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Belgique : régime particratique plus que jamais !

L’excellent Thierry Fiorilli, Rédacteur en chef adjoint au Vif/L’Express nous informe des petits jeux de la particratie belge. Plus l’Etat belge s’évapore et plus il s’éloigne de la définition d’un Etat démocratique. Il ne reste au citoyen que l’obligation d’aller voter aux élections fédérales pour des listes mitonnées par les présidents de partis. Ensuite, l’électeur n’a plus droit au chapitre… Circulez, il n’y a rien à voir !

Patrons publics : un peu de justice salariale et pas mal de bonneteau

Le gouvernement a désigné les top- managers des entreprises publiques où le patron arrivait au terme de son mandat. Et confirmé qu’ils ne gagneront pas plus de 290 000 euros par an. Bien joué. Mais pas assez pour dissiper tous les sentiments de malaise.

Didier-Bellens-patron-de-BelgacomLa définition proposée par Wikipedia est un modèle du genre : « Le bonneteau est un jeu d’argent, de l’ordre de l’escroquerie, proposé à la sauvette sur les marchés et dans les lieux publics. Sur le même principe, mais avec des techniques de manipulation un peu différentes, on rencontre parfois des ‘jeux’ consistant à trouver une balle sous trois gobelets ou une fève sous trois coquilles. Cette forme, qui apparaît déjà dans le tableau de Jérôme Bosch, L’Escamoteur, a été reprise par la prestidigitation. Les escamoteurs du Moyen Âge employaient pour cela une petite boule de liège appelée muscade, d’où l’expression ‘passez muscade’. » On pourrait presque l’utiliser pour qualifier l’accord intervenu ce week-end sur les nominations des top-managers des cinq entreprises publiques dont les patrons actuels arrivent au terme de leur mandat : SNCB, Infrabel, Loterie nationale, Société fédérale de participation et d’investissement (SFPI) et Belgocontrol. Sans évoquer l’escroquerie (ce serait faux et calomnieux), on mentirait en ne reconnaissant pas le malaise inspiré par le vaste donnant-donnant qui a une fois de plus présidé à ces nominations, ajouté au fait qu’on y retrouve encore et toujours ce ballet des mêmes noms qui passent d’un gobelet à l’autre. En escamotant le Selor, le pourtant principal bureau de sélection de l’administration, le gouvernement a placé ses hommes à la tête des différentes entreprises publiques : le SP.A Frank Van Massenhove passe du SPF Affaires sociales à la tête de la SNCB ; le SP.A Jannie Haek est écarté du groupe SNCB mais devient patron de la Loterie nationale ; le PS Luc Lallemand reste aux commandes d’Infrabel ; l’Open-VLD Koen Van Loo garde les rênes du SFPI et le CD&V Johan Decuyper, chef de cabinet du secrétaire d’Etat à la Fonction publique (Hendrik Bogaert) dirigera Belgocontrol. Parallèlement, comme Marc Descheenmaecket (Open-VLD) est évincé de la SNCB, lui aussi, il est recasé à la tête de l’aéroport de Zaventem. Jean-Paul Servais (MR) reste, lui, patron de l’autorité de surveillance des banques (FSMA).

Crûment dit : on prend les mêmes, on les mélange et on les fait resurgir à un endroit de la table, jamais le même. Le badaud/contribuable/électeur regarde les cartes qu’on bat et rebat et assiste au grand ballet, au grand défilé, au grand chassé-croisé. Il n’y perd pas forcément sa mise (on ne lui a pas demandé de jouer) mais il a tout de même comme une impression d’être floué, dupé. Parce que, finalement, quel que soit le bilan présenté par ces « top-managers », ils sont toujours là, mais passent d’entreprise en entreprise, pour occuper pratiquement chaque fois le même fauteuil. Comme dans le secteur bancaire, où les dirigeants traversent les époques et les crises, quelles que soient leurs responsabilités.

Pareil pour l’aspect « justice salariale », comme le proclame Jean-Pascal Labille, le ministre PS des Entreprises publiques (et ex-champion du cumul des mandats d’intercommunales) : les patrons ne gagneront désormais pas plus de 290 000 euros par an. Sauf que, dans les faits, des exceptions (taille de l’entreprise, nombre de salariés, intensité de la concurrence…) leur permettront d’aller jusque 319 000 euros. Sauf aussi que Didier Bellens reste (en principe jusque mars 2015) big boss de Belgacom avec une rémunération de… 2,48 millions par an. Parce que, comme pour bpost, où Johnny Thijs empoche 1,1 million annuel, le gouvernement n’a pas voulu appliquer là la règle du salaire plafonné.

Entre les postes attribués sans passer par le Selor, la répartition satisfaisant les partis, la plus grosse part du gâteau accordée à la Flandre, la distribution des mandats aux mêmes têtes et les salaires réduits pour certains seulement et avec des dérogations en prime, il y a de quoi s’estimer spectateur d’un gigantesque jeu d’escamotage, avec les fèves pour les acteurs et les hameçons pour le public. Passez muscade, donc.

(Thierry Fiorilli, le Vif/L’Express)

« C’est le mal belge typique »

top managersDans le Soir d’aujourd’hui, Michel Legrand, le président du Gerfa (Groupe d’étude et de réforme de la fonction administrative), est interrogé sur les récentes nominations à la tête de certaines entreprises publiques. Extraits choisis :

« Les désignations respectant un équilibre politique semblent incontournables pour les entreprises publiques. Voire obligatoires…

« Le problème n’est pas l’intervention du niveau politique, le problème vient de la particratie. Dès qu’il y a un problème décisionnel au niveau politique, il devient un problème de parti. Et là, on sort du cadre démocratique, on entre dans des solutions qui aboutissent toujours à une répartition de pions, de points… Le but de l’opération échappe alors à l’intérêt public pour devenir un équilibrage politique. C’est le mal belge typique (…)

« Ça se passe différemment dans les pays voisins ?

« En France ou en Allemagne, le gouvernement décide aussi mais les choix paraissent plus évidents, font moins appel à des données politiques. En France, par exemple, il n’est pas rare que le gouvernement désigne ou confirme quelqu’un supposé être aux couleurs de l’opposition. On y est plus basé sur des critères de compétence. »

Autre remarque du président du Gerfa : « Il existe… des obligations de parité linguistique et on constate pourtant que chaque fois les francophones perdent des plumes. »

Signalons par ailleurs que le journal Le Soir a également rendu compte de la sortie du dernier livre de Jules Gheude. C’était mercredi passé. Voici l’article de David Coppi (cliquer sur l’image pour l’agrandir) :Jules Gheude, Le Soir

Comment les médias nous trompent

Elio-Di-RupoSous le titre « La cote du gouvernement Di Rupo au plus haut », le « Vif », comme d’autres organes de presse, trompe ses lecteurs et ment effrontément. Il nous dit en sous-titre « Elio Di Rupo (PS) a la cote, avec une majorité des citoyens des trois régions du pays qui souhaitent un gouvernement Di Rupo bis » (lien).

Or, voici comment l’information est détaillée:

« Le gouvernement d’Elio Di Rupo n’a jamais été aussi populaire, dixit les journaux Le Soir et De Morgen, qui reprennent les données d’un sondage Ipsos réalisé pour RTL, Le Soir, De Morgen et VTM.

« Ainsi, la coalition des six partis obtient le score de 5,6 sur 10, contre 4,9/10 au début, le Premier ministre obtenant même aujourd’hui la note de 5,9/10, des cotes qui sont positives dans les trois Régions du pays.

« Ainsi, 53 pc des Belges souhaitent, si le résultat des élections le permet, qu’Elio Di Rupo rempile pour un second mandat de Premier ministre. Les résultats varient toutefois du nord au sud, avec 71 pc des Bruxellois favorables à un gouvernement Di Rupo bis, contre 73 pc des Wallons et seulement 38 pc des Flamands.

« Le sondage a été réalisé auprès de 2.634 personnes entre le 16 et le 25 août 2013. »

A quelques mois de la mère de toutes les élections, j’ai rarement vu les médias se moquer à ce point de leurs lecteurs. En réalité, ce sondage montre une fois de plus le fossé qui ne cesse de se creuser entre les régions belges et ce ne n’est pas l’interview que donne le coach de l’équipe belge de football au journaliste du Vif qui y changera quelque chose. Wilmots a beau confondre politique et sport, ce n’est pas lui qui changera le vote du citoyen flamand.

La réalité du sondage montre que 62 pc des Flamands s’opposent à un gouvernement Di Rupo bis. Faut-il rappeler que ceux-ci sont la majorité dans ce pays  surréaliste appelé à disparaître et qui se nomme « Belgique » ?

Paul D.

Philippe, nouveau souverain d’une Belgique en crise d’identité

De retour de vacances, je découvre ce regard aiguisé de Jean-Pierre Stroobants, correspondant du quotidien « Le Monde » à Bruxelles, quant à l’accession au trône de Philippe de Belgique. (Paul D.)

Philippe de BelgiquePhilippe de Belgique est devenu officiellement  le septième roi des Belges en prêtant le serment constitutionnel devant le Parlement, une heure et demie après l’abdication de son père, le roi Albert II. « Je jure d’observer la Constitution et les lois du peuple belge, de maintenir l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire », a solennellement déclaré Philippe en néerlandais, français et allemand, les trois langues nationales, devenant officiellement à 53 ans le nouveau chef de l’Etat.

Depuis l’annonce de l’abdication du roi Albert II, le 3 juillet, deux questions sont posées un peu partout en Belgique. Son fils aîné, Philippe, est-il capable d’assumer la fonction de chef d’Etat ? Et quel genre de roi sera-t-il ? En clair, comment cet héritier âgé de 53 ans parviendra-t-il à assurer simultanément l’avenir de la dynastie des Saxe-Cobourg, mise à mal par diverses péripéties récentes, et celui d’un pays à l’unité tellement fragile ? Rien n’indique, en tout cas, que la nation belge sera, après les législatives de mai 2014, préservée d’une nouvelle crise de grande ampleur : en Flandre, le national-populisme incarné par le parti indépendantiste de Bart De Wever, le chef de l’Alliance néo-flamande (N-VA), conserve toute sa vigueur.

Ni faste démesuré, ni défilé des têtes couronnées : comme le veut la tradition, Philippe, septième roi des Belges, prêtera serment devant les Chambres – députés et sénateurs – réunies dimanche 21 juillet, jour de la fête nationale. Une cérémonie sobre, en harmonie avec le tempérament tout en retenue du nouveau roi. Un homme timide, réputé peu empathique et parfois maladroit, guère à l’aise avec les médias.

Il attendait, plus que d’autres, cette abdication paternelle, lui qui crut déjà monter sur le trône en 1993, après la mort de son oncle, Baudouin Ier. Mais il fut obligé d’attendre, meurtri d’être parfois présenté comme « le pire héritier d’Europe ». Alors qu’Albert II révélait progressivement qu’il n’entendait pas être un simple souverain de transition, il aurait même souffert de ce qu’un ancien conseiller du palais de Laeken appelle « une véritable crise d’identité ».

Sous le règne de son père, décrit au début comme « le roi par hasard », le prince héritier avait souvent fait connaître son refus d’être un éternel prétendant, façon Charles d’Angleterre. Il voulait, il pouvait, assumer la plus haute fonction et devenir « le guide et le conciliateur » d’un pays tiraillé. Il se sentait capable d’assumer, comme il le disait, sa « mission », un terme qui, pour certains observateurs, renvoyait surtout à ses convictions ultra-catholiques et aux conceptions de son oncle Baudouin et de son grand-père Léopold III, peu enclins à s’accommoder du corset étroit imposé par les règles de la monarchie constitutionnelle qui veut que chef de l’Etat belge « règne mais ne gouverne pas ».

Pour l’immense majorité des Belges, son père, Albert II, qui aura gouverné pendant vingt ans avant de s’avouer épuisé et malade, est un homme débonnaire et bon vivant. Mais, surtout, une sorte de sauveur qui aura évité l’éclatement du pays en s’élevant au-dessus des divergences politiques, linguistiques et religieuses. Pour Philippe, en revanche, ce père longtemps absent et qui, une fois devenu roi, l’aura longtemps tenu à l’écart de la vie de l’Etat, aura surtout été l’obstacle à l’accomplissement d’une ambition longuement mûrie, cultivée par un entourage conservateur.

RAGOTS

Fuyant micros et caméras, le prince héritier a, en outre, dû affronter des ragots et des rumeurs d’autant plus persistants que le palais de Laeken s’est longtemps fait une règle de ne répondre ni aux questions, ni aux critiques, ni aux pires insinuations. Des auteurs ont évoqué ses tentations homosexuelles, son « autisme » ou son absence de vie conjugale, expliquant sa quadruple paternité par un recours aux techniques de procréation assistée… D’autres n’ont pas hésité à décrire ses « limites intellectuelles » ou, du moins, ses « problèmes de communication ».

Même « scandaleusement faux », selon un grand patron qui se vante d’être un intime du palais, ces propos ont marqué les esprits, renforçant les doutes sur les aptitudes du prince héritier. Des deux côtés de la « frontière » linguistique, certains ne cachent pas leur scepticisme, même si l’opinion publique semble accorder le bénéfice du doute à l’héritier du trône. En Flandre, la moitié seulement de la population se dit favorable à l’arrivée du nouveau roi. Et, dans toutes les régions, une majorité aurait préféré qu’Albert II n’abdique pas.

C’était aussi le cas des six partis – et surtout des trois francophones – qui composent la majorité fédérale du premier ministre, le socialiste wallon Elio Di Rupo. Ils ont fait pression sur le roi pour qu’il reste en place au moins jusqu’en 2014, espérant qu’il rejouerait son rôle de médiateur… et de meilleur adversaire de M. De Wever. Le chef de la N-VA avait fait un pronostic : qu’on lui donne un Wallon comme premier ministre, le prince Philippe comme roi, et son projet indépendantiste s’en trouverait grandement facilité… Il aura bientôt les deux et il table déjà sur le fait que l’état de grâce du nouveau roi ne durera que quelques semaines. Pas assez, assure-t-il, pour entamer sa popularité et celle de sa formation, créditée de 30 % à 40 % des suffrages en Flandre.

« L’AVENIR DU PAYS »

Soucieux de ne pas tenter un dangereux quitte ou double, les autres partis néerlandophones (chrétien démocrate, socialiste et libéral), qui soutiennent Elio Di Rupo, ont renoncé à modifier les pouvoirs du roi, qu’ils voulaient pourtant réduire à un rôle purement protocolaire. La Liste civile (les moyens alloués par l’Etat au monarque) a été réduite, et les dotations à la famille royale limitées, histoire de calmer le choc causé par des tentatives d’évasion fiscale orchestrées par la reine Fabiola, la veuve de Baudouin. Pour le reste, la majorité a décidé de renvoyer à plus tard une réforme censée notamment limiter l’intervention du chef de l’Etat dans la formation du gouvernement fédéral. Un député écologiste, Marcel Cheron, résume au mieux le débat actuel : « La question n’est pas celle du maintien, ou non, de la monarchie. Derrière tout cela, il y l’avenir du pays. »

« Les francophones ont intérêt à ce que la Belgique subsiste pour des raisons financières. Et, pour subsister elle aussi, la famille royale a besoin de rester au centre du jeu », renchérit Philippe Moureaux, ancien ministre et ex-numéro 2 du PS francophone.

Davantage qu’un roi désiré, Philippe sera donc surtout un roi nécessaire. Comme ses prédécesseurs, il tirera surtout sa légitimité de la sympathie populaire, explique l’historien Vincent Dujardin. Et, pour la conquérir, il pourra au moins compter sur son épouse, Mathilde d’Udekem d’Acoz : depuis son mariage en 1999, cette jeune aristocrate, ambitieuse et élégante, est devenue le meilleur « coach » du futur roi et le meilleur atout d’un palais qui en manquait cruellement.

Jean-Pierre Stroobants

Les partis politiques s’attribuent 8 millions d’euros supplémentaires

Parlement belgeA lire sur le site du Vif/L’Express : Les partis politiques se sont attribués 8,1 millions d’euros de plus grâce à la nouvelle loi sur le financement des partis.

A l’heure où une grande majorité de citoyens veulent que les  partis politiques de pouvoir tendent vers plus d’éthique et cessent de pratiquer un clientélisme effréné, l’information que nous donnent les quotidiens flamands « De Standaard » et « Het Nieuwsblad » a de quoi surprendre sinon révulser la population.

Cette décision ne fera que creuser un peu plus le fossé qui existe entre  grands partis et partis émergents quant aux moyens donnés à ces derniers pour communiquer avec l’ électeur. Qui dit élargissement de ce fossé dit aussi réduction de la démocratie.

La Reine Mathilde sur les traces de la Reine Fabiola

Nous pouvons dire que la Reine Mathilde est particulièrement douée. 10 jours après l’accession au trône de son cher Philippe, la Reine des Belges crée une fondation afin de gérer une partie de la fortune d’Udekem d’Acoz, mais aussi pour en retirer des avantages fiscaux non négligeables.

Tout va bien… Les républicains vont devenir majoritaires en Wallonie.

Lu sur le site du « Vif » du mercredi 31 juillet 2013.

Fabiola-MathildeLa reine Mathilde a mis sur pied une fondation avec ses frères et sœurs pour gérer une partie de la fortune familiale. C’est ce qu’écrivent De Standaard et Het Nieuwsblad ce mercredi.

Il y a peu, Fabiola subissait les foudres des critiques à propos de sa propre fondation avec laquelle elle aurait pu contourner des droits de succession. Aujourd’hui, il semble que Mathilde, ses deux sœurs et son frère, ont fondé leur propre société : le Groupement Forestier de Losange (GFL). Ce groupement comprend les terrains autour du château de Losange, l’endroit où l’épouse du roi Philippe a passé son enfance. La société vise à prévenir le morcellement du domaine de Losange en cas de décès de Mathilde ou d’un de ses frère et sœurs. Si un tel cas de figure se produit, les héritiers percevront des actions de la société, et non pas les territoires en eux-mêmes.

Cependant, la fondation présente également certains avantages fiscaux. « Par exemple, tous les frais d’entretien et de rénovation peuvent être déduits » déclare l’avocat fiscal Michel Maus. « Et le transfert du patrimoine peut s’opérer sans frais en faisant don des actions aux enfants royaux. Tout comme une fondation, une société de patrimoine peut être utilisée pour contourner les droits de succession ».

Pour Jos Ruysseveldt, professeur à l’École Supérieure Fiscale de Bruxelles et avocat spécialisé en gestion du patrimoine, la famille d’Udekem d’Acoz pourrait néanmoins se retrouver en situation difficile si d’aventure il s’avérait que GFL est uniquement motivé par des raisons purement fiscales.

Une bombe sous le volet judiciaire de l’accord BHV

Moi qui pensais que l’accord BHV était scellé dans le béton, je découvre sur le site du « Vif », en date du 6 août,  qu’il n’en est rien. Mais rassurez-vous, le constitutionnaliste Delpérée bombe le torse…!

accord BHVIl est fort probable que les francophones et les néerlandophones doivent renégocier la scission de l’arrondissement judiciaire Bruxelles-Hal-Vilvorde. L’accord conclu ne prévoit pas assez de juges néerlandophones. C’est ce que rapporte le journal de Tijd.

Delpérée : « Il n’est pas question de renégocier le BHV judiciaire »

Déjà en octobre 2011, il s’est avéré que l’accord sur la scission de l’arrondissement judiciaire était basé sur des statistiques erronées. Le journal De Tijd a pu étudier le rapport et confirmer cette supposition. Jusqu’ici le problème avait été tenu secret « pour ne pas brusquer les francophones », écrit le journal.

Chiffres erronés

L’accord BHV stipule qu’à l’avenir il y aura seulement 20 pour cent de juges bruxellois néerlandophones alors qu’à présent un juge sur trois à Bruxelles est néerlandophone. Même si quelques mois plus tard il s’est avéré que les chiffres utilisés lors des négociations étaient erronés et qu’il fallait plus que 20% de juges néerlandophones, les partis francophones n’ont plus voulu changer l’accord d’un iota.

En juillet l’année passée, la ministre de la Justice Annemie Turtelboom (Open Vld) a demandé au réseau de conseil KPMG de mesurer la charge de travail des juges bruxellois. Sur base de sources bien informées, De Tijd révèle que les rapports de KPMG concluent que le tribunal de travail, par exemple, nécessite 34 % de juges néerlandophones.

Si l’accord BHV prévoit 5 juges du travail néerlandophones, il en faudrait 12 selon KPMG. C’est même davantage que les 9 juges du travail néerlandophones actuellement actifs à Bruxelles. Pour le tribunal bruxellois de première instance – le plus grand tribunal – KPMG conclut que le département civil doit compter plus de 35 % de juges néerlandophones. Et pour le tribunal de première instance dans sa globalité, KPMG estime qu’il faut 29 % de néerlandophones, donc également davantage que ce qui a été convenu.

L’impasse totale

Selon De Tijd, le rapport KPMG est prêt depuis des semaines, mais on n’en parle pas pour ne pas offusquer les francophones. La ministre de la Justice Annemie Turtelboom (Open VLD) et le Secrétaire d’État aux Réformes institutionnelles Servais Verherstraeten (CD&V) font savoir que le rapport a été transféré à un comité de suivi qui continuera à y travailler après les vacances.

Certains magistrats côté francophone mettraient en doute la stratégie de KPMG et se seraient plaints de sa méthode de calcul. « Si les politiques francophones reprennent cette critique, l’impasse est totale », écrit le journal.

Les diables rouges, arme anti N-VA

diables rouges, brabançonneDès le lendemain du match test de football Belgique-France, le journaliste Olivier  Mouton rédigeait un article au titre agressif sur le site du Vif-l’Express : « Les Diables Rouges, arme anti N-VA ? ». Dans la foulée, l’hebdomadaire de langue française le plus lu en Wallonie et à Bruxelles faisait du titre sa page de couverture à une nuance près : le point d’interrogation disparaissait. L’équipe nationale de football belge serait donc une arme pour influencer le vote flamand et le détourner de la N-VA. Cette instrumentalisation du sport le plus populaire mérite que l’on s’y arrête.

Chaque match des footballeurs belges donne lieu à un battage médiatique où chaîne privée et publique s’adonnent à une surenchère virulente. C’est à qui en fera le plus pour créer en Wallonie et à Bruxelles un climat euphorique et sublimer ainsi un sentiment de fierté « nationale » qui se veut unanime.

Pense-t-on un instant à tous nos concitoyens qui se sentent étrangers à tout sport ou encore à celles et ceux qui détestent tout esprit de compétition ? Pense-t-on à tous ces sportifs qui pensent qu’il n’y en a que pour les « fouteux » et ce au détriment de la discipline sportive qui leur tient à cœur ?

Personnellement, je me range du côté des citoyens qui aiment tous les spectacles sportifs. Un beau match de football peut donc susciter chez moi un grand enthousiasme, mais de là à transformer en guerrier politique chaque diable rouge, il y a un pas sinon un gouffre que je me refuse à franchir.

Nous savons qu’aujourd’hui le sentiment belge est soigneusement et honteusement cultivé en Wallonie. A Bruxelles, le sentiment régional devient majoritaire. En Flandre, l’identité flamande est majoritaire et continue à se développer. Trois régions, trois sociétés différentes sont la réalité de la Belgique.

Au-delà du spectacle proprement dit, plusieurs choses ont retenu mon attention dans ce match.

1. La Marseillaise sifflée par le public « belge ». Ce comportement des « supporters » sera regretté le lendemain à la radio par l’entraîneur belge, Marc Wilmots.

2. La Brabançonne chantée en français par le public, ce qui prouve que les Diables rouges trouvent une majorité de supporters en Wallonie et à Bruxelles.

3. La main posée sur le cœur des joueurs belges pendant la Brabançonne. La mise en scène est parfaite, semblable à celle de pays peu démocratiques.

4. Une foule bariolée de noir-jaune-rouge. Coqs wallons et lions flamands sont bannis.

5. Le commentaire du « journaliste » ne manque pas de parler de l’absence du roi et des membres de la famille royale tout en insistant lourdement sur l’attachement de Philippe 1er aux Diables rouges.

6. La majorité des joueurs sont des Wallons ou des Bruxellois entraînés par un asexué linguistique, parfait bilingue, mais Wallon, même s’il ne revendique que sa belgitude.

7. Chacun sait que rien n’est plus versatile que l’engouement d’un public sportif, particulièrement en football. L’équipe belge a du talent, certes, mais elle doit encore se qualifier et un accident est vite arrivé. Les déplacements en Ecosse et en Croatie ne seront pas les parties de plaisir que certains imaginent.

Ivo Belet, eurodéputé CD&V, spécialiste des questions liant football et politique soulignait : « Les succès des Diables réveillent un sentiment belge, c’est indéniable. Dans les tribunes, c’est tout rouge-jaune-noir. C’est évidemment fort embarrassant pour ceux qui n’y croient pas. Je l’ai tweeté plusieurs fois : oui, cet engouement a une signification politique. Ce qui est dérangeant pour ceux qui ne croient plus en la Belgique. »

Rien n’est moins sûr que cet état d’esprit ne soit pas celui d’électeurs séduits par la N-VA. La Brabançonne chantée en français, la foule bariolée en noir-jaune-rouge, une majorité de joueurs « francophones », un entraîneur wallon, la mise en scène belgicaine, tout cela fait resurgir la Belgique unitaire de papa. Cette Belgique mythique n’est-elle pas l’exemple même de ce que déteste une grande majorité de Flamands ?

Récemment, Robert Collignon me disait : « La Belgique a une belle équipe composée d’individualités talentueuses. Je me réjouis de voir l’éclosion d’un Wallon comme Eden Hazard. Pendant le match, l’état d’esprit des joueurs met de côté les appartenances régionales. Mais quand les joueurs flamands rentrent chez eux, ils laissent le rouge à Bruxelles pour ne garder que le jaune et le noir à la différence des joueurs wallons et bruxellois qui restent belges avant tout. »

Paul D.

Dépolitisation de la fonction publique, qu’ils disaient…

Le billet d’humeur d’Alain Proviste

WBIDes articles reparlent des nominations, au nombre de 3 (Genève, New York et Mumbai) auxquelles WBI (Wallonie Bruxelles International) va procéder dans un délai assez proche.

M. Suinen, Administrateur Général ‘’Super Fonctionnaire’’ qui gère AWEX – OFI  et WBI devait être à la manœuvre, mais il s’est montré heurté par le système de sélection, ce qui a profondément énervé Rudy Demotte, qui doit absolument placer de « bons et loyaux serviteurs ».

« La Libre »du 05/06/2013 explique bien les ‘’magouilles’’ qui permettront de passer outre les procédures de sélections de type ‘’SELOR’’ qui de toute manière n’évitent pas les nominations politiques.

Ces nominations sont scandaleuses avec des salaires tout aussi scandaleux évidemment (ils devraient tourner aux environs de 10 à 12.000 € bruts/mois en ce compris les primes d’expatriation).

Ces « hauts fonctionnaires » qui ne servent strictement à rien vont, comme c’est déjà le cas pour certains délégués WBI, se prendre pour des ambassadeurs, alors que ce ne sont que des potiches, qui ne sont pas formés à la fonction diplomatique.

A présent, les responsables politiques wallons vont essayer de nous faire croire que ces nominations ne seront pas politiques.

C’est prendre les contribuables pour des naïfs, car tout le monde sait que Marie Aréna doit être recasée et qu’elle ira à Genève parce que son « English » n’est pas suffisant. Pour les deux autres postes, qui seront les heureux élus ?

Probablement un CDH et un Ecolo.

Les paris sont ouverts. Cela dit, en Fédération Wallonie Bruxelles, on n’a pas d’argent ni pour l’enseignement, ni pour la recherche, ni pour la culture.

Pour rappel, il ne peut y avoir de diplomates de carrière au niveau des régions.

Les accords de ‘’Vienne’’ ne reconnaissent le titre de diplomate (Ambassadeur et Consul Général) qu’aux représentants d’Ambassades ou de Consulats d’Etats et non de Régions.

Lire l’article publié sur le site de La Libre Belgique le 5 juin 2013.

Pas finie, la surenchère

C’est le « Vif-L’express » qui nous l’apprend. Nous sommes loin du battage médiatique réalisé à l’occasion de l’anniversaire du roi ou à l’occasion de la victoire de l’équipe belge de football. Ce ne sont pas ces deux derniers faits qui vont changer la face de la Belgique.

Non, il n’y a pas que la N-VA qui veuille plus de Flandre et moins de noir-jaune-rouge. C.D.&V et Open VLD, sans parler du Vlaams Belang, sont sur la même longueur d’onde.

Paul D.

Source : Belga

Bart SomersL’Open Vld veut la fin de l’obligation d’équilibre linguistique au sein du gouvernement fédéral, annonce son chef de groupe à la Chambre, Bart Somers, lundi dans les pages du Standaard. Interrogé lundi matin par la VRT-radio, le président du MR Charles Michel a rejeté toute suppression de la parité linguistique au sein du gouvernement.

Pour M. Somers, il convient d’en finir avec les « verrous confédéraux » dans la structure d’Etat fédéral. « Les deux groupes linguistiques au Parlement peuvent se neutraliser l’un l’autre, sans jamais bouger d’un millimètre. C’est tout sauf démocratique », estime l’ancien président des libéraux flamands.

Celui-ci plaide dès lors pour l’abrogation de la règle imposant la parité linguistique au sein du gouvernement fédéral étant donné que les Flamands représentent plus de la majorité de la population du pays.