Archives pour la catégorie Revue de presse

« Un pays sans ego n’a pas d’avenir »

C’est l’écrivain Patrick Roegiers qui le dit, lui qui n’a jamais caché son rapport passionnel avec la Belgique :

« Un pays sans ego n’a pas d’avenir. Il est voué à disparaître à court terme. Un journaliste japonais a écrit il y a quelques années que la Belgique était la capitale de la Flandre ! Ça dit tout. L’Europe a besoin de pays forts. C’est un patchwork d’identités. Sur l’échiquier du monde, la Belgique se dissout comme un cachet d’aspirine dans un verre d’eau… »

Entretien à découvrir dans Le Vif/L’Express d’aujourd’hui et dans l’émission Noms de dieux diffusée dimanche sur la Deux.

Leçons de philosophie politique

Le 13 février dernier, la présence de Nicolas Dupont-Aignan à une manifestation de soutien au peuple grec n’a pas été appréciée par des militants d’extrême gauche : « Le candidat gaulliste a été expulsé manu militari par les trotskistes des abords de l’ambassade de Grèce où il escomptait manifester. », est-il écrit sur le site du magazine Marianne. « De cet incident (rapporté ici par RTL) , Roland Hureaux tire des leçons de philosophie politique sur le nouvel ordre mondial et ses vrais ennemis. »

Nul n’est tenu de partager l’analyse de Roland Hureaux, chroniqueur plus proche du gaullisme que de l’extrême gauche, mais il faut lire ce texte (aux accents marxistes tout de même) car il jette un éclairage inhabituel sur les enjeux de la mondialisation.

A lire ici.

Le roi Baudouin s’adonnait-il à la fraude fiscale ?

Il n’entre pas dans nos intentions de nous laisser aller à un anti-monarchisme primaire, mais les questions que soulève le quotidien Le Soir relayé par le site du Vif-L’Express interpellent. Ce souverain jamais avare de discours moraux en qui certains voyaient un saint aurait été un vulgaire fraudeur ?

Pour des précisions, nous renvoyons aux sites du Soir (ici) et du Vif (ici). 

Le partenariat mutualiste franco-belge est une première

Tout ce qui amincit cette frontière artificielle entre notre Région et la France ne peut que nous réjouir. Nous savons que, pas à pas, la douce certitude des faits sera à nos côtés.

Paul Durieux

Sous la plume de Ricardo Gutiérrez, le quotidien « Le Soir » de ce mercredi 15 février nous annonce que la mutualité socialiste SOLIDARIS s’associe à la première mutuelle de santé française MGEN (mutuelle générale de l’éducation nationale).

Les partenaires comptent implanter une mutuelle dans un pays d’Europe centrale ou d’Europe du Sud et leurs affiliés bénéficieront de services transfrontaliers.

Ce sont deux mutuelles aux profils similaires qui s’associent : même envergure (3,1 millions d’affiliés chez SOLIDARIS; 3,5 millions à la MGEN), une offre étendue d’assurance complémentaire qui vient s’ajouter à l’assurance-maladie obligatoire, et un souci identique de peser sur le débat public.

« Il s’agit de proposer, ensemble, une nouvelle offre mutualiste qui puisse constituer une alternative aux assureurs privés« , souligne Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, rappelant que les mutuelles ne sont présentes que dans 15 des 27 Etats membres de l’Union européenne.

L’accord passe aussi par un échange d’expertise : la MGEN a déjà une expérience internationale, opérant depuis quelques mois au Portugal tandis que SOLIDARIS a une expertise accrue des soins à domicile et des projets d’éducation à la santé.

Un protocole de collaboration transfrontalière permettra aux 6,6 millions d’affiliés des deux organisations de se soigner de part et d’autre de la frontière aux mêmes conditions que dans leur pays de résidence.

Autre projet commun : la mise sur pieds d’un « observatoire mutualiste » afin de préparer les deux organisations aux mutations du système de santé.

Politiquement, les patrons des deux mutuelles défendent une même conception de « l’Europe de la protection sociale« .

Melchior Wathelet superstar

On se souvient que « l’union fait la force » était le slogan de campagne de Joëlle Milquet et Melchior Wathelet, lors des dernières élections. Dans leur esprit, il s’agissait de sauver la Belgique en faisant barrage aux revendications flamandes. Puisque ce n’était pas de l’humour, nous avons cru qu’il s’agissait d’une forme particulièrement perverse de démagogie. Mais il subsistait un doute : et si, tout simplement, ils n’avaient rien compris… ?

Non, faut pas exagérer, ces gens-là ont participé aux négociations communautaires avec les Flamands, ils savent quand même bien… Pourtant, ce midi, sur la Une, dans un débat qui n’avait rien de communautaire, Melchior Wathelet nous a confirmé, à sa façon, qu’il ne fallait pas voir malice là où il y a seulement de l’incompétence. Lui qui était, jusqu’il y a peu, secrétaire d’Etat au Budget, il a confondu le montant du bugdet de l’Etat et le PIB de la Belgique. L’erreur est humaine mais perseverare diabolicum : pour clouer le bec à son contradicteur, il en a remis plusieurs couches avec une arrogance pour le moins déplacée.

Quand on sait que Melchior Wathelet est actuellement secrétaire d’Etat aux Réformes institutionnelles, on se dit que la Wallonie n’est pas sauvée.

Le Mise au point de ce midi peut être vu ici. Pour le minutage, aller à 16.16 (jusqu’à 17.55) : émotion garantie !

La Flandre roule pour… la Flandre

Ce n’est pas un scoop, mais puisque c’est le patron de l’AWEX qui le dit, cela signifie quand même quelque chose. On rappelle que le montant des exportations wallonnes n’atteint pas le quart des exportations flamandes (voir ici l’article de Jules Gheude). Aux journalistes de La Libre qui lui demandaient ce qu’il en est actuellement de la Flandre, Philippe Suinen a répondu ceci :

Sa prospérité ne me dérange pas, au contraire. Elle est l’un de nos premiers marchés et contribue à l’image du pays, elle qui est prise en considération à l’étranger. Nous avons tout intérêt à être fédéralement loyaux, tout en nous faisant respecter parce que nous voyons des attitudes de plus en plus unilatérales. Car si la coordination entre l’Awex et les deux autres agences régionales fonctionne très bien, cela ne joue plus une fois que l’autorité politique flamande prend le dessus. Exemple récent : nous organisions ensemble des séminaires d’information sur la Libye lorsque le ministre-Président Kris Peeters y est allé avec des entreprises. Autre exemple : quatre autorités (le fédéral et les trois Régions) doivent se partager la subsidiation des chambres de commerce, mais la Flandre ne les subsidie plus que si elles font des actions qui ne valorisent que la Flandre et ses entreprises. Du coup, on a de plus en plus de chambres de commerce belges à l’étranger qui n’organisent des séances d’informations qu’en Flandre.

Pour l’intégralité de l’interview : ici.

A lire dans le même journal, l’offensive régionaliste de Jean-Claude Marcourt : ici.

Cela bouge en coulisse

A la suite du journal Le Soir (ici), nous reproduisons un article que Béatrice Delvaux a publié hier dans le quotidien flamand De Standaard. Il y est question d’un « plan W » sur lequel plancheraient des Wallons influents. Cet article a, selon les termes du Soir, « créé un certain émoi en Flandre ».

Les Wallons sont de retour. C’est une des découvertes de l’enquête Soir-Standaard «Chroniques d’un état critique» publiée entre Noël et Nouvel an. Et ça, c’est de la dynamite. Là où certains en sont encore à évoquer l’existence d’un plan B, c’est d’un plan W comme Wallonie, qu’il faut désormais parler. Les Wallons en route pour l’indépendance ? C’est trop fort ou… trop tôt pour le dire. Qui que vous interrogiez à ce sujet, vous le démentirait. Mais que des Wallons haut placés soient à la manœuvre et préparent leur futur sans la Flandre et sans… Bruxelles, c’est certain.

A l’origine de ces mouvements, on trouve une conviction née côté francophone de ces derniers mois : la Belgique est sauvée mais très provisoirement. Il faut se préparer à l’étape d’après, régionale. Des socialistes wallons occupent le peloton de tête de ces réflexions. Avec l’intention de sortir du bois dans quelques temps, pour donner un nouveau cap au destin collectif wallon. Etats généraux wallons et bruxellois, Assises Wallonie 2020, prises de parole successives d’interlocuteurs politique, universitaire, syndical, culturel wallons : les idées sont imprécises. Mais un mouvement est enclenché, convaincu de la nécessité de nourrir « l’identité wallonne », le terme est souvent prononcé.

Qui va rédiger, qui serait au destin wallon ce que fut le rapport du Warande au mouvement nationaliste flamand actuel ? Ils sont plusieurs auteurs potentiels mais la première manifestation de ce revival sudiste est venu de Guy Spitaels. Dans une interview accordée au Soir en septembre dernier, l’ex-président du PS, ex ministre-président wallon, nous disait devoir sortir impérativement de son silence politique pour prendre ses responsabilités. Spitaels ne croit plus à la Belgique : Spitaels dit alors tout haut ce que tout le monde pense mais n’ose exprimer : la Belgique est foutue et cela ne prendra pas longtemps pour devoir miser sur une autre entité (18 mois selon Spitaels, 2014 ou pour les plus optimistes 2019).

Quelques mois après Spitaels, c’est Jean-Claude Marcourt qui se félicite que Di Rupo ait sauvé le pays mais il indique que désormais le PS, qui n’est pas le Premier ministre, devra préparer l’avenir. Samedi, dans le Soir, c’est au tour de Thierry Bodson, le syndicaliste qui pèse de plus en plus en plus lourd, président de la FGTB Wallonne, de défendre un Etat belge basé sur quatre régions, sans fédération Wallonie-Bruxelles : «Il faut qu’on arrête avec tout cela». Il se dit inquiet : on arrive à l’os au fédéral, si on remet tout cela sur la table en 2019, que fera-t-on ? «Se préparer à autre chose ?» l’interroge-t-on. «Nous devons être conscients que l’on va toucher en 2019 à l’essentiel de la mission de l’Etat», se borne-t-il à répondre mais faut-il en dire plus quand il conclut : «Je me sens wallon et malheureusement, je trouve que ce sentiment n’existe pas assez aujourd’hui».

Bodson fait partie des noms cités dans le think tank totalement informel du devenir wallon -répartis en cercles diffus et multiples, sur base souvent d’affinités-, au même titre que Bernard Rentier (recteur de l’université de Liège), Jean Pascal Labille (Mutualités socialistes et SRIW), Olivier Vanderijst ( SRIW), Jean Claude Marcourt, ministre wallon de l’économie, Bernard Thiry (Ethias) Edouard Delruelle (Ulg), Domb (Pairi Daiza). On cite également Alain Mathot (bourgmestre de Seraing), mais surtout Anne Poutrain. On dit que si elle est restée à la tête de l’Institut Emile Vandervelde, c’est parce que le PS désormais a besoin de cette machine de guerre intellectuelle et de négociation, non plus pour sauver la Belgique mais pour préparer cet avenir «autonome» wallon, bruxellois, germanophone.

Hors PS ? On dit l’Ecolo Jean Marc Nollet de plus en plus acquis au fait régionaliste. On espérait le CDH Lutgen de la partie, avant qu’il ne se découvre une fibre chevaleresque belgicaine. Le monde universitaire, lui, vient d’entrer dans la danse wallonne, via une étude de l’université de Liège publiée par l’Ires. Les auteurs y tirent le signal d’alarme sur les difficultés du marché de l’emploi, des performances économiques et surtout la qualité de l’enseignement en Wallonie. Ils prient les politiques d’agir rapidement, quel que soit l’avenir institutionnel du pays. Quand on vous disait qu’ils étaient en marche.