Plan Copernic et révolution copernicienne

Nicolas CopernicCopernic, c’est l’assurance d’une communication réussie. Ce nom résonne comme une invitation à penser autrement, à secouer les esprits paresseux, à embrasser la modernité, à se défaire des préjugés, des fausses évidences, du poids des habitudes.

Nicolas Copernic a été adopté par la Flandre, celle dont le nationalisme ne fait pas trop de bruit. La révolution, ce n’est pas forcément un spectacle romantique, façon XIXe siècle, avec une explosion de chants patriotiques et de drapeaux. Quand Kris Peeters (CD&V) a fait de la « révolution copernicienne » un slogan pour faire basculer la Belgique vers le confédéralisme, il restait fidèle à son image de gestionnaire. Mais bon, l’aspiration à l’autonomie de la Flandre est au cœur de ce discours.

Plus sournois semble avoir été le « Plan Copernic » porté par Luc Van den Bossche (SP.A) en 2001 et censé adapter la fonction publique aux exigences du XXIe siècle. Objectif déclaré : dépolitiser l’administration en la confiant à des « top managers » plus compétents (peut-être) et beaucoup mieux payés (à coup sûr). Par après, Luc Van den Bossche lui-même a jeté le trouble en demandant 689.000 euros par an pour sa fonction de président du conseil d’administration de Brussels Airport  (lien). Mais il y a autre chose. Dans sa dernière édition, le magazine « Le Vif/L’Express » relève que le Plan Copernic a facilité le processus de flamandisation de l’Etat belge.

Extraits :

« Regrets éternels : ‘L’erreur historique des francophones est d’avoir capitulé devant la réforme Copernic’, affirme Michel Legrand, du Gerfa. Et d’avoir ainsi ouvert une voie royale à la flamandisation de l’appareil public. Le Selor en serait le bras armé. ‘C’est là que se situe la clé du processus de flamandisation de l’Etat. Sa manière de sélectionner les top managers pose question’, assurent plusieurs voix francophones au sommet de l’administration. »

« La consigne francophone d’apaisement à tout prix a un effet démobilisateur, jusque dans les administrations. Résignation, découragement. Le moral et le punch de fonctionnaires francophones en prennent un coup. ‘Le déséquilibre linguistique au sein de la haute hiérarchie percole aux niveaux inférieurs. Le processus s’autoalimente’, confie un cadre supérieur de l’administration. ‘Nous sommes devenus les « nègres » des néerlandophones’, peste ce fonctionnaire de la Santé publique, témoin ‘de réunions qui ne se déroulent plus en français, où les documents distribués sont uniquement en néerlandais. Résultat : une tendance des francophones à se replier en terre wallonne’. »

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Belgique flam. 1           Belgique flam. 2           Belgique flam. 3           Belgique flam. 4

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