Monsieur Coche nous a livré ce commentaire. Son intérêt historique nous incite à en faire un article.
Le partage manqué ou comment réveiller la mémoire des Français, des Wallons et des Néerlandais.
Au dix-septième siècle Henri IV se donna pour objectif de reprendre à l’Espagne les anciens fiefs de France (l’actuel Nord-Pas-de-Calais et la Flandre à l’ouest de l’Escaut) mais aussi des terres d’empire de langue française (l’actuelle Wallonie, sans Liège, et la Lorraine). N’affirmait-il pas: “toute la langue française doit être à moi”. En 1605, il proposa une alliance aux Provinces Unies pour atteindre ce but mais la Hollande rompit l’accord. Richelieu fit une nouvelle tentative en 1634. Il proposa d’abord de créer un Etat
sous protectorat franco-hollandais. Puis il proposa un partage qui laissait à la Hollande l’actuelle Flandre et à la France l’actuel Nord-Pas-de-Calais et l’actuelle Wallonie (sans Liège). Prise à nouveau d’inquiétude, la Hollande rompit cet accord. Mazarin ne parvint pas non plus à décider la Hollande. Ainsi le partage n’eut jamais lieu.
Pourquoi, aujourd’hui, au sein de l’Union Européenne, un tel partage ne pourrait-il pas avoir lieu en rappelant les rétroactes et en associant les quatre parties concernées, plus la RFA et le GD de Luxembourg pour les Cantons de l’Est ?
Il est particulièrement intéressant de constater qu’au dix-septième siècle, les responsables politiques appréhendaient les spécificités linguistiques de nos régions avec précision puisque l’article 5 de l’accord du 8 février 1835 stipulait notamment: “la partie de la province de Flandres où se parle Wallon, avec les portz de mer jusques à Blancquenberghe exclusivement”. Cette phrase cloue au pilori bien des revendications flamandes à l’encontre de la République. La question bruxelloise, elle, ne se pose même pas.
Grâce à l’actuelle structure BENELUX, la Flandre et les Pays-Bas pourraient se retrouver dans un ensemble confédéral préexistant (la renaissance de l’Union d’Utrecht, d’où l’importance d’Anvers !). Cela vaut aussi pour la Région bruxelloise qui, non seulement serait reconnue en tant que telle, mais encore retrouverait dans la structure BENELUX la place historique qu’elle détenait dans l’Union d’Utrecht ! Cela vaut aussi pour les Cantons de l’Est désireux de retrouver le GD Luxembourg.
Les provinces wallonnes, enfin libérées d’un joug germanique séculaire, s’imbriqueraient harmonieusement dans l’Hexagone national.
Monsieur Demotte, futur élu à Tournai, aimerait-il savoir qu’au dix-septième siècle, il existait une Ligue Wallonne, proche de Richelieu, dont le dessein était d’expulser l’occupant espagnol. Les membres de cette ligue, très influente dans les provinces wallonnes, se nommaient Egmont, Henin, Epinoy, Barbançon, Arenberg et Bournonville. Rêvera-t-il un jour de se hisser au niveau de ces nobles personnages ? Espérons-le. (Le fond historique a été extrait de “Notre Passé Wallon”, Maurice Bologne, Institut Destrée, pages 62 et 63.)
Nous nous permettons d’ajouter que, dans sa lutte contre les Habsbourg, Richelieu pouvait compter sur la sympathie des Liégeois. Au carrefour des influences germanique et française, la principauté de Liège était divisée entre un parti favorable au prince et un parti populaire traditionnellement francophile. L’assassinat de Sébastien La Ruelle, tribun populaire et bourgmestre de Liège, a durablement marqué la mémoire collective des Liégeois.
J’ai écrit à Monsieur François Hollande, Président de la République, espérons qu’il y aura des suites …
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