La lettre d’Emmanuel Macron

Notre ami Pierre André, journaliste professionnel et initiateur de l’excellent blog « Liège 28 » nous fait parvenir la lettre du président de la République Emmanuel Macron aux Françaises et Français.

Lors de nos rencontres sur le terrain avec les Citoyennes et Citoyens de Wallonie et des votes par internet mis en place lors des campagnes électorales des deux tours de la Présidentielle française, nous avons pu constater la large convergence qui existait entre les sondages et résultats qu’ils viennent de France ou de Wallonie. Aussi pouvons-nous imaginer que cette lettre du Président de la République s’adresse aussi à nous, Wallons.

Saumane

Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes,

Dans une période d’interrogations et d’incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes.

La France n’est pas un pays comme les autres.

Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte. 

Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les aléas de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontés, grâce à l’effort partagé par tous.

C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires.

C’est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.

Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans la conception des lois, dans les grandes décisions à prendre. 

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous : c’est tout cela, la nation française.

Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ?

Je sais, bien sûr, que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n’offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d’où l’on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.

Cette impatience, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail. 

En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.

Mais il y a pour cela une condition : n’accepter aucune forme de violence. Je n’accepte pas, et n’ai pas le droit d’accepter la pression et l’insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n’accepte pas et n’ai pas le droit d’accepter la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait !

Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.

C’est pourquoi j’ai proposé et je lance aujourd’hui un grand débat national qui se déroulera jusqu’au 15 mars prochain. 

Depuis quelques semaines, de nombreux maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes. J’ai eu de nombreux retours que j’ai pu prendre en compte. Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées. Dans l’Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à l’étranger. Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l’initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales. 

Les maires auront un rôle essentiel car ils sont vos élus et donc l’intermédiaire légitime de l’expression des citoyens.

Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre. 

Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d’accord, majoritairement, au-delà de nos préférences, plus souvent qu’on ne le croit.

Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu’il faut rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse, car l’un va avec l’autre. Je pense toujours que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l’emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu’il faut donc leur donner les moyens de se développer. Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine. Je pense toujours que l’épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement. Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n’a pas changé.

Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d’envisager l’avenir, de nouvelles idées.

À ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d’entre nous, puisse participer. 

Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines. C’est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la nation : la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations.

Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses et l’action publique. L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures. C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps. 

Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d’être votées et commencent à peine à livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable. Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin.

Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ?

Nous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique.

Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ? 

Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? A l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d’autres trop cher en raison des cotisations qu’ils paient. L’efficacité de la formation comme des services de l’emploi est souvent critiquée. Le gouvernement a commencé à y répondre, après de larges concertations, à travers une stratégie pour notre santé, pour lutter contre la pauvreté, et pour lutter contre le chômage.

Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ?

Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c’est l’organisation de l’Etat et des collectivités publiques. Les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux : école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale.

Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ? A quels niveaux et pour quels services ?

Comment voudriez-vous que l’Etat soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ? 

Comment l’Etat et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?

La transition écologique est le troisième thème, essentiel à notre avenir. Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air. Aujourd’hui personne ne conteste l’impérieuse nécessité d’agir vite. Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses.

Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses contraintes des ménages en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes. 

Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir. 

Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?

La question de la biodiversité se pose aussi à nous tous. 

Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ? 

Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu’il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté. Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections. 

Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ?

Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques? 

Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ?

Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Economique, Social et Environnemental    doivent-ils jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ?

En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d’écouter plus souvent la voix de ses citoyens. 

Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ? 

Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ? 

Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ? 

La citoyenneté, c’est aussi le fait de vivre ensemble.

Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol : c’est le devoir de l’asile, qui ne saurait être remis en cause. Notre communauté nationale s’est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d’un avenir meilleur : c’est comme cela qu’elle s’est aussi construite. Or, cette tradition est aujourd’hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l’immigration et aux défaillances de notre système d’intégration. 

Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ? En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?

La question de la laïcité est toujours en France sujet d’importants débats. La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques. Elle est synonyme de liberté parce qu’elle permet à chacun de vivre selon ses choix.

Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Dans les semaines qui viennent, je vous invite à débattre pour répondre à ces questions déterminantes pour l’avenir de notre nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà de ces sujets que je vous propose, évoquer n’importe quel sujet concret dont vous auriez l’impression qu’il pourrait améliorer votre existence au quotidien. 

Ce débat est une initiative inédite dont j’ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n’est ni une élection, ni un référendum. C’est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici requise, sans distinction d’âge ni de condition sociale. C’est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence. 

C’est ainsi que j’entends transformer avec vous les colères en solutions.  

Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international. Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat. 

Françaises, Français, je souhaite que le plus grand nombre d’entre vous puisse participer à ce grand débat afin de faire œuvre utile pour l’avenir de notre pays.

En confiance, 

Emmanuel MACRON

5 réflexions sur « La lettre d’Emmanuel Macron »

  1. Le seul problème c’est Macron Qu’il s’efface et le peuple francas
    retrouvera sa souveraineté. Les institutions permettent la continuité
    Le Président du Sénat peut ètre le Président ad interim. La Constitution
    de la Veme république a tout prévu. On ne gouverne pas contre le
    peuple francais

    P

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  2. Afin de ne pas écrire un commentaire aussi long que « La lettre », permettez-moi de souligner que le Président Macron, pas plus que les dirigeants actuels wallons, intellectuellement soumis aux règles onusiennes et européennes de la repentance blanche, du multilatéralisme et du mondialisme ne corrigera en rien le cap désastreux de son pays.
    Sauf bouleversement politique majeur avec renversement des idéologies funestes actuelles la France, comme la Wallonie, fonce comme le Titanic à la rencontre d’un iceberg fatal ressemblant à la « Chute de Constantinople ». Les Britanniques l’ont perçu en partie.
    Pourtant, il ne s’agit pas de « tuer l’Europe »; il faut jeter aux ordures les traités néfastes qui furent imposés aux peuples par des stratagèmes aussi honteux que pernicieux et malveillants.
    Il faut revoir la conception de l’Euro; par exemple,ne pas oublier l’Ecu.
    Il n’y a aucune raison de permettre à l’Allemagne, dans l’apaisement actuel, de « gagner la « Seconde Guerre mondiale » alors que, depuis le 8/5/1945, date de la capitulation sans condition du Troisième Reich, aucun traité de paix avec les Européens n’a JAMAIS été signé !
    L’Union européenne ne peut pas devenir un nouvel « l’Empire romain germanique » de l’Atlantique à la frontière russe !

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  3. J’aurais jamais voté Macron en 2017 et il ne m’inspire toujours pas plus confiance 1 an et demi après, que du contraire!
    Toute façon, tout cela est voulu (et le pire est encore à venir…le chao total)!!!
    L’UE a déjà quasi tué les nations (le Royaume-Uni a commencé à le comprendre…) et toute cette crise existentielle, politique, sociale nous mène directement vers le N.O.M. (Nouvel Ordre Mondial) voulu par les élites (ceux qui nous gouvernement vraiment, je cite: illuminati, Bilderberg, Skulls and Bones, Rothschild, francs-maçons, Opus Dei, etc, etc…) jusqu’à l’apparition du « grand monarque mondial » qui mènera tout le troupeau de moutons vers la perdition…Mais avant cela, il faut encore que quelques évènements arrivent…patience…

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  4. Si  » Les Gaulois réfractaires relèvent la tête ! « , les Wallons feraient bien de s’en inspirer.

    Quelle joie de constater que les Français ont encore un esprit rebelle ! Les gilets jaunes démontrent que la flamme de la vitalité populaire n’est pas éteinte.
    Malgré plusieurs décennies de léthargie et de culpabilisation, les Français ne sont pas tous anesthésiés !
    Une immense partie d’entre eux qui n’est ni entendue ni représentée ne veut plus subir.
    La France qui avait dit non au traité de Maastricht ; celle qui, en 2005, avait dit non à 54,68 % à une Constitution pour l’Europe ; celle des onze millions d’électeurs qui a opté pour une politique radicalement différente de celle du candidat Macron, en 2017, est laissée pour compte.
    L’État ne protège plus contre les dangers de la jungle économique. Mais le peuple ne se plie pas docilement au nouvel ordre mondial, fondé sur le capitalisme triomphant dans un monde sans frontières.
    Consciemment ou intuitivement, une partie plus ou moins grande de la société refuse cette mondialisation forcée qui leur donne le sentiment de perdre en identité et en considération ou, pire, de disparaître.
    Ces classes dites « moyennes » ressentent un déclassement et une humiliation sourde. Un déclassement par rapport à la prospérité connue sous les Trente Glorieuses, dont ont largement bénéficié les soixante-huitards – aujourd’hui frileux et conservateurs – opposés à remettre en cause le système qui les a grassement nourris, mais qui déshérite leurs enfants.
    Humiliées, car l’élite dirigeante n’a cessé de culpabiliser les autochtones hostiles à l’immigration ressentie comme une dépossession territoriale et culturelle.
    Humiliées par l’attitude des responsables politiques, enclins à diaboliser le Français moyen, toujours écrasé par davantage de charges, et traité ouvertement ou allusivement de « Dupont Lajoie » parce qu’il a l’audace de vouloir vivre selon les us et coutumes de ses ancêtres.
    Quarante ans après la fin des Trente Glorieuses, une génération entière en a assez des leçons moralisatrices.
    Les gilets jaunes, n’en déplaise à la bourgeoisie des beaux quartiers, ont de la gueule et du panache. Leur courroux est encore mesuré. Les gilets jaunes ne sont ni des nervis ni des factieux ni des révolutionnaires.
    Ils sont les laissés-pour-compte d’une marche forcée vers une société française en voie de tiers-mondisation conséquente au nouvel ordre mondial (que je nomme ironiquement « nouvel ordre infernal ») voulue par une superclasse transnationale.
    Ce sont des Français honnêtes, souvent pères de famille, qui veulent être respectés et qui désirent simplement vivre dans un pays qui les protège. Je le sais parce que j’y étais…
    Ce sont les Gaulois réfractaires qui relèvent la tête !
    Charles-Henri d’Elloy Écrivain, polémiste

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  5. Qui ose encore parler d’Amitié Franco – Allemande ?

    Encore un mythe qui s’effondre comme celui de l’Europe ( « J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu » – Philippe de Villiers – )

    Les Allemands lâchent à leur tour Strasbourg…

    C’est un serpent de mer qui agite régulièrement les milieux européens : la bataille du siège du Parlement européen, que se disputent Strasbourg et Bruxelles, vient de connaître de nouvelles péripéties.
    On savait les Anglais hostiles depuis toujours à la capitale alsacienne. Voilà que nos « amis » allemands nous lâchent à leur tour. Dans une réponse, en français, à la tribune d’Emmanuel Macron, la nouvelle présidente de la CDU Annegret Kramp-Karrenbauer dit vouloir « en finir avec l’anachronisme » du siège strasbourgeois du Parlement : « Nous devons prendre des décisions trop longtemps différées et abolir les anachronismes. Cela vaut notamment pour le regroupement du Parlement européen en son siège à Bruxelles. » En clair, le maintien de Strasbourg, symbolique de la réconciliation franco-allemande, appartient au passé…
    Ce faisant, la nouvelle égérie de la CDU vient d’enfoncer le clou que la chancelière en personne avait planté en juin dernier lors d’un congrès du PPE (le Parti populaire européen, auquel appartiennent Les Républicains français) : « Je pense que le Parlement européen doit concentrer son travail sur un site », avait alors déclaré Mme Merkel, ajoutant qu’elle savait que cela causerait « des problèmes à la France ». Ce qui veut dire en clair que, dans la bataille du siège, la chancelière avait rallié le camp des pro-Bruxellois devenus dorénavant majoritaires au sein de l’Union européenne. Les pays nordiques, le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou la Belgique sont historiquement « anti-Strasbourg », rejoints en janvier dernier par le numéro 2 du gouvernement italien, venu à Strasbourg pour annoncer son hostilité au maintien du Parlement sur les bords du Rhin.
    Et que fait la France, me direz-vous ? Même si l’État octroie régulièrement des millions d’euros à la ville de Strasbourg pour lui donner « les moyens de son attractivité européenne », force est de constater que les Présidents français successifs, après VGE et Mitterrand, n’ont plus que mollement défendu le siège strasbourgeois. Même la très parisienne Simone Veil, première présidente d’un Parlement européen élu au suffrage universel de 1979 à 1982, avait, au moment de sa prise de fonctions, sérieusement mis en doute les capacités de Strasbourg à assumer son destin européen. Simone Veil me l’avait alors déclaré sans ambages dans une interview exclusive au Nouvel Alsacien qui fit grand bruit dans le Landerneau strasbourgeois. « Strasbourg, c’est foutu ! » m’avait-elle dit en clair, précisant au passage – pour la petite histoire – que la ville de Bruxelles avait mis un appartement à sa disposition. « Ah la garce ! » s’était exclamé le maire de Strasbourg de l’époque, Pierre Pflimlin, quand je lui fis écouter ce passage (l’interview avait été enregistrée) que, bien évidemment, par décence, je n’avais pas publié…
    Alors, alea jacta est ? Même celui auprès duquel je cherche régulièrement du réconfort n’arrivera pas, cette fois, à me consoler, au contraire. « Strasbourg traversé en riant/Leur avait semblé bien moins grand/Qu’une grande place de banlieue… » ironisait déjà, féroce et cruel, Jacques Brel (in « L’Amour est mort »). Il est vrai qu’il était de… Bruxelles !

    Auteur : José Meidinger a appartenu au cabinet du président du Parlement européen Pierre Pflimlin (1984-1986). Boulevard Voltaire 14 mars 2019

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