Un ancien ministre nous écrit

Monsieur Hazette a été ministre de l’enseignement secondaire à la Communauté française de 1999 à 2004. Nous le remercions pour ses messages. Il est rassurant de constater que des personnalités politiques ne s’enferment pas dans la croyance en une Belgique éternelle. Sous la chape de plomb imposée par les présidences de parti, la réflexion n’est pas encore étouffée. Ni le souci de l’avenir.

Voici le point de vue de Pierre Hazette :

« J’apprécie que le ton de l’AWF traite la question de notre avenir avec modération. La crise institutionnelle débouche sur des accords que le parti majoritaire de Flandre va s’employer à dénigrer pendant les derniers mois de cette législature. La crise économique et sociale va susciter un mécontentement citoyen inévitable. La N-VA le récupérera au nord du pays. Les prochaines élections législatives risquent de confronter les Wallons à un problème existentiel. Mon avis est que le gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles doit proposer, dès à présent, des accords de coopération sur la plupart de ses compétences au seul partenaire naturel qui nous permet d’envisager des économies d’échelle. Une alliance étroite avec la République française s’impose à nous, quel que soit notre attachement à une Belgique que d’aucuns continueront à saboter, jusqu’à la faire disparaître. »

Et dans un autre message :

« Ce n’est pas dans une Belgique sans la Flandre, ni dans une Fédération Wallonie-Bruxelles débarrassée de la tutelle fédérale qu’il faut chercher un avenir pour les francophones ou les Wallons. Nos regards convergent vers la France.
« Nous devons cependant nous garder de tout lyrisme incantatoire ou encore d’une agressivité verbale, inopportune en la circonstance.

« L’autonomie que réclame Jean-Claude Marcourt existe dans les compétences dévolues aux entités fédérées.
« Je propose qu’on en fasse un usage massif dans des accords de coopération avec la France.
« Des synergies de fait doivent être organisées institutionnellement, dans l’enseignement supérieur, par exemple.
« Mais c’est vrai aussi dans la coopération internationale.
« Philippe Suinen vient de révéler que nous pourrions nous appuyer, avec plus de profit, sur un autre partenaire que la Flandre, en ce qui concerne le commerce extérieur.
« Dans l’enseignement secondaire, nous pourrions relever le défi de proposer les épreuves du bac à nos grands adolescents.
« Dans l’audiovisuel, une collaboration avec France Télévision enrichirait nos programmes en soulageant notre trésorerie.
« Dans les matières proprement régionales: agriculture, aménagement du territoire, environnement, économie régionale…, j’aperçois maintes occasions de mieux faire et à moindres coûts ce que nous allons nous époumoner à faire seuls.
« La promotion des accords de coopération montrerait progressivement aux Wallons et aux francophones que la France est accueillante et respecte nos particularismes.

« On a trop souvent brûlé les étapes. Nous avons besoin d’une approche plus diplomatique, plus calculée, plus prudente qu’elle ne l’a été depuis que la séparation apparaît inévitable. Certains, à Liège en particulier, l’ont compris avant bien d’autres. Grâces leur soient rendues.
« Il s’agit seulement aujourd’hui de forger un large consensus. »

2 réflexions sur « Un ancien ministre nous écrit »

  1. Il est particulièrement rassurant et réconfortant de lire qu’un homme politique ose encore s’exprimer sur le fond et je remercie Monsieur le Ministre Hazette de l’avoir fait.

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  2. Il faut évidemment se réjouir de l’intervention de Hazette, mais qu’elle émane à nouveau d’un « retraité » du monde politique témoigne encore de la couardise de bien d’autres…

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