Bilan de l’ A.W.F. au 11.02.12

Le texte qui suit avait été conçu à usage interne pour nos membres. A la demande de plusieurs de ceux-ci, nous le mettons en ligne pour information.

Il est bon de marquer ne fut-ce qu’un temps d’arrêt pour jeter un coup d’oeil dans le rétroviseur d’une histoire : en l’occurence celle de notre mouvement, l’ A.W.F., né en 2011 et qui ne ressemble à nul autre.

 Nous nous donnions 5 objectifs qui, à la réflexion, s’enrichissent pour atteindre un autre nombre symbolique, celui de 7 objectifs, à savoir :

 1. Créer un maillon avec toute la mouvance wallonne unioniste/rattachiste et activer les réseaux qui sont les nôtres.

2. Collaborer avec les organisations qui nous donneront la parole.

3. Mettre sur pied des conférences-débats seul ou avec d’autres.

4. Ne pas oublier l’importance d’internet aujourd’hui.

5. S’adresser à la France depuis l’élu local (Conférence des Maires de France) à l’élu national (assemblée nationale et sénat) en passant par le Citoyen français sensibilisé par la problématique wallonne.

6. S’adresser aux Wallons qui ont choisi de s’établir en France durablement.

7. Devenir un mouvement populaire qui rassemble le plus possible de Wallons en puissance de peser sur l’avenir de la société wallonne.

 Après 10 mois d’existence, où en sommes-nous ? Je me permets de reprendre chacun des points :

 1. Des contacts ont été pris avec celles et ceux qui disent qu’il est urgent d’avoir aujourd’hui un projet pour la Wallonie dans l’optique de « L’après-Belgique » (les observateurs les plus optimistes situent la fin de la Belgique dans 10 ans). Nous sommes conscients de l’importance des égos des uns et des autres, mais aussi des approches différentes qui existent : certains raisonnent en termes d’échéance électorale pendant que d’autres se projettent dans le court et moyen terme sans souci électoral. Un beau succès toutefois : celui d’avoir obtenu la collaboration du GEWIF (groupe d’études pour une Wallonie intégrée à la France) grâce à l’ouverture d’esprit de Jules Gheude. Autre beau succès que celui d’avoir constitué un groupe de parrainage de plus de 30 personnes à ce jour et d’avoir reçu l’appui de M. Pierre Hazette.

A la lumière des informations importantes données par la presse (« Le Soir » et « La Libre »), nous avons pu établir des contacts prometteurs avec celles et ceux qui veulent forger un projet wallon sans oublier notre partenariat avec la région bruxelloise. A ce stade, nous devons garder un minimum de confidentialité.

 2. Ici, nous pouvons parler d’un premier succès avec des invitations de sections du P.A.C. (Présence et actions culturelles) et de Maisons de la Laïcité.

 3. Le colloque du 02 avril 2011 en la salle académique de l’ U.L.G., organisé par le Cercle Condorcet de Liège, fut un succès tant au niveau de la qualité des intervenants qu’au niveau du nombre de participants. Seul point noir : le boycott des médias. Nous nous attelons à résoudre ce problème.

 4. Peut-être est-ce ici notre plus beau succès. Notre site https://alliancewalloniefrance.wordpress.com connaît une progression constante en terme d’audience. Nous redoublons d’efforts pour qu’il soit vivant grâce aux contributions de nos membres, mais aussi de personnes extérieures à notre mouvement.

Né en mai, notre site a reçu plus de 18 500 visites à ce jour.

Le fait d’avoir incité nos visiteurs à faire suivre nos articles auprès de leurs contacts n’est certainement pas étranger à ce succès.

 5. Ici, le chantier reste immense, mais nous avons des projets ambitieux dans nos cartons.

 6. Ce travail a commencé. Le dernier membre en date est allé s’établir en Corse. D’autres sont en Languedoc, en Pays de Loire, en Région PACA, dans le Nord-Pas-de-Calais …

Je ne doute pas qu’ils soient nos ambassadeurs là où ils vivent aujourd’hui.

 7. Devenir un mouvement populaire qui puisse peser sur l’avenir de notre région signifie que nous devons nous compter par centaines, mieux encore par milliers de membres. C’est l’objectif qui est le nôtre pour la fin de cette année 2012. Fin 2011, nous avons eu la joie de lancer l’ A.W.F.-Charleroi grâce au travail de Georges Henry Simonis et de son équipe particulièrement efficace et sympathique.

 Merci aux membres qui ont déjà renouvelé leur adhésion pour 2012. Merci aussi aux nouveaux membres. Quant à celles et ceux qui n’ont pas encore repris leur adhésion, je me permets de leur rappeler les coordonnées de nos deux comptes :

 IBAN : BE26 0682 4499 3129 – BIC : GKCCBEBB de l’A.W.F. à 4130 Esneux

– Cotisation ordinaire : 20 €/an
– Cotisation de soutien : à partir de 25 €/an
– Cotisation réduite : 10 €/an (retraité, allocataire social, étudiant, membre d’une même famille)

Vous souhaitez soutenir l’A.W.F. de façon anonyme
– Versez votre soutien au n° de compte IBAN : BE55 0882 4070 0744 – BIC : GKCCBEBB de l’A.W.F. à 4130 Esneux

Il est bien certain que chaque adhésion ou renouvellement d’adhésion est un encouragement pour nous tous à continuer dans les sillons que nous avons tracés.

Continuons à bâtir l’avenir de la Wallonie avec la force de nos idées et les talents de chacun.

 Fraternellement,

Pour l’ A.W.F.,

Paul Durieux

COMMUNICATION

Je répare un oubli impardonnable, celui d’avoir omis de vous communiquer la parution du n° 44/2011 d’ « ECONOMIES ET SOCIETES » consacré à « l’après-Belgique »  aux Cahiers de l’ ISMEA.

Vous pouvez vous procurer ce très intéressant ouvrage en vous adressant au secrétaire du « Cercle Condorcet de Liège » dont l’adresse électronique est : jeancoignon@voo.be

Encore toutes mes excuses pour cet oubli.

Paul Durieux

Les dix stratégies de manipulation des masses

Notre ami Paul Mélot, responsable de l’ A.W.F. pour la Province du Luxembourg, vous invite à réfléchir à ce qui suit :

Les dix stratégies de manipulation des masses

Noam Chomsky

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les médias. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l’éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu’à maintenir le public dans l’ignorance et la médiocrité

1/ La stratégie de la distraction
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l »économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles » (Le foot, les jeux olympiques, Johnny, etc)

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté.

(Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.)

3/ La stratégie de la dégradation
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

(Baisse des retraites et allongement de la durée du travail.)

4/ La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

(Laugmentation importante de la pression fiscale ne se fera pas avant les élections de 2012.)

5/ S’’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

(Les français sont trop gros, trop gros, trop gros,… les boissons sucrées sont surtaxées : nous les paierons plus cher.)

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements

(La terre se réchauffe dangereusement du fait des seules activités humaines (sic), ce sera terrible pour nos enfants : les carburants sont encore plus taxés.)

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

(80 % des élèves des universités ou des grandes écoles sont issus des classes moyenne ou supérieure.)

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte

(Voir certaines émissions de TV particulièrement populaires.)

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!..

(Vous êtes au chômage par manque de formation ! Suivez un stage et tout ira mieux.)

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

(Pourquoi croyez-vous que les grands politiques utilisent et payent largement des instituts importants des sciences humaines ou des grandes sociétés de publicité, ce qui revient au même ?)

Malaise dans la civilisation

Ce titre est emprunté à Sigmund Freud, mais il ne sera pas question de psychanalyse ici (encore que…).

Mouvement démocratique et pluraliste, l’AWF a pour vocation de jeter des ponts entre la Wallonie et la France et, plus modestement, entre des citoyens de sensibilité différente unis par la conviction que, au regard des faits, le choix de la France est le meilleur qui soit pour la Wallonie.

Il n’est donc pas dans notre intention d’exprimer ici des sympathies pour tel ou tel candidat à l’élection présidentielle française. Ni pour tel ou tel discours de campagne. Au-delà des convictions des uns et des autres, de leur identité politique, de leur idéal ou de leur posture morale, il y a toujours des hommes et des femmes qui s’affrontent pour garder ou conquérir le pouvoir.

Evidemment, la politique est l’affaire de tous. Relayé voire amplifié par les médias, le débat contradictoire tient l’opinion publique en éveil et garantit la circulation des idées, il fait battre le cœur de la démocratie, mais il ne dispense pas le citoyen de réfléchir, sereinement, car les joutes électorales encouragent les outrances, les provocations, les simplismes, les indignations préfabriquées, les réflexes passionnels.

Venons-en aux faits. Les récents propos de Claude Guéant, ministre de l’intérieur de Nicolas Sarkozy («Toutes les civilisations ne se valent pas») ont déclenché une furieuse polémique. C’était prévisible et c’était certainement voulu. Le choix des mots, de la manière, cela relève de la stratégie électoraliste. Il n’en va pas autrement  des réactions fracassantes de l’opposition. Tout le monde est dans son rôle, cela paraît assez convenu, sans enjeu réel. Pour permettre à chacun d’en juger, nous renvoyons aux sites de Libération, du  Figaro  et du Monde.

Si nous prenons le risque d’aborder un sujet qui fait polémique, c’est parce que notre engagement repose sur des valeurs démocratiques et républicaines auxquelles nous sommes attachés. Pour tout ce qui touche à ces valeurs, il n’y a aucun devoir de neutralité qui tienne. Il nous paraît utile de clarifier un « débat » qui laisse une désagréable impression de malaise.

Juger de la valeur d’une civilisation, cela suppose qu’on se mette d’accord sur les critères à utiliser, ce qui renvoie aux différences culturelles et ouvre la porte à un relativisme absolu. Par contre, à partir du moment où l’on se réfère aux droits de l’homme, on fait le choix d’un paradigme culturel bien défini. Le XVIIIe siècle, avec ses idées de progrès, d’émancipation de l’être humain, de liberté, de tolérance, d’égalité des droits, de bonheur terrestre, a voulu croire en la lumière de la raison.

Lorsqu’il écrivait son Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, Condorcet ne faisait pas du relativisme culturel. Kant non plus quand il associait la capacité de réfléchir librement à une humanité adulte, sortie de l’enfance. Rousseau lui-même, qui croyait davantage en l’homme «naturel» qu’en l’homme «civilisé», a voulu une république de citoyens unis par un contrat social auquel nul ne pouvait se dérober.

Certes, depuis 1789 et la révolution française, l’esprit des lumières s’est nourri d’expériences et de réflexions nouvelles, mais le paradigme est resté le même. Cet héritage philosophique est inscrit dans notre histoire et dans celle du monde. On lui doit le développement de la science et de la technologie et, sur le plan moral, la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’idéologie du progrès, dont se réclame aujourd’hui l’ONU, reconnaît implicitement qu’il faut éduquer les peuples et les arracher, quand c’est nécessaire, à l’ignorance, à l’obscurantisme, à la superstition.

La panoplie des libertés est large et permet l’expression de la diversité mais, néanmoins, suppose une véritable conversion culturelle. On peut crier à l’acculturation sélective et rejeter les droits de l’homme comme l’expression d’un humanisme bourgeois d’essence chrétienne et européenne. On peut même y voir un avatar de l’impérialisme et rappeler que, trop souvent, la dignité de l’homme a été bafouée par ceux-là même qui s’en faisaient les champions. Mais on ne peut pas entretenir la confusion dans les esprits en utilisant les droits de l’homme contre eux-mêmes.

On ne peut pas confondre, ainsi qu’on le fait bruyamment, les droits de l’homme (en tant qu’individu) et le droit des cultures à rester ce qu’elles sont. Il s’agit même, à bien des égards, d’une contradiction insoluble, car si l’être humain doit s’affranchir de quelque chose, c’est d’abord du poids de la culture. En décrétant que les droits de l’homme sont à géométrie variable en fonction des référents culturels des uns et des autres, on s’interdit de dépasser les identités particulières, on nie que «tous les êtres humains naissent libres et égaux en droit», ce qui revient à vider les droits de l’homme de leur pertinence et de leur contenu. Puisque l’esprit des lumières a une histoire, il est permis d’en contester le caractère universel, mais pas d’en détourner le sens.

Y a-t-il un démocrate un peu sincère qui jugerait que la démocratie ne vaut pas mieux que la dictature ? Il est facile de voir que la démocratie n’est pas un idéal universel, mais cela ne nous empêche pas de la juger préférable à tout autre régime. Penser que tout se vaut, c’est faussement démocratique. C’est une forme de renoncement. La conclusion, nous la laissons à Condorcet, qui misait sur l’instruction pour sauvegarder la liberté publique :

« Généreux amis de l’égalité, de la liberté, réunissez-vous pour obtenir de la puissance publique une instruction qui rende la raison populaire, ou craignez de perdre bientôt tout le fruit de vos nobles efforts. N’imaginez pas que les lois les mieux combinées puissent faire un ignorant l’égal de l’homme habile, et rendre libre celui qui est esclave des préjugés. Plus elles auront respecté les droits de l’indépendance personnelle et de l’égalité naturelle, plus elles rendront facile et terrible la tyrannie que la ruse exerce sur l’ignorance, en la rendant à la fois son instrument et sa victime. » (Cinq mémoires sur l’instruction publique, 1791)

G.R.

Baromètre socio-économique

 

Il y a peu de temps, un de nos membres, Francis Monzée, réagissait à deux articles intitulés «Les Français ont de la chance…». Il m’écrivait ce qui suit :

«  Il est vrai que les tarifs pratiqués en France en matière de télécom et de poste sont largement inférieurs à ceux pratiqués chez nous. Toutefois, il est des domaines où la tendance est inversée (le matériel électronique, informatique et photo, par exemple). Mais aussi les voitures. Un ami français d’une connaissance est venu acheter sa Peugeot à Liège. Il l’aurait payée plus de 4 000 € moins cher que dans l’Hexagone. Comme disait quelqu’un «Les statistiques, c’est comme les bikinis, ça montre tout mais ça cache l’essentiel». Il faut donc rester prudent lorsque l’on diffuse ce genre d’informations. Inutile de prêter le flanc à une source de critiques faciles, me semble t-il. »

 Je trouvai son avis pertinent et le lui écrivis en retour.

Pourtant, après réflexion, je trouve qu’il y a lieu de distinguer ce qui touche le tout un chacun fréquemment (nourriture, coût des énergies,…) des achats exceptionnels dont certaines personnes n’ont d’ailleurs pas les moyens de se les permettre (tout le monde n’a pas la possibilité de s’acheter une Peugeot neuve). La première consommation est une consommation de proximité pendant que la seconde demande une réflexion souvent longue où le consommateur peut être amené à acheter loin de chez lui.

Rappelons quand même ici que l’alimentation est 8 % moins chère en France (source : test-achats) par rapport à la Belgique. Je relève d’autre part un constat récent (octobre 2011) : un chauffeur de car a acheté un ordinateur portable à la FNAC-Paris qui pratiquait pour celui-ci un prix nettement inférieur à n’importe quelle enseigne liégeoise.

 Un autre membre et ami, Jacques Monville, m’envoie une étude comparative intitulée «Baromètre socio-économique 2011». Elle émane de la F.G.T.B. et me semble d’autant plus intéressante que l’organisation syndicale reste toujours attachée actuellement à une mythique Belgique fédérale.

Voici les chiffres publiés :

 Salaire minimum brut (euros/mois) – 2011

  • Belgique : 1.415,24
  • France : 1.365

 Salaire annuel moyen brut – 2007

  • Belgique : 38.659
  • France : 32.413

 Commentaire de l’ A.W.F. : la fiscalité (Impôt des personnes physiques), étant beaucoup plus faible en France, le «salaire-poche» (ce que perçoit réellement le citoyen) est plus élevé en France pour les revenus des citoyens des classes moyennes et des classes moins favorisées. Par contre, les citoyens fortunés ont tout intérêt à choisir de venir se domicilier en Belgique afin de bénéficier d’une fiscalité beaucoup plus légère.

 Pension moyenne brute – 2008

  • Belgique : 2.019
  • France : 2.845

 Commentaire de l’ A.W.F. : les pensions belges ne sont pas parmi les plus hautes d’Europe, contrairement à une légende qui a la vie dure.

 Frais de logement en % du revenu disponible (prix du marché) – 2009

  • Belgique : 30,6
  • France : 10

 Commentaire de l’ A.W.F. : l’étude de décembre 2011 résumée par «L’écho», avait pris Paris comme référence du logement, l’une des villes les plus chères d’Europe après Londres !

Pour l’ensemble de la France, la part des frais de logement est largement moins élevée en France qu’en Belgique.

 Pauvreté en % de la population (seuil 60% du revenu médian) – 2009

  • Belgique : 14,6
  • France : 12,9

Commentaire de l’ A.W.F. : l’étude prend en compte la population belge. Si nous avions les chiffres régionaux, il est hélas bien certain que la différence serait encore bien plus nette.

 Taux de remplacement net (en %) des allocations de chômage en première période (2 ans) – 2011

  • Belgique : 75
  • France : 82

 Commentaire de l’ A.W.F. : la durée maximum du chômage en France est de 2 ans. En Belgique, il est de durée illimitée, mais cette situation est de moins en moins vraie (voir l’application des accords du gouvernement Di Rupo). De plus en plus de travailleurs sont exclus du chômage et se retrouvent au C.P.A.S., ce qui va poser de gros problèmes aux communes dans les mois et années qui viennent.

 Part en % des dépenses de santé à charge des patients

  • Belgique : 21,75
  • France : 6,93

 Commentaire de l’ A.W.F. : le prix du même médicament en pharmacie n’est qu’un exemple qui intervient dans cette différence de pourcentage.

 Commentaire général : loin de moi l’idée qui consiste à dire que la France est le paradis sur terre. Nos concitoyens wallons s’intéressent assez aux informations diffusées par les médias français que pour savoir que la France a aussi à répondre à d’importants défis.

 Je veux pourtant tordre le cou à la légende qui voudrait que la Belgique, et la Wallonie en particulier, soit, au niveau social, un pays de cocagne par rapport aux régions françaises qui n’accorderaient que des services sociaux de moindre qualité. Trop souvent, nos médias taisent le rôle important que jouent les régions, les départements et les municipalités dans le maillage social français.

 Les statistiques les plus récentes que j’ai pu trouver en ce qui concerne la part des dépenses de protection sociale dans le P.I.B. des Etats de l’ U.E. donne 30,5 % pour la France et 27 % pour la Belgique, loin des clichés perfidement répandus. (source : eurostat)

Paul Durieux

La curieuse politique de l’Awex

Jules Gheude 

 Il est permis de s’interroger quant à la crédibilité de la politique wallonne du commerce extérieur.

 Ici aussi, l’écart avec la Flandre est flagrant. En 2010, la Flandre a exporté pour 164,4 milliards, hors transit du gaz naturel. Les exportations wallonnes s’élevaient, elles, à 38,7 milliards.

 Les chiffres qui concernent les exportations vers les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) interpellent tout particulièrement.

Brésil : Flandre, 6,39 milliards / Wallonie, 0,350 milliard ;

Russie : Flandre, 2,07 milliards / Wallonie, 0,394 milliard ;

Inde : Flandre, 6,4 milliards / Wallonie, 0,136 milliard ;

Chine : Flandre, 4,9 milliards / Wallonie, 0,42 milliard.

 Ces chiffres proviennent de la Banque Nationale et ne peuvent être contestés.

 La politique menée par l’Awex (Agence wallonne à l’exportation) va donc à contresens de l’évolution de l’économie mondiale.

 En Russie, la Région wallonne n’a aucun attaché économique et commercial. L’agent en poste à Moscou travaille à la Région Bruxelles-Capitale et celui qui se trouve à Saint-Pétersbourg est issu du FIT (Région flamande). Tout cela sur base d’un accord bi- et tri-régional qui n’a jamais fonctionné.

 En Chine, les AEC de l’Awex n’ont pas la connaissance de la culture chinoise ni du mandarin, contrairement à leurs homologues flamands, qui sont licenciés en Sinologie de l’Université de Gand. En Wallonie, seul l’Institut Confucius dispense des cours du soir en chinois, sans possibilité d’avoir une immersion totale.

 Voyons à présent comme se présente la situation pour le 1er semestre 2011, toujours selon la BNB.

 Flandre : 94,7 milliards d’euros, soit une augmentation de 19,6% par rapport à 2010 ;

 Wallonie : 21,8 milliards, soit une augmentation de 13,3% par rapport à 2010.

 Un tassement de l’augmentation des exportations en Wallonie apparaît clairement par rapport à la Flandre.

 En cette période de crise économique, on peut s’étonner que l’Awex ouvre une antenne en Guinée équatoriale – une «démocrature» -, suite à une mission conduite par son administrateur général, Philippe Suinen, qui n’avait trouvé que 2 ou 3 PME pour l’accompagner.

 La Flandre poursuit une politique autrement dynamique. On a vu dernièrement son ministre-président, Kris Peeters, se rendre en Libye, accompagné de 17 chefs d’entreprise. Objectif : œuvrer à la reconstruction du pays. Du concret ! Et Kris Peeters mise également sur la Birmanie, en voie de démocratisation. Impossible, en revanche, de convaincre l’Awex d’organiser une mission dans ce pays, malgré les marques d’intérêt de nombreuses PME wallonnes.

 Qu’attend le ministre Marcourt pour mettre bon ordre à tout cela ?

 Il faut savoir que, outre une administration centrale (60 agents), basée à Bruxelles, et 7 centres régionaux (44 agents), l’Awex comprend également un réseau de 101 AEC (attachés économiques et commerciaux) répartis aux quatre coins de la planète.

 A titre de comparaison, l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) dispose de 23 bureaux à l’étranger (environ 90 personnes) et de 65 collaborateurs répartis sur le territoire français.

Wallonie, où vas-tu ?

Le journal Le Soir a publié hier une carte blanche de Jules Gazon (lien). Nous vous en donnons ici une version plus longue, en rappelant que Rudy Demotte a lui aussi reconnu l’urgence d’un nouveau « plan » wallon (son discours : lien).

Jules GAZON – Professeur émérite, HEC Université de Liège

Réjouissons-nous que le ministre J.C. Marcourt, appuyé par le secrétaire général de la FGTB, Th. Bodson, ait rompu dans ses dernières déclarations  avec les discours récurrents refusant d’envisager la partition du pays. Si nous décodons ses propos qui peuvent prendre une portée historique, il est temps d’oser repenser la gouvernance de la Wallonie dans le cadre de l’ « Après Belgique » sans préjuger de son avenir institutionnel. Comme les précédentes, les dernières négociations communautaires ont montré des Francophones s’accrochant à l’idée « Belgique », jouant les prolongations de concessions en concessions pour conserver l’essentiel des acquis sociaux générés par les transferts Nord/Sud tout en masquant l’hypertrophie politico-administrative francophone. Cependant l’accord gouvernemental se donne dix ans pour rompre substantiellement le lien solidaire, rupture programmée depuis longtemps par les partis flamands à l’exception du SP.A et de Groen. Par conséquent, continuer à nier la fin de la Belgique que l’on peut regretter, bien sûr, c’est choisir la stratégie du perdant qui s’engage dans un cul de sac.

L’après Belgique peut-elle réserver un destin institutionnel commun à  la Wallonie et à Bruxelles ? D’abord le lien identitaire entre Bruxellois et Wallons risque fort de  s’amenuiser, quand la Flandre aura obtenu ce qu’elle revendique et que les Bruxellois seront réticents à fournir l’effort solidaire qu’impliquera leur union avec les Wallons. Les Bruxellois ont bien compris qu’ils ne peuvent se substituer à la Flandre pour maintenir le niveau de vie wallon à situation wallonne inchangée, comme le confirment les sondages. Sur base des chiffres 2009, les besoins de financement de l’Etat wallo-bruxellois, supposé indépendant, auraient été de 13,340 Mia [i] (10,51% du PIB wallo-bruxellois), un trou dans les finances publiques d’environ 19% des dépenses publiques [ii]. D’autre part, on sait que Bruxelles sera convoitée par les Flamands qui en feront payer le prix si l’Etat wallo-bruxellois devait se constituer. Il me paraît dès lors inutile de reproduire les problèmes de la Belgique actuelle en constituant par la scission, un nouvel Etat composé de deux Régions où le lien solidaire serait  à nouveau remis en cause. L’intérêt financier de Bruxelles, 3e région de l’Union européenne (UE 27) pour le PIB/habitant à parité de pouvoir d’achat, pourrait être  l’indépendance. Sous cette hypothèse en 2009, les besoins de financement de Bruxelles auraient été de 2,942 Mia, soit 4,5 % du PIB.

On ne peut reprocher à J-C Marcourt de vouloir anticiper le problème et de s’attaquer au redressement wallon sous l’hypothèse, je l’espère, de l’après Belgique et dont le résultat influencera considérablement le champ des options institutionnelles possibles. Le travail est gigantesque, difficile, et requiert un grand courage politique eu égard à l’état catastrophique de ce que seraient les finances publiques d’une Wallonie autonome [iii]. En 2009, ses besoins de financement auraient été de 10,488 Mia, soit 13,5% de son PIB, 24% de ses dépenses publiques, une situation qui déclencherait déjà  le scénario infernal à la grecque par la montée des taux d’intérêt. Il convient d’affronter les deux causes essentielles du mal wallon : le sous-emploi endémique et l’hypertrophie politico-administrative. Ainsi, sur base des chiffres 2008, le Produit intérieur brut/habitant (PIB/H) de la Flandre par rapport à la Wallonie est de 1,37 [iv], ce qui signifie qu’en 2008, les Flamands ont produit par habitant une valeur de 37% supérieure à celle créée par les Wallons. Cette différence s’explique par la multiplication de deux facteurs [v] clefs : les rapports entre les deux Régions du taux d’emploi [vi] (1,16)  et de la productivité globale par travailleur [vii] (1,18). On constate que 1,37 est, aux ajustements statistiques près, égal à 1,16×1,18. Ce qui implique que le handicap de la Wallonie par rapport à la Flandre en termes de création de richesses ressortit à la politique de l’emploi et à sa productivité globale.

Pour le taux d’emploi, on sait que la Wallonie et Bruxelles sont lanternes rouges des régions de la zone euro. Le rapport des taux d’emploi entre Flandre et Wallonie égal à 1,16 signifie que la Flandre utilise la main d’œuvre disponible à raison de 16% supérieurs à ce que fait la Wallonie. Rappelons aussi, qu’en Wallonie, plus de 2/3 des chômeurs sont des chômeurs de longue durée qui, pour beaucoup, ont perdu toute compétence jusqu’à devenir inemployables. Ce n’est pas le chômeur qu’il faut incriminer mais le système (qui n’est pas spécifiquement wallon), d’autant plus que les enfants qui naissent dans ce milieu de non-travail sont programmés dès la naissance pour n’avoir comme horizon que la société d’assistance. Véritable déni de démocratie que maintenir un système qui engendre l’inégalité jusqu’à priver des enfants de l’accès à l’égalité des chances en raison du milieu où ils sont nés. Il faut changer de paradigme pour des raisons éthiques et économiques. Je me suis longuement exprimé sur le sujet [viii]. Malgré l’intérêt du monde scientifique, l’obstacle politique majeur à mes propositions s’explique par le refus d’admettre le principe éthique suivant : dès lors que le droit au travail est garanti par un contrat d’emploi, le devoir de travailler s’impose pour toute personne en âge de travailler et en bonne santé physique et psychique ! C’est le principal mal wallon, d’autant plus dramatique qu’il s’auto-entretient.

En ce qui concerne la productivité globale de l’emploi, le résultat de mon calcul signifie que la valeur de la richesse créée en Flandre rapportée au nombre de travailleurs est en moyenne de 18% supérieure à celle de la Wallonie. Il ne s’agit pas de stigmatiser le travailleur wallon pour une paresse apparente ou réelle. Le handicap de la Wallonie en l’espèce ressortit à de multiples facteurs, comme la spécialisation différente entre la Flandre et la Wallonie, elle-même liée au passé industriel et économique, l’intensité capitalistique de la production des biens et services, les infrastructures, l’organisation  et le management  tant de la fonction publique que de l’activité privée, la qualification des travailleurs et donc la qualité de l’enseignement et de la formation…Tous ces facteurs stimulants de la productivité sont pour la plupart inhérents à des choix politiques. Ce qu’il faut incriminer, c’est l’hypertrophie politico-administrative wallonne, comme vient de le dire le ministre A. Antoine. Vouloir s’y attaquer sans attendre et de manière spécifique à la Wallonie est l’unique voie de salut. On ne peut que se féliciter de cette prise de conscience. Mais l’objectif réclamera courage et perspicacité car ce qu’il faut dégonfler, c’est une organisation mise en place par les tenants du pouvoir qui sont souvent ceux qui en ont la responsabilité.

J.C. Marcourt ne s’est pas prononcé sur le cadre institutionnel de la Wallonie après la disparition de l’Etat belge. Si pour les raisons évoquées, on perçoit qu’un Etat wallo-bruxellois est peu probable, ce qui n’exclut pas  une étroite coopération au sein d’une agglomération,  l’indépendance wallonne ou l’autonomie wallonne dans une confédération avec rupture du lien solidaire sera-t-elle soutenable ?  Si d’ici 10 ans, à l’échéance fatidique, ou après les prochaines élections de 2014 au cas où les indépendantistes flamands auraient une majorité significative au parlement,  les besoins de financement d’une Wallonie autonome ne sont pas drastiquement réduits, la réponse est non avec certitude. L’appauvrissement de la population serait tel que le soulèvement populaire pourrait provoquer l’éclatement de la Wallonie,  d’autant plus menaçant, qu’il existe une forte disparité du PIB par habitant entre provinces wallonnes  et, d’autre part, parce qu’il n’existe pas de nation wallonne, même si une identité wallonne est en construction.

N’en déplaise aux indépendantistes wallons, dont  le souci primordial est de faire prospérer la Wallonie, la seule possibilité deviendrait une union à la France sous une forme à déterminer qui peut allier une large autonomie wallonne et le bénéfice du lien solidaire au sein de la République française, sans que le poids des finances publiques wallonnes n’influence fortement celles de la France à cause de l’effet d’échelle.  A défaut d’être le choix du cœur, ce rapprochement avec la France est un choix de raison. Et il pourrait être le choix du cœur si ces généreux wallons comprennent que l’identité wallonne connaît deux faiblesses structurelles, très substantielles. L’une d’ordre interne tient à l’espace wallon lui-même dépourvu d’une véritable capitale urbaine qui puisse prétendre au rôle de métropole reconnue par l’ensemble des Wallons. Tiraillée qu’elle est entre Liège, Charleroi,  Namur et Mons, la Wallonie est multipolaire en raison de particularismes hérités de son passé historique, politique et économique. L’autre faiblesse tient à la France : les marqueurs identitaires de la Wallonie qui pourraient en faire une nation lui sont français. La Wallonie a, comme la France, des racines gauloise, romaine et franque, racines auxquelles il faut ajouter un même référentiel des valeurs, hérité tant du siècle des lumières (liberté, égalité, laïcité) que de la religion catholique.

Mon analyse n’exclut pas la possibilité pour Bruxelles de s’unir à la France mais elle n’y serait pas obligée car, du point de vue de ses finances publiques, Bruxelles indépendante est tout à fait viable. D’autre part, outre la convoitise des Flamands, sans que cela  ne constitue un obstacle décisif, les grandes puissances européennes montreraient sans doute de la réticence à voir le siège des institutions européennes basculer en France. C’est pourquoi le « timing » du devenir de Bruxelles et de la Wallonie divergerait lors de la sécession du pays. Une raison de plus pour justifier que la Wallonie prenne son sort en main sans que celui-ci ne mette fin à une étroite collaboration entre la Wallonie et Bruxelles, et avec la Flandre d’ailleurs.


[i]  En considérant que la dette publique belge est répartie au prorata des PIB régionaux et que le taux d’intérêt est celui appliqué à la dette belge, soit 3,5%.

[ii] A défaut de disposer des statistiques, j’applique dans cet article à l’ensemble wallo-bruxellois et à l’autonomie wallonne, le ratio dépenses publiques /PIB pour la Belgique qui avoisine les 56% du PIB (voir rapport BNB 2009)

[iii] Les comptes publics d’une Wallonie autonome reprennent  l’ensemble des recettes et des dépenses publiques imputables à la Wallonie, en défédéralisant les comptes de l’Etat fédéral.

[iv] Notons que si on comparait les produits régionaux brut par habitant (la richesse créée d’une entité pendant l’année considérée par les citoyens de l’entité qu’ils travaillent ou non dans l’entité, prenant donc en compte les navetteur vers Bruxelles) le rapport serait 1,29. Mais parce que notre but est de faire ressortir les effets d’une politique, la référence doit être le produit intérieur brut (PIB) qui mesure la richesse créée dans l’entité elle-même.

[v]   Une formulation mathématique simple que les experts peuvent vérifier,  introduit un 3e facteur démographique pour lequel il n’y a pas de différence significative entre la Flandre et la Wallonie.

[vi] Le taux d’emploi est le pourcentage des personnes qui ont un contrat d’emploi à temps plein ou à temps partiel dans la tranche d’âge de 15 à 64 ans.

[vii] La productivité globale par travailleur est le rapport PIB par emploi effectif.

[viii] Le chômage, une fatalité ? Pourquoi et comment l’éradiquer. L’Harmattan, Paris, 2008

J-C Marcourt persiste, précise et signe.

Dans le quotidien « Le Soir », J-C Marcourt persiste dans sa volonté et sur l’urgence de mettre sur pied un groupe de travail visant à avoir un projet pour la Wallonie.

Il précise en outre sa volonté de voir un partenariat fort s’établir avec la Région de Bruxelles. Cette façon de voir les choses : concevoir un avenir fort pour la Wallonie et renforcer le partenariat avec la Région de Bruxelles sont aussi au nombre des objectifs de l’ A.W.F.

P. Durieux

L’aventure c’est l’aventure, Elio

Très sollicité, Elio Di Rupo était hier l’invité d’Internationales sur TV5Monde/RFI. Il ne fallait pas s’attendre à des déclarations fracassantes, eu égard à la fonction de Premier ministre endossée par le Montois. Difficile, toutefois, de ne pas l’interroger sur l’avenir de la Belgique.

Xavier Lambrechts, de TV5Monde : On a quand même l’impression que les Flamands se vivent comme un peuple, se vivent comme une nation et donc, peut-être un jour, se vivent comme un Etat… N’est-ce pas inéluctable que la Flandre devienne indépendante ?

Elio Di Rupo : Non, et ne dites pas les Flamands. Il y a un certain nombre de néerlandophones, en effet, qui ont une forme de radicalité, qui ont une volonté de plus grande autonomie, voire l’indépendance, mais il y a aussi une Flandre solidaire, généreuse…

Jean-Pierre Stroobants, du Monde : Quand on vit en Belgique, on s’en rend bien compte, l’opinion francophone est inquiète… Elle se pose des questions sur l’étape d’après. Vous faites le pari que le succès de votre gouvernement pourra contenir cette montée de l’ultranationalisme flamand… Et si ça ne marche pas ?

Elio Di Rupo : Vous n’allez pas demander à un Premier ministre qui entre en charge, dont la responsabilité est de faire réussir des réformes, qu’il envisage que ces réformes ne réussissent pas. Ces réformes doivent réussir et je mettrai toute mon énergie et toutes nos capacités politiques pour faire en sorte que ça réussisse. Les circonstances de demain, personne ne les connaît mais une chose est certaine, c’est que si on ne réalise pas les réformes telles qu’elles sont là, singulièrement les réformes institutionnelles, eh bien nous allons vers l’aventure…

Elio Di Rupo bientôt à l’affiche de L’aventure c’est l’aventure ?

Di Rupo sur TV5Monde : ici .

Johnny Hallyday chante L’aventure c’est l’aventure : ici.

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde