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Schizophrénie politique…

schizophrénieLes turbulences actuelles en Europe et dans les terres romanes de Belgique conduisent à de curieux renoncements, et donc aussi à de réelles schizophrénies.

Je ne pouvais pas ne pas partager avec vous ces considérations : après tout, elles vous concernent au premier chef. A fortiori si vous condamnez le jacobinisme !

D’abord, parce que la décision politique vous appartient, ensuite, parce que celle-ci explique aussi largement le désengagement du citoyen qu’il serait trop facile de condamner sans autre forme de procès.

Il n’est pas trop tard, à votre échelle, de responsable régional, de responsable local, de relais d’opinion, mais il est temps !

« Tout pour le peuple, rien par la peuple »

L’avènement des schizophrénocraties

Une nouvelle forme de pouvoir s’installe en Europe. Sous prétextes de  « crises des dettes souveraines », de « grands enjeux climatiques de demain », des « réponses à apporter aux défis démographiques », sous prétexte même de « modernité »…, on ne compte plus les « bonnes raisons » invoquées ! Partout, on assiste à la marginalisation des citoyens et de leurs représentants démocratiquement élus au profit des experts, des technocrates, de ceux qui savent, de tous les Joseph II qui sommeillent dans les salons du Pouvoir.

Partout le fossé se creuse aussi entre les élites et le citoyen, partout des populismes, même en R.F.A., à la plus grande surprise d’ailleurs d’une classe politique dont la capacité de se remettre en question n’est pas la principale qualité.

C’est vrai dans la zone euro, c’est vrai dans les terres romanes de Belgique.

En Europe, Joseph II s’est paré du séduisant visage de la troïka dont on sait les ingrédients – des représentants du Fonds Monétaire International, de la Commission européenne et de la Banque centrale -, mais dont on ignore l’exacte composition. Ses membres n’ont aucun mandat électif, ils se réunissent comme des comploteurs, dans l’urgence, quand la nuit est tombée, ils « négocient » avec ce qui reste d’autorités nationales, démocratiquement élues, à la dérive, acculées à mettre genou en terre, contraintes d’apporter à leur opinion publique d’improbables justifications de la misère qui se prépare pour elle.

Plus près de nous, à Namur, Joseph II, une autre troïka, celle de trois partis qui ont scellé leur destin dans un accord de gouvernement : à chacun sa bible ! Eux aussi ont choisi de confier à d’improbables et coûteux experts le soin de façonner pour eux les terres romanes de Belgique du XXIe siècle : le territoire (le S.D.E.R.), les ressources énergétiques (le plan éolien), l’implantation des activités commerciales, les outils de la décision politique (supra-communalité, par exemple)… Comme à l’époque de Joseph II, des cartographes ont été invités , qui ont analysé les flux (les vents, les déplacements de population), la dispersion de l’habitat…, élaboré des schémas, plus ou moins directeurs, plus ou moins dirigistes… Aujourd’hui, Joseph II est même dépassé : les comtes de FERRARIS appelés en renfort de leur Prince ne se contentent plus en effet de dresser le cadastre de ce qui existe, ils prétendent révolutionner le quotidien des populations ! Tant pis pour les mandataires locaux, tant pis pour l’autonomie communale : elle est appelée à disparaître comme ont déjà disparu les souverainetés nationales de Grèce et de Chypre…

Tout cela au prix d’une profonde schizophrénie de la classe politique : ceux-là même qui condamnent Joseph II à l’échelle européenne en vantent les immenses mérites à Namur et ceux-là qui le condamnent à Namur lui apportent tout leur soutien dans l’Union Européenne !!!

Rien ne les surprend… pas même l’incompréhension du citoyen qui se détourne d’eux !

Jean-Luc Lefèvre (Emptinne)

Message à Paul M.

Un billet de mauvaise humeur signé Paul Mélot (Durbuy).

Cher Pote Paul,

Du haut du pont sur l’Ourthe, à Durbuy, je lance ce message dans une bouteille, persuadémagnette qu’il se trouvera bien un habitant de la vlaamse kust pour te l’envoyer. De plus, ce moyen de transport fluvial est vraisemblablement plus sûr que le chemin de fer, puisque l’avant-dernier ministre des infrastructures publiques ( le même que celui qui a déclaré il y a une quinzaine de jours, peu avant son départ, qu’il n’était pas opposé à la vente d’une partie de ces entreprises…) n’a pas cru bon de recaler les projets SNCB de suppression d’entretien des lignes 42 et 43, soit leur suppression à terme !

Ainsi donc, tu viens de donner au pays entier une bien belle et grande leçon de modestie, toi qui te contentes de n’être qu’1/3 bourgmestre de la plus grande ville du sud, qu’1/3 président du plus grand parti de Wallonie et de Bruxelles, qu’1/3 de sénateur, te privant ainsi des 2/3 d’autres activités tellement emballantes !

Plus modeste que ton liégeois alter ego -qui n’en manque d’ailleurs pas- qui, plus gourmand, se satisfait de n’être qu’1/2 sénateur et questeur du Sénat et qu’1/2 bourgmestre de la deuxième ville wallonne (sans parler de rawettes telles Port autonome, Opéra de Wallonie, Coupole du Holding communal mis en liquidation pour cause de trop bonne gestion… de la Vice-Présidence du P.S. Wallon et de sa Fédération liégeoise…).

Attention: vous êtes l’un et l’autre limités, comme vous le savez, par des gains qui ne peuvent dépasser une fois et demi l’indemnité parlementaire, ce qui ne vous empêche pas d’empocher des traitements complets pour des fonctions exercées à demi ou à tiers temps. Faut pas se gêner, hein !

Mais nom di dju, y a une bulle: les statuts du parti ! Un conseil: ne commets pas la même sottise que ton avant-dernier prédécesseur, Elio Di Rublardo qui avait fait modifier les statuts à son avantage, lors de son accession au trône de l’En-Pire du boulevard du même nom !! Innove, donc ! Ignore-les !

Mais encore, pour les cumuls, hâte-toi lentement: ils seront interdits depuis bien longtemps quand il n’y aura plus de sidérurgie… Comment ? C’est l’inverse ! Oh ! Scusez !

Enfin, « Il y a une rupture culturelle avec les Français. Si on doit se rattacher un jour, ce sera plutôt à l’Allemagne. C’est plus l’intérêt industriel de la Wallonie »: ces paroles prestement énoncées par toi il y a presque deux ans et qui t’ont affublé du sobriquet ALLEMAgnette ne t’ennuient-elles pas, au moment où tu demandes le soutien de la France pour porter à l’Europe les quelques petits problèmes posés par les crapuleuses décisions de Mittal ?

P.S.:  ( P.S., ce n’est pas un sigle. C’est ce qu’on dit au bas d’une lettre quand on n’a plus rien à dire, mais qu’on veut malgré tout le dire ! Et c’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’on ne peut pas le dire ! Comprenez ce que je veux dire: on veut dire qu’on veut le dire, mais qu’on n’a rien à dire, ou si peu ! Donc, faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais !) P.S., donc: ne pas se priver de répercuter ce petit message de colère !!!

« Je jure fidélité au Roi… »

Une opinion de Georges-Henry SIMONIS

serment magnette« Je jure fidélité au Roi, obéissance aux lois et à la constitution du peuple belge. »

Que de fois cette formule du serment est-elle proclamée en Belgique chaque année, voire répétée à maintes reprises au cours d’une carrière par un nombre incalculable de personnes ?

Parmi celles-ci, par exemple, les nouveaux bourgmestres et échevins issus des dernières élections communales, ou les nouveaux juges et procureurs, les professeurs, géomètres, les huissiers, les agents provinciaux, régionaux…

En Belgique, tout le monde prête serment ! Quelle en est la portée réelle ?

Est-ce à dire que deviendraient parjures celles et ceux qui auraient d’autres idées que celles qui prévalent aujourd’hui dans l’organisation de l’état belge ?

Le problème mérite d’être rencontré, car bon nombre de ceux qui prêtent serment sont en fait républicains plutôt que monarchistes, ou partisans d’un autre état que l’actuel ; ainsi en va-t-il de ceux, de plus en plus nombreux, qui prônent le rattachement de la Région Wallonne ou de la Région Bruxelloise à la France, à défaut d’aucune autre solution satisfaisante telles que le confédéralisme ou l’émergence de nouveaux états indépendants.

Ainsi, sans parler de l’émergence de plus en plus évidente du séparatisme flamand, constatons que, en Wallonie, lors des dernières élections provinciales, plus de 30.000 personnes ont voté non pour des candidats des partis traditionnels mais pour des candidats figurant sur des listes wallonnes ou républicaines.

Disons-le donc clairement : on peut préférer la république à la royauté et faire le choix du retour à la France même quand on prête, ou qu’on a prêté, le serment belge constitutionnel.

Bon nombre de citoyens estiment que, même réduite à un rôle purement et exclusivement  représentatif, une monarchie héréditaire n’est plus de mise aujourd’hui. Tel est le vrai débat, plus sérieux que celui qui spécule sur le nom du prochain roi ou de la prochaine reine.

Il n’est probablement pas non plus de mise de chercher à discréditer d’aucune façon les membres de la famille royale belge : le peuple belge est en quelque sorte solidaire de ce qu’ils sont devenus, au fil des ans. Mais il faut changer.

Cette décision de rupture avec la monarchie doit être encouragée et prendre place dans la conscience collective des Belges, quel que soit le degré de sympathie qu’ils puissent avoir pour les membres de la famille royale actuelle. Il est certain que, vu leurs grandes qualités, ceux-ci  pourront à l’avenir se consacrer à d’autres tâches éminentes au profit de la collectivité, si tel est leur choix ; ils pourront aussi, s’ils le souhaitent, poursuivre les rites de ces familles royales ou princières qui émaillent la planète, de Londres à Monaco… Mais désormais sans le moindre  pouvoir ni la moindre origine  constitutionnelle.

L’évolution doit aussi se faire dans le cadre de l’éducation des enfants : le personnage du « Roi », de « la Reine », des princes et des princesses, est omniprésent dans les contes, les légendes, les chansons enfantines. Les images aussi, dans des milliers de livres ou de films, plus célèbres les uns que les autres.

Que l’on conserve cet imaginaire collectif : soit ; mais que cela n’empêche pas les évolutions sociétales actuelles. C’est la loi de l’évolution depuis des siècles.

Que ceux qui font le choix d’un retour de la Wallonie à la France dans les meilleurs délais en soient bien persuadés : ce n’est pas leur serment au Roi qui doit empêcher leurs convictions, ni leur droit et leur liberté d’en parler.

Ce verrou doit sauter !

Le point de vue d’un socialiste indigné

Willy Burgeon, Président Honoraire du Parlement Wallon, Président de la section PS de Leval-Trahegnies (Binche)

Quand donc aura-t-on la lucidité et le courage de reconnaître que ce pays n’a plus d’avenir ?

On colle facilement sur ce théâtre l’adjectif « surréaliste » mais ce n’est pas là honorer la mémoire de Magritte et de ses illustres collègues. A moins qu’il s’agisse d’un cauchemar politique qui se raccorderait à leur univers !

Non, l’histoire reprend ses droits et confirme que « la Belgique est un accident de l’histoire ». La formule exprimée par Gaston Eyskens en 1970, « la Belgique de papa est finie », s’attache encore à la Belgique fédérale d’aujourd’hui, même si je concède que le fédéralisme, que j’ai défendu en son temps, était un passage obligé car, sinon, la Wallonie serait devenue une colonie de la Flandre.

Nous perdons du temps et continuerons à en perdre, peut-être jusqu’aux élections communales, pour prolonger des intérêts monarchiques, politiques, affairistes, ceux de l’establishment belgicain rétrograde et conservateur soutenu par les médias à sa solde.

Nous n’avons pas les moyens de relever les grands défis de la société,  par exemple de l’économie et de l’emploi. Et le patronat se trompe de cible quand il s’attaque au statut social des travailleurs (quid d’un déficit de la consommation ?) pour compenser son manque de créativité et d’innovation, reproches permanents des autorités européennes à l’égard des entreprises d’ici. Et faire oublier que le système capitaliste est responsable d’une crise planétaire, quelle arrogance !

Alors s’indigner, oui, s’engager, oui, et se révolter, quand ?

Il y a matières …

A se révolter contre ces banquiers, contre ces marchés qui sèment la misère et la mort, contre un État moribond qui enferme le peuple francophone dans des frontières du passé et l’empêche de s’épanouir.

Se révolter pourquoi ? Pour une mondialisation et une Europe faites de solidarité et de liberté alors que les intérêts des puissants prévalent, pour une créativité politique inexistante parce que prisonnière des schémas du passé, ceux du capitalisme ravageur.

La Fédération Wallonie-Bruxelles est désargentée alors qu’elle doit promouvoir des compétences essentielles comme l’enseignement, la culture et l’audio-visuel pour rester dans le train de la modernité (les enquêtes PISA sont catastrophiques et le débat Robin des Bois est un indice de pauvreté).  En plus, est patente l’incapacité financière de protéger durablement l’environnement, d’assumer toutes les infrastructures, de rendre nos municipalités agréables à vivre. Ne parlons pas de l’esthétique généralement absente des projets d’où un ressentiment accru de sinistrose.

Pendant ce temps, les ténors de la politique s’usent dans d’interminables caucus, séances, rapports, palinodies, justifications, concertations, explications, etc… etc… etc… (en veut-on encore ?) toujours répétés, débouchant sur le néant.

Un jour viendra où la vérité surgira du puits. Aujourd’hui, chaque état-major de parti n’ose prendre la responsabilité de la rupture. Un jour, elle se produira inévitablement. Je me souviens de ce bureau du PS de 1979 où André Cools mit fin au « PSB uni et fort » après des mois d’impossibilité de décider. Nous avons reçu sa décision dans l’estomac, avons réalisé que c’était la sagesse même et puis avons été l’expliquer à notre base socialiste. Il manque des André Cools !

Le courage politique est de se mettre autour d’une table, de faire sortir les plans B des armoires et d’étudier les conditions du divorce et de l’après-divorce.

Combien de temps encore les Wallons et les Bruxellois vont-ils  subir les complexes identitaires des Flamands ? Il faut arrêter de tergiverser pour éviter la colonisation.

La propagande francophone ment et trahit ses lecteurs quand elle tente d’expliquer que la majorité des Flamands ne sont pas séparatistes et, pour tenter de le démontrer,  part à la pêche de minoritaires intellectuels, artistes et autres pour affirmer le contraire. Tout cela n’est qu’un tissu de mensonges. Oui, on n’arrête pas de vous mentir, partout et tout le temps grâce à une machine de propagande bien huilée qui englobe presque tous les médias.

Pour mes enfants et petits-enfants qui se posent des questions vitales, je rêve d’être citoyen d’un grand pays, qui en impose sur la scène internationale, où on se bat pour une Europe équitable, pour la défense d’une démocratie sociale, où on pourra relever les grands défis de la mondialisation et se débarrasser des mesquineries qui encombrent notre quotidien.

Et ce pays, nul doute, je le proclame, après mûre réflexion de jour en jour renforcée, offre la solution à tous nos maux et c’est la FRANCE !

                                    Willy Burgeon

PS : je renais en politique quand je participe aux travaux du GEWIF (Groupement d’Etude pour la Wallonie intégrée à la France), dirigé par Jules Gheude, où on étudie les raisons et les modalités pratiques du rattachement à la France, vision très minoritaire mais qui s’imposera d’elle-même comme le fédéralisme dans les années 1960. En fait, on y  prépare l’avenir, on se fiche des combats d’arrière-garde et c’est terriblement stimulant !

Pascal De Sutter persiste et signe.

Récemment, dans Le Vif/L’Express, Pascal De Sutter parlait d’une Belgique à la flamande. Il voulait montrer comment, dans l’opinion flamande, la Belgique et le nationalisme flamand pouvaient s’entremêler.
Cette chronique a manifestement fait polémique. Quand il s’agit de la Belgique, « l’amour sacré de la patrie » ne laisse aucune place à la réflexion critique. Accusé d’être un « nationaliste francophone », Pascal De Sutter a voulu enfoncer le clou.
Extrait choisi (texte intégral à lire dans Le Vif/L’Express) :

(…) Désormais, tout francophone qui est fatigué des revendications flamandes et qui se dit que finalement une séparation à l’amiable vaut mieux qu’une union conflictuelle serait classé « nationaliste francophone ». Tout francophone qui ose se plaindre de la mainmise flamande sur l’armée, la diplomatie et l’ensemble des hauts postes de l’Etat fédéral serait étiqueté « nationaliste francophone ».

Charles de Gaulle disait : « Le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres. » Pour ma part, je ne déteste ni la Flandre, ni les Flamands. J’aime la Flandre et les Flamands. Et j’aimerais d’ailleurs pouvoir un jour y faire du tourisme en y étant aussi bien accueilli qu’un Français, un Britannique ou un Allemand. J’ai aimé la Belgique. J’ai eu les larmes aux yeux, au garde-à-vous, en entendant la Brabançonne. Mais la Belgique de papa n’existe plus. Et la nouvelle Belgique dominée par une majorité qui respecte de moins en moins sa minorité ne me convient pas. Ce n’est pas le délire paranoïaque d’un nationaliste francophone. C’est le constat porté par la Cour européenne des droits de l’homme, la Commission européenne et même les Nations unies sur l’attitude de la Flandre vis-à-vis de ses minorités.

Dans cette logique, je disais que les francophones qui veulent absolument conserver une Belgique unie devaient petit à petit se faire à l’idée que ce serait une Belgique à forte coloration flamande. Certes, l’on pourra toujours librement parler français à Liège ou à Namur, mais il faudra avoir un CV purement néerlandais pour accéder à une fonction de quelque importance au sein de l’Etat fédéral. Comme ce fut autrefois le cas durant la période de l’union avec les Pays-Bas. Les Belges d’alors (y compris les Flamands) étaient des individus de deuxième catégorie. Pour ma part, je n’ai tout simplement pas envie de vivre dans un pays où mes enfants n’auraient plus accès aux meilleures fonctions de l’Etat parce qu’ils ont le malheur d’avoir été éduqués en français. Je respecte les ambitions flamandes, mais je n’ai pas envie de m’y soumettre. (…)

Zaventem n’est pas Bruxelles-National

Nous reproduisons ici, tel quel, le message qu’un élu francophone de la périphérie a récemment diffusé sur le net.

Bonjour à toutes et à tous,

La majorité VLD-CD&V-NVA de Messieurs Vermeiren et Van Rompuy a fait voter, ce lundi 14 mai 2012, un règlement communal concernant les plaines de jeux et garderies.

Ce texte interdit aux… enfants et leurs parents…. de parler toute autre langue que le néerlandais (Article 7). Même entre eux…
Indigné, j’ai demandé à Mr Ockermans, échevin Open (?) VLD, s’il connaissait l’Article 21 dela Charte Européenne des Droits du Citoyen.

Je lui ai même lu, dans son idiome, ce texte qui interdit toute discrimination basée, entre autres, sur la langue.

Silence…

Un peu plus fâché, je l’ai interpellé, toujours dans la langue de Vondel, quant à savoir si l’Article 30 de notre Constitution l’inspirait plus; vous savez, cet article qui consacre le libre choix de la langue…

Silence…

Ulcéré cette fois, j’ai fait usage de ce droit constitutionnel pour lui demander, dans la langue de Voltaire cette fois, ce qu’il comptait faire au cas où deux jeunes enfants de 3 à 4 ans parlaient entre eux en français, …leur donner quelques claques peut-être ?

Alors, là, enfin une réaction … un tollé général, des huées, des onomatopées, …

Mais… pas pour jurer que jamais on ne frapperait des enfants… que nenni… plutôt car j’avais osé m’exprimer dans ma langue maternelle…

Quelle honte !

L’histoire de l’Europe ne leur aurait-elle rien appris ?

Quelle honte !

Tous les partis flamands, VLD… CD&… N-VA… SPa… Leef!… ex-Vlaams Belang, ont approuvé ce texte.

Quelle honte !

Nous votons en octobre; il sera plus que nécessaire de barrer la route à ces partis flamands-là !

J’ai transmis ces règlements honteux à la presse (copie disponible sur demande) et je vous invite à diffuser ce message parmi tous vos amis et connaissances.

Patrick Van Cauwenberghe, Conseiller Communal à Zaventem, Chef de groupe Union des Francophones (UF)

Le partage manqué

Monsieur Coche nous a livré ce commentaire. Son intérêt historique nous incite à en faire un article.

Le partage manqué ou comment réveiller la mémoire des Français, des Wallons et des Néerlandais.

   Au dix-septième siècle Henri IV se donna pour objectif de reprendre à l’Espagne les anciens fiefs de France (l’actuel Nord-Pas-de-Calais et la Flandre à l’ouest de l’Escaut) mais aussi des terres d’empire de langue française (l’actuelle Wallonie, sans Liège, et la Lorraine). N’affirmait-il pas: “toute la langue française doit être à moi”. En 1605, il proposa une alliance aux Provinces Unies pour atteindre ce but mais la Hollande rompit l’accord. Richelieu fit une nouvelle tentative en 1634. Il proposa d’abord de créer un Etat sous protectorat franco-hollandais. Puis il proposa un partage qui laissait à la Hollande l’actuelle Flandre et à la France l’actuel Nord-Pas-de-Calais et l’actuelle Wallonie (sans Liège). Prise à nouveau d’inquiétude, la Hollande rompit cet accord. Mazarin ne parvint pas non plus à décider la Hollande. Ainsi le partage n’eut jamais lieu.
   Pourquoi, aujourd’hui, au sein de l’Union Européenne, un tel partage ne pourrait-il pas avoir lieu en rappelant les rétroactes et en associant les quatre parties concernées, plus la RFA et le GD de Luxembourg pour les Cantons de l’Est ?
   Il est particulièrement intéressant de constater qu’au dix-septième siècle, les responsables politiques appréhendaient les spécificités linguistiques de nos régions avec précision puisque l’article 5 de l’accord du 8 février 1835 stipulait notamment: “la partie de la province de Flandres où se parle Wallon, avec les portz de mer jusques à Blancquenberghe exclusivement”. Cette phrase cloue au pilori bien des revendications flamandes à l’encontre de la République. La question bruxelloise, elle, ne se pose même pas.
   Grâce à l’actuelle structure BENELUX, la Flandre et les Pays-Bas pourraient se retrouver dans un ensemble confédéral préexistant (la renaissance de l’Union d’Utrecht, d’où l’importance d’Anvers !). Cela vaut aussi pour la Région bruxelloise qui, non seulement serait reconnue en tant que telle, mais encore retrouverait dans la structure BENELUX la place historique qu’elle détenait dans l’Union d’Utrecht ! Cela vaut aussi pour les Cantons de l’Est désireux de retrouver le GD Luxembourg.
   Les provinces wallonnes, enfin libérées d’un joug germanique séculaire, s’imbriqueraient harmonieusement dans l’Hexagone national.
   Monsieur Demotte, futur élu à Tournai, aimerait-il savoir qu’au dix-septième siècle, il existait une Ligue Wallonne, proche de Richelieu, dont le dessein était d’expulser l’occupant espagnol. Les membres de cette ligue, très influente dans les provinces wallonnes, se nommaient Egmont, Henin, Epinoy, Barbançon, Arenberg et Bournonville. Rêvera-t-il un jour de se hisser au niveau de ces nobles personnages ? Espérons-le. (Le fond historique a été extrait de “Notre Passé Wallon”, Maurice Bologne, Institut Destrée, pages 62 et 63.)

Nous nous permettons d’ajouter que, dans sa lutte contre les Habsbourg, Richelieu pouvait compter sur la sympathie des Liégeois. Au carrefour des influences germanique et française, la principauté de Liège était divisée entre un parti favorable au prince et un parti populaire traditionnellement francophile. L’assassinat de Sébastien La Ruelle, tribun populaire et bourgmestre de Liège, a durablement marqué la mémoire collective des Liégeois.

Epinal n’est pas français

Jean-Luc Lefèvre (Emptinne)

L’alliance Wallonie-France n’a pas bonne presse. Quelle qu’elle soit !

Dans le Grand Livre des Objections à cette Nouvelle Alliance, les thuriféraires de l’état-Belgique en appellent aux autonomies et pouvoirs locaux comme ultimes repoussoirs.

D’un côté, le fier Perron liégeois, de l’autre le Léviathan jacobin. Horreur donc !

Le plat pays qui est le mien a longtemps été, c’est vrai, terre de beffrois et de communautés de feux. Il a longtemps été, c’est vrai, pays où « l’air de la ville rend libres ». Libres et donc rebelles comme l’ont été les bourgeois d’Arras démantelée par Louis XI, l’« Universelle araignée », figure emblématique de la France honnie.

D’un côté donc, un vivier de décentralisation politique, de l’autre, un mouroir de déconcentration administrative.

Et pourtant !

Quand j’entends le Ministre FURLAN, confronté, c’est vrai, à de profondes mais très locales dérives municipalistes, dénoncer l’autonomie communale qui serait aussi un facteur de « chaos » (sic), quand je vois des mandataires locaux s’ »escagacer » de la tutelle étouffante de la Région wallonne, quand je sais le rétrécissement du champ des compétences communales (l’implantation des parcs éoliens et des grandes surfaces commerciales en périphérie urbaine, hier, le « Schéma de développement économique régional et ses noyaux d’habitat », demain), je m’interroge sur la valeur politique ajoutée des terres romanes de Belgique par rapport à la France.

Une France qui, pour rapprocher ses citoyens de la décision politique, a toujours privilégié l’approche des communautés urbaines et rurales à celle des fusions de communes !

Prétendre que les terres romanes de Belgique ne sont pas solubles dans le paysage institutionnel français sous prétexte de la culture hexagonale de la centralisation antinomique de notre culture politique, c’est refuser de prendre en compte nos évolutions les plus récentes; c’est aussi collaborer à l’émergence du mythe d’une structure institutionnelle non bio-dégradable; c’est enfin se regarder dans le rétroviseur au lieu de regarder devant soi.

Serions-nous de nouveaux Narcisse ?

Intox / désintox

Ce texte nous a été envoyé par Roland, habitant d’une « commune à facilités ».

Comment on arrive à prouver « mathématiquement » des contre-vérités.

Extrait d’un tract de la N-VA reçu aujourd’hui dans ma boîte aux lettres (traduction) :

Le nombre de chômeurs non néerlando-phones reste élevé à Wezembeek-Oppem.

Le parlementaire flamand Mark Demesmaeker a demandé en octobre les pourcentages de demandeurs d’emploi dans Halle-Vilvoorde. Fin septembre 2011, 55,7 pourcent du nombre de chômeurs dans Halle-Vilvoorde étaient non néerlandophones. En même temps, Mark a constaté  que le nombre de participants aux cours gratuits de néerlandais à la VDAB (= FOREM de la région flamande) n’augmente pas.

En 2010, la VDAB a transmis seulement 12 dossiers au RVA (= ONEM) pour refus de suivre la formation en néerlandais. En 2011, il n’aurait pas dû y en avoir plus. Une telle transmission signifie que le dossier du chômeur concerné est transmis au RVA, qui sanctionnera à son tour. Jusqu’il y a peu, la langue était seulement un des éléments lors de la décision de transmission.

PLUS DE SEVERITE

Mark Demesmaeker : « Depuis septembre 2011, le refus de suivre une formation linguistique est aussi considéré comme le refus de suivre une formation professionnelle. Le refus d’une formation linguistique est désormais suffisant pour une transmission (de dossier). Le ministre Muyters (N‑VA) veut par là pousser les chômeurs non néerlandophones à apprendre le néerlandais. Je suis content de cet accroissement de sévérité et j’espère que ces mesures pourront repousser la francisation sur le marché du travail. »

Qu’est-ce que cela signifie à Wezembeek-Oppem ? Parmi tous les demandeurs d’emploi de notre commune (septembre 2011), 12,9 pourcent déclaraient utiliser le néerlandais comme langue principale, 71 pourcent le français et 16,1 pourcent une autre langue. Il est clair que la connaissance de néerlandais constitue un grand avantage dans la recherche d’un emploi. Il est grave que beaucoup refusent l’offre gratuite de la VDAB de suivre des cours de néerlandais !

Mon commentaire

Bizarre déjà qu’il ait obtenu des chiffres que l’on refuse en général de communiquer. Mais soit : aucune information ni sur la source des données ni sur l’échantillon, ni sur la période d’observation, …

Remarquez aussi qu’il existe une différence entre chômeurs ou « werklozen » (c-à-d indemnisés) et demandeurs d’emploi ou « werzoekenden » (pas forcément indemnisés).

Paragraphe suivant. Pourquoi ce pourcentage si important ? Parce que les « non-parlant-le-néerlandais » refusent de s’inscrire à des cours de néerlandais gratuits. Il est clair qu’un néerlandophone ayant terminé ses trois premières années de post-scolaire (je n’ose pas appeler cela des humanités) vers 18 ans fait donc partie des autres 44,3 % qui d’office trouvent un emploi « met de vingers in de neus ». On va d’ailleurs sévir à l’encontre de ces « non-parlant-le-néerlandais et refusant de s’inscrire à des cours de néerlandais gratuits », soit 12 cas signalés en 2010. Mais on promet que pour 2011, ça va chier ! Mais là, on n’a pas encore de statistiques…

Dernier paragraphe : Voyez donc la catastrophe que cela représente pour notre bonne commune : 12,9 % de demandeurs d’emploi avouent parler la langue de Vondel, 71 % celle de Molière et le reste (donc 16,1 %, soit plus que les premiers) une autre langue.

D’où le beau « Passendaele » (je n’ose pas appeler ça un Camembert) montrant en couleurs très symboliques et sans doute imposées « par défaut » par Excel :

– en rouge les vilains francophones

– en jaune les bons Flamands

– en bleu les autres.

Moi, je serais Flamand, je ne retiendrais que ce Passendaele et je voterais « direkt » pour le parti qui m’envoie ce tract !

Mais je suis francophone. Alors je me suis aussi procuré des statistiques (source : http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/648257/les-chiffres-de-la-tache-d-huile.html ) dont je retiens que, d’une part :

« Les données les plus claires, et sans doute les plus fiables, sont celles qui sont issues du scrutin communal de 2006… Des listes francophones se sont présentées dans les 16 communes des 35 que compte l’arrondissement Hal-Vilvorde. Sans surprise, ce sont trois communes à facilités qui présentent le plus d’électeurs francophones : Linkebeek, Crainhem et Wezembeek-Oppem avec de 75 à 84 % de votes pour des listes francophones. Les autres, Wemmel, Rhode-Saint-Genèse et Drogenbos affichent respectivement 68, 64 et 41 %. Ailleurs, ce sont  Leeuw-Saint-Pierre (21 %), Tervuren et Beersel qui abritent le plus d’électeurs francophones. En moyenne, 84,37 % des électeurs ont voté pour des listes néerlandophones dans la périphérie, hors communes à facilités. Dans ces dernières, ce chiffre tombe à 31,32 %. Plus frais sont les résultats des élections législatives de juin 2010. Les listes purement francophones (sans la liste bilingue Probruxsel) recueillent 20,9 % des suffrages dans les cantons situés dans l’arrondissement Hal-Vilvorde. Côté francophone, on évalue à 80 000 le nombre d’électeurs francophones dans ces cantons, ce qui représente au bas mot une bonne centaine de milliers d’habitants. Les estimations les plus larges font état d’une présence de 150 000 francophones  dans la périphérie, la vérité se trouvant sans doute à l’intérieur de cette fourchette. »

Donc, dans ma commune, il y a (disons) 80 % de francophones.

Par ailleurs (même source) :

« S’ajoute à cela l’impact sur la périphérie de l’internationalisation de Bruxelles. Les étrangers représentent plus de 11 % de la population du Vlaamse Rand pour 5,8  sur l’ensemble de la Région flamande. Ces étrangers sont principalement originaires de l’Union européenne, des Etats-Unis et du Canada et sont installés surtout dans les communes de l’Est et du Sud-Est de la périphérie, soit Krainem, Wezembeek-Oppem, Hoilaart, Rhode-Saint-Genèse et Linkebeek. »

Par simple arithmétique, 80 % de francophones et 11 % d’étrangers, ça fait qu’il reste 9 % de néerlandophones. Vous me suivez toujours ?

Donc,

80 % de francophones ne « consomment » que 71 % de la manne.

9   % de Flamands « consomment » outrageusement 12,9 % de celle-ci.

11 % d’étrangers en « consomment » 16,1 %.

Si on divise les y % de la cagnotte par les x % de « profiteurs », les francophones sont les seuls à ne pas profiter du système. Ce qui est absolument le contraire de ce que montre le Passendaele du N-VA.

Ce qu’il fallait démontrer, non ?

Allez, amitiés à tous.