Selon un dernier sondage, publié dans Het Laatste Nieuws (lien), Bart De Wever partirait largement favori des prochaines élections communales à Anvers. Un nouveau séisme politique en Flandre ?
Voir l’info sur le site de La Libre : ici.
Ce fut, hier soir, le programme le plus regardé en Belgique francophone : voir l’info de l’AFP sur le site du Soir.
Et c’est Béatrice Delvaux qui l’écrit. Pour un journal flamand. A lire ici.
Lu dans « La Libre » de ce 17.04.12 (lien) pour celles et ceux qui refusent de vivre la tête dans le sable…! Nous ne pouvons que répéter qu’il est urgent de se préparer sérieusement à la séparation, qu’on le veuille ou non…!
Paul Durieux
Céline Préaux, docteur en histoire de l’ULB, retrace l’histoire des relations compliquées entre Flamands et francophones.
Les problèmes linguistiques empoisonnent notre pays quasiment depuis sa création. Le problème plus que persistant qui existe entre les deux grandes communautés linguistiques du pays trouve sa source dans une situation flamando-flamande. C’est l’une des choses expliquées par Céline Préaux, docteur en histoire de l’ULB dans un ouvrage qui vient de paraître et qui s’intitule La fin de la Flandre belge, relève la Dernière Heure.
« En Flandre, les Wallons et l’ensemble des francophones sont
pointés du doigt alors qu’au départ, la frustration des Flamands est née à l’égard des francophones de Flandre. Ces francophones de Flandre étaient flamands et par ascension sociale, ils ont adopté le français. Ils mettaient ainsi une barrière avec le reste de la population qui parlait flamand. »
Les conclusions livrées dans son livre par l’historienne sont d’ailleurs assez négatives pour l’avenir : « La Flandre ne fera jamais marche arrière. Il n’y aura jamais de reconnaissance des francophones de Flandre comme minorité. Une homogénéisation linguistique de la Flandre est apparue dans les années 30 et dans les années 60 avec la mise en place de la frontière linguistique et la fin du recensement. Cette homogénéité est totale. Le mythe fondateur de la Flandre s’est mis en place avec l’identification d’un ennemi commun qui est le francophone. Désormais, c’est la Flandre avant tout. La vision de la Flandre est avant tout ethnique et c’est assez négatif. »
On ne connaît évidemment pas le nombre exact de francophones qui vivent en Flandre, faute de recensement, mais selon certaines études crédibles, le nombre important de 300.000 est régulièrement cité. « Les francophones de Flandre sont amenés à disparaître. Leurs associations sont en train de s’éteindre et ils ne sont pas optimistes pour l’avenir. Ils ont cette peur de disparaître et cette peur est totalement légitime. On leur a supprimé l’enseignement et l’administration dans leur langue. »
On peut donc en conclure qu’à moins que la Flandre ne revoie ses mythes fondateurs construits manifestement sur du sable et que la vision historique qui prédomine en Flandre ne se tienne d’une plus grande objectivité, le mal devrait inévitablement s’approfondir entre les deux grandes communautés du pays.
Stéphane Tassin
Il suffit de s’informer pour saisir la dynamique flamande. André Dumont fait le point sur ce qu’il a lu récemment dans le journal Le Soir à ce propos. Il va sans dire que la Wallonie est concernée.
La Banque Nationale cite les chiffres à l’exportation belge pour l’année 2011 : 82,54 % pour la Flandre, 15,51 % pour la Wallonie et 1,95 % pour Bruxelles. Ces chiffres représentent une augmentation de 11,6 % pour la Flandre, par rapport à l’année 2010. Kris Peeters déclare : « La Flandre reste le moteur de l’économie belge. »
12 mars : Elections communales d’octobre 2012
Sondage Ipsos-Le Soir : « La Flandre est en route vers la révolution d’octobre ! » Crédité de 38,4 % des votes et d’un potentiel de 50,8 %, le parti de Bart De Wever, la N-VA, écrase tous les autres partis de Flandre. En additionnant les résultats du CD&V (15,7 %), du SP.A (13,3 %) et de l’Open VLD (10 %), vous obtenez le vote de la N-VA.
13 mars : Affaires étrangères
Profitant d’une délégation économique au Vietnam conduite par le Prince Philippe, Kris Peeters, Président du gouvernement flamand, a brûlé la politesse au ministre des Affaires étrangères Didier Reynders en se rendant en Birmanie à la tête d’une délégation de 28 entreprises flamandes.
14 mars : Armée
Le député Bert Maertens (N-VA) et son collègue Jan Jambon (N-VA) se sont rendus en novembre dernier à La Haye pour explorer les pistes d’une coopération militaire belgo-néerlandaise. La N-VA met ainsi en avant un projet orangiste « d’armée des Pays-Bas ».
Le VOKA, l’association flamande des patrons flamands, a transféré son siège d’Anvers à Bruxelles. Cette étape s’intègre dans la nouvelle stratégie du VOKA : « augmenter sa force de frappe et son efficacité ».
26 mars : Armée
La flamandisation de l’armée progresse : 7 généraux sur 10 sont néerlandophones. 80 % des représentations militaires internationales (EU, OTAN, Eurocorps) sont néerlandophones. 3 composantes de l’armée (Air, Terre, Médicale) sont néerlandophones, 1 composante (Marine) est francophone à Ostende… Les dernières nominations sont intervenues le 12 mars 2012.
29 mars : Sidérurgie
Avec la fermeture définitive de Carsid à Charleroi, c’est le dernier haut-fourneau wallon qui disparaît. Sidmar à Gand maintient ses activités et augmente sa production.
29 mars : SNCB
Malgré une superficie plus petite, la Flandre bénéficie d’un réseau ferroviaire plus étendu qu’en Wallonie, alors qu’en 1980 la Wallonie disposait de 350 km de voies supplémentaires.
30 mars : Institutionnel
A la demande de la N-VA, la réforme de l’Etat s’accélère. Priorité : scission de BHV, nomination des bourgmestres et financement de Bruxelles. Les textes de lois sont prêts : 200 pages en modifications constitutionnelles et législatives. « Document historique », déclare Melchior Wathelet qui savoure la défaite des francophones.
30 mars : Football
Les présidents des 6 premiers clubs de la D1 du football belge sont d’accord pour envisager un championnat commun avec les Pays-Bas. Ce sera la Be.Ne.Liga.
Peut-être est-il encore opportun de rappeler ces propos de Charles de Gaulle : « C’est un drame pour le peuple wallon, dont le passé est si remarquable, de dépendre aujourd’hui d’un autre peuple qui ne fera rien d’autre que de l’étouffer en attendant de l’absorber un jour. »
A SUIVRE…
De Liège à Paris, ce sera le programme du Tour de France en 2012. Mais c’est aussi sur le plan culturel que Liège entend se donner une griffe parisienne.
Il y a beaucoup à dire sur ce qui attache Liège à Paris. Cela touche à l’identité liégeoise, à son caractère principautaire, à son besoin d’exister à côté de Bruxelles. En 1789, la principauté de Liège, dont la fête nationale célébrait une ancienne victoire sur les Brabançons (en 1213), n’envisageait nullement de s’associer aux Etats belgiques unis. Capitale d’une principauté ecclésiastique relevant du Saint-Empire, Liège n’en regardait pas moins vers Paris depuis le Moyen Âge.
Certes, la mémoire collective a perdu le fil de cette histoire, et les supporters du Standard préfèrent l’OM au PSG. La proximité de Bruxelles est devenue un atout. L’Euregio Meuse-Rhin offre des opportunités nouvelles. Mais les autorités liégeoises ont compris tout l’avantage de leurs relations privilégiées avec la France et avec Paris.
Retenez donc ceci : Paris-Liège, c’est désormais un important prix littéraire organisé conjointement par la Ville de Liège et la Ville de Paris. Le Vif/L’Express revient sur cette information communiquée il y a dix jours par la presse quotidienne. Nous reproduisons ici l’article de Valérie Colin.
Consultez régulièrement le site du GEWIF. Jules Gheude y poursuit son travail d’analyste. L’article qui suit, publié par le quotidien Vers l’Avenir (lien), est inspiré de ses réflexions.
La France pourrait être aussi forte que l’Allemagne si elle intégrait la Wallonie… C’est l’analyse de Jules Gheude, coordinateur du Gewif. Selon lui, le prochain président français sera confronté à la dislocation de la Belgique.
RTL-TVI et Le Soir sortaient, ce lundi, leur baromètre politique. Grand vainqueur : la N-VA de Bart De Wever avec quelque 38 % d’intentions de vote, ce qui représente une hausse de 10 % par rapport aux élections de juin 2010.
Ce tsunami ne laisse pas indifférent Jules Gheude, coordinateur du Groupe d’études pour la Wallonie intégrée à la France. Selon lui, il ne faut pas être politologue avisé pour en tirer conclusion.
« La N-VA est aujourd’hui aussi forte que les trois partis flamands de la majorité fédérale réunis, explique Jules Gheude. Et avec un réservoir de voix estimé à 50,8 %, Bart De Wever est, plus que jamais, l’homme fort de la Flandre, en passe de réussir son pari. » Celui, pointe Jules Gheude, de permettre l’envol d’un Etat-nation flamand à très court terme. Conséquence : « Le prochain président français peut donc s’attendre à être confronté à la dislocation du Royaume de Belgique. »
Pour le coordinateur, la Wallonie sera pourtant très loin d’avoir opéré son redressement économique. Seule solution… « Comme l’ont démontré les analyses du GEWIF, seule une intégration à la France avec, dans un premier temps, un statut particulier – que permet la constitution française – peut garantir un avenir stable à la population wallonne. Le général de Gaulle en était d’ailleurs intimement convaincu. »
L’intérêt qu’en retirerait la France ? Evident selon Jules Gheude : « En accroissant, de manière tout à fait pacifique, son territoire et sa population, elle réduirait sensiblement son différentiel avec l’Allemagne. »
Qui plus est, la Wallonie dispose d’une position géographique stratégique, avec des infrastructures de communication efficaces, note encore le coordinateur. Qui pousse le parlement wallon à engager au plus vite un débat sur la question.
Elio Di Rupo l’a bien dit : pour sauver la Belgique, il faut que le cd&v, le sp.a et l’open vld sortent renforcés de leur expérience gouvernementale. Au vu du dernier sondage, cela s’annonce mal, à moins que le Premier ministre ne sacrifie davantage les intérêts de son propre parti, annoncé en net recul… Dur dur d’être un héros.
Pour une analyse détaillée du Grand Baromètre RTL-TVI/Ipsos/Le Soir, cliquer ici (Le Soir) et là (RTL).
Notre ami Guy Bertrand nous fait suivre l’entretien qu’accorde Jérôme Jamin, professeur à l’ U.L.G., au journaliste Vincent Rocour de « La Libre ».
Pour Jérôme Jamin (ULg), la Flandre vire à droite. Il explique pourquoi.
Jérôme Jamin est politologue à l’ULg. A l’initiative de Re-Bel, un think tank de réflexion politique réunissant des chercheurs francophones et flamands, il a rédigé un article sur la droite en Flandre. Sa conviction est la suivante : « Je suis sûr que la Flandre vire à droite et je peux dire pourquoi. En revanche, je ne suis pas sûr que la Wallonie vire à gauche et je peux encore moins l’expliquer« .
Comment êtes-vous arrivé à ce constat ?
Je suis parti d’un auteur incontournable, Norberto Bobbio. Bobbio dit, pour faire simple, que personne ne conteste les inégalités. Mais il distingue l’homme de droite qui considère que les gens sont plus souvent inégaux qu’égaux et l’homme de gauche qui va espérer plus d’égalité. L’homme de droite pense qu’une certaine dose d’inégalités est nécessaire pour pousser les gens à être méritants, responsables, etc.
C’est le discours porté par la N-VA…
C’est ce que j’appelle le discours producériste. Un exemple-type, c’est le Tea Party aux Etats-Unis. C’est un courant que l’on pourrait qualifier de populiste, simplificateur, mais très efficace pour les électeurs.
C’est-à-dire ?
L’idée, c’est que le producteur, celui qui bosse, est écrasé par des parasites en haut et en bas de l’ordre social. En bas, ce sont les chômeurs, les réfugiés, les trafiquants de drogue accusés par le travailleur de vivre sur son compte. En haut, il y a des pseudo-élites qui se sont infiltrées dans les hautes sphères du pouvoir, au Congrès, dans les syndicats, dans le monde de la finance. Ils sont considérés comme des parasites parce qu’ils ne produisent rien, mais sont bien payés. Le producteur voit même une alliance objective entre les parasites d’en bas et les parasites d’en haut. Le Tea party est ainsi parvenu à faire passer le président Obama comme un communiste qui se soucie davantage des parasites en bas de l’ordre social que des blancs qui payent leurs taxes.
Quel lien avec la Flandre, avec la N-VA ?
Le modèle producériste marche très bien en Flandre aussi. Bart De Wever reproduit un discours qui s’inscrit complètement dans ce schéma. Il y a un peuple payeur de taxes, bosseur, courageux, honnête, qui travaille à la sueur de son front : c’est le Flamand. Mais ce peuple est écrasé par des parasites en haut et en bas de l’ordre social. En bas de l’ordre social, il y a les Wallons et en partie les Bruxellois francophones, qui sont paresseux, allocataires sociaux, vivant au crochet du Flamand laborieux. Et en haut de l’ordre social, il y a l’Etat-PS. Tout récemment, De Wever a dit ceci : « Les syndicats, et singulièrement les syndicats rouges, jugent nécessaire de provoquer de graves dégâts économiques à notre pays, c’est irresponsable et même incompréhensible puisque ce sont leurs amis qui siègent au 16 rue de la loi ». On retrouve ici l’idée d’une connivence entre l’élite d’en haut et les parasites d’en bas. C’est un discours efficace et qui présente l’avantage de ne pas être raciste. Le Vlaams Belang s’était cassé la figure là-dessus.
Ce discours n’est pas propre à la N-VA…
Non. Il y a dans toute la Flandre une vénération très poussée de la notion de mérite et de responsabilité
La Wallonie en est l’opposé ?
On ne peut pas dire que la Wallonie vire à gauche. Ecoutons les ministres socialistes wallons. De plus en plus, ils parlent de compétitivité, de responsabilisation, d’activation des chômeurs. Mais la logique producériste a quand même du mal à s’imposer dans le sud du pays. Le Flamand n’apparaît nullement comme un paresseux aux yeux des Wallons. Et l’Etat fédéral n’est pas perçu comme un ennemi.
Et dans le futur ?
Le producériste active moins un clivage gauche-droite qu’un clivage système-anti-système. Tôt ou tard, ce discours arrivera en Wallonie. Mais je le vois plus dans le discours de l’extrême droite ou du Parti populaire que dans celui du MR.
En tout cas, elle a publié sur son site l’analyse du politologue Laurent Bouvet, Professeur de Science politique à l’Université de Versailles : selon celui-ci, l’élection présidentielle se gagne avec les classes populaires « et le candidat socialiste ferait bien de s’en souvenir ».
« Ce qui implique de sa part un programme économique et social à la hauteur des attentes, fortes en période de crise et après la déception suscitée par Sarkozy, mais aussi un projet de société tout aussi cohérent et rassembleur sur les » valeurs » : culture, nation, laïcité, République… Les deux dimensions sont indispensables », écrit notamment Laurent Bouvet.
Pour l’intégralité du texte, lire ici.