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La langue française en fête

Visitez le site http://www.lalanguefrancaiseenfete.be/

Pendant une semaine, à l’approche du printemps, la langue française est à la fête !

Du 17 au 25 mars, « La langue française en fête » mobilisera petits et grands dans toute la Fédération Wallonie–Bruxelles, et à Molenbeek, la Ville des mots 2012.

Tout sera prétexte à jouer, à suspendre, à exposer, bref à donner vie aux mots.

Pour cette nouvelle édition, « les mots s’emballent » et nous entrainent dans leur sillage à un rythme effréné. Des mots à « mettre en boite », à envelopper, des mots à offrir, des mots à décliner de mille et une façons pour déballer nos idées et nos envies et emballer nos cœurs !

Depuis 1995, le Service de la langue française de la Communauté française, aujourd’hui Fédération Wallonie-Bruxelles, orchestre cette campagne en collaboration avec le Conseil de la langue française et de la politique linguistique. Cette campagne d’une semaine encadre traditionnellement la journée du 20 mars, Journée internationale de la francophonie. Toutefois, vu le grand nombre d’activités, le programme dépasse ce cadre temporel strict pour s’échelonner sur toute la durée du mois de mars en France, en Wallonie, à Bruxelles et en Francité aux quatre coins du monde.

La Belgique brûle-t-elle ?

Nous reproduisons ici la réaction de Marcel Sel au récent sondage Le Soir/RTL (voir son blog).

Badaboum, le baromètre RTL-TVI/Le Soir est sorti, et ça fait très mal. Tout d’abord, parce que la N-VA continue tranquillement sa progression. Je l’avais prédit, en tout cas, j’avais annoncé que ce serait probable dans un premier temps. Le fait est qu’un premier ministre francophone, une hexapartite avec soutien vert extérieur, ajoutés à la nécessité de la rigueur, ont tout pour ne pas être sexy aux yeux de l’électeur — y compris en Wallonie où le PS perd quelques belles plumes. La question est : cela va-t-il perdurer ? En tout cas, comme je le fais régulièrement, j’ai fait une projection en sièges. Elle est très hypothétique et non scientifique, parce qu’elle ne tient compte que du pourcentage des partis et de la répartition des sièges (88 néerlandophones sur 150). Mais disons que si l’on votait aujourd’hui, la Chambre pourrait ressembler au graphique ci-dessous. Que remarquez-vous ? C’est simple : il n’y a plus qu’une famille politique qui égale la N-VA, avec 36 sièges (39 selon Fabrice Grosfiley). Les socialistes du Nord ajoutés à ceux du Sud font jeu égal. Mais les libéraux doivent se contenter de 25 strapontins, contre 24 pour les démocrates-humanisto-chrétiens. Autre constat : la N-VA et le Vlaams-Belang (les nationalistes) obtiennent plus de 50% des sièges néerlandophones. Imaginez une telle chose au Parlement flamand… Car oui, en 2014, on élira aussi nos parlementaires régionaux. Si ces intentions de votes devaient alors se concrétiser, le roi de la Flandre s’appellerait Bart De Wever, et il n’aurait besoin que d’un seul autre parti pour obtenir une majorité. Gageons qu’il ne choisira pas le Vlaams Belang. Autre constat, la réforme de l’État, qui requiert les deux-tiers des sièges, requiert (mais c’est pratiquement déjà le cas) l’ensemble des partis traditionnels. Il en faut en effet la bagatelle de huit, sans aucune défection ou presque, pour parvenir aux 66,666… % fatidiques. Et il devient tout bonnement impossible de concevoir un gouvernement ayant une majorité en Flandre sans y intégrer, au choix, le Vlaams Belang ou la N-VA. Si Albert II a un jour fait un cauchemar, c’est bien celui-là. Le Vlaams Belang ne va pas bien, c’est un fait. Mais il oscille entre 10 et 12,5 % depuis les dernières élections. Contrairement à l’Open VLD, il ne semble donc plus vouloir chuter. Dans le sondage de la semaine passée (RTBF/La Libre), il reprenait même des plumes piquées à la N-VA. Ceux qui crient à hue et à dia que ce parti est fini (« grâce à Bart De Wever » — je t’en foutrai, moi, des grâce à qui !) vont peut-être un peu vite en besogne. Et par mesure de précaution, je préfère considérer que le Vlaams Belang n’est pas encore enterré. Comme je l’ai déjà dit quelques fois, il doit sa chute d’abord à la disparition de son leader historique (Karel Dillen), et ensuite à la rigidité des « Anversois » (Filip Dewinter avant tout) et aux promesses de réforme non tenues de son président, Bruno Valkeniers, cofondateur du cercle étudiant néofasciste (ou néonazi, c’est selon) NSV. Oui, le Belang a perdu de sa superbe, mais il est aussi revenu vers plus de radicalisme. Un parti noir de noir. Filip Dewinter rappelait encore ce dimanche à un journaliste de Rue89 que son parti était « plus à droite que le FN (français) ». C’est-à-dire à la droite de l’extrême droite. Et même si le VB baissait encore, c’est au profit d’un parti tout aussi radical (belgiquement parlant) qui, à sa différence, a non seulement la capacité de se trouver au pouvoir, mais y est déjà — au gouvernement flamand, et dans un certain nombre de communes. Quant au Parlement belge, les gens de Bart occupent le terrain quasi quotidiennement. On se demande même qui est notre premier ministre, d’Elio di Rupo ou de Bart De Wever, quand on regarde le nombre de passages de l’un et de l’autre à la télévision, particulièrement en Flandre. À l’arrivée, la démocratie belge ressemble aujourd’hui à ce qu’était la démocratie italienne dans ses pires moments : elle est vaporisée façon puzzle. Les partis traditionnels du Nord ne parviennent même plus à faire, ensemble, jeu égal avec les nationalistes. Même la N-VA, seule, ne peut rien avec 36 sièges. Et en face, seule une tripartite traditionnelle serait encore en mesure de former un gouvernement. C’est déjà le cas, me direz-vous ? Oui, mais avec une N-VA aussi dominante, et après 4 ans de gouvernements sans majorité en Flandre (6 en 2014), je pense qu’on peut exclure un accord du type de celui qu’Elio a signé. Et fin du fin, si même la N-VA n’est toujours pas maîtresse du jeu, la vaporisation politique lui profite, puisque son Credo, c’est que la démocratie belge est une hérésie. Et côté flamand, elle est tout simplement in-con-tour-nable. Bref, un tel parlement pourrait bien être notre dernier. Une rumeur veut d’ailleurs que les Wallons n’étaient pas dupes au moment de s’engager dans le gouvernement Di Rupo. Et qu’ils n’y montaient qu’ayant à l’esprit de retarder tant que faire se pouvait l’inévitable: la scission du pays. Au vu de ce graphique, et pour autant qu’il se concrétise, ils avaient raison, tout simplement. Une chose est certaine : si ce scénario devait prendre vie, la seule chose sage qu’il nous resterait à faire serait de gérer la scission. Mais tout n’est pas joué. Nous avons un gouvernement. Il lui reste deux ans et des poussières pour inverser la tendance. Il n’a pratiquement aucun atout dans sa manche. Pire : il doit se faire détester pour maintenir le pays à flot. Il arrive dans ce bas monde que le courage et l’audace la plus folle payent. Mais de vous à moi, je n’y mettrais pas ma main au feu : il se pourrait qu’un jour prochain, dans deux ans à peine, cette actualité devienne brûlante.

Test : le candidat qui vous correspond

Choisissez parmi vos critères puis voyez au programme de quel candidat ils correspondent. Pas mal fait ce test.

Il n’y a pas à dire : les élections françaises au scrutin majoritaire à deux tours sont bien plus passionnantes que les élections proportionnelles avec seuil de 5 % pratiquées en Belgique.

Ici, on donne sa voix et puis on peut juste se taire et laisser faire les présidents des partis traditionnels qui nous bidouillent des accords plus ou moins clairs. Cela donne des majorités contre nature avec le P.S., le C.D.& V, le M.R., le C.D.h, le S.P et l’Open V.L.D. au pouvoir.

En France, on choisit son favori dans un premier temps puis des alliances se nouent en fonction d’un programme clair  entre les deux tours et l’électeur a de nouveau la parole pour se prononcer.

Pas étonnant que les Wallons et les Bruxellois francophones se passionnent pour des élections françaises où, par ailleurs, de multiples débats éclairent le citoyen.

Élections françaises : test sur le  » bon candidat » selon notre critère :

Une bonne nouvelle

Une bonne nouvelle à plus d’un titre : la sécurité des usagers du rail va enfin être mieux assurée. L’industrie wallonne en retirera un avantage certain et enfin des liens renforcés entre Alstom Charleroi et sa société-mère française ne pourront qu’être bénéfiques.

Lu sur le site du « Vif » ce 12.01.12

Infrabel et Alstom ont signé un contrat-cadre d’un montant de 29,5 millions d’euros afin de «poursuivre le déploiement du système de sécurité ferroviaire européen sur le réseau belge», ont précisé mardi les deux entreprises dans un communiqué commun.

Concrètement, le gestionnaire ferroviaire Infrabel a attribué au français Alstom le marché portant sur la fourniture d’équipements TBL1+ et ETCS, «deux technologies assurant le freinage automatique en cas de dépassement de la vitesse autorisée à l’approche d’un signal imposant l’arrêt, ainsi que le freinage automatique en cas de franchissement de ce signal».

«A l’origine, ce sont les 10.747 signaux du réseau ferroviaire belge qui devaient être équipés de balises, précisent les deux entreprises. Grâce à ce contrat, les 4.000 derniers signaux seront dotés de ces technologies essentielles à la sécurité.»

La livraison des équipements, développés par le site Alstom de Charleroi, est prévue de 2013 à 2018.

La France va-t-elle si mal que cela ?

Lorsque l’on a pour projet, celui de notre mouvement, une Communauté de destin entre la Wallonie et la France, il n’est pas inintéressant de confronter deux opinions qui répondent à une question aussi cruciale que : « La France va-t-elle si mal que cela ? ». Dans les jours qui viennent, je me ferai un plaisir de répondre à une autre question : « L’Allemagne est-elle l’exemple à suivre par les autres pays européens ? »

Paul Durieux

Chaque semaine pendant la campagne, Yahoo! Actualités confronte les éditos de Rue89 et Causeur.fr sur un même thème. Cette semaine, Elisabeth Levy de Causeur.fr et Pascal Riché de Rue89 s’interrogent sur l’état de la France. La situation est-elle aussi mauvaise qu’on le laisse entendre parfois ?


Le fantasme du « peuple d’enfants gâtés »

 Par Pascal Riché

Les Français souffrent, la République est méprisée, le pacte social est attaqué, la France est dégradée… François Hollande, candidat souriant du «rêve français» et de la «jeunesse», a choisi d’ouvrir l’adresse aux Français qu’il a publiée dans Libération en brossant une image de notre pays aussi joyeux que le fond d’une tombe. Le candidat d’opposition est dans son rôle : noircir le tableau, c’est noircir le bilan du sortant. Quel candidat d’opposition s’en est jamais privé ?

Quelques jours plus tôt, dans ses vœux aux Français, Nicolas Sarkozy décrivait une crise «inouïe» qui menace d’entraîner la France dans la tourmente. Lui aussi parle des Français qui souffrent. Il n’accuse pas le Président sortant, ce que l’on comprend aisément, mais incrimine «trente années de désordres planétaires dans l’économie, le commerce, la finance, la monnaie». Planétaire signifiant ici «non français».

Musique culpabilisatrice

Ma consœur de Causeur, Elisabeth Lévy, qui se définit comme «pas de gauche», m’a proposé, dans le cadre de notre «battle» hebdomadaire, de mettre en question ce sombre diagnostic. Selon elle, on exagère un chouïa la situation de la France (allez donc voir les conditions de vie des autres Terriens), et en accusant sans cesse la haute finance internationale, les Français (ces enfants gâtés), ne prendraient pas leurs responsabilités. Si on est dans le pétrin, ce serait parce qu’on l’aurait choisi, accepté. Après tout, quand la Bourse flambait dans les années 1980, les Français acclamaient avec liesse la libéralisation de la finance.

Je connais bien cette petite musique : celle qui consiste, au nom du «sens de la responsabilité», à faire porter sur les Français le poids de ce qui leur arrive. Dans les années 90, à l’époque où le chômage grimpait en flèche à la suite d’une politique monétaire désastreuse, cette musique culpabilisatrice était déjà jouée par les défenseurs de la libéralisation financière engagée la décennie précédente.

Qu’on se souvienne de cette note de la Fondation Saint-Simon, le think tank de la gauche «raisonnable», intitulée «La préférence française pour le chômage». Les Français, expliquait son auteur, Denis Olivennes, avaient implicitement choisi d’accepter un niveau de chômage élevé, prix à payer pour préserver leur modèle social.

Puis a déferlé, le temps d’une mode intellectuelle, la horde des «déclinistes» précédés de leurs mines lugubres, annonçant que la France «tombe». En creux, derrière ce courant de pensée, gisait l’idée que la France n’est pas capable de «s’adapter» au monde nouveau, préférant se lover dans ce qui lui reste de modèle social. Là encore, le remède suggéré passait par sang, sueur et larme.

Il n’y a pas de «préférence française» pour la crise

Le débat sur la dette publique a remis au goût du jour la petite musique sacrificielle. Après tout, nous explique-t-on, c’est parce que les Français ont préféré se complaire dans un confort indécent (des retraites longues, les 35 heures, des services publics luxueux…) qu’ils lèguent à la génération suivante une dette insoutenable… La génération 68 (forcément des jouisseurs sans entrave !) est responsable. Il est temps de renouer avec l’effort et le travail, de sortir de notre aveuglement collectif, bla-bla-bla.

Tous ces discours ont en commun de rendre le peuple responsable de politiques erronées mais qui ont profité le plus souvent aux Français les moins modestes de ce pays. Je ne crois pas que les chômeurs aient jamais acclamé la libéralisation financière dans les années 80. Je ne pense pas que les précaires aient glorifié la politique monétaire restrictive des années 90. «Ceux qui sont pour le franc fort, ce sont ceux qui ont des francs», plaisantait avec lucidité l’économiste John Kenneth Galbraith, de passage en France.

Quant à la croissance de la dette, penser que les 50% des Français les plus modestes, qui se partagent seulement 6% du patrimoine, en sont responsables est assez risible… quand on sait que les 1% du haut de l’échelle détiennent désormais 24% des richesses.

Il n’y a pas plus de «préférence française» pour la dette qu’il n’y en a pour le chômage ou pour le retour des rentiers. Il y a des choix politiques erronés, mais — et c’est la bonne nouvelle — réversibles.

Hollande comme Sarkozy ont raison d’être sombres dans leur description de l’état du pays et de constater que la France «souffre». Le problème, c’est que ces remèdes qu’ils proposent, jusque-là, sont loin d’être à la hauteur de l’enjeu. Hollande n’a, de ce point de vue, pas encore réussi à se démarquer clairement de Sarkozy. Il veut faire « mieux », au lieu de faire autre chose.

Face à la gravité de la crise, c’est l’ensemble du lien social qu’il faut repenser, c’est un autre modèle de société qu’il faut inventer. Avec un peu de chance, 2012 sera ce que tous vos amis (et moi-même) vous souhaitent cette semaine : une bonne année.

Pascal Riché

Aller plus loin sur Rue89 :

Après la France, l’empire américain angoisse sur son déclin

 2012, année apocalyptique ?

 Par Elisabeth Levy

Pour vous je ne sais pas, mais pour moi, 2012 c’est déjà mal barré. Il y a une semaine, je me trouvais chanceuse de vivre dans un pays où les raisons de rigoler ne manquent pas — et je ne parle pas seulement des célèbres colères de la présidente Choly. Dans les dernières blagues de 2011, j’aime particulièrement celle où Bertrand Delanoë autorise une paroisse à exposer une Crèche à condition qu’elle soit dépourvue de toute connotation religieuse — dans l’une de ces immondes petites baraques blanches qui, chaque année à la même époque, défigurent plusieurs avenues parisiennes. Je me disais qu’on allait bien s’amuser avec la chouette baston présidentielle qui s’annonce. Autant vous dire que c’est réussi. En une semaine, avec leurs vœux, nos aimables politiques m’ont flanqué un cafard monstre. Droite, gauche, majorité, opposition, pas un pour rattraper l’autre. Pour une fois qu’ils sont tous d’accord, c’est pour nous répéter qu’on en bave et qu’on va en baver encore plus. Ça a commencé le soir du 31 avec les vœux du Président qui nous a dit que c’était la crise la plus grave qu’on ait connue depuis 1945 et que ça ne faisait que commencer. Et j’ai décidé d’arrêter après avoir lu la lettre de François Hollande — oui, François Hollande m’a écrit. Mais je mentirais en disant qu’il m’a remonté le moral. Il me raconte que la France est «abaissée, affaiblie, abîmée, dégradée». Il aurait au moins pu faire l’andouille, je ne sais pas, lever les bras comme un tire-bouchon en promettant qu’elle serait bientôt libérée. Bernique.

Benoît Hamon accuse le Président, le Président accuse la finance. Chacun joue sa partition, mais on dirait qu’il n’y a que des marches funèbres en rayon. De Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, c’est la même chanson : nous vivons un enfer. Les Français endurent de graves difficultés et même de terribles souffrances. Je me demande si c’est moi qui vis sur une autre planète ou si nous avons collectivement perdu tout contact avec le réel. Les gens que je croise dans la rue, le RER ou la vie ne paraissent pas tous désespérés — d’accord, ça ne se voit pas forcément — ni affamés, ni misérables. Au cas où ça vous aurait échappé, le week-end qui a marqué la fin des vacances scolaires a été classé «rouge» par Bison futé, peut-être des gens partis chercher à la campagne de quoi échapper aux duretés du rationnement.

Vous trépignez ? Relisez Les raisins de la colère : en 1929, des petits fermiers américains mouraient de faim pour de vrai. En 1960, alors que la France s’adonnait au bonheur de la croissance, des familles voyaient leur fils partir à la guerre. Et aujourd’hui, dans l’Espagne voisine, des centaines de milliers de personnes ne perçoivent plus le moindre revenu.

Je sais que des millions d’entre nous sont déjà condamnés au chômage et que beaucoup vivent dans l’angoisse d’y passer. Je sais qu’on attend des heures aux urgences des hôpitaux, que le RER est souvent en grève ou en panne, que la machine à laver ou la voiture qui lâchent peuvent être une catastrophe pour un budget calculé à dix euros près. Je sais que des mères seules doivent compter sur le Secours populaire ou les Restaus du cœur pour nourrir leurs gosses. Je sais que 7,5 % des Français vivent en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec 800 euros par mois. Je sais enfin, et c’est peut-être le plus grave, que certains de mes concitoyens travaillent sans pouvoir vivre décemment du fruit de leur travail.

Mais il n’est pas sûr que ce soient ceux qui souffrent le plus qui se plaignent le plus. Certes, la vie des Français appartenant aux classes moyennes comme vous-et-moi est plus difficile que dans les périodes plus fastes. Nos banquiers nous refusent des crédits et nous enquiquinent pour un misérable découvert. Pour aider le petit dernier à s’installer, il a fallu passer les vacances en Bretagne plutôt qu’aux Bahamas. Nous hésitons à aller voir un médecin dès que nous nous sentons vaguement patraques. Il faut expliquer aux mômes qu’ils doivent choisir entre la dernière console de jeux et les baskets dernier cri.

Je ne veux pas vous faire le coup des petits Chinois qui meurent de faim mais peut-être sommes nous un peu des enfants gâtés. A force de brailler sur le supposé détricotage de notre modèle social, on ne voit pas que le filet social, même avec des mailles plus larges qu’hier, offre une sécurité impensable il y a seulement 30 ou 40 ans et toujours inconnue dans les prétendus eldorados que sont les pays émergents. À titre indicatif, la France consacre plus de 30 % de son PIB à la protection sociale ce qui en fait la championne des pays européens. Nous nous étranglons de rage parce qu’il y a des gens très riches, ce qui personnellement ne m’empêche pas de dormir, et préférons ignorer que 60 des revenus distribués sont des revenus de transfert — ce qui aux yeux d’un Américain fait de la France un pays communiste. Nous pleurons sur notre sacro-saint pouvoir d’achat, alors que beaucoup d’entre nous ont une existence matérielle plus confortable que celle de leurs parents sous les mythologiques Trente glorieuses. Et pour finir nous accusons l’État qui n’en fait jamais assez pour nous.

Bref, nous sommes devenus un peuple de créanciers : toujours victimes, jamais responsables. Alors, que nos dirigeants aient fait de mauvais choix, c’est plus que probable. Mais outre que nous les avons élus, ces dirigeants, et que nous élirons encore, ces choix nous les avons acceptés et même souhaités. Nicolas Sarkozy a dit que la crise, c’était la faute à «la finance». Sauf qu’on trouvait tous ça chouette la finance quand, en boursicotant avec trois sous on pouvait en gagner 20 sans rien faire. Nous sommes justement révoltés par les délocalisations mais pensons qu’acheter un écran plat ou un i-Phone à bas prix est un droit de l’homme. D’où la palinodie sur la TVA sociale. Qu’il faille financer la protection sociale, cela relève de l’évidence — encore que certains semblent imaginer que l’État a un magot provenant d’autre chose que du fruit de notre travail à tous. Il s’agit de choisir si nous préférons être imposés quand nous travaillons ou quand nous consommons — et en l’occurrence quand nous consommons des produits importés de pays à bas coûts salariaux. Mais nous, nous voulons produire français et acheter chinois. Pourquoi se casser la tête ? Protestons contre les effets dont nous chérissons les causes.

Alors, plutôt que de pleurnicher sur notre sort, peut-être devrions nous nous intéresser pour de vrai, et pas seulement en écrasant une larme devant un JT, à ceux qui ne s’en sortent pas — et dont le problème n’est pas d’avoir pris une semaine de vacances et pas deux à Noël. D’accord, tout va mal, mais au risque de passer pour atrocement ringarde, je suis sûre que ça ira mieux quand, au lieu de recenser en boucle tout ce que notre pays ne fait pas pour nous, nous nous demanderons ce que nous pouvons faire pour notre pays – et pour commencer pour notre voisin qui est vraiment dans la mouise. Tant pis si cela nous oblige à repousser de six mois l’achat d’une nouvelle bagnole.

Elisabeth Lévy

Ce qu’en pense Jean Quatremer

Jean Quatremer, c’est un peu « les yeux et les oreilles de la France à Bruxelles ». Allergique aux manifestations les plus mesquines du nationalisme flamand, il a parfois donné l’impression de voir la Belgique à la façon du FDF. Il est donc intéressant que, dans sa longue analyse de la situation politique en Belgique, il pointe notamment ceci :

« Le FDF, dont le fonds de commerce est la défense des Francophones, et qui a quitté les libéraux du MR au lendemain des accords communautaires, n’est donné qu’à 6,5 % à Bruxelles et son leader, Olivier Maingain perd 6 points de popularité dans l’affaire (à 14 %). Ce qui confirme que les Wallons se fichent des Bruxellois et que les Bruxellois se fichent des Francophones de Flandre, assimilés à des « bourgeois qui ne veulent pas apprendre le néerlandais ». S’il existe une nation au nord du pays, il n’existe clairement pas de « nation francophone ». »

Pour le reste, la conclusion de Jean Quatremer est sans appel : « …le volcan est loin, très loin d’être éteint et la prochaine réforme de l’État, la septième, est déjà sur les rails alors que l’encre de la sixième est à peine sèche ».

Pour l’intégralité de l’analyse : ici.

La Belgique, le pays où l’impôt n’est pas juste

Sur le site du Vif.be, nous pouvons lire :

jeudi 01 décembre 2011 à 11h53

Pour certaines entreprises, la Belgique reste un paradis fiscal. Les mille sociétés belges qui ont engendré le plus de bénéfices en 2010 ont été imposées l’année dernière à concurrence d’un tarif moyen de 5,73%.

Le quotidien flamand De Standaard a révélé ce jeudi matin, sur base de calculs livrés par le PTB (Parti du Travail de Belgique), que le taux moyen d’imposition des mille sociétés belges qui ont enregistré les plus gros bénéfices en 2010 était de 5,73%.

Le PTB a ainsi sélectionné les mille entreprises qui avaient enregistré les bénéfices les plus importants l’année dernière et a examiné combien d’impôts elles avaient payés. Le bénéfice total de ces sociétés s’élevait à 57 milliards d’euros. Elles n’ont payé, ensemble, sur ce montant, que 3,3 milliards d’impôts ; environ 5,73%. Le tarif nominal officiel se chiffre néanmoins normalement à 33,99%, selon De Standaard.

Si ce tarif était appliqué à ces bénéfices, les impôts s’élèveraient alors à 19,4 milliards d’euros. Les mille entreprises ont de cette manière bénéficié d’une réduction fiscale de 16,1 milliards d’euros.

Ces sociétés ne trompent néanmoins pas le fisc, précise le PTB. Elles ne font qu’utiliser, habilement, les possibilités fiscales existantes en Belgique.

Les rois du monde

« Les marchés faisaient déjà les programmes des gouvernements. Ils font maintenant les gouvernements, mieux encore : ils désignent les leurs comme Premiers ministres ! »

Ainsi commence la dernière chronique d’Hugues Le Paige (RTBF). Sa conclusion ne manque pas d’inquiéter :

« Le paradoxe est énorme : voilà donc ceux qui, depuis 2008, ont plongé le monde dans la crise, à la tête de gouvernements et d’institutions européennes. Je ne sais pas si on mesure bien ce que nous sommes en train de vivre.

« Jamais depuis la crise de 1929, le monde occidental n’a vécu ce double mouvement tragique d’une régression sociale d’une violence inouïe et d’une perversion de la démocratie aussi patentée. Le dérèglement du monde avec son cortège de malheurs et, sans doute un jour, de violences n’en est qu’à ses prémices. »

Pour l’intégralité du texte : ici.

Mouscron plus que jamais dans la banlieue de Lille

Le LOSC, club de football de Lille où joue encore Eden Hazard, champion de France en titre, entre dans le capital du Royal Mouscron-Peruwelz (ce club a succédé à l’Excelsior Mouscron mis en liquidation en 2009 et il est actuellement premier de la division 3 A). Le communiqué du club français, à découvrir sur son site, indique notamment que « L’optique pour le LOSC, en tant que club frontalier, de s’ouvrir au territoire belge, tant au niveau populaire que commercial, peut également s’avérer stratégique et constructive. Elle est en parfaite cohérence avec l’émergence de l’ « Eurorégion » et le développement des relations économiques transfrontalières entre la France et la Belgique. »

Pour l’intégralité du communiqué : ici.