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Un article bien loin des vieux clichés

Qui a dit que la France n’avait que condescendance vis-à-vis de la Wallonie ? Voici un article qui en dit long sur la façon dont une grande majorité de Français nous tient en estime, voire en admiration. Nous sommes bien loin des vieux clichés qui voudraient que notre Région devienne la région oubliée ou la cinquième roue du chariot de la République lorsque nous rejoindrons la France.

Paul Durieux

Escapade gourmande en Wallonie : quand le site du Monde.fr rend hommage à notre région, à ses habitants et à sa gastronomie (lien).

A trois heures de Paris, le sud de la Wallonie est un petit joyau méconnu qu’il faut prendre le temps de découvrir à la lumière de l’automne. Entre la vallée de la Meuse et le grand-duché de Luxembourg, on y traverse des paysages brumeux et vallonnés d’où émerge parfois, au milieu d’une forêt, un jardin à la française du XVIIIe siècle, comme celui du château de Freÿr près de Dinant.

Dans la vieille querelle qui les oppose aux « laborieux » Flamands du Nord, les « gentils » Wallons du Sud ont développé avec le temps un sens de l’autodérision aussi sympathique qu’efficace. Ainsi les habitants de Namur, moqués pour leur lenteur légendaire, n’ont-ils rien trouvé de mieux que de prendre l’escargot pour emblème de leur ville. Ce sens de l’humour typiquement wallon, Rémy Belvaux et Benoît Poelvoorde, eux-mêmes natifs de Namur, ont su le traduire il y a vingt ans dans un film culte : C’est arrivé près de chez vous.

Mais la Wallonie est aussi une fascinante terre de goût, à la fois rustique et joyeuse, que nos gastronomes en quête de nouvelles saveurs se devraient d’explorer au plus vite.

Pour une telle escapade, pas de meilleur guide que Jean-Pierre Gabriel. Photographe sensible, amoureux des jardins, ce Wallon né dans une ferme à beurre milite depuis toujours pour la renaissance des produits du terroir belge, comme l’endive de pleine terre ou le fromage au lait cru de Herve (seul fromage belge à bénéficier de l’appellation d’origine protégée européenne). « Depuis quelques années, une nouvelle génération d’artisans passionnés est apparue en Belgique, et particulièrement dans le sud de la Wallonie. Avec eux, ce sont des terroirs, des savoir-faire et une vraie gastronomie locale qui se sont mis à revivre, générant des emplois et un tourisme de qualité », dit-il.

LETTRES DE NOBLESSE

L’exemple de Stephen Destrée est de ce point de vue éloquent. Seul dans son garage de Leignon, près de Namur, ce jeune pâtissier de 27 ans a décidé, il y a peu, de redonner ses lettres de noblesse à la grande tradition du biscuit belge chère à Hercule Poirot. Aux antipodes du spéculoos industriel, ses délicieux biscuits aux amandes, au chocolat, au caramel et aux agrumes, tous sans additifs chimiques, sont aujourd’hui servis à l’heure du thé dans les plus grands hôtels de Bruxelles.

A Falmignoul, près de Dinant, la brasserie Caracole est l’un des trois derniers établissements artisanaux belges, avec Cantillon à Bruxelles et la brasserie à vapeur de Pipaix. Remise en état de marche en 1994 par le très passionné François Tonglet, cette merveilleuse brasserie en brique du XVIIIe siècle n’est aujourd’hui encore chauffée qu’au feu de bois. Procédés de fabrication, outils et matières premières sont exactement les mêmes qu’autrefois et le produit final reste 100 % wallon : de l’eau de source, du malt bio torréfié, de la fleur de houblon, des levures et un mélange d’épices traditionnelles. Il faut entre six et huit semaines pour élaborer une grande bière, comme la Troublette bio, à base de malte et de froment. A mi-chemin entre la blanche et la gueuze, cette bière légère, parfumée au jus de citron, à l’écorce d’orange, à la graine de coriandre et au houblon, séduit par sa fraîcheur et sa rondeur aromatique.

Mais les bières de la brasserie Caracole sont aussi de magnifiques bières de repas, comme le démontre le jeune chef Ludovic Vanackere (sosie de Tintin) qui, dans son excellent restaurant Atelier de Bossimé, au village de Loyers, propose la bière ambrée sur une délicieuse joue de cochon confite dix-huit heures à basse température, accompagnée de pommes de terre cuites dans une croûte de foin. C’est ça, le goût de la Wallonie…

HOSPITALITÉ ADMIRABLE

En pénétrant dans les Ardennes belges, on découvre soudain une campagne qui est restée dans son jus, exactement comme il y a un demi-siècle… « Ici, les gens sont plus têtus, explique Jean-Pierre Gabriel, ce sont des chasseurs, des hommes de la forêt, mais leur hospitalité est admirable. »

A Attert, tout près du grand-duché de Luxembourg, ne manquez pas de rendre visite à un artisan d’exception : Marc Fouss, de la Maison Thill. Poigne de fer, voix de stentor et rire gargantuesque, cet Ardennais de souche est aujourd’hui le dernier à élaborer des jambons fumés entiers avec l’os, non pas avec de la vulgaire sciure mais bien avec des rondins de bois de hêtre bien secs : « Le hêtre offre l’avantage de ne pas avoir d’écorce, sa fumée est très fine et légère, sans tannin excessif », confesse-t-il.

Plongés vingt jours dans un bain de sel et d’épices, les jambons du père Fouss sont ensuite séchés plusieurs semaines dans une cave à 8 degrés avant d’être fumés un mois entier dans une immense cheminée qui surplombe le village. « La semaine dernière, un gars est venu me dire que la fumée l’incommodait et que je devais déménager. Je lui ai dit que la Maison Thill fumait ses jambons depuis le XVe siècle et que celui qui l’arrêterait n’était pas encore né ! », s’enflamme-t-il.

Après le fumage, les jambons sèchent à l’air libre pendant au moins quatre mois, mais c’est après vingt-quatre mois d’affinage qu’ils atteignent leur plénitude, arborant une belle couleur rouge. Leur doux fumé campagnard et leur fondant en font un produit d’exception que l’on ne peut, hélas, trouver que sur place…

NECTAR D’AUTOMNE

Mais la Wallonie du Sud est aussi un pays de pâturages propices à la production de beurre, de crème et de fromages au lait cru d’une qualité insoupçonnée. Lionel Plaquette, 28 ans, est un agriculteur atypique qui s’est rendu célèbre grâce à l’émission de télé-réalité « L’amour est dans le pré » (il y jouait son propre rôle, celui d’un fermier gay à la recherche de « l’âme frère »).

Issus du lait de vaches jersiaises et normandes nourries au trèfle, à la luzerne et au foin, les beurres au lait cru qu’il fabrique dans sa ferme du Mesnil-sur-Blaise n’ont rien à envier à nos fameux beurres Bordier, Echiré et autres Bellevaire. D’un beau jaune pâle, son nectar d’automne baratté à la fleur de sel est élégant, rond et très pur en bouche. Lionel Plaquette produit aussi des beurres à la truffe noire, aux fines herbes et aux oignons-gingembre (délicieux sur des gambas flambées au whisky). On les trouve Chez Catherine, la plus belle crémerie de Bruxelles.

Cette plongée au cœur des terroirs de la Wallonie ne serait pas complète sans le maître fromager Daniel Cloots, véritable pionnier dont la coopérative du Gros Chêne, créée en 1986 à Méan, fait vivre aujourd’hui une cinquantaine de petits producteurs de lait de la région. Au fil des ans, Daniel Cloots a su tisser le lien qui, dans son esprit, doit relier l’agriculteur au consommateur. Fabriqués et affinés sur place, ses fromages de chèvre et de brebis au lait cru bio sont tous d’un goût subtil et font partis du patrimoine gastronomique belge.

Emmanuel Tresmontant

Un candidat prêt à devenir français

Jean-Paul Bonjean, candidat du PS à Liège, a répondu à nos dix questions. Contrairement à beaucoup, il croit davantage en l’indépendance de la Wallonie qu’en l’avenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais en cas d’union avec la France, il préfère une assimilation complète à un statut particulier pour la Wallonie.

Un seul commentaire pour accompagner ses réponses, mais il est intéressant :

Il n’y a pas eu de congrès sur la question d’autant que nous n’avons pas encore liquidé la Communauté Wallonie-Bruxelles; mais de temps en temps, lors de fortes tensions avec les Flamands, un ou l’autre parlementaire PS wallon « roule des mécaniques » et annonce le désir pour les Wallons d’être rattaché à la France.

Rappelons ici les réponses de Claude Emonts (PS) et de Pierre Castelain (Ecolo) pour Liège.

Ajoutons-y les réponses d’Alain Balsat (RWF) pour les élections provinciales à Liège.

Et les candidats francophiles, que disent-ils ?

On a beau être une personnalité politique et ne pas craindre, à l’occasion, de plaider pour la réunion de la Wallonie à la France, il y a des moments où il vaut mieux parler d’autre chose. A l’approche des élections communales, par exemple, surtout quand on brigue un mayorat. Nous comprenons. Nous connaissons beaucoup de candidats francophiles et nous souhaitons leur élection, même si, dans leur campagne électorale, ils se gardent bien de parler de la France.

Nous savions, quand nous avons décidé d’envoyer un questionnaire aux candidats, que peu d’entre eux prendraient le temps d’y répondre, ou le risque d’y répondre. Il était clair, déjà, que plusieurs membres de l’AWF qui se présentent aux élections, ne le feraient pas au nom de leur engagement pour une Wallonie française. Le militantisme est souvent pluriel. Nous respectons leur choix. Si nous ne parlons pas d’eux sur ce site, c’est parce qu’ils nous l’ont demandé.

Le cas du RWF est bien sûr différent. Le choix de la France est sa raison d’être. Il n’y a pas d’incompatibilité entre le RWF et l’AWF, mais il y a la discipline de parti. Pour les candidats du RWF qui sont par ailleurs membres de l’AWF, la discrétion est aussi de mise. Il nous suffit, dès lors, de signaler que le RWF n’a déposé des listes que pour les élections provinciales.

Pour permettre à chacun de s’en faire une idée, voici l’ensemble du courrier que nous avons envoyé à un nombre important de candidats : ici.

Nous remercions tous les candidats qui, d’une manière ou d’une autre, ont réagi à ce courrier.

A propos d’un questionnaire de l’AWF

A tous les candidats que notre action indiffère ou dérange,

Nous savons qu’il ne manque pas de causes à défendre et que les motifs d’inquiétude sont nombreux.

Nous savons que la France n’est pas la « solution-miracle » aux problèmes actuels et à venir de la Wallonie. Les slogans sont mobilisateurs mais réduire une idée à un slogan, c’est de la poudre aux yeux, de la démagogie. Personne n’y échappe. Pas plus vous que nous.

Vous avez des idées, nous aussi. La finalité de toute idéologie est de s’imposer comme une évidence, à la fois morale et intellectuelle. On est toujours du côté de ceux qui ont raison. Il y a forcément de la subjectivité dans tout ce que nous disons, répétons, martelons. Dans tout ce que vous dites aussi. Le tout est de l’assumer et de ne pas se couper des réalités.

Nous assumons notre attachement aux valeurs démocratiques, à la culture du débat public. A l’heure où, plus que jamais, l’avenir de la Wallonie est en jeu, nous assumons aussi notre préférence pour le choix de la France.

Ce point de vue est certes partisan, mais il est fondé sur des réalités que nul ne peut ignorer. Pas plus vous que nous.

Nous sommes conscients que, pour les candidats aux prochaines élections communales, en Wallonie, la problématique communautaire est sans intérêt, les enjeux n’étant pas ceux-là. Nous reconnaissons que le questionnaire que nous avons envoyé à des milliers d’entre vous est orienté (voir ici la réponse de Pierre Castelain, candidat Ecolo à Liège, le seul, jusqu’à présent –PS, MR, CDH et Ecolo confondus-, à avoir répondu à nos 10 questions). Mais nous croyons utile d’attirer votre attention sur les premières lignes de notre texte fondateur :

« En Wallonie comme ailleurs, l’exercice de la démocratie exige un minimum de lucidité, de participation à la vie publique et, pour en mesurer les enjeux, de conscience collective.

« Il va de soi que les sentiments, les émotions même, influenceront toujours le choix politique. Mais c’est à la raison qu’il appartient de confronter les désirs, parfois contradictoires, à la réalité… » (pour la suite du texte : ici)

Nous insistons : il y a des réalités que nul ne peut ignorer. Surtout quand on veut assumer des responsabilités politiques. Il faut lire, notamment, l’analyse du professeur Gazon.

G.R.

A la réponse de Pierre Castelain, nous ajoutons la réaction de Bruno Willemart, candidat MR à Namur : ici.

France et Wallonie : non à la malbouffe !

Parce que nous apprécions les lecteurs qui nous font l’honneur de lire les articles de notre site, nous répondons bien volontiers à l’invitation de  Jules Jasselette, ancien échevin de l’instruction de la Ville de Liège, de publier le texte qui suit. La « malbouffe » est aussi un combat qui intéresse l’Alliance Wallonie France. Ici aussi, France et Wallonie partagent des valeurs communes.

Vous vous souvenez de « Tricatel », l’infâme dans le film « L’aile ou la cuisse » ???
En fait, on est en plein dedans !!!
A lire, et bien réfléchir…

Un faux fromage plus vrai que nature… le fromage ‘analogue’

Article étonnant de Paule Neyrat, diététicienne au sujet d’un faux fromage dont les consommateurs ignorent certainement l’existence (lien).

« Ça ressemble au fromage, ça a le goût du fromage et c’est un scandale alimentaire ».

Et il est consommé dans nombre de pizzas, lasagnes, burgers et autres plats industriels contenant du fromage genre gouda, mozzarella, emmental.

Il existe deux versions de fromage analogue inventées par CARGILL, fabricant américain de produits pour l’industrie agro-alimentaire implanté dans 63 pays… ça laisse rêveur !

1) La pâte composée de 15 % de protéines laitières, d’huile de palme (la moins chère mais la plus toxique car c’est une graisse dite ‘Trans’ qui a des effets délétères sur la santé) et d’exhausteurs de goût qui existe depuis 2007.

2) L’autre pâte dite le « Lygomme TACH Optimum », destinée au marché européen et datant de 2009, est composée de trois amidons, d’un galactomannane (E 410,412, 417), d’un carraghénane (E 407), tous deux gélifiants, et d’arômes.

Quoi de plus appétissant?

Ce dernier type de « fromage » a fait partie des trois nominés aux Food Ingredients Excellence Awards 2009, catégorie « Innovation de l’année pour la Laiterie ». Ce Lygomme est intéressant pour les industriels car il coûte 60 % de moins que l’autre fromage analogue (et 200 % de moins qu’un vrai fromage) : les firmes se sont ruées dessus depuis la flambée du prix du lait.

En plus, CARGILL se glorifie d’avoir inventé un ALIMENT BON POUR LA SANTE car son Lygomme ne contient pas de graisses saturées, ni de lactose et convient aussi bien à l’alimentation halal que kasher (bref, un gros mensonge pour vendre à tout le monde ce qui ne convient en fait à personne).

Vous croyez manger du fromage (donc des protéines et du calcium) avec votre pizza, vos lasagnes, votre burger et vous absorbez une infâme pâte qui vous démolit la santé.

Le comble de l’hypocrisie : la CEE a autorisé l’emploi de ce  » fromage analogue  » à condition que les ingrédients qui le composent soient indiqués sur l’étiquette…

Mais qui va regarder ces minuscules caractères ?
Qui va déchiffrer que le galactomannane et le carraghénane, c’est le fromage ?
Amoureux des vrais fromages : soyez encore plus vigilants ! !

Pour Info, la sauce tomate utilisée sur ces aliments est aussi à la tomate ce que ce fromage analogue est à la vraie mozzarella : la sauce tomate utilisée est un assemblage de produits bon marché mais artificiellement gouteux qui sont additionnés à une base de ketchup lui aussi de la plus basse qualité.

Les exemples similaires sont très nombreux. Merci Pizza Hut et l’industrie agro-alimentaire en général (appuyée par la grande distribution) qui nous sert de la merde. Et après ça, on viendra décréter qu’il est très étonnant d’assister à une véritable et inexplicable « épidémie mondiale de maladies humaines » comme l’obésité, le diabète, les allergies, les maladies cardio-vasculaires ou les cancers…

Le but est bien évidemment de faire de l’argent, beaucoup d’argent, d’abord en nous vendant des produits « faciles » et « standardisés » dont le prix de revient est le plus bas possible et ensuite de nous rendre dépendants des médicaments qui vont soi-disant résoudre nos problèmes de santé… Un cercle vicieux qui touche tout le monde et encore plus les plus précarisés d’entre nous (mais il faut dire qu’ils sont de plus en plus nombreux et sont de fidèles clients).

Réfléchissez et soyez critiques quand vous consommez : le moins cher n’est pas forcément le plus cher… et la qualité de vie n’a pas de prix…

« Charlie Hebdo »

« Charlie Hebdo »… On aime ou on n’aime pas, voire on adore ou on déteste jusqu’à le haïr.

Parmi les amoureux de la caricature, on trouvera de nombreux adeptes. D’autres parlent de vulgarité pour des dessins qui ne font pas toujours, c’est vrai, dans la dentelle. Mais Charlie Hebdo, ce sont aussi des articles de qualité signés par de belles plumes.

Plusieurs membres de l’A.W.F. se rappelleront ce numéro du mercredi  21 novembre 2007 où l’hebdomadaire débarquait à Liège et consacrait ses deux pages centrales à la région liégeoise sous le titre de « Allons Wallons de la patrie ! »

Quelle ne fut pas notre surprise de voir le dessinateur Schvartz et la journaliste Marine Chanel nous rejoindre à une soirée de bowling que nous organisions. Nous avions  apprécié le professionnalisme de nos interlocuteurs mais surtout l’article et les caricatures qui avaient suivi.

Outre la mouvance d’Alliance à la France, le magazine avait aussi interviewé Alfred, un sidérurgiste, sujet ô combien d’actualité, le politologue Pierre Verjans et Philippe Dutilleul, l’auteur du fameux journal télévisé fiction qui annonçait la scission de la Belgique.

Aujourd’hui, Charlie Hebdo se retrouve sous les feux de l’actualité avec les caricatures de Mahomet. D’un côté, la défense de la liberté d’expression de la presse, de l’autre, des islamistes qui ne peuvent supporter la représentation du prophète sous quelque forme que ce soit. Pris en tenailles, des millions de musulmans français qui ne demandent qu’à vivre en paix, mais aussi tous les Français qui vivent dans des pays où l’islamisme politique est au pouvoir. Enfin, la fille Le Pen qui sort du bois et reprend les vieux slogans de son père.

Charlie Hebdo n’a-t-il pas un double mérite ? Celui de nous amener à la réflexion et celui d’animer le débat. A ce double titre, je souhaite longue vie à Charlie Hebdo.

Paul Durieux

La fiscalité belge expliquée aux Français

C’est Jean Quatremer qui s’y colle pour les lecteurs de « Libé », journal dont la réaction ne fut pas la moins vive à l’annonce que Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, avait l’intention de devenir belge.

Extrait choisi de son article (à lire sur son blogue) :

« Le système fiscal belge vise la masse à la différence de la France où la moitié des foyers fiscaux sont exonérés de l’impôt sur le revenu », résume Thierry Afschrift, professeur de droit fiscal à l’Université libre de Bruxelles et avocat. En clair, « on prend beaucoup à beaucoup de monde », c’est-à-dire à ceux qui travaillent, afin de financer un État dont la dépense publique rapportée à son PIB est encore supérieure à celle de la France, c’est dire.

Ainsi, un foyer fiscal doit gagner moins de 6430 euros par an pour échapper à l’impôt. Ensuite, ça progresse brutalement, d’autant qu’il n’existe pas de quotient familial (juste un abattement par enfant à charge) : 25 % pour la tranche qui va de 0 à 7900 euros (au-delà des premiers 6430 euros d’abattement), 30 % de 7900 à 11.240, 40 % de 11 240 à 18 730, 45 % 18730 à 34 330 et 50 % au-delà. En France, la tranche maximale est de 41 % et ne débute qu’à 78 830 euros. « Autrement dit, quelqu’un qui gagne 1500 euros par mois est déjà dans la tranche à 45 % », explique Afschrift. On comprend dès lors qu’à la différence de la France, la TVA représente une rentrée fiscale inférieure à celle de l’impôt sur le revenu.

En revanche, il n’existe ni impôt sur la fortune, ni de taxe sur les plus-values mobilières (seuls les intérêts et dividendes sont taxés entre 21 et 25 %), l’imposition des donations est symbolique, la fiscalité immobilière est particulièrement sympathique (les loyers ne sont pas imposés, seule la valeur cadastrale remontant à 1975 l’est ; les plus-values immobilières échappent à tout impôt si le bien est détenu plus de 5 ans -30 ans en France), etc. « Il y a plein de trous béants dans la fiscalité belge », ajoute Afschrift : ainsi les SICAV et les contrats d’assurance sans revenus garantis échappent à toute imposition.

« La France, c’est l’avenir »

 Le site de « La Libre » donne la parole à Laurent Brogniet, Président du RWF, qui annonce que son parti sera présent dans tous les districts provinciaux hormis Bouillon.

RWF : « La France, c’est l’avenir  »

V.d.W.

Les rattachistes présentent des listes dans les provinces wallonnes. Elles seront les futurs départements, le jour où la Belgique s’évaporera…

Pour les rattachistes – ils préfèrent se dire « réunionistes » – ce fut un petit événement : le dernier baromètre « La Libre »/RTBF a accordé au mouvement 4,2 % d’intentions de vote, soit le double par rapport au dernier sondage de juin dernier. Autant dire que ce chiffre a donné des ailes au RWF (Rassemblement Wallonie-France) et à son président, Laurent Brogniet. Car pour lui, 4,2 % dans les sondages, cela fait au moins 6 % voire 7 % dans la réalité.

Au prochain scrutin local du 14 octobre, le RWF ne sera pas présent dans les communes : le programme ne s’y prête guère. En revanche, les rattachistes ont déposé des listes dans tous les districts provinciaux, sauf à Bouillon. Car le RWF est un des seuls partis qui souhaitent le maintien des provinces : « Dans le cadre de la réunion de la Wallonie à la France, la Région wallonne deviendrait la 23e Région de France au même titre que la Bourgogne, la Picardie, la Lorraine. Quant aux provinces, elles (re)deviendraient des départements français », explique Laurent Brogniet, le président du mouvement.

Le RWF souhaite d’ailleurs renforcer certaines compétences provinciales de manière à ce que les deux institutions (provinces et départements) puissent coller au moment de l’éventuel rapprochement. « Nous sommes partisans de la création d’une Cour des comptes régionale car actuellement la province est une institution peu transparente : il faut améliorer sa démocratisation et son contrôle. »

Curieusement, les rattachistes wallons ne lient pas leur sort aux francophones de Bruxelles. Pourquoi désunir les francophones face à la menace brandie par les séparatistes flamands ? « Tout d’abord, la scission n’est pas une menace, mais une certitude. Que ce soit une évaporation à la De Gucht ou une scission plus brutale. Ensuite, notre programme englobe aussi Bruxelles. Nous plaidons pour le rattachement de la Wallonie, 23e Région, mais aussi de Bruxelles, 24e Région. Nous n’avons pas déposé de liste à Bruxelles parce qu’il n’y a plus de province. Mais au moment du rattachement, chacun pourra se prononcer en toute indépendance », explique Laurent Brogniet.

Cela dit, pourquoi préférer un rattachement à la France à une Fédération Wallonie-Bruxelles, qui, selon l’économiste Michel Quévit, serait viable puisqu’elle aurait un Produit intérieur brut équivalent à la Flandre ? « Michel Quévit est le seul économiste qui se montre aussi optimiste. Tous les autres disent que ce serait impossible, sauf à perdre 20 % de pouvoir d’achat », soupire Laurent Brogniet.

Reste qu’une grande majorité de Wallons et de Bruxellois se sentent Belges et pas Français : « Là est le drame. Aux dernières élections, la Flandre a voté à droite et flamand, les Wallons ont voté à gauche et belge. Mais les sondages sont là : si la Belgique venait à disparaître, les Wallons choisiraient à 49 % l’option française. »

Il s’agirait donc d’un rattachement à la France par dépit et non par amour. « Nous, nous sommes rattachistes de cœur, d’autres le sont par raison. Si les Wallons veulent conserver leur niveau de vie, ce sera la seule option possible. D’ailleurs, il y a bien plus de rattachistes au MR ou au PS. Mais ils n’osent pas l’avouer. Le jour où la Belgique tombera en déliquescence, les premiers qui seront à Paris pour conserver leurs postes, ce seront des gens du PS et du MR. Nous nous contentons de préparer le terrain, de faire ‘le sale boulot’. Mais ce sont les responsables actuels qui iront négocier le rattachement. »

Pourquoi se rattacher à un pays qui semble avoir tant de difficultés économiques, budgétaires, sociales ? Le mouvement est inverse : ce sont les Français les plus fortunés qui viennent en Belgique. « Dire que cela va mieux en Belgique, c’est de la propagande. Regardez le niveau de la dette publique française et belge. Comparez les soins de santé, l’enseignement, l’état des routes. Il n’y a pas de comparaison possible. La Wallonie est bien en deçà de la moyenne européenne, la France bien au-dessus. Vous vous êtes prononcé dans la banlieue de Liège, de Charleroi ? Les gens sont très affectés par la crise. »

Pourtant, il faut reconnaître que certaines Régions françaises sont elles aussi en déshérence. « La France reprendra la dette wallonne. L’ardoise sera effacée. En France, les Régions sont très solidaires entre elles, l’Etat français l’est aussi. Dans les années 80, j’ai entendu : plus un franc flamand pour la sidérurgie wallonne. Je n’ai jamais entendu : plus un franc breton pour l’acier lorrain. Voyez ce que sont devenus le Nord de la France ou le Pas-de-Calais, et regardez où en est le Hainaut. En Wallonie, les fonds sont dilapidés. Le système politique offre tous les pouvoirs au parti dominant, le PS . »

Mais au fait, la France voudrait-elle des Wallons ? « Oui, bien sûr. Nous avons des contacts à l’UMP et au PS français. Au niveau politique, c’est acquis. Les derniers sondages démontrent qu’à 66 % – le pourcentage passe à 73 % dans les régions limitrophes – les Français seront ravis d’accueillir leurs amis wallons, s’ils le demandent. » L’adhésion populaire existe. Pour Laurent Brogniet, l’adhésion existe aussi : « Cette réunion serait excellente pour l’équilibre entre la France et l’Allemagne. »