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« Good Morning Belgium »

Vous avez aimé « Good Morning Vietnam », cette histoire de radio comique et bruyante pour distraire les soldats de leur sale guerre ?

Alors vous aimerez (peut-être) « Good Morning Belgium » : c’est le titre d’un ouvrage collectif dont certains médias se gargarisent aujourd’hui.  Des plus ou moins spécialistes y crient à leur façon que la Belgique est appelée à durer toujours, quitte à se renouveler sans cesse. Tandis que certains farfelus décomptent les jours avant la fin du monde, ceux-là jurent leurs grands dieux que la Belgique ne disparaîtra pas. Ni maintenant, ni plus tard. Paroles d’experts.

« C’est un des objectifs du livre de se poser les bonnes questions : sachant que la Belgique ne disparaîtra pas, quelle est la meilleure architecture pour la Belgique ? Sachant que les régions auront plus de compétences, comment les gérer de manière efficace ? » Voilà ce que répond Vincent Laborderie à des lecteurs du Soir quand même un peu beaucoup sceptiques (lien). Vincent Laborderie, le coordinateur de l’ouvrage, est chercheur en sciences politiques à l’UCL et, pour ceux qui ne le savent pas, membre du comité directeur de B Plus.

Selon les animateurs de « Good Morning Belgium », la Belgique doit se trouver une architecture nouvelle, en tenant compte des exigences flamandes, et avec le sourire s’il vous plaît car « il est urgent de sortir de cette résignation mortifère, la première étape est d’ordre psychologique » (ajoute Vincent Laborderie dans La Libre qui fait du livre un événement).

Le point de vue adopté est celui d’une refondation de la Belgique (il faut choisir ses mots) : « Parler d’évaporation est révélateur : ce serait un phénomène naturel indépendant de la volonté humaine. Comme si la fin de la Belgique obéissait à une loi d’essence divine et ne dépendait pas de la volonté des citoyens ni des politiques. » Il a raison, Vincent Laborderie, il a raison de rappeler que la politique est une affaire de choix, de volonté citoyenne, et c’est pour ça qu’il a tort d’affirmer tout de go que la Belgique ne disparaîtra pas.

 « Good Morning Belgium » : à chacun sa vérité, son credo, son besoin d’être. En politique, il n’y a que des opinions plus ou moins dominantes, des luttes d’influence, des choix plus ou moins possibles, en rapport avec des situations mouvantes.

« C’est un des objectifs du livre de se poser les bonnes questions »… et la Wallonie ne pourrait pas devenir française ?

Mauvaise question ?

Bonjour la France quand même.

G.R.

De Sa Majesté à Son Éminence

Le pastiche de Michel Lemmens

15 novembre 2012

   En ce jour de liesse populaire, c’est par le site d’information généraliste Wiki-Lîdje, encore peu connu, que nous est parvenue copie d’une lettre adressée tout récemment à un de ses amis personnels, le Cardinal A-M. L.***, par le chef d’État dont nous avons pu dernièrement lire un futur et virtuel discours.
    Contrairement à ce que semble penser l’illustre auteur de ce courrier, son entourage n’est pas aussi parfaitement sécurisé qu’il le voudrait; hélas, rien n’est parfait dans ce royaume…

À son Éminence le Cardinal A-M. L.***

Premier-Secrétaire de la Congrégation du ***

Cité du V…

  Monsieur Le Cardinal,

  Mon Cher A-M.,

  Permettez-moi tout d’abord de vous remercier encore pour votre accueil lors de l’agréable réception que vous aviez organisée pour nous au V… à l’occasion de ***

  J’ai beaucoup pensé au Saint-Père ces derniers jours, à cause de toute cette histoire causée par un domestique indélicat, qui a dû le contrarier malgré la grande indulgence dont il a su faire preuve.

  Qui aurait pu croire que cet aimable jeune homme, dont le service à table était si attentionné, si professionnel, qui remplissait mon verre de cet excellent Pétrus -le bien nommé- (dont j’ai oublié le millésime, la mémoire des détails me fait parfois défaut) avec discrétion et assiduité, était capable, d’une même main qui ne tremblait pas, ou si peu, de révéler de lourds secrets d’État et de Religion à des ennemis de l’Institution ?

  Pareille mésaventure ne se produirait certes pas dans ma Maison; en effet, comme vous le savez de bonne science, la survie de notre Monarchie a conduit au dédoublement de toutes les fonctions stratégiques; et le service de Notre table, où se traitent tant d’affaires, et de si délicates, qui ne sont pas de celles dont on discute au Parlement, appartient sans conteste à ce domaine sensible.

  Chaque domestique issu du Nord du pays se trouve désormais assisté d’un acolyte venu du Sud, et inversement; ainsi, ils se surveillent l’un l’autre si attentivement que toute attitude suspecte de l’un serait aussitôt découverte par l’autre, qui veillerait à y faire mettre bon ordre; et inversement comme je crois vous l’avoir dit plus haut.

  J’ai introduit ce management subtilement équilibré dans notre Maison après en avoir constaté les effets bénéfiques dans mes gouvernements successifs, où il a permis, sinon de résoudre un état de crise désormais permanent, du moins d’apaiser les élites politiques dirigeantes en leur assurant des emplois ministériels durables et rémunérateurs, à l’instar de ceux auxquels aspirent, bien légitimement me semble-t-il, les masses laborieuses qu’ils représentent.

  Je reconnais que la dépense s’en trouve considérablement alourdie et que l’immobilisme est souvent le fruit de ces neutralisations réciproques, mais enfin ce n’est pas trop cher payé pour la survie de nos institutions et de mon Trône.

  Il me revient que l’un de nos penseurs les plus éclairés, professeur de droit constitutionnel dans une de nos meilleures Facultés, n’hésite d’ailleurs pas à y voir, dans une forte extrapolation, une application des plus judicieuses de Montesquieu lorsqu’il théorise le nécessaire équilibre entre pouvoir et contre-pouvoirs. Voilà qui est fort bien trouvé, et je voudrais l’en récompenser, mais je l’ai déjà anobli: il me serait donc agréable que vous pensiez à lui pour un prochain Grand-Cordon de l’Ordre du Saint-Esprit.

  Voilà pourquoi, mon cher A-M., je ne saurais trop vous recommander d’appeler l’attention du Saint-Père sur l’utilité pour Lui, et pour toute l’Institution, d’engager un second majordome pour le service de Sa table et de Sa chambre, sauf à devoir servir lui-même le Pétrus, ce qui ne serait compatible, ni avec Sa dignité, ni avec Son âge, ni avec la grandeur d’un tel crû dont la moindre goutte requiert les plus grands égards.

  En attendant le plaisir de vous lire à nouveau etc…

Liège au cœur de Paris

Liège, « ce petit coin de France perdu en Belgique », selon les mots d’Alexandre Dumas, s’est installée à Paris dès les premiers mois de la Grande Guerre, quand la station de métro « Berlin » a été rebaptisée au profit d’une ville dont la résistance à l’attaque allemande était plus forte que prévu.

Le gouverneur de la province de Liège, Michel Forêt, dont on connaît la fibre liégeoise, wallonne et francophile, attache la plus grande importance à cette vitrine du pays de Liège à Paris. La décoration de cette station de métro à nulle autre pareille vient d’être enrichie pour que ne cesse jamais le voyage imaginaire entre Liège et Paris.

Voir, à ce sujet, la vidéo postée sur le site du Soir et l’article publié sur le site de la RTBF.

La Wallonie va rater le train

Jules Gheude, carte blanche publiée dans Le Soir du 8 novembre 2012.

L’aveuglement des « responsables » –  mais méritent-t-ils bien ce nom ? – politiques wallons est proprement consternant.

Ainsi donc, le Parlement wallon va se pencher sur le plan Horizon 2022, destiné à préparer l’avenir, quand il s’agira de voler de ses propres ailes. L’échéance, on le sait, a été fixée en fonction des nouvelles compétences qui seront transférées suite à la 6ème réforme de l’Etat. Or, tout cela est d’ores et déjà dépassé.

On sait, en effet, que la Flandre souhaite aller beaucoup plus loin que ce qui a été (laborieusement) négocié. Et cette volonté n’est pas uniquement le fait de la N-VA.

A l’inverse de leurs homologues flamands, les parlementaires wallons n’ont jamais été amenés à débattre sérieusement de la manière dont ils conçoivent l’avenir de leur Région.

Cet exercice a été fait au Nord il y a… treize ans ! Le 3 mars 1999, en effet, le Parlement flamand a adopté, à une large majorité, une « proposition de résolution concernant les lignes de force de la Flandre en matière de réforme de l’Etat ». Soutenue par le CVP, le VLD et la VU (le SP, Agalev et le Vlaams Blok s’abstiendront), ce programme de revendications institutionnelles en cinq points s’engage résolument sur la voie confédérale.

Ainsi, outre une autonomie fiscale et financière accrue, il est question de régionaliser les lois communale et provinciale, les soins de santé et les allocations familiales, l’emploi, la recherche scientifique et technologique, le commerce extérieur, les télécommunications, le transport et la mobilité, les statistiques, la coopération au développement, l’économie et l’énergie, l’infrastructure ferroviaire, l’agriculture, l’horticulture et la pêche. L’on parle aussi de « paquets de compétences cohérents ». Tout cela dans une structure reposant sur deux Etats, la Flandre et la Wallonie, avec un statut spécifique pour Bruxelles, qui se retrouverait cogérée paritairement. Quant à la Flandre, elle devrait être compétente pour l’organisation de la tutelle administrative dans les communes de la périphérie bruxelloise et à Fourons, ainsi que pour la réglementation des facilités (en vue de les supprimer…) dans les communes à statut linguistique spécial.

On sait comment les responsables francophones ont accueilli ce programme. En « snobant » la Flandre, ils ont tout simplement permis à la N-VA de naître et d’entreprendre son irrésistible ascension.

Quand Bart De Wever, le soir de son triomphe anversois, invite les francophones à négocier dès à présent le confédéralisme, il ne fait que confirmer la volonté exprimée par le Parlement flamand en 1999. C’est la fameuse révolution copernicienne, chère au ministre-président flamand CD&V, Kris Peeters, lequel entend déjà se profiler à l’étranger comme le chef d’un véritable Etat souverain. N’oublions pas que le mot « Nation » figure expressément en préambule de la Charte que le Parlement flamand a récemment adoptée…

On se souvient de la définition de Francis Delpérée concernant le confédéralisme : c’est le séparatisme des cons. Les manuels, en effet, parlent d’Etats indépendants qui décident, à un moment donné, d’exercer ensemble certaines compétences, tels que la défense, les affaires monétaires ou les contrôles de frontière. Chez nous, le terme a une connotation ambiguë, dans le sens où il pourrait viser la plus grande autonomie pour les entités fédérées, sans toutefois remettre en cause l’Etat fédéral, c’est-à-dire le Royaume de Belgique. Mais l’on sait aussi que le programme de la N-VA entend clairement faire de la Flandre une République à part entière au sein de l’Europe…

Toujours est-il que la 6ème réforme de l’Etat est, comme nous l’avons dit, déjà dépassée. Et il n’y a pas que la N-VA qui le proclame. Relisons l’interview accordée par Wouter Beke, le patron du CD&V, au « Soir », le 23 juin dernier : « Personne ne niera qu’une 7e réforme viendra un jour. L’approfondissement de la réforme de l’Etat est irréversible. Une série de compétences devront encore être attribuées aux Régions : impôt des sociétés, services d’incendie, police… Nous étions aussi, comme le PS, pour la régionalisation de la Justice. Nous voulons qu’on tienne compte, en matière communautaire, de pensions, de sécurité…, de ce que  veulent 57% de la population belge, donc les Flamands ». Et d’ajouter, à propos de la nomination des bourgmestres en périphérie bruxelloise : « La meilleure façon de pacifier, c’est de respecter les lois et règles. C’est la Flandre qui est compétente ! Les circulaires flamandes doivent donc être respectées. » A bon entendeur, salut !

Il ne faut pas être grand clerc pour saisir que les choses vont se précipiter et que le gouvernement d’Elio Di Rupo risque de ne pas aller jusqu’à son terme.

Le débat que les parlementaires wallons devraient entamer d’urgence, est celui qui concerne l’après-Belgique. Faute de quoi, ils pourraient bien se retrouver le nez sur le poteau de la dislocation belge, contraints à devoir négocier le devenir de la Région dans l’improvisation absolue.

Ce que disait un certain Charles de Gaulle…

09 novembre : jour anniversaire de la mort de Charles de Gaulle.

Les paroles qui suivent sont attribuées au Général par le journaliste Claude de Groulard ainsi que par Alain Peyrefitte, ministre sous de Gaulle. Elles auraient été prononcées lors d’un entretien entre de Gaulle et le professeur Robert Liénard, professeur à l’université de Louvain, mais aussi lors d’un autre entretien avec une délégation de Wallons qui voulaient préparer l’intégration de la Wallonie dans la République.  

Ce qui est certain, c’est que le Général de Gaulle avait une connaissance hors du commun de la Wallonie et des Wallons qu’il appréciait particulièrement.

« Des Wallons m’avaient déjà demandé de les annexer à la fin de la guerre. Je n’ai pas voulu donner suite à leur démarche. En 45, il fallait respecter les frontières que nous a léguées l’Histoire, sauf les frontières des pays vaincus. C’est ce qui a été fait. La Belgique, il ne faut pas y toucher. Mais que les Wallons s’organisent pour défendre leur langue et leur culture, pour éviter que les Flamands ne leur marchent sur les pieds, nous n’y voyons aucune espèce d’inconvénient… Ou alors, il faudrait que les Flamands rendent la vie impossible aux Wallons, et qu’alors les Wallons se jettent dans nos bras. Mais nous n’avons surtout pas à bouger. Ce serait trop facile de nous accuser de vouloir nous arrondir aux dépens de la Belgique.

« Je sais bien qu’après la Libération, il aurait suffi que je claque des doigts pour que la Wallonie demande son rattachement à la France. Mais justement, j’estimais qu’il ne m’appartenait pas de claquer des doigts. Il aurait fallu que les Wallons ou leurs représentants légitimes prennent l’initiative. La France n’avait pas à payer une dette comme au Canada. Un moment, j’avais songé à faire un voyage qui aurait commencé à Gand, je me serais arrêté à Dinant où j’ai été blessé en 14, à Namur, capitale de la Wallonie, j’aurais descendu la Meuse jusqu’à Liège, dont Michelet disait qu’elle était plus française que la France. Ç’aurait été comme le Chemin du Roy au Québec. Mais j’ai résisté à la tentation.

« Notez bien que depuis mon retour aux affaires, une de mes premières initiatives a été d’inviter le Roi et la Reine des Belges. On ne m’a jamais rendu l’invitation. On avait trop peur, sans doute, des manifestations populaires en Wallonie. »

Il reprend, après quelques secondes : « J’avais reçu une délégation de Wallons, bien décidée à préparer le rattachement. Elle m’avait expliqué que les Flamands étaient de plus en plus arrogants et finiraient par faire d’eux-mêmes sécession. C’est peut-être comme ça que ça finira.

« La Wallonie existe, mais il n’y a pas une nation wallonne, les Wallons n’ont jamais cherché à devenir un État. Ils demandent à être intégrés au sein de la République française, dont ils ont déjà fait partie. C’est tout autre chose que, pour les Québécois, de s’émanciper de la domination anglo-saxonne.

« Beaucoup de Wallons pensent qu’ils seraient mieux traités par la France que par la Flandre. C’est probable. Ils retrouveraient au sein de la France la fierté d’appartenir à une grande nation, la fierté de leur langue et de leur culture, le goût de participer aux grandes affaires du monde et de se battre pour de grandes causes humaines. »

La Catalogne pour ouvrir le bal ?

Le président de la Catalogne annonce la couleur : « Si les partis catalans pro-indépendance remportent clairement le scrutin du 25 novembre, alors nous déciderons d’aller plus loin. Nous lancerons dans les 4 ans qui viennent, une consultation sur l’indépendance de notre région. » Il est venu le dire à Bruxelles et il ne fait pas de doute, selon lui, qu’une Catalogne indépendante serait membre de plein droit de l’Union européenne.

Même combat pour l’Écosse et la Flandre ? « Nous avons des contacts avec ces régions », reconnaît le président de la Catalogne.

L’information est signée Anne Blanpain, sur le site de la RTBF : ici.

Wallonisering

Il y a des mots qui font peur. En associant la fermeture de Ford-Genk à la « wallonisation » de la Flandre, Bart De Wever a martelé son credo nationaliste aux oreilles de ceux qui pens(er)aient que les Wallons et les Flamands sont tout simplement dans le même bateau. Les réactions n’ont pas manqué, surtout du côté wallon, pour s’indigner d’un mot jugé vexatoire. Mais les mots n’ont que le sens qu’on leur donne et ce n’est pas la fermeture de Ford-Genk qui va pousser l’opinion flamande à changer son regard sur la Wallonie. D’un point de vue social, économique et politique, celle-ci sert le plus souvent de repoussoir. C’est cela aussi, la Belgique.

Quand il est question de « Belgique flamande » ou de « flamandisation », cela signifie évidemment autre chose, puisqu’il s’agit de dénoncer l’instrumentalisation de la Belgique en faveur de la Flandre. Il y a ce constat : la Flandre, à la fois majoritaire et plus riche,  a une conscience aiguë d’elle-même et de ses intérêts propres. Elle a un rapport complexe avec la Belgique, qu’elle ne domine jamais assez pour servir au mieux ses intérêts. La minorité wallonne étant peu respectée, on lui reconnaît difficilement le droit d’imposer quelque chose à la Flandre. A cet égard, la situation actuelle est particulière, inédite et potentiellement explosive : le gouvernement belge est dirigé par un Wallon (socialiste de surcroît) soutenu par une minorité de députés flamands.

La présence d’Elio Di Rupo à la tête du gouvernement belge contribue, en Wallonie, à marginaliser le courant « rattachiste ». Elle donne aux Wallons l’impression (l’illusion) que c’est dans le cadre belge et en tant que Belges, qu’ils ont la plus grande maîtrise de leur destin. Rattachistes, nous ne voyons pas les choses comme ça, bien sûr. Ce que nous refusons, c’est d’abandonner notre sort à une Flandre en tout point dominante, de nous laisser enfermer dans une relation trop inégale, avec trop peu de solidarité pour garantir l’avenir de la Wallonie. Dans ce constant rapport de force auquel nous condamne la cohabitation « à la belge », nous voyons de moins en moins les « gains » et de plus en plus les « pertes » : il nous semble évident que le prix à payer pour le maintien de la Belgique est devenu trop élevé.  Nous préférons que la Flandre nous lâche complètement, plutôt que de nous tenir à la gorge.

Pour avoir sa place en Europe et dans le monde, il vaut mieux sortir de ce face-à-face. Et d’abord commencer par se faire à cette idée. Ouvrir le champ du possible. Le contexte international lui-même est déstabilisant. Il faut avoir le courage de tout remettre en question. Pour (se) reconstruire.

G.R.

Quoi qu’il en soit, avec leur charge émotionnelle, les mots « wallonisation » et « flamandisation » sont des symptômes, parmi d’autres, d’un mal profond. Celui d’un pays qui n’est pas un pays (sinon celui du surréalisme, dit-on). Ces mots ont inspiré Marc Oschinsky, dont le regard décalé nous plaît davantage, on s’en serait douté, que celui de Charline Vanhoenacker (Le Soir/RTBF).

Parce qu’il vaut mieux en rire, voici ce qu’en dit Marc Oschinsky dans Le Vif/L’Express d’aujourd’hui :

La petite Belgique illustrée de la semaine :

On le sait depuis longtemps, la bruxellisation, ça consiste à détruire une ville en ne laissant que les façades intactes. On le sait depuis une interview de De Wever dimanche dernier, la wallonisation, ça consiste à fermer toutes les usines et à voter rouge. Reste encore à définir ce qu’est la flamandisation (la manie de coller des lions noirs sur les plaques de rue ?) et on pourra partir à la recherche d’une ville détruite, aux usines fermées et aux lions noirs à tous les coins de rue. Evidemment, ce ne sera pas très joli. Mais ce sera typiquement belge.

Le pas de chance de la semaine :

Durcissement du code de la nationalité : dorénavant, devenir belge sera plus difficile. Et le rester après 2014, un exploit. (…)

Un monde à l’envers…!

Un journaliste grec devant la justice pour avoir dénoncé des évasions  fiscales.

Nous reprenons ici l’article publié sur le site du Soir.

Un journaliste va comparaître ce jeudi pour avoir publié une liste d’individus accusés de détenir des comptes en Suisse. Une affaire qui soulève une vive émotion dans un pays en train de mettre au point une nouvelle purge  d’austérité.

Le journaliste Costas Vaxevanis, 46 ans, qui a comparu lundi devant la cour pénale d’Athènes, a obtenu trois jours de sursis pour être jugé.

Alors que le nouveau gouvernement de coalition est confronté à la colère croissante de la rue face à une austérité accusée d’épargner les riches et les puissants, le journaliste est poursuivi pour avoir publié samedi dans le  magazine « Hot doc » une liste comprenant 2.059 noms d’individus présumés  détenteurs de comptes bancaires en Suisse.

« Au lieu de lutter contre les crimes des fraudeurs du fisc, la justice  s’occupe de moi alors que j’ai fait mon devoir, mon devoir de transparence », a déclaré à la presse M. Vaxevanis, après avoir obtenu le report du  procès.

La liste, qui a provoqué des déluges de réactions sur les réseaux sociaux, a  été publiée à nouveau lundi par le grand quotidien grec Ta Néa. Aucune poursuite  n’a été annoncée contre Ta Nea, détenu par le puissant groupe Lambrakis.

Elle comprend des entrepreneurs, avocats, armateurs, médecins, commerçants,  joailliers, anciens hommes politiques ou leurs proches, mais aussi des « femmes au foyer », et de nombreuses « sociétés domiciliées ».

Selon le journaliste, la liste provient de documents révélés par un employé de la banque HSBC en Suisse.

Transmise par Lagarde

Elle avait été transmise au gouvernement grec en 2010 par l’actuelle directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, alors  ministre des Finances en France.*

En France, une affaire similaire a eu lieu effectivement en 2009 lorsque la  justice française avait reçu des fichiers équivalents, sur la base desquels des fraudeurs français ont subi un redressement fiscal, mais dans la plus grande  discrétion.

A la suite d’une mini-crise entre Paris et Berne concernant cette liste, les  fichiers initialement volés par un employé ont finalement été restitués à la  Suisse, mais auparavant la France les avait transmis, courant 2010, à d’autres  pays, dont la Grèce.

Le journaliste a affirmé l’avoir obtenue via une lettre anonyme dont  l’expéditeur affirmait l’avoir reçue d’un homme politique. Surnommée « liste  Lagarde » par les médias grecs, la liste provoque depuis des semaines une polémique en Grèce, sur l’absence de réaction de l’Etat pour renforcer la lutte contre l’évasion fiscale, le nouveau gouvernement de coalition ayant indiqué il  y a quelques semaines qu’il l’avait « perdue ».

« Au lieu d’arrêter les voleurs et les ministres violant la loi, ils  veulent arrêter la vérité », avait commenté le journaliste Costas Vaxevanis  sur son compte twitter samedi soir, avant son arrestation.

Il a reçu le soutien de l’association Reporters sans frontières (RSF) et des  syndicats de journalistes grecs.

La Grèce est en train de finaliser une troisième série de mesures d’austérité  comprenant des baisses de salaires et de pensions, et de nouvelles hausses d’impôts, qui devraient être introduites dans les prochains jours au  Parlement.

* Il est remarquable de constater qu’une ministre de la droite républicaine, Mme Lagarde, se soit attaquée à la fraude fiscale en 2009. Qu’en est-il en Belgique ?

L’institut astrophysique de Paris à la pointe de la recherche

Quel rapport entre cet article et le réunionisme, me direz-vous ? Il est vrai que l’information donnée nous éloigne des problèmes de notre quotidien, des pertes d’emploi, du pouvoir d’achat, des déclarations du gouvernement flamand, du résultat d’élections communales ou provinciales, de politique de rigueur ou de relance de l’économie… Quoique…

Les budgets accordés à la recherche ne sont-ils pas conditionnés par des choix politiques ?

N’est-il pas heureux de constater que le gouvernement français a fait de la recherche un des piliers de sa politique ? A l’heure où l’on parle de réindustrialiser nos sociétés, les budgets accordés à la recherche ne sont-ils pas le meilleur moyen de créer les emplois de demain, à haute valeur ajoutée et non délocalisables ?

Je remercie mon ami wallon, Philippe Lange, de m’avoir envoyé cet article. Il induit la question des contacts à établir dès maintenant entre le Gouvernement wallon et la République française, comme l’énonçait si bien il y a peu M. Pierre Hazette dans le message qu’il nous avait adressé.

Paul Durieux

Communiqué de presse du CNRS

Une exoplanète de masse similaire à la Terre, la plus proche de notre système solaire jamais détectée.

Des astronomes européens, dont François Bouchy, de l’Institut astrophysique de Paris (UPMC/CNRS), ont découvert une planète de masse légèrement supérieure à celle de la Terre, en orbite autour de l’étoile Alpha Centauri B. Il s’agit de l’exoplanète la plus proche du système solaire découverte jusqu’à présent. Elle est aussi la plus légère jamais trouvée autour d’une étoile comparable au Soleil. La planète a été détectée en utilisant l’instrument HARPS installé sur le télescope de 3,6 mètres de l’ESO à l’Observatoire de La Silla, au Chili. Ce résultat représente une étape majeure dans la détection d’une jumelle de la Terre en orbite dans la zone habitable de son étoile. Les résultats sont publiés dans la revue Nature le 18 octobre 2012.

Les étoiles Alpha Centauri A et B, très semblables à notre Soleil, ainsi que la naine rouge Proxima du Centaure, forment un système triple qui est l’un des astres les plus brillants du ciel austral, et surtout le plus proche de notre système solaire : il se situe à seulement 4.3 années lumière de nous, quand notre galaxie fait environ 100 000 années lumière de diamètre.La découverte d’une exoplanète autour d’Alpha Centauri B a nécessité d’accumuler plus de 450 mesures sur une durée de plus de 3 ans avec le spectrographe de très haute précision HARPS, en partie développé en France. Une analyse minutieuse des différents signaux présents dans les mesures de vitesse radiale de l’étoile Alpha Cen B, principalement due à l’activité stellaire, a permis de révéler le signal d’une planète en orbite tous les 3,2 jours. Le mouvement de l’étoile Alpha Centauri B créé par l’attraction gravitationnelle de cette planète est minime – il provoque une variation de vitesse apparente de seulement 51 cm/s, soit moins de 2 km/h. Il s’agit de la plus haute précision jamais atteinte en utilisant cette méthode.

Vue du ciel austral autour du système Alpha Centauri, l’astre le plus brillant sur la gauche de l’image. On distingue au centre de la figure la croix du Sud. L’encart montre une vue d’artiste de la planète tellurique découverte à proximité de l’étoile Alpha Cen B.

La planète nouvellement découverte, avec une masse voisine de celle de la Terre, est en orbite à environ six millions de kilomètres de son étoile, beaucoup plus proche que Mercure ne l’est du Soleil. Sa température de surface doit être beaucoup trop importante pour envisager la présence d’eau liquide. Il n’est néanmoins pas exclu que d’autres planètes plus distantes soient présentes dans ce système, car la plupart des exoplanètes connues de faible masse se trouvent en majorité dans des systèmes multi-planétaires. Ce résultat représente une étape majeure vers la détection d’une jumelle de la Terre en orbite dans la zone habitable d’une autre étoile dans le voisinage immédiat du Soleil.

Une brève

Un ami français m’envoie ce qui suit :

« La session de novembre du parlement européen est annulée. Elle devait avoir lieu à Bruxelles. Malheureusement les piliers qui soutiennent l’hémicycle sont fissurés. Et tout menace de s’écrouler. Cette allégorie de l’Etat de l’Union fait évidemment les gorges chaudes des mauvais plaisants de la maison. Ils sont nombreux…! »

Pauvres Adenauer, Schuman, Monnet et autres fondateurs de l’Europe !

Pour confirmation de l’info (avec plus de précision), voir le site de 7 sur 7.