La Flandre en mouvement (suite et pas fin)

André Dumont, Marcinelle

Retour sur l’actualité du mois de décembre avec deux infos supplémentaires.

meise7 décembre : le Jardin botanique flamandisé.

En 1941, le Jardin botanique de Bruxelles déménage à Meise dans le domaine de Bouchout en territoire flamand.

Le transfert de ce joyau scientifique fédéral (18 000 espèces végétales, un herbier de 4 millions de spécimens, une banque de graines, une bibliothèque de 200 000 volumes) est le fruit d’un compromis communautaire qui remonte à 2001.

Malgré l’accord de coopération intervenu dans le cadre des réformes institutionnelles, la flamandisation du Jardin botanique s’est poursuivie d’année en année en toute illégalité.

Lors d’une récente concertation entre Rudy Demotte et Kris Peeters, quelques administrateurs francophones minoritaires ont été désignés comme figurants.

Les fleurs de Meise ont désormais un sexe linguistique.

(Source : Le Soir)

RER 12420 décembre : les lois linguistiques freinent le R.E.R.

La mise à quatre voies de la ligne 124 entre Bruxelles et Nivelles, à hauteur d’Uccle, est mise en péril par une décision rendue par la dixième chambre (flamande) du Conseil d’État en date du 15 octobre 2012.

Motif : une partie, quelques mètres, de la gare de Linkebeek, bien que n’étant pas concernée par la mise à quatre voies, est située en Région flamande.

L’essentiel du tronçon, long de 1307 mètres, situé en Région bruxelloise, est ainsi bloqué.

Les juristes de la chambre flamande considèrent que les documents officiels auraient dû être rédigés en flamand.

(Source : Le Soir)

13 heureuse année 20…13 heureuse année

SONY DSCMadame, Monsieur,

Chère Amie, cher Ami,Kroll, Paul 2013

Celles et ceux qui me connaissent savent que je suis un grand admirateur de Pierre Kroll et que chaque année, je ne manque jamais d’acheter l’agenda de notre célèbre caricaturiste.

Un ami très cher m’a fait cette année un merveilleux cadeau : le Kroll 2013 dédicacé.

Je trouve qu’en guise de cadeau, il est beau de partager cette caricature avec vous qui tout au long de l’année nous avez fait l’honneur de visiter notre site et de lire nos articles.

Je veux aussi vous remercier car grâce à vous, notre site a dépassé en décembre 2012 les 50 000 visites (pour rappel, il est né en mai 2011).

A nos membres, je veux adresser un merci très chaleureux. Sans vous, nous n’existerions pas et le fait d’avoir vu notre nombre de membres progresser de plus de 60 % est pour nous le meilleur encouragement à continuer.

A l’heure où nos dirigeants politiques nous prédisent une nouvelle année de souffrance, à l’heure où certains font de l’égoïsme leur idéal, à l’heure où la cupidité de milliardaires cherche à imposer sa loi, à l’heure où les commissaires européens dictent aux États des politiques qui créent chômage et pauvreté, à l’heure où l’ Humain est de moins en moins au centre des préoccupations des possédants, à l’heure où les  politiques des États continuent à faire outrage à notre belle planète bleue,  je veux continuer avec vous le rêve d’un monde qui se batte pour l’avènement de la liberté, de l’équité, de la fraternité et du respect de la terre.

Je veux aussi continuer avec vous le rêve d’une Région wallonne qui se batte pour l’avènement d’une société qui se donne un véritable projet politique, non pour 2022, mais pour 2014 parce que l’ urgence existe et que nous refusons le fédéralisme des cons, selon la célèbre formule de M. Delperée. Ce confédéralisme du gouvernement flamand ne peut nous convenir car il donne tout pouvoir à la nation flamande de choisir ce qui est bon pour elle. Le sénateur C.D.h sera-t-il, parmi d’autres élus wallons, le con du confédéralisme ?

Les élections communales et provinciales ont été ce que prévoyaient les sondages. 2014 verra la Flandre pratiquer le chantage et la surenchère. La crise internationale ne fera qu’exacerber ses appétits. Nous connaissons la rengaine : le Flandre fait mieux ce qu’elle fait elle-même sans traîner derrière elle le boulet wallon au travers d’un état fédéral aux compétences de plus en plus minces.

N’est-ce pas Béatrice Delvaux qui a dit que le gouvernement Di Rupo serait peut-être le dernier gouvernement fédéral belge ?

Que 2013 soit pour vous l’année où vous aurez à cœur de peser sur l’avenir de notre Région est, après l’indispensable santé, le souhait que je formule pour vous avec force, sagesse et ténacité.

Fraternellement,paul durieux

Paul Durieux

Et si Bruxelles faisait sécession la première…

Jules GHEUDE, essayiste politiquejules gheude 4

Une opinion publiée le 23 décembre 2012 sur le site du Vif/L’Express.

manneken-pis-noelLe calendrier de Bart De Wever est nettement plus fiable que celui des Mayas.

Il faut souligner avec force que le nationalisme flamand ne se limite d’ailleurs pas à la seule N-VA. Comme le précisait dernièrement Caroline Van Wynberghe, politologue à l’UCL :

« Ce n’est pas un scoop, 100% des électeurs de la N-VA ont voté pour la N-VA, endossant ainsi son programme qui annonce clairement la volonté de tendre vers le confédéralisme. Mais la N-VA n’est pas le seul parti à reprendre cette revendication. Outre le CD&V, l’Open VLD l’a également inscrite dans son programme de 2010 dans une formulation d’ailleurs quasiment identique au programme chrétien. En juin 2010, près de 45% des électeurs belges ont voté pour des partis confédéralistes (ou purement séparatiste dans le cas du VB), ce qui représente 78% des parlementaires du groupe linguistique néerlandais à la Chambre. Les motivations du vote ne comptent pas, seuls le nombre de voix importe. Toute tentative de relativiser ces chiffres n’est pas de nature à envisager l’avenir avec optimisme (ce qui est une question relative et donc absurde pour une analyste politique), mais relève de la politique de l’autruche. »

En 1947, le « sage » Jean Rey déclarait :

« Partout, quand un Etat unitaire est traversé par un mouvement nationaliste, il est impossible qu’il ne finisse pas par craquer. La sagesse est de s’en apercevoir à temps ! »

Aucune réforme de l’Etat ne viendra à bout du nationalisme flamand.

Si la scission de la Belgique apparaît inéluctable, pourquoi les Bruxellois ne prendraient-ils pas l’initiative de la rupture en proclamant Bruxelles « ville libre internationale », ce qui n’a strictement rien à voir avec un district européen (option irréaliste, puisqu’il faudrait, dans ce cas, que tous les Etats-membres se mettent d’accord pour créer une Fédération européenne…) ou un modèle tel que Washington DC.

1° Ils couperaient ainsi l’herbe sous le pied de la Flandre. Car si celle-ci part la première, elle le fera en annexant d’autorité Bruxelles, « sa » capitale ! Cela promet dès lors un beau et long contentieux, qui ne pourrait se régler qu’à l’échelle internationale ;

2° La démocratie est entièrement garantie, puisque tous les habitants de Bruxelles auraient la faculté d’élire leur assemblée et leur gouvernement ;

3° La viabilité financière et la prospérité économique sont assurées (certains experts parlent même de « jackpot » !) ;

4° Cette option n’hypothèque en rien la présence à Bruxelles des grandes organisations internationales et européennes.

Bonne année et bonne santé

bonne année 2013 bisPuisque l’avenir de la Wallonie est entre de bonnes mains, ne gâchons pas les fêtes. Oublions nos petites angoisses et nos doutes lancinants. Tant de choses nous échappent, il vaut mieux ne plus y penser. Le gouvernement gouverne. Le roi veille sur nous. Ne regardons pas l’avenir au-delà de l’horizon 2013. Laissons-nous surprendre. Prenons ce que la vie nous donne. Et donnons ce que nous pouvons donner. Allez, tout n’est pas à prendre au sérieux dans ce message de Noël (alternatif) mais, pour chacune et chacun, quelles que soient ses attaches avec la Wallonie et avec la France, nous souhaitons vraiment le meilleur.

Bonne et heureuse année à tous.

« Je jure fidélité au Roi… »

Une opinion de Georges-Henry SIMONIS

serment magnette« Je jure fidélité au Roi, obéissance aux lois et à la constitution du peuple belge. »

Que de fois cette formule du serment est-elle proclamée en Belgique chaque année, voire répétée à maintes reprises au cours d’une carrière par un nombre incalculable de personnes ?

Parmi celles-ci, par exemple, les nouveaux bourgmestres et échevins issus des dernières élections communales, ou les nouveaux juges et procureurs, les professeurs, géomètres, les huissiers, les agents provinciaux, régionaux…

En Belgique, tout le monde prête serment ! Quelle en est la portée réelle ?

Est-ce à dire que deviendraient parjures celles et ceux qui auraient d’autres idées que celles qui prévalent aujourd’hui dans l’organisation de l’état belge ?

Le problème mérite d’être rencontré, car bon nombre de ceux qui prêtent serment sont en fait républicains plutôt que monarchistes, ou partisans d’un autre état que l’actuel ; ainsi en va-t-il de ceux, de plus en plus nombreux, qui prônent le rattachement de la Région Wallonne ou de la Région Bruxelloise à la France, à défaut d’aucune autre solution satisfaisante telles que le confédéralisme ou l’émergence de nouveaux états indépendants.

Ainsi, sans parler de l’émergence de plus en plus évidente du séparatisme flamand, constatons que, en Wallonie, lors des dernières élections provinciales, plus de 30.000 personnes ont voté non pour des candidats des partis traditionnels mais pour des candidats figurant sur des listes wallonnes ou républicaines.

Disons-le donc clairement : on peut préférer la république à la royauté et faire le choix du retour à la France même quand on prête, ou qu’on a prêté, le serment belge constitutionnel.

Bon nombre de citoyens estiment que, même réduite à un rôle purement et exclusivement  représentatif, une monarchie héréditaire n’est plus de mise aujourd’hui. Tel est le vrai débat, plus sérieux que celui qui spécule sur le nom du prochain roi ou de la prochaine reine.

Il n’est probablement pas non plus de mise de chercher à discréditer d’aucune façon les membres de la famille royale belge : le peuple belge est en quelque sorte solidaire de ce qu’ils sont devenus, au fil des ans. Mais il faut changer.

Cette décision de rupture avec la monarchie doit être encouragée et prendre place dans la conscience collective des Belges, quel que soit le degré de sympathie qu’ils puissent avoir pour les membres de la famille royale actuelle. Il est certain que, vu leurs grandes qualités, ceux-ci  pourront à l’avenir se consacrer à d’autres tâches éminentes au profit de la collectivité, si tel est leur choix ; ils pourront aussi, s’ils le souhaitent, poursuivre les rites de ces familles royales ou princières qui émaillent la planète, de Londres à Monaco… Mais désormais sans le moindre  pouvoir ni la moindre origine  constitutionnelle.

L’évolution doit aussi se faire dans le cadre de l’éducation des enfants : le personnage du « Roi », de « la Reine », des princes et des princesses, est omniprésent dans les contes, les légendes, les chansons enfantines. Les images aussi, dans des milliers de livres ou de films, plus célèbres les uns que les autres.

Que l’on conserve cet imaginaire collectif : soit ; mais que cela n’empêche pas les évolutions sociétales actuelles. C’est la loi de l’évolution depuis des siècles.

Que ceux qui font le choix d’un retour de la Wallonie à la France dans les meilleurs délais en soient bien persuadés : ce n’est pas leur serment au Roi qui doit empêcher leurs convictions, ni leur droit et leur liberté d’en parler.

Ce verrou doit sauter !

Les Wallons paieront

La solidarité des Wallons avec la Flandre, s’élargit aux Pays-Bas.

fyraLa presse narre ces jours-ci les débuts laborieux du nouveau train rapide privé (la SNCB est co-actionnaire) qui relie Bruxelles (plutôt Brussel dans ce cas) à Amsterdam.

Pourquoi pas un tel train !

Mais une lecture attentive montre que, pour répondre aux exigences des Néerlandais, ce train doit être subsidié (11,4 millions € par an) et qu’il le sera, pour moitié, par le contribuable belge, donc aussi wallon.

Or, ce train a peu de valeur ajoutée pour les Wallons.

En outre, pour les Wallons de l’Est, les liaisons Maastricht-Amsterdam sont de qualité.

Quel ministre a négocié cet accord ? P. Magnette ou son prédécesseur en 2005 ou … ? Pas d’information à ce stade.

Sans doute le même que ne gêne pas la suspension/suppression du TGV de la dorsale wallonne vers Paris.

Qui pourra dire si cet investissement de la SNCB est pris ou non sur les 60% octroyés à la Flandre ou sur un poste dé-régionalisé ?

Michel Pieret

SNCB et aéroports wallons : la menace flamande

nollet« On dessine la Belgique de demain », a déclaré triomphalement Jean-Marc Nollet.

Les autorités flamandes se sont déplacées jusqu’à Namur pour négocier directement avec les représentants de la Wallonie et on se réjouit de montrer combien l’entente a été bonne, augurant d’un avenir radieux pour une Belgique en mutation (à ce sujet, voir le dessin de Kroll sur le site du journal Le Soir).

Nous ne cesserons jamais de rester belges, a dit précédemment Paul Magnette. Les querelles entre Wallons et Flamands, c’est ce qui fait de nous des Belges, a-t-il ajouté. Il semblerait que le CD&V songe à se rapprocher de la N-VA en vue du choc électoral de 2014 (à lire sur le site de La Libre) mais souriez car, dans la politique belge, l’automne et le printemps se confondent, le temps des fleurs est revenu, il y a une vie après la vie.

La Belgique change, elle vit : « Pas de solidarité entre la riche Flandre et la misérable Wallonie », c’est la devise nationale de cette nouvelle Belgique à laquelle nous devons croire et nous identifier. Le destin de la Wallonie est d’accepter ce que veut la Flandre.

La Wallonie coûte trop cher à la Flandre, celle-ci veut davantage rentabiliser les avantages de sa position dominante en Belgique. Il ne suffit pas de casser la solidarité qui constitue habituellement les états. Il faut aussi veiller à ce que l’activité économique soit dirigée vers la Flandre.

Le Vif/L’Express publie cette semaine deux articles qui mettent en lumière la façon dont la Flandre agit, discrètement, contre l’intérêt de la Wallonie et de ses habitants. De quoi rendre indécent l’air béat de nos responsables wallons quand ils annoncent une nouvelle ère pour la Belgique joyeuse.

D’un côté, de la communication, bien relayée par nos médias, avec cette rencontre de dirigeants des deux régions/communautés (sans Bruxelles) au parlement wallon. De l’autre, cette « douce » obstination de la nation flamande qui avance ses pions avec pour seul objectif le développement de la Flandre. D’un côté, des paroles. De l’autre, des actes et des écrits.

Voici les deux articles du Vif/L’Express. Cela aidera-t-il quelques responsables politiques wallons à troquer la parole pour des actes ?  C’est notre espoir !

SNCB : l’offensive flamande

Aéroports wallons : le succès qui dérange la Flandre

La Wallonie avec la France en Europe et dans le monde