Archives pour la catégorie Revue de presse

La France, championne de la protection sociale

Que la France soit dirigée par la gauche ou par la droite, elle se distingue par un très haut niveau de protection sociale. On en pense ce qu’on veut mais on ne peut nier les faits : « santé, vieillesse, invalidité, la France est le pays de l’UE qui dépense le plus par rapport à son PIB, à 33,8%, devant le Danemark et les Pays-Bas » (lien). Ces chiffres sont ceux que publie Eurostat ce mardi.

Autre chose est l’efficacité des politiques mises en œuvre. A lire dans le journal Le Soir de ce mercredi : « Les économistes liégeois Mathieu Lefebvre et Pierre Pestieau ont dressé le classement des systèmes de sécurité sociale européens dans une étude publiée par l’Ecole normale supérieure, à Paris. Les Etats sont classés selon leur capacité à lutter contre la pauvreté, à réduire les inégalités sociales et le chômage ainsi que sur leurs performances en termes d’éducation et de santé. »

Résultat ? Six ex æquo en tête du classement : Autriche, Espagne, France, Luxembourg, Pays-Bas, Suède. Puis, dans l’ordre : Italie (7e), Finlande (8e), Danemark (9e), Irlande (10e), Belgique (11e), Allemagne (12e), Royaume-Uni (13e), Grèce (14e) et Portugal (15e).

Précision des auteurs de cette étude : le mauvais résultat de la Belgique est dû à la Wallonie. Ses résultats la placent au niveau du Portugal. Suffisant pour en faire le gros titre du journal Le Soir, mais pas pour oser parler d’un rapprochement de la Wallonie avec la France.

Pour le détail de l’étude réalisée par Mathieu Lefebvre et Pierre Pestieau, cliquer ici.

Un petit coup de griffes de plus…

Une de nos amies, Vivianne Dupont, nous fait suivre l’article qui suit…

Yves Ralet, Secrétaire Général de l’UKFGB (union des kinésithérapeutes francophones belges), répond aux attaques de la NV-A publiées dans la newsletter du Journal du Médecin du  20.11.2012.
Polémique communautaire autour de la kinésithérapie : l’accusation de la N-VA

«Depuis 2005, seuls un petit nombre de kinés nouvellement diplômés peuvent travailler comme indépendants. Contrairement à la Flandre, la Belgique francophone ne se tient pas à cette limitation. Des calculs du sénateur Louis Ide (N-VA) montre que ceci coûte au moins 9 millions d’euros au contribuable», estime un communiqué de la N-VA. Et, disent les animateurs de ce parti, la Flandre doit payer pour la mauvaise gestion francophone.

La kinésithérapie ne peut être pratiquée que sur prescription médicale.

Les kinés sont donc obligés de prester des soins de santé proportionnellement à la demande des médecins.

Qu’il y ait beaucoup ou peu de kinésithérapeutes, les prescriptions de kinésithérapie resteront inchangées mais le travail presté par kiné sera élevé ou faible suivant le nombre de prestataires de soins, ce qui veut dire que les dépenses en kinésithérapie, quel que soit le nombre de kinésithérapeutes, resteront les mêmes.

C’est donc une analyse complètement fausse de dire que nous dépensons 9 millions d’euros de trop en région francophone, surtout que nous ne savons pas faire une équivalence des dépenses proportionnelles des kinésithérapeutes néerlandophones.

Il serait bon aussi de savoir combien ces 9 millions d’euros, dépensés par la kinésithérapie, ont fait économiser de jours d’invalidité par remise au travail précoce.

Comment Arnaud Montebourg voit l’avenir de Florange

Toute personne qui s’intéresse à l’avenir de la Wallonie en général et de Seraing en particulier porte aussi son regard sur Florange. Il sera intéressant de voir au final le sort réservé aux deux sites sidérurgiques et d’en tirer des conclusions.

Paul Durieux

Les méthodes d’ArcelorMittal « relèvent du non respect des engagements, du chantage et des menaces », a déclaré lundi 26 novembre Arnaud Montebourg, en marge de son déplacement dans l’usine Duralex près près d’Orléans. Dans un entretien au quotidien  économique Les Echos, le ministre du redressement productif avait déclaré ne plus vouloir de Mittal dans l’Hexagone « parce qu’ils n’ont pas respecté la France ». (…)

« Les mensonges de Mittal depuis 2006 sont accablants », souligne M. Montebourg, ajoutant que le groupe « n’a jamais tenu ses engagements » vis-à-vis de l’Etat français. Le ministre a confirmé travailler à un projet de « nationalisation transitoire » de Florange. Selon le quotidien économique, « l’idée serait une association avec un opérateur industriel, minoritaire dans le capital le temps de stabiliser l’activité ». Jeudi devant le Sénat, il avait  déclaré que « le problème des hauts-fourneaux de Florange, ce n’est pas les hauts-fourneaux de Florange, c’est Mittal ».

Pour l’intégralité de cette information, consulter le site du journal Le Monde.

Liège au cœur de Paris

Liège, « ce petit coin de France perdu en Belgique », selon les mots d’Alexandre Dumas, s’est installée à Paris dès les premiers mois de la Grande Guerre, quand la station de métro « Berlin » a été rebaptisée au profit d’une ville dont la résistance à l’attaque allemande était plus forte que prévu.

Le gouverneur de la province de Liège, Michel Forêt, dont on connaît la fibre liégeoise, wallonne et francophile, attache la plus grande importance à cette vitrine du pays de Liège à Paris. La décoration de cette station de métro à nulle autre pareille vient d’être enrichie pour que ne cesse jamais le voyage imaginaire entre Liège et Paris.

Voir, à ce sujet, la vidéo postée sur le site du Soir et l’article publié sur le site de la RTBF.

La Catalogne pour ouvrir le bal ?

Le président de la Catalogne annonce la couleur : « Si les partis catalans pro-indépendance remportent clairement le scrutin du 25 novembre, alors nous déciderons d’aller plus loin. Nous lancerons dans les 4 ans qui viennent, une consultation sur l’indépendance de notre région. » Il est venu le dire à Bruxelles et il ne fait pas de doute, selon lui, qu’une Catalogne indépendante serait membre de plein droit de l’Union européenne.

Même combat pour l’Écosse et la Flandre ? « Nous avons des contacts avec ces régions », reconnaît le président de la Catalogne.

L’information est signée Anne Blanpain, sur le site de la RTBF : ici.

Un monde à l’envers…!

Un journaliste grec devant la justice pour avoir dénoncé des évasions  fiscales.

Nous reprenons ici l’article publié sur le site du Soir.

Un journaliste va comparaître ce jeudi pour avoir publié une liste d’individus accusés de détenir des comptes en Suisse. Une affaire qui soulève une vive émotion dans un pays en train de mettre au point une nouvelle purge  d’austérité.

Le journaliste Costas Vaxevanis, 46 ans, qui a comparu lundi devant la cour pénale d’Athènes, a obtenu trois jours de sursis pour être jugé.

Alors que le nouveau gouvernement de coalition est confronté à la colère croissante de la rue face à une austérité accusée d’épargner les riches et les puissants, le journaliste est poursuivi pour avoir publié samedi dans le  magazine « Hot doc » une liste comprenant 2.059 noms d’individus présumés  détenteurs de comptes bancaires en Suisse.

« Au lieu de lutter contre les crimes des fraudeurs du fisc, la justice  s’occupe de moi alors que j’ai fait mon devoir, mon devoir de transparence », a déclaré à la presse M. Vaxevanis, après avoir obtenu le report du  procès.

La liste, qui a provoqué des déluges de réactions sur les réseaux sociaux, a  été publiée à nouveau lundi par le grand quotidien grec Ta Néa. Aucune poursuite  n’a été annoncée contre Ta Nea, détenu par le puissant groupe Lambrakis.

Elle comprend des entrepreneurs, avocats, armateurs, médecins, commerçants,  joailliers, anciens hommes politiques ou leurs proches, mais aussi des « femmes au foyer », et de nombreuses « sociétés domiciliées ».

Selon le journaliste, la liste provient de documents révélés par un employé de la banque HSBC en Suisse.

Transmise par Lagarde

Elle avait été transmise au gouvernement grec en 2010 par l’actuelle directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, alors  ministre des Finances en France.*

En France, une affaire similaire a eu lieu effectivement en 2009 lorsque la  justice française avait reçu des fichiers équivalents, sur la base desquels des fraudeurs français ont subi un redressement fiscal, mais dans la plus grande  discrétion.

A la suite d’une mini-crise entre Paris et Berne concernant cette liste, les  fichiers initialement volés par un employé ont finalement été restitués à la  Suisse, mais auparavant la France les avait transmis, courant 2010, à d’autres  pays, dont la Grèce.

Le journaliste a affirmé l’avoir obtenue via une lettre anonyme dont  l’expéditeur affirmait l’avoir reçue d’un homme politique. Surnommée « liste  Lagarde » par les médias grecs, la liste provoque depuis des semaines une polémique en Grèce, sur l’absence de réaction de l’Etat pour renforcer la lutte contre l’évasion fiscale, le nouveau gouvernement de coalition ayant indiqué il  y a quelques semaines qu’il l’avait « perdue ».

« Au lieu d’arrêter les voleurs et les ministres violant la loi, ils  veulent arrêter la vérité », avait commenté le journaliste Costas Vaxevanis  sur son compte twitter samedi soir, avant son arrestation.

Il a reçu le soutien de l’association Reporters sans frontières (RSF) et des  syndicats de journalistes grecs.

La Grèce est en train de finaliser une troisième série de mesures d’austérité  comprenant des baisses de salaires et de pensions, et de nouvelles hausses d’impôts, qui devraient être introduites dans les prochains jours au  Parlement.

* Il est remarquable de constater qu’une ministre de la droite républicaine, Mme Lagarde, se soit attaquée à la fraude fiscale en 2009. Qu’en est-il en Belgique ?

« Les moutons se mangent entre eux »

C’est Thierry Fiorilli qui a signé cet édito pour Le Vif/L’Express :

« En Flandre, vainqueurs et vaincus reconnaissent le verdict de l’électeur et par là, ils le respectent. En Flandre toujours, on élève le débat et l’on parle du confédéralisme que Wallons et Bruxellois vont devoir mettre à leur menu.

« A Bruxelles et en Wallonie, à entendre les présidents de parti, tout le monde a gagné. On égratigne l’adversaire. On règle des comptes. Mais surtout, on se refuse à voir dans ces élections en Flandre le moindre message qui ait valeur au niveau fédéral. »

Lire la suite de l’édito du Vif/L’Express.

Jeunesse et élections

Nous n’empruntons jamais sur ce site les chemins qui conduisent à stigmatiser l’un ou l’autre en fonction de  sa race, de sa religion ou de sa philosophie. Nous savons que tant la France que notre région sont confrontées au dilemme des problèmes posés par les relations sociétales nées du communautarisme. Il n’entre pas dans nos intentions de prendre position en ce domaine, mais il nous semble que le site du « Vif.be » a eu raison d’ouvrir ses colonnes à une jeune candidate d’origine turque élue dimanche dernier et qui a le courage de dire haut et fort ce qu’elle pense (lien).

A vous de juger !

P.Durieux

« Le PS a perdu son électorat laïque », constate Duygu Çelik, conseillère communale à Verviers, où les socialistes ont perdu les élections. Son parti a délaissé les valeurs de gauche pour jouer la carte de « la nouvelle bourgeoisie musulmane », dénonce-t-elle.

Verviers est la seule grande ville wallonne où les élections du 14 octobre ont provoqué un basculement politique. Le PS y chute lourdement, passant de 38,7 % à 28,8 % en six ans. Conséquence : le PS est rejeté dans l’opposition, détrôné par une coalition CDH-MR. Claude Desama, bourgmestre depuis douze ans, a annoncé qu’il mettait un terme à sa carrière politique.

Au cours des six ans à venir, le PS devra se reconstruire sur les bancs de l’opposition. Mais aussi tirer les leçons de son échec  dimanche passé. Pourquoi un tel désaveu ? Où sont passés les anciens électeurs socialistes ? Dans un message posté sur son profil Facebook, l’une des étoiles montantes du PS verviétois, Duygu Çelik (27 ans) analyse brièvement les raisons qui, selon elle, ont précipité la chute du PS. « Le PS a perdu son électorat laïque », constate-t-elle. Il s’est aussi laissé prendre au piège du « vote ethnique ». Duygu Çelik, elle-même d’origine turque, appelle son parti à se ressaisir, pour montrer qu’il reste « véritablement à gauche, égalitaire, non discriminatoire… et laïque ».

Ce court billet a provoqué un déluge de réactions dans l’ancienne cité lainière. Nous le publions ici intégralement.

« Élue avec 463 voix de préférence, et autant de remerciements que j’adresse à toutes celles et ceux qui m’ont soutenue !!! J’arrive ainsi première des conseillers sortants, avec une progression de 47% par rapport à 2006, dans un contexte difficile pour mon parti, qui perd 8% et 3 sièges. Cette élection a donc un goût amer… Loin d’une victoire personnelle, c’est sur un sentiment de défaite que je me suis endormie hier soir. Le diagnostic personnel que j’en fais m’inquiète et m’attriste énormément : le PS a perdu son électorat laïque, qui s’est déporté vers le MR. Les résultats en termes de voix de préférence manifestent que le vote ethnique a joué de manière importante. Et pas n’importe quel vote ethnique ! Il s’est cristallisé autour des mosquées, encouragé et piloté par un électorat souvent de droite, appartenant à la nouvelle bourgeoisie musulmane, celle qui roule en 4×4 et qui fait porter le voile à ses femmes, celle qui n’a que faire des idées et des valeurs du PS, et qui a mobilisé en masse pour soutenir son/ses candidat/s, pendant que nos électeurs laïques se détournaient de nous. Hier, ce sont les mosquées qui ont triomphé au Parti socialiste à Verviers ! C’est bien pour cela qu’il faut se battre, plus que jamais, pour un PS véritablement à gauche, égalitaire, non discriminatoire, … et laïque !!! »

François Brabant

L’UE hésite sur l’attitude à adopter au cas où…

Publié sur le site du journal Le Monde, un article de Jean-Pierre Stroobants qui a voulu savoir ce que l’Union européenne pensait de la poussée indépendantiste en Écosse, en Catalogne et, bien sûr, en Flandre.

« La perspective d’une Écosse indépendante, une amplification de la revendication autonomiste en Catalogne, l’évocation par Bart de Wever, vainqueur des élections municipales en Flandre le 14 octobre, de la mise en place d’une « confédération » belge qui serait, semble-t-il, le prélude à l’éclatement pur et simple du royaume : ces événements jettent le trouble dans les institutions européennes. Et posent la question – taboue jusqu’ici – de leur attitude face à une région qui proclamerait, demain, son indépendance. »

La suite de l’article : ici.

Sur à peu près le même sujet, les points de vue de Bart Maddens (professeur de sciences politiques à la KUL, proche de la N-VA) et de Vincent Laborderie (UCL, membre du Comité directeur de B Plus) : c’est un article de La Libre.

Un article bien loin des vieux clichés

Qui a dit que la France n’avait que condescendance vis-à-vis de la Wallonie ? Voici un article qui en dit long sur la façon dont une grande majorité de Français nous tient en estime, voire en admiration. Nous sommes bien loin des vieux clichés qui voudraient que notre Région devienne la région oubliée ou la cinquième roue du chariot de la République lorsque nous rejoindrons la France.

Paul Durieux

Escapade gourmande en Wallonie : quand le site du Monde.fr rend hommage à notre région, à ses habitants et à sa gastronomie (lien).

A trois heures de Paris, le sud de la Wallonie est un petit joyau méconnu qu’il faut prendre le temps de découvrir à la lumière de l’automne. Entre la vallée de la Meuse et le grand-duché de Luxembourg, on y traverse des paysages brumeux et vallonnés d’où émerge parfois, au milieu d’une forêt, un jardin à la française du XVIIIe siècle, comme celui du château de Freÿr près de Dinant.

Dans la vieille querelle qui les oppose aux « laborieux » Flamands du Nord, les « gentils » Wallons du Sud ont développé avec le temps un sens de l’autodérision aussi sympathique qu’efficace. Ainsi les habitants de Namur, moqués pour leur lenteur légendaire, n’ont-ils rien trouvé de mieux que de prendre l’escargot pour emblème de leur ville. Ce sens de l’humour typiquement wallon, Rémy Belvaux et Benoît Poelvoorde, eux-mêmes natifs de Namur, ont su le traduire il y a vingt ans dans un film culte : C’est arrivé près de chez vous.

Mais la Wallonie est aussi une fascinante terre de goût, à la fois rustique et joyeuse, que nos gastronomes en quête de nouvelles saveurs se devraient d’explorer au plus vite.

Pour une telle escapade, pas de meilleur guide que Jean-Pierre Gabriel. Photographe sensible, amoureux des jardins, ce Wallon né dans une ferme à beurre milite depuis toujours pour la renaissance des produits du terroir belge, comme l’endive de pleine terre ou le fromage au lait cru de Herve (seul fromage belge à bénéficier de l’appellation d’origine protégée européenne). « Depuis quelques années, une nouvelle génération d’artisans passionnés est apparue en Belgique, et particulièrement dans le sud de la Wallonie. Avec eux, ce sont des terroirs, des savoir-faire et une vraie gastronomie locale qui se sont mis à revivre, générant des emplois et un tourisme de qualité », dit-il.

LETTRES DE NOBLESSE

L’exemple de Stephen Destrée est de ce point de vue éloquent. Seul dans son garage de Leignon, près de Namur, ce jeune pâtissier de 27 ans a décidé, il y a peu, de redonner ses lettres de noblesse à la grande tradition du biscuit belge chère à Hercule Poirot. Aux antipodes du spéculoos industriel, ses délicieux biscuits aux amandes, au chocolat, au caramel et aux agrumes, tous sans additifs chimiques, sont aujourd’hui servis à l’heure du thé dans les plus grands hôtels de Bruxelles.

A Falmignoul, près de Dinant, la brasserie Caracole est l’un des trois derniers établissements artisanaux belges, avec Cantillon à Bruxelles et la brasserie à vapeur de Pipaix. Remise en état de marche en 1994 par le très passionné François Tonglet, cette merveilleuse brasserie en brique du XVIIIe siècle n’est aujourd’hui encore chauffée qu’au feu de bois. Procédés de fabrication, outils et matières premières sont exactement les mêmes qu’autrefois et le produit final reste 100 % wallon : de l’eau de source, du malt bio torréfié, de la fleur de houblon, des levures et un mélange d’épices traditionnelles. Il faut entre six et huit semaines pour élaborer une grande bière, comme la Troublette bio, à base de malte et de froment. A mi-chemin entre la blanche et la gueuze, cette bière légère, parfumée au jus de citron, à l’écorce d’orange, à la graine de coriandre et au houblon, séduit par sa fraîcheur et sa rondeur aromatique.

Mais les bières de la brasserie Caracole sont aussi de magnifiques bières de repas, comme le démontre le jeune chef Ludovic Vanackere (sosie de Tintin) qui, dans son excellent restaurant Atelier de Bossimé, au village de Loyers, propose la bière ambrée sur une délicieuse joue de cochon confite dix-huit heures à basse température, accompagnée de pommes de terre cuites dans une croûte de foin. C’est ça, le goût de la Wallonie…

HOSPITALITÉ ADMIRABLE

En pénétrant dans les Ardennes belges, on découvre soudain une campagne qui est restée dans son jus, exactement comme il y a un demi-siècle… « Ici, les gens sont plus têtus, explique Jean-Pierre Gabriel, ce sont des chasseurs, des hommes de la forêt, mais leur hospitalité est admirable. »

A Attert, tout près du grand-duché de Luxembourg, ne manquez pas de rendre visite à un artisan d’exception : Marc Fouss, de la Maison Thill. Poigne de fer, voix de stentor et rire gargantuesque, cet Ardennais de souche est aujourd’hui le dernier à élaborer des jambons fumés entiers avec l’os, non pas avec de la vulgaire sciure mais bien avec des rondins de bois de hêtre bien secs : « Le hêtre offre l’avantage de ne pas avoir d’écorce, sa fumée est très fine et légère, sans tannin excessif », confesse-t-il.

Plongés vingt jours dans un bain de sel et d’épices, les jambons du père Fouss sont ensuite séchés plusieurs semaines dans une cave à 8 degrés avant d’être fumés un mois entier dans une immense cheminée qui surplombe le village. « La semaine dernière, un gars est venu me dire que la fumée l’incommodait et que je devais déménager. Je lui ai dit que la Maison Thill fumait ses jambons depuis le XVe siècle et que celui qui l’arrêterait n’était pas encore né ! », s’enflamme-t-il.

Après le fumage, les jambons sèchent à l’air libre pendant au moins quatre mois, mais c’est après vingt-quatre mois d’affinage qu’ils atteignent leur plénitude, arborant une belle couleur rouge. Leur doux fumé campagnard et leur fondant en font un produit d’exception que l’on ne peut, hélas, trouver que sur place…

NECTAR D’AUTOMNE

Mais la Wallonie du Sud est aussi un pays de pâturages propices à la production de beurre, de crème et de fromages au lait cru d’une qualité insoupçonnée. Lionel Plaquette, 28 ans, est un agriculteur atypique qui s’est rendu célèbre grâce à l’émission de télé-réalité « L’amour est dans le pré » (il y jouait son propre rôle, celui d’un fermier gay à la recherche de « l’âme frère »).

Issus du lait de vaches jersiaises et normandes nourries au trèfle, à la luzerne et au foin, les beurres au lait cru qu’il fabrique dans sa ferme du Mesnil-sur-Blaise n’ont rien à envier à nos fameux beurres Bordier, Echiré et autres Bellevaire. D’un beau jaune pâle, son nectar d’automne baratté à la fleur de sel est élégant, rond et très pur en bouche. Lionel Plaquette produit aussi des beurres à la truffe noire, aux fines herbes et aux oignons-gingembre (délicieux sur des gambas flambées au whisky). On les trouve Chez Catherine, la plus belle crémerie de Bruxelles.

Cette plongée au cœur des terroirs de la Wallonie ne serait pas complète sans le maître fromager Daniel Cloots, véritable pionnier dont la coopérative du Gros Chêne, créée en 1986 à Méan, fait vivre aujourd’hui une cinquantaine de petits producteurs de lait de la région. Au fil des ans, Daniel Cloots a su tisser le lien qui, dans son esprit, doit relier l’agriculteur au consommateur. Fabriqués et affinés sur place, ses fromages de chèvre et de brebis au lait cru bio sont tous d’un goût subtil et font partis du patrimoine gastronomique belge.

Emmanuel Tresmontant