Les turbulences actuelles en Europe et dans les terres romanes de Belgique conduisent à de curieux renoncements, et donc aussi à de réelles schizophrénies.
Je ne pouvais pas ne pas partager avec vous ces considérations : après tout, elles vous concernent au premier chef. A fortiori si vous condamnez le jacobinisme !
D’abord, parce que la décision politique vous appartient, ensuite, parce que celle-ci explique aussi largement le désengagement du citoyen qu’il serait trop facile de condamner sans autre forme de procès.
Il n’est pas trop tard, à votre échelle, de responsable régional, de responsable local, de relais d’opinion, mais il est temps !
« Tout pour le peuple, rien par la peuple »
L’avènement des schizophrénocraties
Une nouvelle forme de pouvoir s’installe en Europe. Sous prétextes de « crises des dettes souveraines », de « grands enjeux climatiques de demain », des « réponses à apporter aux défis démographiques », sous prétexte même de « modernité »…, on ne compte plus les « bonnes raisons » invoquées ! Partout, on assiste à la marginalisation des citoyens et de leurs représentants démocratiquement élus au profit des experts, des technocrates, de ceux qui savent, de tous les Joseph II qui sommeillent dans les salons du Pouvoir.
Partout le fossé se creuse aussi entre les élites et le citoyen, partout des populismes, même en R.F.A., à la plus grande surprise d’ailleurs d’une classe politique dont la capacité de se remettre en question n’est pas la principale qualité.
C’est vrai dans la zone euro, c’est vrai dans les terres romanes de Belgique.
En Europe, Joseph II s’est paré du séduisant visage de la troïka dont on sait les ingrédients – des représentants du Fonds Monétaire International, de la Commission européenne et de la Banque centrale -, mais dont on ignore l’exacte composition. Ses membres n’ont aucun mandat électif, ils se réunissent comme des comploteurs, dans l’urgence, quand la nuit est tombée, ils « négocient » avec ce qui reste d’autorités nationales, démocratiquement élues, à la dérive, acculées à mettre genou en terre, contraintes d’apporter à leur opinion publique d’improbables justifications de la misère qui se prépare pour elle.
Plus près de nous, à Namur, Joseph II, une autre troïka, celle de trois partis qui ont scellé leur destin dans un accord de gouvernement : à chacun sa bible ! Eux aussi ont choisi de confier à d’improbables et coûteux experts le soin de façonner pour eux les terres romanes de Belgique du XXIe siècle : le territoire (le S.D.E.R.), les ressources énergétiques (le plan éolien), l’implantation des activités commerciales, les outils de la décision politique (supra-communalité, par exemple)… Comme à l’époque de Joseph II, des cartographes ont été invités , qui ont analysé les flux (les vents, les déplacements de population), la dispersion de l’habitat…, élaboré des schémas, plus ou moins directeurs, plus ou moins dirigistes… Aujourd’hui, Joseph II est même dépassé : les comtes de FERRARIS appelés en renfort de leur Prince ne se contentent plus en effet de dresser le cadastre de ce qui existe, ils prétendent révolutionner le quotidien des populations ! Tant pis pour les mandataires locaux, tant pis pour l’autonomie communale : elle est appelée à disparaître comme ont déjà disparu les souverainetés nationales de Grèce et de Chypre…
Tout cela au prix d’une profonde schizophrénie de la classe politique : ceux-là même qui condamnent Joseph II à l’échelle européenne en vantent les immenses mérites à Namur et ceux-là qui le condamnent à Namur lui apportent tout leur soutien dans l’Union Européenne !!!
Rien ne les surprend… pas même l’incompréhension du citoyen qui se détourne d’eux !
Jean-Luc Lefèvre (Emptinne)






