A découvrir, notamment, dans Le Soir et sur le site de RTL. Pour l’article du New-York Times, lire ici (cliquer sur le 2 pour la Belgique).
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« La France, c’est l’avenir »
Le site de « La Libre » donne la parole à Laurent Brogniet, Président du RWF, qui annonce que son parti sera présent dans tous les districts provinciaux hormis Bouillon.
RWF : « La France, c’est l’avenir » 
V.d.W.
Les rattachistes présentent des listes dans les provinces wallonnes. Elles seront les futurs départements, le jour où la Belgique s’évaporera…
Pour les rattachistes – ils préfèrent se dire « réunionistes » – ce fut un petit événement : le dernier baromètre « La Libre »/RTBF a accordé au mouvement 4,2 % d’intentions de vote, soit le double par rapport au dernier sondage de juin dernier. Autant dire que ce chiffre a donné des ailes au RWF (Rassemblement Wallonie-France) et à son président, Laurent Brogniet. Car pour lui, 4,2 % dans les sondages, cela fait au moins 6 % voire 7 % dans la réalité.
Au prochain scrutin local du 14 octobre, le RWF ne sera pas présent dans les communes : le programme ne s’y prête guère. En revanche, les rattachistes ont déposé des listes dans tous les districts provinciaux, sauf à Bouillon. Car le RWF est un des seuls partis qui souhaitent le maintien des provinces : « Dans le cadre de la réunion de la Wallonie à la France, la Région wallonne deviendrait la 23e Région de France au même titre que la Bourgogne, la Picardie, la Lorraine. Quant aux provinces, elles (re)deviendraient des départements français », explique Laurent Brogniet, le président du mouvement.
Le RWF souhaite d’ailleurs renforcer certaines compétences provinciales de manière à ce que les deux institutions (provinces et départements) puissent coller au moment de l’éventuel rapprochement. « Nous sommes partisans de la création d’une Cour des comptes régionale car actuellement la province est une institution peu transparente : il faut améliorer sa démocratisation et son contrôle. »
Curieusement, les rattachistes wallons ne lient pas leur sort aux francophones de Bruxelles. Pourquoi désunir les francophones face à la menace brandie par les séparatistes flamands ? « Tout d’abord, la scission n’est pas une menace, mais une certitude. Que ce soit une évaporation à la De Gucht ou une scission plus brutale. Ensuite, notre programme englobe aussi Bruxelles. Nous plaidons pour le rattachement de la Wallonie, 23e Région, mais aussi de Bruxelles, 24e Région. Nous n’avons pas déposé de liste à Bruxelles parce qu’il n’y a plus de province. Mais au moment du rattachement, chacun pourra se prononcer en toute indépendance », explique Laurent Brogniet.
Cela dit, pourquoi préférer un rattachement à la France à une Fédération Wallonie-Bruxelles, qui, selon l’économiste Michel Quévit, serait viable puisqu’elle aurait un Produit intérieur brut équivalent à la Flandre ? « Michel Quévit est le seul économiste qui se montre aussi optimiste. Tous les autres disent que ce serait impossible, sauf à perdre 20 % de pouvoir d’achat », soupire Laurent Brogniet.
Reste qu’une grande majorité de Wallons et de Bruxellois se sentent Belges et pas Français : « Là est le drame. Aux dernières élections, la Flandre a voté à droite et flamand, les Wallons ont voté à gauche et belge. Mais les sondages sont là : si la Belgique venait à disparaître, les Wallons choisiraient à 49 % l’option française. »
Il s’agirait donc d’un rattachement à la France par dépit et non par amour. « Nous, nous sommes rattachistes de cœur, d’autres le sont par raison. Si les Wallons veulent conserver leur niveau de vie, ce sera la seule option possible. D’ailleurs, il y a bien plus de rattachistes au MR ou au PS. Mais ils n’osent pas l’avouer. Le jour où la Belgique tombera en déliquescence, les premiers qui seront à Paris pour conserver leurs postes, ce seront des gens du PS et du MR. Nous nous contentons de préparer le terrain, de faire ‘le sale boulot’. Mais ce sont les responsables actuels qui iront négocier le rattachement. »
Pourquoi se rattacher à un pays qui semble avoir tant de difficultés économiques, budgétaires, sociales ? Le mouvement est inverse : ce sont les Français les plus fortunés qui viennent en Belgique. « Dire que cela va mieux en Belgique, c’est de la propagande. Regardez le niveau de la dette publique française et belge. Comparez les soins de santé, l’enseignement, l’état des routes. Il n’y a pas de comparaison possible. La Wallonie est bien en deçà de la moyenne européenne, la France bien au-dessus. Vous vous êtes prononcé dans la banlieue de Liège, de Charleroi ? Les gens sont très affectés par la crise. »
Pourtant, il faut reconnaître que certaines Régions françaises sont elles aussi en déshérence. « La France reprendra la dette wallonne. L’ardoise sera effacée. En France, les Régions sont très solidaires entre elles, l’Etat français l’est aussi. Dans les années 80, j’ai entendu : plus un franc flamand pour la sidérurgie wallonne. Je n’ai jamais entendu : plus un franc breton pour l’acier lorrain. Voyez ce que sont devenus le Nord de la France ou le Pas-de-Calais, et regardez où en est le Hainaut. En Wallonie, les fonds sont dilapidés. Le système politique offre tous les pouvoirs au parti dominant, le PS . »
Mais au fait, la France voudrait-elle des Wallons ? « Oui, bien sûr. Nous avons des contacts à l’UMP et au PS français. Au niveau politique, c’est acquis. Les derniers sondages démontrent qu’à 66 % – le pourcentage passe à 73 % dans les régions limitrophes – les Français seront ravis d’accueillir leurs amis wallons, s’ils le demandent. » L’adhésion populaire existe. Pour Laurent Brogniet, l’adhésion existe aussi : « Cette réunion serait excellente pour l’équilibre entre la France et l’Allemagne. »
Les Diables sur nos ruines
A lire : l’éditorial de Thierry Fiorilli dans Le Vif/L’Express.
Extrait choisi : « …ceux qui prient nos dieux du stade ne symbolisent pas l’union nationale à laquelle certains se rattachent encore, entre fantasme, désespoir et amertume. Non, ils incarnent un anachronisme, un décalage, un aveuglement auquel on a rarement eu l’occasion d’assister en direct. »
Les sondages font monter la pression
A un mois des élections communales, ce qui agite la presse, ce ne sont pas les enjeux locaux mais les sondages qui, de façon répétée, annoncent une secousse imminente en Flandre et, par extension, dans tout le pays.
C’est Béatrice Delvaux qui l’écrit : « Vous avez aimé « La Muette de Portici » ? Vous adorerez « Les Carabiniers d’Offenbach ». C’est en tout cas la partition que suivent les francophones. Musique agréable, tempo sympathique, Offenbach ! Mais pendant que les cigales francophones gaspillent le peu de temps qu’elles avaient, les fourmis flamandes prennent leurs positions. D’un côté, un Bart De Wever, posé, sans ironie, expliquant aux francophones dans un français qu’on a découvert excellent, comment les choses allaient se dérouler. (…) De l’autre côté, pas un, mais des francophones. Qui, alors que De Wever les invite à venir préparer le confédéralisme dans quelques semaines, ne savent même pas où, de quoi, comment, avec qui ils vont discuter… entre eux. Des francophones qui recommencent à courir comme des poules sans tête, sans plan B. On attend 2014 pour être certain que De Wever gagnera les élections ? Bonne chance, les amis… »
Béatrice Delvaux n’était pas la dernière à vouloir sauver la Belgique mais son édito, dans le Soir (lien), nous confirme qu’elle a changé son fusil d’épaule. Il est vrai que, de sondage en sondage, l’hypothèse de l’éclatement du pays s’impose à tous les observateurs francophones, et d’abord à ceux qui ont la responsabilité de gouverner (ne dit-on pas que « gouverner c’est prévoir »). Au CDh, le slogan populiste et malhonnête de la campagne de 2010 est oublié (« L’union fait la force » : cela nous a bien fait rire… jaune) ; aujourd’hui, son nouveau président réclame un plan B pour les Wallons et les Bruxellois, pour ne plus subir les événements. Cela ne suffit pas à rassurer des journalistes qui n’hésitent plus à fustiger l’incapacité des politiques à concevoir l’avenir de leur région sans la Flandre. Ainsi, Pierre Havaux écrit sur le site du Vif (lien) :
« Plan B : les francophones au comble du ridicule
La probabilité devient certitude médiatique: Bart De Wever, l’indépendantiste/ confédéraliste, sera bourgmestre d’Anvers. La perspective suffit à plonger les francophones dans l’effroi, à envisager à nouveau le pire. Jusqu’à ressortir un plan B qu’ils ne sont toujours pas capables de commencer à dessiner. Ce syndrome de la feuille blanche frise le ridicule. (…) »
« Pas de panique », semble dire Elio Di Rupo, venu s’informer de ce qui se fait à Namur pour re-re-relancer la Wallonie. On ne peut reprocher au Premier ministre de garder son calme à la veille du prochain match électoral. Comme d’autres iraient à Lourdes ou à Banneux, lui s’est rendu auprès des Diables rouges cet après-midi. Cela suffira-t-il ?
De Wever parle aux Francophones
C’était ce midi sur la RTBF : une interview de 13 minutes.
Il faut entendre Charles Picqué
Le ministre-président bruxellois était l’invité du premier Grand Oral RTBF-Le Soir sur la Première ce samedi à 13h15. A entendre (et à voir) ici à partir de la 33e minute de l’interview.
« Y a-t-il un leader wallon dans la salle ? »
![941mars1212[1]](https://alliancewalloniefrance.blog/wp-content/uploads/2012/09/941mars12121.jpg?w=131&h=194)
Le sondage « La Libre – RTBF » donne la N-VA à plus de 40 % des intentions de vote, score qui dépasse l’addition des intentions de vote du CD&V, du S.P.a et de l’ Open VLD (37,5 %). Malgré cela, le Vlaams Belang reste à plus de 10 %… !
Devant ce résultat, le fait que le M.R. devienne le premier parti à Bruxelles, que le divorce F.D.F. – M.R. ait profité aux deux partis (le F.D.F. est à plus de 10 %), qu’en Wallonie, le P.S. reste en tête devant le M.R., qu’Ecolo stagne et que le C.D.h. avec son fameux slogan « L’union fait la force » dégringole ne devient-il pas anecdotique ?
Mais quand nos médias vont-ils aider les Wallons et Bruxellois à sortir la tête du sable, là où ils les ont plongés ?
Quand vont-ils cesser de rêver à cette Belgique fédérale dont les Flamands ne veulent plus ?
Quand les responsables politiques de Wallonie et de Bruxelles vont-ils penser à un véritable plan d’avenir qui tienne compte de l’arrêt, à court terme, de la solidarité de la Flandre ? A quand un vrai projet chiffré pour la Wallonie et pour Bruxelles ?
Il y a urgence plus que jamais à voir des dirigeants wallons et bruxellois courageux se lever pour parler vrai à leurs concitoyens et agir en conséquence. Et que M. Deleuze, co-président d’Ecolo, cesse de nous servir son plat de collaboration avec « Groen ». Que représente ce dernier parti dans le paysage politique flamand ?!
Un plan pour 2022 n’est-il pas surréaliste ? Ce qu’il faut dès maintenant, c’est établir un plan pour 2014, date des élections fédérales et régionales car là, les conséquences du vote flamand auront un impact autrement sérieux pour notre avenir que ne le seront les résultats d’élections communales et provinciales.
Paul Durieux
La réaction de BEATRICE DELVAUX au dernier sondage politique
Chronique publiée à la fois dans le Standaard et dans le Soir.
« Elio mesure-t-il bien ce que veut le peuple flamand ? La clarté maintenant n’est-elle pas aveuglante sur l’évolution de l’opinion en Flandre ? Et dès lors le moment n’est-il pas venu de nous demander : que voulons-nous ? Il faudrait avoir peur de perdre 15 % de richesse en cas de rupture ? Quel sens y a-t-il à proférer cette menace ? La question que nous devons nous poser reste politique : vers quoi allons-nous ? » Cette incantation, c’est Guy Spitaels, Dieu aujourd’hui défunt, ex-patron tout puissant du PS et ensuite de la Wallonie, qui l’a prononcée il y a un an exactement.
A 80 ans, alors qu’il souffrait d’une tumeur au cerveau, il était sorti de son silence politique pour dire dans une toute dernière interview au Soir, aux francophones, socialistes et libéraux en particulier, qu’il était temps qu’ils se bougent. Son idée à lui, c’était que la Belgique avait fait son temps et qu’il fallait passer à autre chose pour les Francophones dès lors que, pour les Flamands, ce ne serait jamais assez. Spitaels avait d’ailleurs mis en garde Elio Di Rupo, alors en pleine négociation comme formateur : « Ça va recommencer dans un an et demi. Vous achetez l’armistice pour 18 mois : c’est non ! »
Depuis ? Spitaels est mort, sans que son testament politique ait trouvé d’exécuteur. Quelques essais de « Plan W » – Plan Wallon –, ont bien été tentés, par le groupe Marcourt & Co, provoquant plus de disputes et autres chamailleries intra socialistes, wallons et bruxellois, que de réunions stratégiques pour l’avenir. Rudy Demotte, président de la Région Wallonne, embraye aujourd’hui avec son plan Wallonie 2022. Mais au delà, rien.
Ils sont plus d’un à s’en inquiéter off the record. D’autant plus lorsqu’ils constatent la « monarchisation », la posture royale d’Elio Di Rupo. Ce commentaire est né dans la bouche de l’analyste politique Vincent De Corebyter, directeur du Crisp, qui n’est pas du genre à lancer des boutades. Depuis, il est repris partout. Jusqu’au caricaturiste Kroll qui a remis symboliquement dimanche à Di Rupo un dessin le représentant avec le drapeau belge en guise de traîne, une couronne sur la tête. Di Rupo lui s’agace : « Un Roi, nous en avons un et il remplit très bien son rôle. Moi je fais mon travail ».
Reste que pour beaucoup, le fait que Di Rupo fasse littéralement corps avec ce pays, permet de conclure : 1) qu’il ne sera pas prêt de travailler à son détricotage, ou en tout cas au plan « Larguons les amarres » des Francophones, Wallons et/ou Bruxellois ; 2) que pas grand monde au PS n’osera commettre un crime de lèse Belgique qui devient désormais un crime de lèse majesté puisque c’est un crime de lèse Elio.
Mais qui, alors, va prendre en main le futur des Francophones sans les Flamands-qui-ne-veulent-plus-de-nous ? Personne en vue et cela commence à en inquiéter plus d’un. Car le temps passe et pour beaucoup, au sud du pays, le 10 octobre 2012 nous rapprochera d’un grand coup de 2014. Et, dans les deux cas, du méga risque de la méga bombe nucléaire : le sacre de la N-VA et de son leader Bart De Wever qui, on le sait, n’a pas mis la Belgique au menu de son régime minceur.
Tous en coulisses s’accordent à reconnaître que la seule initiative jouable doit venir d’un président fort du Parti socialiste. Autant dire pas le virtuel (Thierry Giet), pas l’ »actuel » (Elio), pas non plus le trop wallon (Marcourt). Un seul nom émerge et recueille les suffrages, dans et en dehors du parti : Laurette Onkelinx. Elle aime le pays mais n’a pas peur des réformes. Elle comprend les enjeux bruxellois et wallons et peut, si elle est convaincue d’un projet, se battre comme une lionne pour le faire advenir. Elle seule, pourrait assurer ce boulot sans donner l’impression de poignarder le Roi Elio. Et elle a gagné la confiance d’autres présidents de parti. Onkelinx est de parole : cela s’entend beaucoup ces derniers temps.
Alors debout, les Francophones ? Les mois qui viennent diront qui de Spitaels ou des Belgoptimistes ont eu raison.
Cela sent la rentrée
Cela sent la rentrée. Mais cela sent aussi un peu la fin.
Sur un mode littéraire, cela donne ceci : « J’ai beau regarder. Il n’y a plus rien. La Belgique a disparu. Sans retour. A-t-elle un jour existé ? Combien de gens sur terre en connaissent l’existence ? Je ne sais où je suis. A quelle époque ? A quel endroit ? La vie est mon pays. Qu’est-il devenu ? Mon pays, c’est moi. Que suis-je sans pays ? Que vais-je devenir ? Comment combler ce vide ? A quoi sert un pays ? »
Ces lignes sont de Patrick Roegiers, cet écorché de la « belgitude », exilé volontaire en région parisienne, qui dédie son nouveau livre, « Le Bonheur des Belges », « à ceux qui partent, parce qu’il faut se sauver du naufrage ! ». « La Belgique demeure ma fantasmagorie créatrice, mais je l’ai quittée pour ne plus revenir », précise-t-il.
Ce livre a fait l’objet d’un entretien avec Patrick Rogiers, à découvrir dans le dernier numéro du Vif/L’Express (lien).
Cela sent la rentrée. Mais cela sent aussi un peu la fin.
Sur un mode politique, cela donne ceci : « Au sud du pays, les francophones attendent, impuissants, devant cette chronique d’une débâcle annoncée. Car, si Bart De Wever sort grand vainqueur, le 14 octobre, tout indiquera qu’il aura course gagnée en 2014. (…) Vu de l’autre côté de la frontière linguistique, ce scénario catastrophe se résume en une phrase : les francophones ne sont pas maîtres de leur sort. L’acter ne doit pas être source de résignation, mais bien de détermination. Celle de se préparer au pire, l’éclatement du pays. Pour cela, il faut d’abord que les présidents de parti fassent taire leurs rivalités et planchent, ensemble, sur l’avenir de la Wallonie et de Bruxelles. »
C’est ce que Véronique Lamquin écrit dans l’édito du Soir d’aujourd’hui (lien).
La Libre, quant à elle, publie une interview de Rudy Demotte qui voudrait sans doute nous rassurer sur sa détermination à redresser la Wallonie d’ici à 2022. L’impression qu’il donne est pourtant de brasser des mots pour en faire une mélasse. On ne sent pas le souffle d’un projet. Que l’on en juge par ce lien. Si projet il y a, c’est celui de travailler dans la continuité. Point.
Bien sûr, en France aussi, le pouvoir doit se montrer à la hauteur des problèmes actuels. Mais convenons que la situation de la Wallonie est particulière. Il lui faudra bientôt ne plus compter que sur elle-même, sous l’oeil pas toujours bienveillant de la Flandre.
Cela sent la rentrée. Mais cela sent aussi un peu la fin.
Le rail wallon à petite vitesse
« Décidément, les projets ferroviaires ont du mal à se réaliser du côté wallon », écrit-on dans La Libre. « Après le coup de sang d’André Antoine (CDH) au sujet du report à 2022 de la finalisation du RER, voilà que Philippe Henry (Ecolo), ministre wallon de la Mobilité, allume Infrabel au sujet de la ligne Bruxelles-Namur-Luxembourg. »
C’est qu’Infrabel a fait savoir que les travaux de modernisation de cet axe international, permettant de faire circuler les trains à 160 km/h (120 km/h actuellement), étaient reportés de 2013 à 2022. Pourquoi ?
« Une partie de l’explication du comportement étonnant d’Infrabel réside dans la clef historique 60-40 de répartition des budgets entre le nord et le sud du pays », répond Philippe Henry. « Puisqu’il n’y a pas de projet similaire en Flandre, Infrabel ralentit les projets wallons de peur qu’on dépense trop pour la Wallonie par rapport à la Flandre. »
Certes, Infrabel est dirigé par un proche du PS, mais cela n’y change rien. Le rapport de force n’est pas favorable à la Wallonie.
Lire ici l’article complet de La Libre.
Sur les questions d’infrastructure, en particulier du rail, le point de vue du sénateur François Bellot (MR) est toujours intéressant. Bourgmestre de Rochefort, cet ingénieur civil, par ailleurs diplômé de la prestigieuse ENA, la haute école française d’administration, est de ceux qui ont dénoncé le poids excessif de la Flandre au sein de la SNCB (lien).
Economie et dépenses publiques
Penser que, pour la Wallonie, le choix de la France et à la fois le plus naturel et le plus confortable, ce n’est pas se bercer d’illusions sur l’état de la France. Selon Geert Noels, la situation économique de la France est pire que celle de l’Italie (son interview sur le site de La Libre : ici). Quand un économiste flamand dénonce les faiblesses de l’économie française, cela nous interpelle, évidemment, mais cela ne nous donne pas envie de croire en la Belgique. Il nous semble évident que ce n’est pas la prospérité de la Flandre qui va assurer l’avenir de la Wallonie.
Quoi qu’il en soit, le journal Le Soir s’étend aujourd’hui sur la façon dont les pouvoirs publics dépensent l’argent de la collectivité et… « Surprise : la Belgique n’est pas le paradis social qu’on imagine ; le Royaume dépense proportionnellement moins que la moyenne européenne pour garantir la protection sociale de ses citoyens. » Ce constat repose sur une étude comparative réalisée par Eurostat, organe de la Commission européenne chargé de produire les statistiques officielles de l’UE.
La Belgique n’est pas un paradis social. Cela ne signifie pas que les dépenses publiques ne sont pas importantes en Belgique, pays où la pression fiscale sur les revenus du travail est plus élevée qu’en France.
La RTBF a elle aussi rendu compte de ces chiffres (JT de 19.30 : ici), mais surtout pour marteler que l’enseignement coûte trop cher en Communauté française (de Belgique). Pour le reste, le professeur Giuseppe Pagano, l’expert montois en matière de finances publiques, a laissé entendre que si la Belgique dépense beaucoup pour l’aide économique, c’est en partie à cause du coût du chômage. Or, le coût du chômage émarge à la protection sociale, un poste où l’Etat belge dépense relativement peu…
Que l’on en juge par ce tableau réalisé par le journal Le Soir :


