SNCB et aéroports wallons : la menace flamande

nollet« On dessine la Belgique de demain », a déclaré triomphalement Jean-Marc Nollet.

Les autorités flamandes se sont déplacées jusqu’à Namur pour négocier directement avec les représentants de la Wallonie et on se réjouit de montrer combien l’entente a été bonne, augurant d’un avenir radieux pour une Belgique en mutation (à ce sujet, voir le dessin de Kroll sur le site du journal Le Soir).

Nous ne cesserons jamais de rester belges, a dit précédemment Paul Magnette. Les querelles entre Wallons et Flamands, c’est ce qui fait de nous des Belges, a-t-il ajouté. Il semblerait que le CD&V songe à se rapprocher de la N-VA en vue du choc électoral de 2014 (à lire sur le site de La Libre) mais souriez car, dans la politique belge, l’automne et le printemps se confondent, le temps des fleurs est revenu, il y a une vie après la vie.

La Belgique change, elle vit : « Pas de solidarité entre la riche Flandre et la misérable Wallonie », c’est la devise nationale de cette nouvelle Belgique à laquelle nous devons croire et nous identifier. Le destin de la Wallonie est d’accepter ce que veut la Flandre.

La Wallonie coûte trop cher à la Flandre, celle-ci veut davantage rentabiliser les avantages de sa position dominante en Belgique. Il ne suffit pas de casser la solidarité qui constitue habituellement les états. Il faut aussi veiller à ce que l’activité économique soit dirigée vers la Flandre.

Le Vif/L’Express publie cette semaine deux articles qui mettent en lumière la façon dont la Flandre agit, discrètement, contre l’intérêt de la Wallonie et de ses habitants. De quoi rendre indécent l’air béat de nos responsables wallons quand ils annoncent une nouvelle ère pour la Belgique joyeuse.

D’un côté, de la communication, bien relayée par nos médias, avec cette rencontre de dirigeants des deux régions/communautés (sans Bruxelles) au parlement wallon. De l’autre, cette « douce » obstination de la nation flamande qui avance ses pions avec pour seul objectif le développement de la Flandre. D’un côté, des paroles. De l’autre, des actes et des écrits.

Voici les deux articles du Vif/L’Express. Cela aidera-t-il quelques responsables politiques wallons à troquer la parole pour des actes ?  C’est notre espoir !

SNCB : l’offensive flamande

Aéroports wallons : le succès qui dérange la Flandre

4 réflexions sur « SNCB et aéroports wallons : la menace flamande »

  1. Mais on nous dit que les gouvernements des deux communauts se sont rencontrs dans un climat de confiance et de sympathie et que l’on va vers un fdralisme de coopration. Honte nos politiciens qui vendent la Wallonie pour garder leurs juteux mandats. Il est temps d’en finir! Thierry

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  2. S’il s’agissait d’une séparation de corps et de biens préalable au divorce afin de sauver la face vis-à-vis de l’électeur wallon, on pourrait le comprendre. Que Di Rupo, naturalisé mais immigré dans l’âme, s’accroche à la Belgique pour ne plus devoir choisir d’autre pavillon rémunérateur (il faut aussi penser à la famille), on pourrait le comprendre. Mais que Magnette et Nollet, Blancs-Bleus-Bornés, »dessinent la Belgique de demain » afin de « rester belges à jamais » contre l’intérêt de la Wallonie et de ses habitants, alors là on commence à comprendre pourquoi Madame Onckelincx a fait voter une loi interdisant la possession d’armes par le « citoyen normal ». Et dire que derrière tous ces abandons, il n’y a même pas un agenda « révolutionnaire » caché. Devant le miroir de l’Hisoire, en matière de trahison et de collaboration honteuse, le monde politique wallon fera bientôt de Degrelle un aimable boyscout !

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  3. @ Thierry Boncire : Au contraire, Le résultat de cette réunion a consisté à amplifier le fait régional. Ce qui est flamand est flamand, ce qui est wallon l’est également un peu plus. Et tant pis pour ceux qui ont choisi d’être du mauvais côté des lignes de séparation.

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  4. Il n’y a pas que les aéroports…
    http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20121220_00246819
    La mise à quatre voies de la ligne 124 entre Bruxelles et Nivelles, à hauteur d’Uccle, est actuellement compromise à la suite de deux décisions de la 10e chambre (néerlandophone) du Conseil d’État qui a annulé à deux reprises le permis de bâtir délivré par la Région bruxelloise.

    Intéressant de se souvenir que…
    La presse nous avait annoncé en janvier 2010 que la commune de Linkebeek avait introduit un recours au Conseil d’Etat en suspension (et surtout en annulation !) visant à casser les permis d’urbanisme délivrés pour les projets RER en Flandre au prétexte qu’un vice de procédure viole la législation flamande en la matière. Il aurait fallu modifier le plan de secteur pour permettre le dédoublement des voies… Soit !
    Il est curieux que ce soit la seule commune à avoir réagi. Située en Région flamande, dans la grande banlieue de Bruxelles, elle a, en effet, relativement peu de choses à gagner au passage du RER sur son territoire. Par contre en en retardant la construction, elle permet aux riverains de ne pas être dérangés pendant la construction. Si c’est ça l’objectif on peut éventuellement le comprendre à défaut de l’admettre. L’intérêt électoral local immédiat passant souvent avant l’intérêt général pour des politiciens locaux.
    La chose se complique quand on sait que le candidat bourgmestre désigné par la majorité du Conseil communal de cette commune est un de ceux qui n’ont pas été nommés parce qu’ils auraient violé cette même législation flamande ! On n’en est même plus là, à l’intérêt local, mais à l’intérêt personnel ?
    Alors ? Mesure de rétorsion ? Vengeance ? Curieux, en tous cas, d’autant plus que toutes les mesures de conciliation entre INFRABEL et la commune auraient échoué. Comme l’a exprimé à l’époque, le dit candidat bourgmestre de Linkebeek, Damien Thiéry (FDF), Infrabel aurait « essayé de persuader » les autorités communales de retirer leur recours, mais « en vain » ajoutait-il. En tous cas, sa formulation est indicative de l’esprit dans lequel il aura participé à la négociation…
    C’est ce Damien Thiéry qui est également un des promoteurs les plus pointus de la politique d’annexion du Brabant wallon à la Région bilingue de Bruxelles. On estimait à l’époque que si le conseil d’Etat suivait l’avis de l’auditeur, la finalisation du RER – déjà très en retard – serait encore reportée de 3 à 5 ans en Wallonie pour les lignes qui passent par Linkebeek… Soit celles en provenance de Nivelles, de Braine-le-Comte et Louvain-la-Neuve ! Bel exemple de mépris pour les navetteurs qui attendent ce RER depuis des années.
    Comme on pense et l’applique depuis toujours au CD&V (et semble-t-il également au FDF) : « Solidarité bien ordonnée commence par soi-même »… Les navetteurs wallons, déjà victimes de la centralisation à la belge (et maintenant pour raison de traduction…), seront évidemment encore les tout premiers pénalisés dans un conflit qui ne les concerne pas. Une raison de plus pour demander d’approfondir le processus de régionalisation (à défaut de mieux…).

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