Le partenariat mutualiste franco-belge est une première

Tout ce qui amincit cette frontière artificielle entre notre Région et la France ne peut que nous réjouir. Nous savons que, pas à pas, la douce certitude des faits sera à nos côtés.

Paul Durieux

Sous la plume de Ricardo Gutiérrez, le quotidien « Le Soir » de ce mercredi 15 février nous annonce que la mutualité socialiste SOLIDARIS s’associe à la première mutuelle de santé française MGEN (mutuelle générale de l’éducation nationale).

Les partenaires comptent implanter une mutuelle dans un pays d’Europe centrale ou d’Europe du Sud et leurs affiliés bénéficieront de services transfrontaliers.

Ce sont deux mutuelles aux profils similaires qui s’associent : même envergure (3,1 millions d’affiliés chez SOLIDARIS; 3,5 millions à la MGEN), une offre étendue d’assurance complémentaire qui vient s’ajouter à l’assurance-maladie obligatoire, et un souci identique de peser sur le débat public.

« Il s’agit de proposer, ensemble, une nouvelle offre mutualiste qui puisse constituer une alternative aux assureurs privés« , souligne Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, rappelant que les mutuelles ne sont présentes que dans 15 des 27 Etats membres de l’Union européenne.

L’accord passe aussi par un échange d’expertise : la MGEN a déjà une expérience internationale, opérant depuis quelques mois au Portugal tandis que SOLIDARIS a une expertise accrue des soins à domicile et des projets d’éducation à la santé.

Un protocole de collaboration transfrontalière permettra aux 6,6 millions d’affiliés des deux organisations de se soigner de part et d’autre de la frontière aux mêmes conditions que dans leur pays de résidence.

Autre projet commun : la mise sur pieds d’un « observatoire mutualiste » afin de préparer les deux organisations aux mutations du système de santé.

Politiquement, les patrons des deux mutuelles défendent une même conception de « l’Europe de la protection sociale« .

4 réflexions sur « Le partenariat mutualiste franco-belge est une première »

  1. Bonjour,
    Si je suis toujours partisan de collaboration entre organismes de nos deux pays, je suis un peu étonné par celle-ci.
    Je pense qu’en tant que belge, je peux être affilié sans difficulté à Solidaris. De même, un français qui s’installerait chez nous, serait aussi le bienvenu et serait affilié comme la réglementation lui impose à partir du moment où il est domicilié en Belgique.
    La « mutuelle » mutuelle créée par les deux partenaires vise à aller chercher des affiliés dans d’autres pays. Elle s’adresserait donc à un public large représentant l’ensemble des activités économiques tant publiques (administrations) que privées (usine, service etc..).
    Il se fait que mon épouse et moi-même sommes domiciliés en France depuis un an et que nous nous sommes, obligatoirement, inscrit à la Caisse Primaires des Soins de Santé et que nous nous affiliés à une Assurance Mutuelle Complémentaire de Soins de Santé.
    Nous avons donc contacté ce qui nous semblait le meilleur du meilleur pour nous.
    Mon épouse a une carrière complète d’institutrice et pour ma part, une carrière partielle de professeur de techinique du bâtiment.
    Et bien sachez que la MGEN nous a rejeté car elle n’assure EXCLUSIVEMENT que les enseignants ayant fait une carrière en France.
    Donc d’après vos dires, elle serait pourtant intéressée par un tour de passe-passe juridique à aller chercher le « pognon » de tout travailleur à l’étranger.
    Cela a comme un petit goût de « mondialisation » ou d’économie sauvage.
    A que l’enfer est pavé de bonne intentions!

    Jamar

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    1. Bonjour M.Jamar,

      J’ai moi-même vécu en France (Var puis Gard) et connais assez bien nos deux systèmes de sécurité sociale, notamment en soins de santé.
      Vous avez du vous inscrire à la Caisse primaire de sécurité sociale de votre département, organisme parastatal d’assurance santé obligatoire. Vous avez ensuite recherché une assurance complémentaire qui prend en charge la part non remboursée par votre Caisse primaire. Vous bénéficiez ainsi de remboursements à 100 %.
      Vous aviez le choix entre une mutualité gèrée par des compagnies d’assurances privées ou par une compagnie à caractère étatique (ex : la mutualité française).
      Vous voyez dans l’association SOLIDARIS-MGEN une opération de « passe-passe juridique destinée à aller chercher le pognon de tout travailleur à l’étranger ».
      Je pense que vous oubliez le contenu politique de ces deux organisations. Il a été exprimé par leurs deux patrons. Je cite : « nous voyons dans les mesures de redressement qui accompagnent la crise économique et financière de la Zone euro la plus retentissante alarme sociale que nous avons eue à vivre…Partout, les dirigeants rétroagissent dans la précipitation et n’ont que l’austérité à proposer, synonyme de régression sociale. »
      Et si cette association entre SOLIDARIS et MGEN était un pas vers cette Europe de la protection sociale et vers cette harmonisation entre Etats de la Zone euro qui manquent tellement aujourd’hui ?
      Nous sommes là loin du petit goût de mondialisation sauvage.
      Comme tout ce qui est humain, les institutions évoluent… Je serais curieux que vous alliez creuser un peu plus loin auprès de la MGEN.
      Merci pour votre message, M. Jamar. Ainsi se nourrissent le dialogue et l’information.
      Cordialement,
      Paul Durieux

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  2. Monsieur Durieux,
    J’ai suivi votre conseil et j’ai été (re) consulté la MGEN. Cette mutuelle est, par statut, exclusivement réservée aux travailleurs de l’enseignement français et de certaines institutions à caractère culturel françaises (voir leurs conditions d’accès). C’est pour cette raison que des enseignants étrangers ne peuvent rejoindre (à risque égal) leur homologues français. Je maintiens donc.
    En ce qui concerne « La Mutualité Française » il ne s’agit que d’une fédération de 600 mutualités. Son poids est considérable certes mais ceci ne lui donne aucun caractère « d’étatique ». Elle est régie par le statut d’ASBL (loi de 1901 si je ne m’abuse).
    TOUTES les mutualités françaises sont soit des ASBL, soit des société commerciales. Toutes demandent pour des retraités (mon cas) de 100€ par mois pour être correctement couvert à 200€ et beaucoup plus pour être très bien remboursé.
    Je ne comprend donc pas pourquoi une mutuelle (Mgen) qui statutairement est franco-française irait s’immiscé dans un autre état. Qui pourra-t-elle y recruter si ce n’est en outrepassant son objet social?
    De même quels soins transfrontaliers seront facilités alors que la carte CEAM a été créée dans ce but et fonctionne très bien.
    Mais trêve d’une joute aimable, Monsieur Durieux, il me semble que ce rapprochement est loin d’être un rattachement comme le GB est devenu Carrefour. D’autres sujets plus intéressants nous attentent et je vous présente mes salutations distinguées.
    Jamar

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    1. Bonjour, Monsieur Jamar,

      Il est vrai que la Mutualité française fédère des centaines de mutualités. Elle est organisée à ce jour sur base régionale, mais elle est aussi une branche qui fait partie de cette fédération.
      Vous avez raison quand vous dites que cette même mutualité est un organisme à but non lucratif régi par le code de la mutualité.
      Le montant que vous mentionnez (100 €/mois) m’étonne si je le compare à celui payé par des amis qui sont des Belges résidant en France et dont le profil vous correspond (retraité).
      Quant au mariage entre SOLIDARIS-MGEN, il est un peu tôt pour savoir quelles conséquences il aura sur l’évolution des deux organismes.
      Je suis d’accord avec vous pour dire que la carte CEAM (Carte européenne d’assurance maladie) fonctionne très bien pour le remboursement des soins de santé qu’il s’agisse de maladie ou d’accident.
      Bien à vous,
      Paul Durieux

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