Vers les Grands Pays-Bas

« Les pays qui pensent à long terme sont ceux qui réalisent les meilleures performances économiques. » Cette phrase n’est pas d’Elio Di Rupo mais de Kris Peeters et c’est au nom de la Flandre qu’il s’est exprimé. Explication donnée par Dirk Vanoverbeke dans Le Soir d’aujourd’hui :

« Le gouvernement flamand vient d’annoncer les fiançailles entre la Flandre et les Pays-Bas. Le couple porte déjà un nom : les Plats Pays. Prononcez De Lage Landen. (…) L’idylle est née d’une idée qui ressemble assez à la devise de la Belgique : unir les forces des Plats Pays pour les rendre plus performants. « Les Hollandais sont des hommes qui font des plans. Nous, nous tirons très bien notre plan. Nous allons combiner ces deux qualités », explique le chef du gouvernement flamand. »

Pour l’intégralité de l’article : ici.

La Belgique, le pays où l’impôt n’est pas juste

Sur le site du Vif.be, nous pouvons lire :

jeudi 01 décembre 2011 à 11h53

Pour certaines entreprises, la Belgique reste un paradis fiscal. Les mille sociétés belges qui ont engendré le plus de bénéfices en 2010 ont été imposées l’année dernière à concurrence d’un tarif moyen de 5,73%.

Le quotidien flamand De Standaard a révélé ce jeudi matin, sur base de calculs livrés par le PTB (Parti du Travail de Belgique), que le taux moyen d’imposition des mille sociétés belges qui ont enregistré les plus gros bénéfices en 2010 était de 5,73%.

Le PTB a ainsi sélectionné les mille entreprises qui avaient enregistré les bénéfices les plus importants l’année dernière et a examiné combien d’impôts elles avaient payés. Le bénéfice total de ces sociétés s’élevait à 57 milliards d’euros. Elles n’ont payé, ensemble, sur ce montant, que 3,3 milliards d’impôts ; environ 5,73%. Le tarif nominal officiel se chiffre néanmoins normalement à 33,99%, selon De Standaard.

Si ce tarif était appliqué à ces bénéfices, les impôts s’élèveraient alors à 19,4 milliards d’euros. Les mille entreprises ont de cette manière bénéficié d’une réduction fiscale de 16,1 milliards d’euros.

Ces sociétés ne trompent néanmoins pas le fisc, précise le PTB. Elles ne font qu’utiliser, habilement, les possibilités fiscales existantes en Belgique.

« Nous sommes en plein magma bouillonnant »

Lu aujourd’hui dans le journal « Vers l’Avenir » :

Les États ont un début et une fin. Ils ne sont pas faits pour durer. Et à l’examen du cas belge, l’hypothèse d’un éclatement y est aiguë. C’est la conviction de Xavier Mabille.

Le président du Crisp, qui étudie à la loupe la décision politique en Belgique depuis 1959, sort une « Nouvelle histoire de la politique de la Belgique ». Son ouvrage démarre en 1780 et se termine le 15 octobre dernier. Avec un point d’interrogation sur les réelles conséquences de la plus longue crise gouvernementale de toute l’histoire du pays. (…)

Pour lui, le retour à une Belgique unitaire est impossible. Et pire : la stabilisation de l’État fédéral dans sa forme actuelle n’est pas plausible. En clair, la Belgique est entrée dans un processus de réforme de l’État sans fin. Pourquoi ? « D’une part, l’autonomie des communautés et des régions revêt un caractère irréversible ; d’autre part, trop de dynamiques sont à l’œuvre et trop de revendications sont encore avancées pour que l’on puisse conclure que l’évolution institutionnelle soit totalement achevée », écrit Xavier Mabille.

Mais alors, où va-t-on ? C’est, pour Xavier Mabille, le quatrième tremblement de terre que vit la Belgique. (…)

« Nous sommes en plein magma bouillonnant »

Pour revenir à ce mois de décembre 2011 qui se prépare à offrir un gouvernement aux Belges, qu’en espérer ? «Il faudra voir ce que les accords institutionnels donneront, comment ils seront financés et surtout quand ils seront mis en œuvre », explique Vincent de Coorebyter, directeur du Crips. Si la réforme de l’État est mise en œuvre dès 2013, cela ôtera un argument massue à la N-VA. Mais si on la renvoie en 2014, alors ce sera l’inverse.

« Nous sommes vraiment à la croisée des chemins. Nous sommes en plein milieu du magma bouillonnant », appuie Vincent De Coorebyter. La perspective d’un gouvernement qui verra le jour dans quelques jours ne sauve pas les meubles de la maison de la Belgique. Il faudra voir à l’usage. Et les historiens ne sont pas devins. Mais ils offrent l’occasion de refaire le chemin qui nous a menés jusqu’ici. (…)

C.Ern.

Le CRIPS (centre de recherche et d’information socio-politiques) est une organisation reconnue d’éducation permanente, soutenue par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

« Nouvelle histoire politique de la Belgique », Xavier Mabille, Crisp, 457 pages, 27,50€

Pour l’intégralité de l’article : ici.

Epargnants, attention !

Dans le quotidien « Vers l’Avenir » de ce vendredi 25 novembre, Jules Gheude nous livre ses inquiétudes quant au nouvel emprunt d’Etat belge.

Ainsi, Yves Leterme lance un nouvel emprunt d’Etat pour aider les finances de la Belgique.
Epargnants, attention !
Il faut savoir que la dette belge est presque exclusivement interne et qu’en cas de scission de l’Etat – inéluctable, selon moi – le droit international ne vise que les obligations financières vis-à-vis des autres Etats et organisations internationales. Il ne s’intéresse pas aux dettes des Etats envers les particuliers. Il en laisse le soin aux règles de droit interne.
Les créanciers belges devraient donc, dans le meilleur des cas, se contenter des anciens actifs belges. Sombre perspective, lorsqu’on sait que, depuis 1999, la Belgique n’a cessé de vendre ses bijoux de famille…

Jules Gheude

Billet d’humeur…grrrr

Paul Mélot (Tohogne)

Un titre rigolo du journal LA MEUSE de ce 22 novembre, en première page: « LES MINISTRES LIEGEOIS SONT PRETS A NE PAS AUGMENTER LEUR SALAIRE »… Rappelons que les projets d’accord gouvernemental (?), au fédéral, sembleraient prévoir une diminution des salaires des ministres et secrétaires d’état de 5 % et que, dans la foulée, bébé ANTOINE, le ministre régional a lui, pour se faire remarquer, proposé de renoncer à une indexation pour les ministres régionaux, bientôt suivi par le  prétentieux puceau DEMOTTE…

Il n’en faut pas plus pour que les ministres régionaux liégeois se manifestent à leur tour…

Vite, parcourons la page douze!

La révérende Mère supérieure Marie-Dominique SIMONET, Eminence humaniste, nous apprend qu’ « évidemment , ça ne me poserait aucun problème de renoncer à l’indexation de notre salaire. D’ailleurs, il pourrait même y avoir d’autres mesures ». Pour sûr, épouse de notaire et vraisemblablement toujours directrice du Port autonome de Liège – supposons qu’elle ne gagne pas sa vie en cette fonction, actuellement – elle peut voir venir, hic et nunc.

Son vert collègue toujours sur sa lancée fuite en avant, allure FEF, nous révèle benoîtement que « par ce genre de mesure, le gouvernement wallon et celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles se mettent au niveau des citoyens ». Waouw ! Démagogie, quand tu nous tiens. Il poursuit en enfonçant la porte ouverte de son cabinet en répondant au journaliste qui fait remarquer que cela ne fait pas vraiment réaliser de grosses économies: « Non, c’est évident. Mais ça vaut la peine ». A bien lire, Philippe Henry -le-Vert avaliserait déjà des sauts d’index pour que l’Etat, docile à l’Europe, elle-même aux marchés, volant au secours des banques, y retrouve des couleurs financières, puisque cela vaut la peine de toucher à l’indexation des salaires en se mettant comme si on était le peuple, au niveau du petit pensionné, du chômeur ou du bénéficiaire du revenu minimum d’insertion. Du propre ! Du bien vu ! De la vista prémonitoire !

Quant à l’Eminence grise socialiste MARCOURT (car, derrière, se trouve le toujours sémillant Elio DI ROUBLARDO), avec un peu plus d’intelligence que les autres, il affirme « je le répète donc : je suis attaché PAR PRINCIPE à l’indexation, mais je reste évidemment ouvert pour discuter avec mes collègues du gouvernement de quelle manière nous pouvons, ensemble, contribuer à l’effort budgétaire de notre côté ». La question qui se pose est de savoir ce que PRINCIPE veut signifier. Le principe de PETER, je connais, eux aussi, peut-être; le principe de précaution, itou; y compris celui d’Archimède. Mais, comme PAR PRINCIPE = THEORIQUEMENT, vas-tu, Jean-Claude, passer du principe à la pratique et t’opposer, le moment venu, à toute mesure visant l’indexation des salaires et pensions ?

Pour être complet, il convient de signaler que le journaliste, lui, signale que les ministres refusent de tomber dans le poujadisme. Un peu comique quand, manifestement, les trois guignols ne savent plus que faire pour venir au secours de l’agonisante Belgique…

Allez, bonne journée quand même!

Paul Mélot

Je sais que cet article ne va pas plaire à tous nos lecteurs. J’entends déjà les cris de « populistes » qui vont nous être lancés par certains. J’ai pourtant décidé de le mettre en ligne parce qu’il a pour titre « Billet d’humeur » et que le ton décalé qu’il adopte ne pourra que favoriser le dialogue.

Paul Durieux

Les communes se consolent à Paris

C’est Eric Deffet qui l’écrit dans le Soir d’aujourd’hui. Sous ce titre, on apprend que le bourgmestre de La Louvière a fait son marché au Salon des maires et des collectivités locales qui se tient à Paris chaque année. On y lit également ceci :

« Désormais président de l’Union des villes et communes de Wallonie, Jacques Gobert a conservé ses habitudes à Paris. L’an dernier, le président des maires de France lui a demandé quand les 262 communes wallonnes rejoindraient l’association française… Il n’en est toujours pas question. Mais un jour, qui sait ? »

Ben voilà. C’est ce qui s’appelle une main tendue.

Le billet dans son intégralité : ici.

Les rois du monde

« Les marchés faisaient déjà les programmes des gouvernements. Ils font maintenant les gouvernements, mieux encore : ils désignent les leurs comme Premiers ministres ! »

Ainsi commence la dernière chronique d’Hugues Le Paige (RTBF). Sa conclusion ne manque pas d’inquiéter :

« Le paradoxe est énorme : voilà donc ceux qui, depuis 2008, ont plongé le monde dans la crise, à la tête de gouvernements et d’institutions européennes. Je ne sais pas si on mesure bien ce que nous sommes en train de vivre.

« Jamais depuis la crise de 1929, le monde occidental n’a vécu ce double mouvement tragique d’une régression sociale d’une violence inouïe et d’une perversion de la démocratie aussi patentée. Le dérèglement du monde avec son cortège de malheurs et, sans doute un jour, de violences n’en est qu’à ses prémices. »

Pour l’intégralité du texte : ici.

Amis du Soir, bonsoir !

La pièce n’est pas finie, aussi n’allons-nous pas nous lever, applaudir, siffler, jeter des tomates ou verser des larmes…

Il nous suffit d’observer la scène où s’agitent les acteurs politiques empêtrés dans les contradictions de la démocratie belge, exposés à l’incompréhension générale, au ras-le-bol d’une opinion publique elle-même divisée, avec une gauche essentiellement wallonne qui refuse les diktats de la droite et une droite flamande qui se crispe à l’idée d’être encore une fois l’otage de la FGTB, alors que l’Europe et le monde de la finance confortent la position de Bart De Wever, prêt à renoncer à de trop maigres acquis communautaires pour boucler un budget rigoureux dont la note serait payée, avant tout, par ces assistés wallons que la Flandre exècre : cela fait 526 jours que cela dure, avec une tension qui s’abîme dans la lassitude.  

Usés, l’optimisme de la volonté, la volonté de l’optimisme, l’autosuggestion, l’autohypnose et  l’euphorie artificielle. Le journal Le Soir, devenu Belgique-Soir au chevet d’un pays malade, en arrive à se demander si, vraiment, la Belgique a encore un sens. L’émotion le dispute à la pédagogie. A la une, un seul titre : un pays brisé, sur fond noir, très noir et très brisé. Béatrice Delvaux, qui alterne avec plus ou moins de bonheur les douches froides et les bains chauds, se lâche : «Assez !!!», écrit-elle avec trois points d’exclamation. «Nous allons en arriver à cette conclusion : la séparation du pays s’impose. Car vous nous donnez désormais la preuve que ce pays est brisé, incapable d’être gouverné, tant ses fractures gauche-droite, francophones-flamands, régionales-fédéral sont béantes. Profondes. Et comme ces clivages se superposent parfaitement, la seule leçon que les hommes politiques démocrates et unitaristes nous forcent à tirer sera donc que ce pays ne peut plus être.»

Si c’est elle qui le dit…

G.R.

Pour l’édito de Béatrice Delvaux : ici.

Hommage à Madame Danielle Mitterand.

 Notre ami Serge Havet nous envoie ce qui suit :

 Hommage à Madame Danielle Mitterand.

  «  Les gens ont peur. Ceux qui agissent contre la peur sont considérés comme révolutionnaires. La vie est suffisamment forte que pour combattre la peur ! »

                                            Danielle Mitterand.

Une véritable dame de gauche, de combat et de conviction, pour laquelle les valeurs humaines et fraternelles n’étaient pas de vains mots.

Sa fondation « France Libertés » en est une preuve irréfutable.

Merci Madame.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde