Pas terrible, le bilan politique des fêtes de Wallonie. Peu crédible, Rudy Demotte qui parle, parle et ne sait pas quels mots utiliser pour mobiliser la société wallonne. Il ne sort pas des contradictions actuelles. Plaider pour un nationalisme wallon qui consoliderait la Belgique, c’est assez paradoxal. L’exaltation du sentiment belge rend impossible un vrai débat sur l’identité wallonne. Empêche une véritable prise de conscience. Il n’y a pas d’élan. Pas de souffle. Dans la population, la confiance en la Wallonie est toute relative et les éditorialistes étalent leur scepticisme à la une des journaux. Mais Rudy Demotte affiche « une forme olympique », selon ses dires, et pour tous ceux qui lui reprocheraient de manquer de vision, le voilà qui annonce le plein emploi en Wallonie en… 2025.
Thierry Bodson n’a pas l’air convaincu, lui qui, au nom de la FGTB wallonne, tire à nouveau la sonnette d’alarme, allant répéter que la Wallonie n’est pas encore en mesure d’exercer les compétences qu’il lui faut assumer dès le 1er janvier 2015. Pas de panique. A huit mois d’une échéance électorale hyper-importante, Rudy Demotte préfère croire aux vertus d’un discours positif. « Les Wallons doivent savoir que leur avenir dépend d’eux-mêmes et de leur capacité à créer les conditions de leur prospérité et de leur bien-être ». Bien, bien, mais dans la réalité les Wallons sont très dépendants de ce que veut la Flandre. Alors pas de perspective claire en Wallonie. Il suffit à Bart De Wever d’ouvrir la bouche pour que toute l’attention médiatique se porte sur lui. La N-VA, dit-il, fera barrage au PS et imposera une politique tellement contraire aux intérêts des socialistes wallons que ceux-ci finiront par accepter le confédéralisme. Dans les mois qui viennent, ce sera Di Rupo-le-Belge contre De Wever-le-Flamand et le positionnement des autres formations politiques fera la différence. L’avenir de la Wallonie… il est trop tôt, semble-il, pour y penser vraiment dans les allées du pouvoir.
Reconnaissons quand même à Rudy Demotte le mérite d’avoir mis en ligne le travail de l’Institut Jules Destrée sur l’histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon. Paul Delforge, qui en est le maître d’œuvre, a notamment écrit un livre sur l’Assemblée wallonne qui, il y a juste un siècle, a doté la Wallonie de son drapeau et de sa fête annuelle. Un tel anniversaire méritait peut-être une attention plus grande. Quoi qu’il en soit, l’essentiel de l’histoire de la Wallonie et du Mouvement wallon est désormais très accessible sur un site que le citoyen wallon gagne à consulter pour y voir plus clair.
Georges R.
Pour contribuer à la promotion de cette initiative, nous reprenons ici l’article de Pascale Serret dans le journal Vers l’Avenir.
Le Wikipedia du Wallon : c’est nouveau et c’est en ligne
Faire tenir 4 500 pages d’infos très détaillées sur la Wallonie en une carte de visite: c’est fait ! Le site «Connaître la Wallonie» est en ligne.
Dans son bureau à l’Élysette, Rudy Demotte est visiblement impatient de montrer son bébé. Devant son écran d’ordinateur, le ministre-président wallon résume. «Ce site internet est une sorte de Wallipedia. Le Wikipedia du Wallon, d’une certaine façon.»
1. En chiffres
Le site en question s’appelle «Connaître la Wallonie». Il est en ligne depuis ce lundi. Du costaud : 4 500 pages internet, 1 018 notices biographiques de Wallons qui ont marqué l’Histoire, une ligne du temps à 1 287 dates, un atlas historique de 249 cartes, 128 fiches explicatives de lieux de mémoire, etc.
2. Identité wallonne : pfff… Encore?
À quelques jours des Fêtes de Wallonie, l’idée est bien celle-là : un soutien à l’identité wallonne, qui passe par une meilleure connaissance de la culture, du patrimoine, du passé et du présent de notre région. « Une pierre à l’édifice… » Si ce n’est que cette pierre-ci est à l’opposé du fameux logo aux cinq points noirs (wallonia.be), qui avait fait couler beaucoup d’encre, fin juin. En effet, le site «Connaître la Wallonie» est non seulement dense, très construit, pédagogique, accessible, inédit dans la centralisation de l’information… mais, en plus, son budget reste light : 24 800 € TVAC.
3. L’Histoire à la ligne
Onglet «Histoire», clic. La ligne du temps proposée s’étire confortablement du paléolithique à aujourd’hui. Plus de 300 000 ans… De l’enfant de Sclayn, mort à 8 ans et 17 jours sans savoir qu’il serait un jour le plus vieux fossile humain découvert sur le territoire wallon, à la victoire de Philippe Gilbert à Valkenburg le 23 septembre 2012, en passant par ce fameux 15 octobre 1980 qui a vu la toute première réunion du Conseil régional wallon au Sofitel de Wépion… On a là du politique, du socio-économique, des sciences, de la culture, du religieux et bien entendu les dates clés qui ont compté pour la Wallonie.
4. À la carte
Rudy Demotte va naviguer dans l’atlas historique. Il télécharge une des 249 cartes disponibles où la Wallonie actuelle apparaît en filigrane. « Ici on voit que les limites actuelles de la Wallonie et la frontière linguistique étaient déjà à peu près tracées par les capucins, au XVIIe siècle. Frappant. Ça ne démontre évidemment pas que la Wallonie existe depuis toujours; nous sommes juste le produit de tout ça. L’approche historique doit être modeste», souligne-t-il. Pour les profs, des leçons clés en main sont disponibles sur 12 périodes de l’histoire. D’autres sont déjà programmées. «Tout est libre de droit», précise Demotte.
5. D comme ducasse
Vous voulez de la culture, des lieux de mémoire et du patrimoine? Il y en a aussi. Des Wallons qui ont marqué leur temps? Pour l’instant, le site héberge la biographie de plus de 1 000 personnalités. La liste va encore s’enrichir. Vous voulez du folklore? Les «tubes» du Doudou de Mons? Du grand feu de Bouge? Tout y est. Paroles et musique, entre autres documents. Servez-vous.
Merci.
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Sincèrement, quelqu’un a-t-il apprécié, durant les Fêtes de Wallonie, la démonstration plus qu’ exubérante du bourgmestre Charles Michel lors de son dicours d’accueil des monarques belges en son fief communal ?
Comment voulez-vous que les Wallons s’y retrouvent ?
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