Jules Gheude
Il est permis de s’interroger quant à la crédibilité de la politique wallonne du commerce extérieur.
Ici aussi, l’écart avec la Flandre est flagrant. En 2010, la Flandre a exporté pour 164,4 milliards, hors transit du gaz naturel. Les exportations wallonnes s’élevaient, elles, à 38,7 milliards.
Les chiffres qui concernent les exportations vers les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) interpellent tout particulièrement.
Brésil : Flandre, 6,39 milliards / Wallonie, 0,350 milliard ;
Russie : Flandre, 2,07 milliards / Wallonie, 0,394 milliard ;
Inde : Flandre, 6,4 milliards / Wallonie, 0,136 milliard ;
Chine : Flandre, 4,9 milliards / Wallonie, 0,42 milliard.
Ces chiffres proviennent de la Banque Nationale et ne peuvent être contestés.
La politique menée par l’Awex (Agence wallonne à l’exportation) va donc à contresens de l’évolution de l’économie mondiale.
En Russie, la Région wallonne n’a aucun attaché économique et commercial. L’agent en poste à Moscou travaille à la Région Bruxelles-Capitale et celui qui se trouve à Saint-Pétersbourg est issu du FIT (Région flamande). Tout cela sur base d’un accord bi- et tri-régional qui n’a jamais fonctionné.
En Chine, les AEC de l’Awex n’ont pas la connaissance de la culture chinoise ni du mandarin, contrairement à leurs homologues flamands, qui sont licenciés en Sinologie de l’Université de Gand. En Wallonie, seul l’Institut Confucius dispense des cours du soir en chinois, sans possibilité d’avoir une immersion totale.
Voyons à présent comme se présente la situation pour le 1er semestre 2011, toujours selon la BNB.
Flandre : 94,7 milliards d’euros, soit une augmentation de 19,6% par rapport à 2010 ;
Wallonie : 21,8 milliards, soit une augmentation de 13,3% par rapport à 2010.
Un tassement de l’augmentation des exportations en Wallonie apparaît clairement par rapport à la Flandre.
En cette période de crise économique, on peut s’étonner que l’Awex ouvre une antenne en Guinée équatoriale – une «démocrature» -, suite à une mission conduite par son administrateur général, Philippe Suinen, qui n’avait trouvé que 2 ou 3 PME pour l’accompagner.
La Flandre poursuit une politique autrement dynamique. On a vu dernièrement son ministre-président, Kris Peeters, se rendre en Libye, accompagné de 17 chefs d’entreprise. Objectif : œuvrer à la reconstruction du pays. Du concret ! Et Kris Peeters mise également sur la Birmanie, en voie de démocratisation. Impossible, en revanche, de convaincre l’Awex d’organiser une mission dans ce pays, malgré les marques d’intérêt de nombreuses PME wallonnes.
Qu’attend le ministre Marcourt pour mettre bon ordre à tout cela ?
Il faut savoir que, outre une administration centrale (60 agents), basée à Bruxelles, et 7 centres régionaux (44 agents), l’Awex comprend également un réseau de 101 AEC (attachés économiques et commerciaux) répartis aux quatre coins de la planète.
A titre de comparaison, l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) dispose de 23 bureaux à l’étranger (environ 90 personnes) et de 65 collaborateurs répartis sur le territoire français.
Il y a longtemps j’ai lu un article sur les exportations wallonnes, mais malheureusement je ne sais plus qui en était l’auteur ni où, ni quand ce fut publié. En substance il affirmait que les exportations wallonnes quittant la Belgique par le territoire flamand étaient automatiquement comptabilisées en tant qu’exportations flamandes (???). Est-ce exact.
Meilleures salutations.
G. Ghys
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Les statistiques d’exportation sont reprises sur les documents « Ex-Works », c’est-à-dire en sortie d’entreprise et de PME. Elles ne tiennent pas compte des documents de transport au port ou à l’aéroport d’embarquement.
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QUELLE MODERATION ?
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