Vogue la galère (et vive la révolution belge)

Par Georges Régibeau

Nous sommes entrés dans une année électorale et cela va tanguer, frotter, jouer des coudes au sein des différentes majorités gouvernementales, surtout en Flandre, où l’Open VLD, le CD&V et la N-VA, associés aux niveaux fédéral et régional, doivent marquer leur différence et mettre en avant leurs figures les plus populaires, au risque de fragiliser la cohésion des équipes gouvernementales.

Ne parlons pas de la Wallonie, où le PS a été débarqué par le CDh. Pour le MR, à la barre du vaisseau amiral, il s’agit seulement de ramer jusqu’au port.

Autour du Premier ministre, et ne se privant pas de le bousculer, l’état-major de la N-VA donne des coups de barre à droite. Il n’a aucune raison de se gêner puisqu’il ne lui déplairait pas de faire ainsi chavirer le gouvernement fédéral, de manière à provoquer des élections anticipées, qui seraient couplées aux élections communales, en octobre. Ainsi, pour autant que leur score électoral ne les affaiblisse pas, les nationalistes flamands pourraient faire monter le prix de leur participation à un prochain gouvernement fédéral, quitte à ce que rien n’avance vraiment jusqu’au moment des élections régionales, prévues le 26 mai 2019.

L’effacement de la Belgique au profit de la Flandre, ce glissement naturel vers le confédéralisme qui ferait de la Wallonie une région à la fois autonome et captive, sans moyen ni volonté réelle de se prendre en charge, il en est aussi question dans l’envie de la N-VA de rebaptiser le Benelux en « Vlawanelux ». Le Vif/L’Express, dans son édition du 4 janvier dernier, a consacré un article à cette idée qui chatouille l’esprit des nationalistes flamands. Puisqu’il faut se renforcer sur la scène internationale, la collaboration avec les Pays-Bas est bien entendu des plus sensées, avec pour effet que, dans une logique confédérale,  le maintien d’une Belgique résiduelle suppose en réalité de gommer les effets de la révolution belge et de revenir en quelque sorte au Royaume-Uni des Pays-Bas rebaptisé « Vlawanelux ».

Maîtres de leur destin, les Flamands continueront de célébrer leur victoire historique sur l’armée du roi de France en 1302, tandis que les Wallons, contents de rester dans une Belgique relookée, ils auront le bon goût d’oublier pourquoi ils font la fête au mois de septembre.  A moins qu’ils ne s’enfoncent encore un peu plus dans la schizophrénie.

On sait que, dans une relecture de leur histoire, les nationalistes flamands ont fait de la révolution belge une catastrophe au moins équivalente à la reprise et au sac d’Anvers par les Espagnols en 1576. Quand, le 18 mai 2006, deux députés du Vlaams Belang ont déposé à la Chambre une « proposition de résolution relative au démembrement de l’Etat belge en vue d’accorder l’indépendance au peuple flamand et au peuple wallon souverains », ladite proposition, dont à peu près tous les partis flamands ont accepté de débattre, était précédée d’un long justificatif historique. On y lisait notamment qu’ « il n’est pas exagéré de dire que le gouvernement provisoire a conquis la Flandre avec l’aide des Français », belgophilie et francophilie étant largement synonymes.

« Ce fut également sous la direction de généraux français, à savoir De Parent, Mellinet et Niellon, que la ville et la province d’Anvers furent ‘libérées’. Il ne s’agissait nullement d’une révolte de la population anversoise contre la ‘tyrannie hollandaise’. Au contraire, c’est avec abattement que fut accueillie la déclaration faite par le Roi Guillaume aux États-Généraux, le 20 octobre, que les décisions des Chambres ne s’appliqueraient désormais plus qu’au Nord. La ‘libération’ d’Anvers par le Gouvernement provisoire fut, en réalité, une conquête par des bandes françaises et wallonnes, donc par des étrangers, comme le fit remarquer Jan Frans Willems. Michiel  van  der  Voort  comparait  la  nouvelle  ‘armée’ belge  à  ‘une  bande  de  brigands’.  On  pouvait  certes trouver des idéalistes parmi les ‘libérateurs’, mais la grande  majorité  était  constituée  de  racaille,  d’aventuriers qui, en raison de la crise sociale, n’avaient rien à perdre. »

Cette lecture de l’histoire n’est pas moins légitime que les récits faisant de la révolution belge un glorieux fait d’armes, un événement fondateur sur lequel reposerait notre identité. On aurait tort de l’ignorer sous prétexte qu’elle est forcément viciée par l’extrême droite. En Flandre, il est commun de penser qu’après les Espagnols, au XVIe siècle, ce sont les Français qui ont séparé les Flamands de leurs cousins néerlandophones. « Après deux siècles, la Flandre n’avait plus d’âme, plus de conscience. Elle se laissa entraîner dans la révolution de l’année 30 : jamais révolution plus stupide ne fut déclenchée à la suite d’influences étrangères ! Nous fûmes livrés pieds et poings liés, le français devint la seule langue officielle… » Ces mots ont été écrits en 1896 par le jeune August Vermeylen, un socialiste qui deviendra notamment le recteur de l’Université de Gand quand celle-ci sera flamandisée. Un siècle plus tard, dans une Belgique de plus en plus flamande où le CVP réclamait déjà le confédéralisme, le président du Socialistische Partij, Louis Tobback, a lui aussi fait savoir que, selon lui, la révolution belge avait été une (grosse) erreur.

Le rapprochement de la Flandre avec les Pays-Bas, c’est tout sauf une aberration, mais faut-il qu’on raisonne ainsi du côté wallon ?  

Petit rappel insistant : la révolution belge nous a fait sortir du Royaume-Uni des Pays-Bas imposé par le Congrès de Vienne et c’est ce que célèbrent les fêtes de Wallonie, en septembre. Ce mouvement révolutionnaire, avec la Marseillaise chantée à Bruxelles, à Liège, à Verviers, juste après les « trois glorieuses » de juillet 1830 à Paris, ce fut notamment une tentative avortée de rejoindre la France. Cette révolution très « française » a finalement donné naissance à la Belgique, avec la bénédiction de l’Angleterre, et parce qu’on sentait bien que ce nouveau pays dont la langue officielle était le français penchait naturellement vers la France, il a fallu faire entrer dans la tête des Belges qu’ils n’étaient pas français et ne le seraient jamais.

Résultat : pour beaucoup de Wallons, rester belge signifie rester avec la Flandre, envers et contre tout. Quitte à la suivre dans son idée de confédéralisme étendu aux 17 millions de Hollandais. Une Wallonie économiquement faible, à l’identité incertaine, coincée dans un avatar de l’ancien Royaume-Uni des Pays-Bas, voilà ce que ces Belges de toujours sont prêts à choisir comme avenir. Par fidélité aux révolutionnaires de 1830. Cherchez l’erreur. On nage en plein surréalisme et certains se satisferont de dire ou d’écrire : « C’est ça la Belgique ».

Mais que diable allons-nous faire dans cette galère…

21 réflexions sur « Vogue la galère (et vive la révolution belge) »

  1. Exact. Triste. Décourageant.
    Sauf à espérer une  » avarice » aigue de la Flandre « libérée » et une débâcle des finances publiques wallonnes. Les députés du Vlaams Belang ne voteront jamais de crédits aux Wallons « confédérés » et leurs homologues de la NVA les suivront; cela fera beaucoup de monde !

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  2. Voilà un avis très éclairé. J’ajoute que les Bruxellois qui engluent les Wallons dans le brol Wallo-Brux font tout pour nous coincer dans cet aggloméra Hollande-Belgïe-Bruxelles et Wallonie. Bruxelles, qui se croit encore le centre stratégique de la Belgique, fait tout garder son statut de capitale et donc pour garder la Belgique. Et à bout de souffle, Bxl veut profiter de la Wallonie pour se renforcer et même s’agrandir. La forte immigration, la surpopulation, le manque d’espace et d’habitat font que Bxl se sert de la Wallonie comme une extension. Pour ce faire, les médias bruxellois gomme l’identité des Wallons pour la remplacer par identité franco-multiculturello-bruxelloise. La première urgence est donc de supprimer le Wallo-Brux qui nous étouffe.

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  3.  » L’affaire Francken qui n’existe que dans les esprits naïfs de Bruxellois francophones et de Wallons, de gauche, marque également
    « l’effacement de la Belgique au profit de la Flandre, ce glissement naturel vers le confédéralisme qui ferait de la Wallonie une région à la fois autonome et captive, sans moyen (…)  » et, ne l’oublions surtout pas, une Bruxelles internée dans son Vlaams Brabant naturel et historique.
    Le site de la RTBF Info, de ce 13/01/2018, signale : « Quelque 6600 personnes, selon la police locale, ont participé samedi après-midi à une manifestation appelant à la démission du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Theo Francken. (…) L’appel au rassemblement avait été lancé par la plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, l’artiste bruxellois Code Rouge, le MRAX, les Jeunes anticapitalistes, les JOC, la Coordination des sans-papiers, etc. Aujourd’hui une vingtaine d’autres associations se sont jointes à cet appel. »
    Bref pas de quoi déranger les Flamands. Comme le pense Bart et ses homologues des autres partis de Flandre: LES CHIENS ABOIENT ET LA CARAVANE PASSE !
    Qu’on se le dise, le mirage de 1830 s’est définitivement évanoui sous le gouvernement Michel en 2017. L’exaspération de l’opposition francophone et wallonne ne relève pas de la politique mais du fait qu’il n’est plus possible de camoufler, de cacher, aux Wallons la collaboration honteuse de leurs politiciens à un régime belge colon et parasite. Oubliées et jetées aux oubliettes de l’Histoire les mâles envolées oratoires au dernier Congrès wallon de 1945 !

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  4. 1302 oui mais une écrasante défaite en 1304 lorsque la chevalerie
    de Philippe Le Bel écrasa les Flamands a Mons en Pévèle- En ce
    temps là la France savait se faire respecter

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  5. Scénario probable : démantèlement de la Wallonie.

    Le Brabant Wallon étendu à Bruxelles.

    Dans dix ans, les Ardennes sont flamandes.

    Le nom même de Wallonie disparaît au profit d’une appellation à définir et il ne reste plus qu’une poignée de francophones, sans identité précise, encerclés par des communautés qui parlent d’autres langues : italien, albanais, roumain, espagnol, allemand, voire des parlers extra-européens.

    Le comble, c’est qu’il s’agit de l’aboutissement du régionalisme « wallon ». Le régionalisme a atomisé la Wallonie en féodalités étrangères les unes aux autres, tout en encourageant l’immigration tous azimuts et sans imposer une vision d’ensemble. Tout le contraire ce que fait la Flandre.

    Régionalisme = neutralisation du rattachisme = désintégration de la Wallonie et de l’identité wallonne.

    Il faudrait aussi noter ce fait : le football est instrumentalisé par les médias pour simuler une unité belge avec les Diables Rougeauds MAIS à l’échelon régional, le football est employé pour attiser les rivalités entre Wallons, par exemple entre Carolorégiens et Liégeois.

    On en a encore des exemples ce dimanche.

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    1. « Nous ne permettrons pas que notre identité soit menacée de l’extérieur par des personnes qui remettent en question notre mode de vie. Mais nous ne la laisserons pas non plus l’être de l’intérieur », a déclaré samedi le président du CD&V, Wouter Beke, lors de la présentation des voeux du Nouvel An de son parti.
      « Celui qui vit en Flandre parle le néerlandais et respecte notre culture », a-t-il insisté. « Celui qui va à l’école en Flandre le fait en néerlandais », a poursuivi le chrétien démocrate, en référence à une proposition récente du pouvoir organisateur de l’enseignement officiel flamand de favoriser le multilinguisme dans les classes et les cours de récréation.( lu sur 7/713/01/18 – 21h11 Source: Belga )
      La différence entre Flandre et Wallonie (entre germains et romans même) comme vous le souligner, M. LDW, réside dans la « faiblesse » du pouvoir politique et dans l’application aveugles de certaines idéologies utilisant les « droits de l’Homme » comme armes de déstructuration massive de nos sociétés européennes.
      Les Flamands ont une vision claire de leur société et la défende bec et ongles que cela plaise ou non à d’obscurs détracteurs, c’est leur droit le plus strict.
      Par contre les Wallons, apparemment, ne se voient plus comme  » une branche de l’arbre généalogique français ». Ils ne se distinguent plus, noyés dans la nasse de la belgitude francophone.
      A terme, leurs politiciens, arrivés de tous horizons du globe, les considèreront comme des « immigrés » dans leur pays ancestral. Attention, c’est une politique générée au niveau de l’Union européenne destinée à briser et concasser les Nations qui firent l’Europe et qui sont considérées comme des freins à la mondialisation version anglo-saxonne. Les meilleurs exemples: tous les pays composant le continent américain de l’Alaska à la Terre de Feu.
      Autres exemples: la tentation aux Pays-Bas de remplacer le néerlandais par l’anglais; la dérive en France de nier LA CULTURE française et de retourner aux langues provinciales et idiomes dialectaux sans oublier l’arabe (??); en Wallonie de TUER l’enseignement de la langue française au profit du n’importe quoi.
      Heureusement, les Allemands et les Autrichiens semblent tenir à leur langue et à leur culture et, Dieu merci, les pays de l’Europe de l’Est refusent l’inondation extra-européenne.
      Mais il ne faut pas désespérer.
      Bruxelles n’atteindra pas le Brabant wallon, cela signifierait l’abandon par la Flandre de la frontière linguistique, y toucher déclencherait automatiquement son indépendance ( avec pertes et fracas). De plus, la Flandre veut retrouver Bruxelles d’une manière ou d’une autre, que les petits hobereaux de Linkebeek ne l’oublient pas.

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      1. A n’en pas douter, Valmy, comme Barrès (« Les Déracinés », 1897), n’aime pas les déracinés que sont aussi les migrants du XXIe siècle. Puis-je lui rappeler la réplique qui lui a été apportée par A. GIDE: « Né à Paris, d’un père uzétien et d’une mère normande, où voulez-vous, monsieur Barrès, que je m’enracine? J’ai donc pris le parti de voyager…et c’est en voyage que j’ai lu votre livre. Rien ‘étonnant, donc, si, à ma grande admiration, je ne peux m’empêcher de mêler la critique » (L. FERRY, Philosophie de l’éducation. La crise de la culture scolaire, Collection Sagesses d’hier et d’aujourd’hui, 2013, p.61).
        C’est le « droit » de Valmy de penser et d’écrire ce qu’il veut, comme c’est son droit de cracher sur les droits de l’homme, mais qu’il permette aux autres, à leur manière, de ne pas désespérer de la nature humaine!
        Après tout, le projet politique de l’A.W.F. n’est pas celui, que je sache, de l’extrême-droite.

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      2. Vous avez tout à fait raison, Monsieur Lefèvre. Le projet politique de l’ A.W.F. n’est pas celui de l’extrême droite. Pour preuve, l’article 1er des statuts de l’ A.W.F. intitulé « PRINCIPES DIRECTEURS ».

        Je cite :
        1. Principes directeurs

        1.1 L’ AWF est un mouvement de citoyens, et non un parti politique.
        1.2 Elle est un mouvement républicain, laïc, démocratique, pluraliste et social qui rassemble, autour d’un même projet, les sensibilités réunionistes présentes dans la société wallonne.
        1.3 Son but est l’intégration de la Wallonie dans la République française selon un projet qui permettra d’emporter l’adhésion d’une majorité de citoyennes et citoyens wallons.
        1.4 L’ AWF adhère aux principes de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité tels qu’énoncés dans les Déclarations des Droits de l’Homme et du Citoyen.

        Je tiens aussi à réaffirmer que les commentaires n’engagent en rien l’A.W.F. Seuls, les articles publiés engagent moralement notre mouvement citoyen.
        Pourtant, je m’engage à être plus attentif quant à des commentaires qui sont en contradiction avec nos principes directeurs. Si je tiens comme à la prunelle de mes yeux au pluralisme des idées exprimées sur ce site, je me montrerai à l’avenir plus attentif par rapport à des textes non respectueux de l’être humain.

        Paul Durieux,
        membre fondateur de l’ A.W.F.

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  6. Voici un reportage intéressant de la RTBF à deux aspects:
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_le-secretaire-d-etat-theo-francken-dope-les-adhesions-a-la-n-va?id=9810575

    L’un positif où M. Francken fait gagner sûrement des voix au parti mais d’un autre côté une interview du leader De Wever que je trouve assez « changeant » par rapport à ses discours passés sur l’indépendance de la Flandre (déjà je le trouvais « frileux » lorsqu’il a viré les deux députés l’année dernière qui eux, étaient pour plus d’indépendance de la Flandre)!

    Bref je sais pas trop à quoi il joue là??? C’est à n’y rien comprendre parfois!

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    1. Monsieur SamuelB, la réponse à votre question tient peut-être dans un article du TIJD que vous trouverez ci-après:
      La majorité rêve à voix haute de la reconduction du gouvernement
      15 janvier 2018 | Auteur : Bart Haeck | Traducteur : Herve Voglaire Sanchez | Temps de lecture : 2 minutes

      Après un début d’année désastreux, tout semble indiquer que le gouvernement est prêt à se refaire une santé, par le biais de réformes socio-économiques qu’il entend mener à bien en 2018. La meilleure manière qui soit de se racheter.
      Toute discussion ayant trait à l’identité, l’islam ou l’immigration demeurera cette année explosive.
      Est-on sur le point d’assister à une deuxième résurrection du gouvernement Michel ? Il y a fort à parier que oui. Tout comme l’année dernière, lorsque la querelle autour du CD&V, « nouveau parti des musulmans », a tourné au mélodrame et lorsque l’accord estival a été adopté, il semblerait que nous nous trouvions à nouveau à un moment crucial. Une fois n’est pas coutume, l’immigration – en l’occurrence, l’affaire des Soudanais dans laquelle est empêtré le secrétaire d’État Theo Francken – est le sujet de la discorde. Et à nouveau, il apparaît que la sortie de crise passera par des réformes socio-économiques.
      Pour commencer, des signaux clairs laissent présager que les partis du gouvernement entendent tirer un trait sur les dissensions. Le secrétaire d’État s’est entretenu jeudi dernier avec le premier ministre Charles Michel (MR) et les deux hommes n’ont pas souhaité communiquer à ce propos. Cette attitude conduit à penser que les intéressés jugent l’incident clos. Et qu’en est-il du député européen Gérard Deprez (MR), qui a déclaré que « nous sommes parvenus aux limites de ce qui est déontologiquement supportable » au sujet de Francken ? Celui-ci s’est publiquement excusé auprès du premier ministre cette semaine.

      À cela s’ajoutent des éléments issus d’interviews données ce week-end. Le vice-président de la N-VA, Jan Jambon, a affirmé au journal De Tijd que son parti restera aux manettes jusqu’en mai 2019. Ensuite, si les résultats électoraux le permettent, un gouvernement Michel II « sera sans doute la première option ». Le président du MR, Olivier Chastel, a qualifié la N-VA de « partenaire le plus loyal dans l’exécution de l’accord de gouvernement » dans L’Écho. En d’autres termes, il rêve à voix haute de la reconduction du gouvernement actuel.

      Une fois la tempête passée, une dernière vague de réformes socio-économiques peut être entamée. Le scénario se tient. Charles Michel s’est déjà comparé à Jean-Luc Dehaene, ancien premier ministre, ce qui montre qu’il entend bien entrer dans l’histoire politique en tant qu’homme d’État ayant réussi à réaliser des réformes socio-économiques complexes, mais nécessaires. Pour l’instant, il est impossible de savoir si la comparaison tient la route. En revanche, l’ambition du chef du gouvernement est, quoi qu’on en dise, louable.
      La tâche s’annonce ardue. Personne ne dit le contraire. Cette année encore, toute discussion ayant trait, de près ou de loin, à l’identité, l’islam ou l’immigration restera explosive. Et trouver un accord sobre, clair et réalisable sur l’éventuelle fermeture des centrales nucléaires relèvera du casse-tête.
      Or la meilleure manière pour un gouvernement de faire face à de telles difficultés, c’est de marquer des points là où il est en mesure de le faire. L’année passée, le salut est initialement venu de l’accord estival – avant que l’élaboration de celui-ci ne connaisse des faux pas à répétition. En 2018, il pourra être atteint à travers une nouvelle série de réformes socio-économiques. Le plan est cohérent. Le gouvernement peut en sortir gagnant. De plus, les conditions économiques lui sont favorables, ce qui rendrait la mise en œuvre de réformes délicates légèrement moins douloureuse. Il s’agit là de la meilleure façon de rebondir suite au faux départ de 2018.

      Aucune révolution, aucune prise d’indépendance ne se joue à l’aide de la majorité d’une population. Chacun craint pour ce qu’il pourrait lui en coûter matériellement. Donc, la NVA se doit d’engranger un maximum au profit des puissants de Flandre afin de se permettre un coup de force. Bien évidemment la Flandre rêve d’indépendance mais une domination revancharde au détriment de la Wallonie ne lui déplairait pas non plus. Là, malheureusement, git le problème; d’autant que les dirigeants wallons offrent leur région comme le mouton destiné au sacrifice …

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  7. Ahurissant l’approbation du tout néerlandais en Flandre. Aux yeux
    de certains cela implique la non ratification de la convention cadre
    sur la protection des minorités- 350000 Flamands francohones
    sont privés d’écoles en Français, de services religieux en Français
    et cela semble satisfaire Monsieur Valmy. Si cela est la position
    de l’Alliance Wallonie France, je préfère ne plus intervenir sur ce forum

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    1. Mais Monsieur Fryns, nous parlons ici d’alliance Wallonie & France. Pourquoi s’immiscer dans la politique de la Flandre qui n’appartient plus à cette option depuis que Charles Quint dénonça, au 16e siècle, le lien de vassalité qui la liait au Royaume de France ? Que la Flandre se débrouille avec les instances internationales ou européennes, cela ne regarde que ses dirigeants. Ce qui brouille l’entendement c’est LA BELGIQUE, rien d’autre. Excluez cet avatar pernicieux et la situation entre Flandre et Wallonie s’éclaircira. Chacun retrouvera sa réflexion et sa liberté d’action. Vous feignez d’ignorer, dans l’histoire de la Flandre, que le néerlandais ne put s’y épanouir par le fait belliqueux de l’Espagne qui l’arracha à l’Union d’Utrecht ! Vous feignez d’oublier que les idiomes provinciaux thiois furent niés au profit du français par le fait des fransquillons de Flandre, Bruxelles incluse ( aucunement des Wallons) du 17e siècle au début du 20e siècle. Donc, il faut comprendre que ce peuple, soudé autour de sa spécificité culturelle et linguistique, se cabre dès qu’un tiers tente de contester la primauté du néerlandais. Nous nous insurgeons, à juste titre, lorsque nos ministricules de la culture détruisent nos références culturelles et linguistiques françaises, qui remontent au 13e siècle grâce à la Principauté de Liège et aux érudits ( religieux au début) des autres provinces. Personne n’a obligé des Wallons à s’installer en Flandre. Depuis 1932, chacun doit savoir qu’au Nord mais beaucoup veulent l’ignorer: au Nord le néerlandais et au Sud le français !

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  8. Petite question à Jean-Luc Lefevre qui ne me répondra sans doute pas, mais ce n’est pas grave.

    Pourquoi toujours ce chantage moral à l’extrême droite auprès des Wallons alors que :

    1) nous n’avons à nous excuser de rien : l’hitlérisme, c’est nous qui l’avons subi de plein fouet. Degrelle n’était qu’un Bruxellois et un belgicain.

    2) les Flamands, eux, n’ont aucun scrupule et personne ne les arrête, alors qu’ils sont infiniment plus racistes que nous.

    3) tous les Etats du monde ont le droit et le devoir de réguler leur immigration et de protéger leur identité.

    L’idéologie du melting-pot, celle de la Belgique et de ses grands architectes pervers, ne conçoit l’humanité que sous forme de pièces de rechanges (pour les usines de Cockerill) ou comme consommateurs interchangeables et le ***vrai racisme***, il est dans ce projet-là !

    La vraie extrême droite, celle qui hait les peuples, et en particulier le peuple wallon martyr, c’est la Belgique et tous ceux qui la soutiennent.

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    1. Cher LDW ( toujours le pseudo, ce que je refuse…par honnêteté intellectuelle).
      J’apprécie d’abord votre sens psychologique qui témoigne d’une totale méconnaissance à mon sujet : je réponds toujours car j’aime la confrontation d’idées, pas les procès personnels et moins encore les slogans. Je suis français génétiquement!
      Vous parlez de « chantage moral ». Mais lequel ? Pourquoi cette parano ? Je ne fais chanter personne. En bon historien, comme SCHARTZ dans Le Vif, je compare des époques…très proches ! Tant pis si cela vous dérange…mais pourquoi ?
      Degrelle, un bruxellois? Quelle bêtise ! C’est un enfant de Bouillon, un Ardennais biberonné de catholicisme (« Le Christ Roi » de Mgr Picard)…Il faut relire vos classiques, cher ami!
      Vous voyez de la perversion chez les idéologues du melting pot, les M. SERRES, les FERRY, les A. MAALOUF…Quelle perversion ? Et si, le pervers, contre tous ces intellectuels de haut viol, c’était…vous? Ce Cockerill, dont vous refusez les pièces de rechange, a été bien accueilli à Liège au XIXe siècle…avant même l’état belge…Que les Flamands soient plus racistes, je le concède, même si la tache d’huile s’étend même chez nous à en juger par l’effet Francken ! Quant à réguler l’immigration, une compétence souveraine, certes, mais pas n’importe comment : la fin ne justifie jamais tous les moyens, c’est une règle morale qui s’impose à tous, laïcs et spiritualistes, sauf à tout justifier en démocratie, même Abou Ghraïb, même Guantanamo…

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      1. Ne me taquinez pas sur Degrelle parce que ses livres, je les ai lus… et ce type est un véritable boulet gluant.

        Il se définit continûment comme un « nationaliste belge », en crachant au passage sur les Carolorégiens : « Charleroi, la ville la plus sale du monde, même les fleurs sont sales. »

        Et les Wallons ne lui inspirent que du mépris. Il suffit d’écouter ses éructations. Degrelle parlait comme un Bruxellois, avec ce sublime accent plein de finesse et il vivait d’ailleurs là-bas, dans une immense villa.

        C’était un joueur de flûte au service de la bourgeoisie bruxelloise et il a emmené les Wallons se faire tuer sur le front de l’Est, pendant que les Allemands collaboraient économiquement avec la Flandre.

        Comme Laurent Louis, Degrelle était un perroquet qui répétait la leçon d’un mentor étranger, mais qui n’avait rien à dire sur la Wallonie et son avenir.

        Si l’Allemagne avait gagné la guerre, nous aurions tous été rattachés à la cheminée et Bruxelles et la Flandre se seraient partagé les restes de la Wallonie. Assez ironiquement, c’est exactement à cela que le PS, le MR et les autres grands humanistes nous mènent.

        Quant au pseudo… à l’époque actuelle, on se fait licencier pour un pouce sur Facebook. Alors, désolé… Moi, je n’ai aucun réseau.

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  9. Oui et j’oubliais… Rex a fait assassiner des militants Wallons, comme Fernand Bovesse, il me semble.

    Degrelle = Bruxelles = Belgique = anti-Wallonie.

    C’est aussi simple que ça.

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  10. A Monsieur Valmy Au sein de l’organsaton internatoonale de la Francophonie nous oeuvrons à l’expanson de la langue francaise
    dans le monde.. La défense des Francophones de Flandre implique
    la ratification de la Convention cadre sur la protection des minorités
    La Flandre refuse de se plier aux recommandations du Conseil
    de l’Europe et bien entendu Wallons et Francophones se
    soumettent aux ukases . Mais tòt ou tard la convention
    devra être appliquée ce qui implique l’ouverture d’écoles francophones
    en Flandre. Par ailleurs que faites-vous de la liberté d’établissement ?
    Quant à la Belgique elle aurait pu survivre si la poltitique de
    francisation de la Flandre avait été poursuivie. Sans écoles, sans
    universités, les patois flamands eussent été éradiqués comme ils
    le furent dans les territoires récupérés´par Louis XIV. Jadis
    le président du parti libéral disait : « Je suis un impérialiste francophone »
    On est loin aujourd’hui de ces fortes paroles de Roger Motz.
    Oeuvrer à l’expansion de la langue française dans le monde, voilà
    l’essentiel et cela implique la résistance à l’anglicisation
    et á la défense des minorités francophones comme les Valdotains,
    les Francophones de Suisse alémanique et bien entendu les
    350000 Flamands francophones qui résistent à l’oppresson
    flamingante.

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    1. Monsieur Fryns, votre combat pour la Francophonie vous honore mais il n’entre pas dans le cadre du Retour de la Wallonie à la France !
      Contrairement à ce que vous pourriez croire, les Wallons se préoccupèrent de la problématique des fransquillons de Flandre dès les premières poussées flamingantes en fin du 19e siècle. Pour vous en convaincre, adressez-vous à l’Institut Jules Destrée, sa documentation et sa bibliothèque regorgent de témoignages du genre et surtout des noms de Wallons qui menèrent cette lutte au détriment de la défense et de la survie de leur Région.
      Permettez-moi de vous rappeler que les premières figures politiques du flamingantisme appartenaient à la bonne bourgeoisie fransquillonne anversoise (tous partis confondus) et par la suite à la bonne bourgeoisie fransquillonne gantoise (tous partis confondus).
      Qui vota les lois linguistiques des années 1930/1932 ? Ces mêmes bourgeois fransquillons de Flandre, honorables députés au parlement de Belgique.
      Pour ne citer que deux exemples emblématiques présents à l’esprit, les familles Eyskens de Leuven et De Croo de Brakel, dans quelle catégorie sociale les classeriez-vous ? Populaire, à l’image d’un Camille Huysmans (SP) ou d’un Martens (CVP) ou d’un Schiltz (Volksunie), ou de bonne bourgeoisie fransquillonne ?
      En fait, excepté le VNV ou le Verdinaso, les véritables guides flamingants issus du peuple arrivèrent dans les années soixante. On fête justement les 50 ans du « Walen buiten » de Leuven ( exigence, quant à moi justifiée, contre des plans hypocrites de belgicains).
      Heureusement, passées les années trente, les Wallons comprirent qu’ils avaient été dupés et leurs réactions jusqu’au Congrès de Liège en 1945 furent éclatantes. Par la suite, il faut avouer qu’ils baissèrent pavillon, pourquoi ? Mystère !
      Mais, navré pour vous, relever le défi de recouvrer notre liberté ne nous permets par de nous occuper du sort d’une bourgeoisie qui joue double jeu depuis 1830 !
      Vous écrivez : « Quant à la Belgique elle aurait pu survivre si la politique de francisation de la Flandre avait été poursuivie. Sans écoles, sans universités, les patois flamands eussent été éradiqués comme ils le furent dans les territoires récupérés´par Louis XIV. »
      Expliquez-moi pourquoi cet impérialisme éradicateur ? Pour faire vivre un « avatar britannique écœurant » ? Pour moi, c’est aussi injustifiable que d’ imposer le néerlandais en Wallonie avec la collaboration « patriote » des politiciens de Wallonie.
      Laissez donc Louis XIV reposer en paix, la France a récupéré, contre la famille prédatrice de Habsbourg, des territoires romans (Lille en Flandre wallonne !) qui lui appartenaient depuis le 9e siècle par héritage ainsi qu’une bande côtière autour de Dunkerque, un port stratégique, faiblement habitée depuis la même époque par des locuteurs patoisant thiois.
      Il ne faut pas induire de confusions. Cliquez donc sur le site IN BLOG: SEPTENTRION et vous apprécierez l’esprit revanchard des pan-néerlandais à l’encontre de la France et de la Wallonie. La même vision grande néerlandaise que développait le Verdinaso dans les années quarante et qu’assure avec brio, aujourd’hui, le Bénélux.
      Le Val d’Aoste demeure italien par la volonté américaine en 1945 et les Suisses romands ne souhaitent pas souvent d’interactions extérieures ( voir la question du Jura suisse). Quant à la lutte contre l’anglicisation, le sujet dépasse largement le cadre wallon. Navré.

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