : le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) veut, après les élections de 2019, le transfert intégral du marché de l’emploi, des soins de santé et de l’impôt sur les personnes physiques vers la Flandre. Ce plaidoyer était au centre de son discours prononcé lundi 10 juillet 2017 à Courtrai, à l’occasion de l’ouverture de la Fête de la Communauté flamande. Cela signifie en clair la cessation du flux de milliards de la sécurité sociale vers les caisses vides du Sud. Cela éviterait momentanément à la Flandre de proclamer son indépendance avec Bart De Wever comme ministre-président flamand. D’autant plus qu’une majorité de Flamands ne souhaitent pas d’une Flandre indépendante aujourd’hui.

Mais demain ?

Là, la menace paraît beaucoup plus crédible, sans quoi que signifie la plaidoirie du président Wouter Beke à l’occasion des vœux 2019 du CD&V, ce parti plus hypocrite que nationaliste à l’image des libéraux du VLD.

Le CD&V s’oppose « aux populistes de gauche et de droite ». « Faute de scinder la Belgique, certains veulent scinder les Flamands. Mais pas avec nous. Je lis que d’autres rêvent d’un pays ingouvernable après les élections de mai. Un shutdown belge à la Trump. Ce n’est pas un rêve, mais un cauchemar. » « Ce dont nous avons besoin, c’est d’une révolution de la raison », a encore dit l’homme politique.

Comme les pirates de la Mer Rouge qui arraisonnent des navires afin d’en tirer de colossales rançons, Di Rupo se lance à l’abordage de la Flandre à l’aide de grappins constitutionnels, assuré par l’expérience catalane du soutien menaçant de l’Union Européenne. Dans la même optique, Wouter Beke (CD&V) et Gwendolyn Rutten (VLD) préfèrent payer la rançon à Di Rupo afin de ne pas perdre leur colonie wallonne sous couvert du Royaume de Belgique, ce cancer bicentenaire.

Si la NVA, même sans gagner les élections, tient aux Flamands le discours de l’argent rançonné par les Wallons, vu les tempêtes économiques qui s’annoncent, Di Rupo, Rutten et Beke pourraient bien perdre leur pari !

15 janvier 2019

Une réflexion sur « Le pirate de la mer Rouge »

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