Discours trompeurs

Jules Gheude, essayiste politique  – « Le Vif » du vendredi 13 décembre 2012

Le ministre wallon André Antoine a manifesté sa désapprobation quant à l’enquête réalisée par l’ULg, qui révèle que le fossé entre le Flandre et la Wallonie ne cesse de se creuser. Et de dire non à la Wallonie de la désespérance.

De son côté, Philippe Suinen, le patron de l’Awex, se réjouit d’une progression de 35% du nombre de dossiers d’investissements en provenance de l’étranger, avec une création de 2.064 jobs.

On se souvient des propos tenus par le général de Gaulle  au professeur Robert Liénard de l’Université de Louvain : « C’est votre drame d’appartenir à un Etat qui assistera impassible à votre déclin. (…) Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et mobiliseront ce qui en reste. »

Force est malheureusement de constater que cette catégorie d’hommes fait défaut en Wallonie. Il est temps d’en finir avec la méthode Coué et voir la réalité en face : un taux de chômage wallon proche des 15% et une dette publique de 14,5 milliards d’euros, financements alternatifs compris.

 La vérité est que la Flandre connaît le sens du verbe « gérer ». Elle termine 2011 avec un excédent budgétaire de 97 millions d’euros.

 On a vu récemment son ministre-président Kris Peeters se rendre en Libye avec une délégation d’entrepreneurs. Objectif : oeuvrer à la reconstruction du pays. Du concret ! Pendant ce temps, l’Awex effectue une mission « exploratoire »…. en Guinée équatoriale, dont il est permis de douter de son utilité réelle.

 Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2010, la Flandre a exporté pour 164 milliards d’euros, hors transit du gaz naturel. Les exportations wallonnes, elles, s’élèvent à 38 milliards d’euros. Un rapport de 1 à 4,3 ! Il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser ! (…)

 Les autorités wallonnes ne manquent jamais une occasion de rappeler fièrement que la Région héberge de grands ensembles industriels, tels que Microsoft, Google, Johnson & Johnson… Mais attention au risque de délocalisation, comme l’a rappelé, en mai dernier, Vincent Reuter, l’administrateur délégué de l’UWE. Souvenons-nous de ce qui s’est passé, en 2006, lorsque la firme américaine Eli Lilly a décidé de fermer son centre de recherche de Mont-Saint-Guibert. Les aides d’Etat dont bénéficient des sociétés florissantes ne les empêchent  pas, pour des raisons  stratégiques et financières, de licencier à plus ou moins grande échelle.

 C’est sur la mise en place d’un tissu dense de PME que la Wallonie doit miser. Et de Gaulle avait raison : « Seule leur prise en charge par un pays comme la France peut assurer l’avenir à vos trois à quatre millions de Wallons. »

Une réflexion sur « Discours trompeurs »

  1. De Gaulle : « C’est votre drame d’appartenir à un Etat qui assistera impassible à votre déclin. (…) Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et mobiliseront ce qui en reste. »

    Jules Gheude : « Force est malheureusement de constater que cette catégorie d’hommes fait défaut en Wallonie. »

    Voilà la quadrature du cercle !

    Nos (ir)responsables politiques nous avaient promis, la main sur le coeur et la bouche en coeur :

    –  » il n’est pas question que la (6ème) réforme de l’Etat appauvrissent les Wallons et les Bruxellois »
    –  » pas de scission de BHV sans élargissement de Bruxelles »

    Désolé, mais c’est/ce sera l’appauvrissement des Wallons et des Bruxellois, la scission de BHV sans élargissement de Bruxelles et toujours les mêmes (ir)responsables politiques en place ou leurs rejetons …

    J’aime

Répondre à batr lukianoff Annuler la réponse.