« We are the champions »

Bien sûr, il n’y a pas de mal à se laisser gagner par une émotion collective, à vibrer ensemble, à communier dans la victoire. Olé, olé, olé.

Alors, soyons clair : l’engouement pour les Diables rouges est naturel. Les Belges ont faim de victoires et de reconnaissance. La mauvaise foi étant la marque du chauvinisme, osons affirmer (sans rire) que, de tous les peuples de la Gaule et de la galaxie, les Belges sont les moins diables rougeschauvins. Parler de « fièvre patriotique », ainsi que le font d’enthousiastes journalistes, cela donne une idée de l’enjeu. Les Belges, à mi-parcours, dominent leur groupe éliminatoire avec les Croates. En Belgique, on n’a pas besoin d’être champion du monde pour s’emballer, il suffit de penser que, peut-être, avec une telle équipe, on a le droit de rêver… Au fond, c’est plutôt sympathique et tant mieux si le moral des Belges s’en ressent positivement.

Cela dit, il est permis de se poser deux questions :

  1. Dans quel état de « fièvre patriotique » les Diables rouges arriveront-ils à plonger les électeurs francophones et flamands au moment des élections du 8 juin 2014, à peine quatre jours avant le début de la phase finale de la Coupe du monde au Brésil ? (N.B. : dix-huit jours si les élections sont fixées au 25 mai.)
  2. Dans quelle mesure un tel contexte peut-il influencer les résultats des élections ?

Et puis il y a cette autre question, lancinante : jusqu’où les partis francophones, avec le soutien de leurs électeurs, sont-ils prêts à démanteler la Belgique pour éviter qu’elle ne disparaisse tout à fait ? Rester belge à tout prix ?

Une chose semble être évidente aujourd’hui : pour les Wallons, il n’y aura pas d’autre choix que l’intégration dans la République française ou la Belgique confédérale à la sauce flamande. Une Belgique résiduelle avec Bruxelles et sans la Flandre, il vaut mieux ne plus y penser. Le journal Le Soir en a fait sa une ce samedi : une majorité de plus en plus forte de Bruxellois rejette ce scénario (voir l’éditorial de Véronique Lamquin : L’état francophone n’existe pas ).

G.R.

2 réflexions sur « « We are the champions » »

  1. Si LE SOIR affirme haut et clair que le Royaume de Belgique ne recèle, sous les plis de son tricolore germain, aucun Etat francophone, alors la Wallonie peut encore se sauver. De François Perin à Jacques Lenain, en passant par Jules Gheude et Paul-Henry Gendebien, toutes les solutions salvatrices ont été analysées, décortiquées et publiées. Il ne reste plus à nos « décideurs » qu’à se décider (euphémisme) de lire toute cette prose institutionnelle, à effectuer un demi-tour à droite – droite et à marcher vers la LIBERTE, l’ EGALITE et la FRATERNITE. Paris se situe au midi de la rue de la « Loi » et de l’Elysette; l’autoroute est clairement flèchée! Qu’ils se rassurent, les Wallons les suivront et ils garderont assurément leur titre de député-maire largement rémunéré. Avantage, ils pourront, sans avoir Madame sur le dos, aller voir les petites dames de Pigalle. Que rêver de mieux. Pour la symbolique des militaires, la France acceptera certainement de baptiser une grande unité d’infanterie « Chasseurs Ardennais », d’autant qu’il n’existe pas d’unité prestigieuse au sud de Virton. Sans oublier évidemment un régiment « Sambre et meuse ».
    Quant à Brussel ( en fait le « x » = deux « s » entremêlés), le problème vient surtout de l’aveuglement des Flamands qui pourraient gagner le coeur des Brussellois s’ils comprenaient l’importance d’agir dans la dentelle et non dans le genre wagnérien menaçant.
    L’Histoire de Brussel montre que cette cité a toujours voulu tenir un rôle de prétentieuse égocentrique rêvant d’autonomie le long de la Senne et du canal. Pourquoi ne pas lui accorder une partie du rêve au sein d’une Flandre qui renoncerait à un jacobinisme exacerbé, alors que l’organisation politique du monde germanique relève plutôt du fédéral ?
    Peut-être, faudrait-il en toucher deux mots à Monsieur Peumans; ils écoutent les Wallons, lui!

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