Archives pour la catégorie Revue de presse

Les plans B de la Wallonie

La Meuse, tableauxTroisième volet de l’enquête publiée par les journaux du groupe Sudpresse sur « la Wallonie sans tabou ». Aujourd’hui : « les plans B de la Wallonie » (le pluriel est important car il permet le débat).

La Meuse, MélenchonPour ceux qui n’ont pas acheté La Meuse ou La Nouvelle Gazette du jour, nous avons extrait ces éléments du dossier (cliquer sur les images) :

Un signe positif

drapeau françaisNon, nous ne sommes pas cocardiers, mais on a tellement déconstruit l’idée nationale, avec des effets si problématiques sur la qualité du vivre-ensemble, qu’on accueille positivement cette décision des autorités françaises.

Voici l’information telle qu’on peut la lire sur le site du magazine Le Point :

Les sénateurs ont voté un amendement du gouvernement prévoyant que « la devise de la République et le drapeau tricolore sont apposés sur la façade des écoles et des établissements d’enseignement du second degré publics et privés sous contrat ». Il précise également que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
du 26 août 1789 sera affichée « de manière visible » dans les locaux scolaires. « Aucune disposition législative ou réglementaire ne détermine les conditions de pavoisement des écoles, des collèges et des lycées », a fait valoir le ministre de l’Éducation Vincent Peillon. Il s’agit de « réaffirmer l’attachement de la nation à son école et de contribuer à l’appropriation par les élèves des fondements de la Constitution ». (…)

Vive la République

enquête sudpresseAprès Bruxelles, c’est la Wallonie qui fait la une des médias francophones. Les journaux du groupe Sudpresse publient et commentent, toute cette semaine, les résultats d’une grande enquête intitulée « La Wallonie sans tabou ». Première surprise : en cas d’indépendance, les Wallons opteraient plutôt pour une république.

Voir l’info sur le site de La Meuse.

C’est quoi la Belgique ?

Belgique KBCEncore une carte polémique avec, d’un côté, des patrons belges de Wallonie qui crient au scandale et, de l’autre côté, des responsables flamands (ici de la KBC) qui haussent les épaules en relativisant l’affaire.

Extrait choisi de l’article de La Libre (Belgique) :

« Au-delà de la vidéo de la KBC, le patron de BSB en a assez du climat en Flandre, où les sociétés wallonnes sont, selon lui, laissées sur le côté pour des raisons communautaires. « Faire des affaires en Flandre est devenu de manière générale beaucoup plus dur qu’il y a dix ans : on perd le contrat sans qu’on ne nous dise rien, sans retour d’information. « 

« Autrement dit, il y a sélection « antiwallonne », laisse entendre le patron de BSB. « C’est d’autant plus injuste que les équipes de BSB sont bilingues ! Mais on a notre siège en Wallonie et c’est un handicap apparemment. Dans ce contexte, c’est choquant de voir la vidéo de la KBC alors que les mêmes se pressent à notre porte au même moment pour être notre banquier ! » »

La N-VA reprend la main

Ben-Weyts-N-VA-Il y a deux mois, gonflé par des sondages annonçant 40 % des intentions de vote pour la N-VA, Geert Bourgeois a claironné qu’avec le soutien des électeurs flamands, les nationalistes allaient pouvoir déplumer complètement le fédéral. Plus question de concéder quoi que ce soit. Geert Bourgeois lui-même se voyait déjà remplacer Kris Peeters à la tête de la Région flamande. Cette mâle posture a incité les autres partis flamands à durcir leur opposition à la N-VA, accusée d’être un dangereux parti séparatiste.

Plus subtils, Ben Weyts et Jan Peumans ont laissé entendre hier qu’au soir du scrutin de mai 2014, couplant élections régionales et fédérales (et européennes), la priorité serait de former un nouveau gouvernement flamand, parce qu’il reviendrait à ce gouvernement flamand de négocier avec les représentants des autres entités fédérées un accord pour le niveau fédéral. De facto, ce processus imposerait un vrai confédéralisme aux différentes composantes de l’Etat belge. Sachant que le confédéralisme est au programme du CD&V et de l’Open VLD, Ben Weyts et Jan Peumans supposent qu’ils s’associeront à la manœuvre… (G.R.)

Lire le détail de cette information sur le site de La Libre Belgique.

« Vive Bruxelles libre… »

Bxl, sondage VUBLe journal Le Soir en a fait un des titres de son édition de mercredi (8 mai) : « 73,9 % des Bruxellois veulent l’autonomie. Moins de 5 % des 2.500 personnes interrogées par la VUB optent pour une association à la Wallonie. Même score pour la Flandre. » Le quotidien bruxellois a commenté ainsi les résultats de l’enquête menée par la VUB, rappelant qu’« en mars dernier », il « avait sondé 540 Bruxellois sur le même thème. A la question de savoir ‘en cas d’éclatement du pays, quel sort ils voulaient réserver à Bruxelles’, près de sept Bruxellois sur dix votaient pour une Région bruxelloise indépendante. Un résultat très similaire, qui confirme, donc, une tendance nette : l’identité bruxelloise est une réalité. »

« Les Bruxellois francophones ne veulent pas de la Wallonie », insistait le journal Le Soir et, dans la foulée, un autre titre : « Laurette Onkelinx: ‘L’identité bruxelloise existe enfin!’ » (lien), suggérant que la classe politique francophone encourage cette évolution vers une véritable autonomie de la Région bruxelloise. Cette identité, sur laquelle on peut construire un projet politique, c’est autre chose que Bossemans et Coppenolle ou la Zinneke Parade. Il y a un fait nouveau révélé par le sondage de la VUB, c’est que les Bruxellois s’identifient davantage à Bruxelles qu’à la Belgique. A côté de cette info, il en est une autre : cette affirmation de l’identité bruxelloise a tout l’air de plaire aux médias bruxellois dont l’influence s’étend sur « la partie francophone du pays ».

« Vive Bruxelles… vive Bruxelles libre », aurait-on envie de conclure. Cette façon de parler de Bruxelles, cela nous réjouit plutôt, mais faut-il que l’identité wallonne, qui a plus d’une fois mobilisé les foules et marqué notre histoire, soit moins prise au sérieux dans les médias « francophones » ? Soit traitée avec moins d’enthousiasme et de considération ? Soit folklorisée ou ringardisée au moment où la Wallonie a besoin de tous ses esprits pour choisir librement son avenir ?

Faut-il que les Wallons renoncent à toute conscience collective pour rester attachés à la Belgique envers et contre tout ? La Wallonie a-t-elle perdu ses repères ?

Heureusement, l’Institut Jules Destrée travaille encore sur l’histoire et le devenir de la Wallonie. Fondé en 1938 par Maurice Bologne et l’abbé Jules Mahieu, pour qui, sans nul doute, l’identité wallonne était une identité française, l’Institut Jules Destrée a certes perdu ses accents francophiles mais, bien qu’il soit proche du pouvoir, on peut saluer son indépendance et la qualité de son expertise autant que son engagement wallon.

Assemblée wallonneSignalons donc ici la publication d’une étude particulièrement documentée sur l’Assemblée wallonne qui, il y a un siècle, a doté la Wallonie de son drapeau et de sa fête annuelle. Son auteur, Paul Delforge, historien, directeur de recherches à l’Institut Destrée, est notamment le coordinateur de l’Encyclopédie du Mouvement wallon.

Pour une présentation du livre de Paul Delforge, cliquer ici.

G.R.

Lettres à Philippe

LettreL’initiative en revient à l’Hebdomadaire « Knack » : demander aux partis flamands d’écrire au prince héritier. Presque tous ont envoyé leur missive à l’exception notoire du sp.a.

Côté wallon et bruxellois francophone, c’est un regard gêné et lénifiant… Oserai-je dire comme d’habitude ! (Paul D.)

Nous reprenons ici l’information telle qu’elle apparaît sur le site du Vif/L’Express.

De Wever : « Presque aucun parti ne veut voir Philippe sur le trône »

« Presque aucun parti ne veut voir Philippe sur le trône », a affirmé mercredi le président de la N-VA, Bart De Wever, sur les ondes de Radio 1 (VRT) après la publication dans « Knack » des lettres que l’hebdomadaire a demandé, à 5 présidents de parti, d’écrire au prince héritier.

« Je ne suis pas un grand spécialiste de l’expression corporelle, mais, lors d’apparitions publiques, votre attitude respire l’obligation », écrit le président des nationalistes flamands au prince Philippe. « Ce que vous traduirez par votre devoir. La meilleure des choses serait de vous libérer de ce devoir ».

Dans sa lettre adressée au prince Philippe, le président de la N-VA en profite également pour fustiger le rôle joué par le roi : « Il n’y a pas de contrôle démocratique de la fonction politique du roi. Parce que soyons honnêtes : le roi continue à jouer un rôle politique. Je l’ai vécu lors des négociations de 2010, quand votre père a joué le rôle de rallonge du PS et a ainsi activement participé à l’éjection de la N-VA des négociations du gouverne-ment ».

Si en tant que républicain pur et dur, De Wever se montre en faveur d’une disparition de la monarchie, il réalise que de nombreux Belges y sont opposés et prône donc une fonction cérémonielle pour le roi. Dans d’autres partis flamands, le ton est également critique, loin des propos plus lénifiants entendus habituellement dans les partis francophones.

Le président de Groen estime que Philippe ne doit pas se mêler de politique. « Reconnais-le, le pouvoir politique que tu reçois parce que tu es, par hasard, le fils de ton père, c’est quand même d’un autre temps », a lancé Wouter Van Besien. « Ne serait-il pas temps d’en finir avec cette relique ? »

L’écologiste ajoute cependant : « Et pour être tout à fait clair, parce que je sais et je comprends que vous y soyez sensible, cela n’a absolument rien à voir avec votre Personne. Cela n’a rien à voir avec vos capacités ou votre intelligence. Cela a trait à la démocratie, au pouvoir qui doit être accordé par le peuple et pas comme héritage ». Enfin, il incite le prince héritier à faire un grand geste lorsqu’il coiffera la couronne. Il devrait demander lui-même à la classe politique de le dispenser de ses tâches politiques.

Dans la même veine, le président du CD&V, Wouter Beke, qualifie la monarchie d’« anachronisme, le reste d’un temps depuis longtemps révolu lorsque le pouvoir se transmettait par héritage et non par des élections démocratiques ».

Il tempère toutefois sérieusement son propos quand il évoque le cas belge : « Beaucoup ont, tout de même, le sentiment que la monarchie correspond bien à un pays aussi délicat que la Belgique. Mais ce sentiment n’existe que par la grâce d’une saine dose de réserve ». Le chrétien-démocrate suggère au prince Philippe de s’inspirer du nouveau pape qui, lui, fait preuve de simplicité et de serviabilité.

La présidente de l’Open Vld, Gwendolyn Rutten, s’en tient à des avis prodigués au futur roi. « Ne vous enfermez pas. Ne suivez pas simplement la tradition, mais sortez de ce carcan. Suivez vos sentiments et apprenez à nous connaître le mieux possible ». Elle est la seule à ne pas se prononcer sur la fonction royale ou le maintien de la monarchie.

Républicain affirmé, le président de la LDD, Jean-Marie Dedecker, fustige le double discours de la classe politique belge, à l’instar de M. De Wever. Officieusement, il existe bel et bien une tendance à vouloir supprimer la monarchie, dit-il. « Mais je suis suffisamment réaliste pour me rendre compte que notre caste politique n’est pas encore mûre pour cela. Dans les coulisses, oui. Pas en public ». Le président du sp.a n’a pas voulu se prêter au jeu.

Philippe Van Parijs, cheval de Troie de la Flandre

Vu sur le site du Vif/L’Express, ce 11 avril 2013 :

Philippe Van Parijs (UCL, Oxford…) est un intellectuel engagé. Il avait déjà soutenu l’idée de circonscription fédérale avec le groupe Pavia. Le voici à l’initiative d’un ambitieux plan Marnix pour développer le multilinguisme à Bruxelles que Le Vif/ L’Express peut dévoiler.

Un plan qui a reçu le soutien de la Fondation Roi Baudouin et qui fédère toutes les forces vives bruxelloises : patronat, syndicats, réseaux scolaires, écoles européennes, Actiris… Présentation officielle en septembre. L’enjeu est double. « Démocratique : il faut créer les conditions linguistiques permettant le dialogue entre communautés à Bruxelles » explique Van Parijs. Le récent baromètre linguistique de la VUB montre que le modèle bilingue est mis sous pression par l’anglais, l’arabe… « Et économique, poursuit-il, Grégor Chapelle, directeur général d’Actiris, souligne que 90 % des demandeurs d’emploi à Bruxelles sont des unilingues francophones. Il faut prendre ce problème à bras-le-corps. » Taux de chômage bruxellois en mars 2013 : 20,6 %.

Au menu de Marnix : site web, cours dès le plus jeune âge, tables de conversation… « Bruxelles est un trésor fabuleux en terme de compétences linguistiques. Nous devons en profiter. » Le nom rend hommage à Philippe de Marnix de Sainte-Aldegonde. Ce Bruxellois fut le premier à prôner l’enseignement en immersion au 16e siècle. Il parlait sept langues. Comme Philippe Van Parijs.

Ce que j’en pense :

Qui pourrait nier que le multilinguisme est une richesse pour l’être humain ? La question n’est évidemment pas là. Il est évident qu’être multilingue est un plus pour chaque citoyen du monde. Pour Bruxelles, les questions ne sont-elles pas :

1. De quel pourcentage de bilingues français-néerlandais la région a-t-elle besoin pour répondre au marché du travail ? Toutes les études répondent 10 %.

2. Chaque individu est-il en capacité de devenir bilingue  ? La réponse est « non ».

3. Quelles sont les exigences demandées pour être considéré bon bilingue ? Nous savons que la Flandre est beaucoup plus exigeante en ce domaine que les francophones bruxellois ou les Wallons qui considèrent comme bilingue un Flamand qui baragouine le français.

4. Combien de personnes ont la faculté de pratiquer plus de cinq langues ? La réponse est : « une minorité ».

Philippe Van Parijs a toujours souffert de constater que la langue de Molière était celle de 90 % des citoyens bruxellois. Il est impossible pour lui d’admettre que les populations immigrées choisissent le français comme langue véhiculaire. Il voudrait que s’impose l’anglais basique, langue de domination anglo-saxonne sur tout le continent européen.  L’anglais n’est-il déjà pas la langue utilisée par tous les Flamands que l’on rencontre dans les allées des institutions européennes ?

 Sous couvert de multilinguisme, P. Van Parijs veut en réalité flamandiser Bruxelles. En témoigne ses déclarations : « A Bruxelles, les enfants devraient apprendre à lire et écrire en Néerlandais » ou encore « l’enseignement néerlandophone à Bruxelles devrait être une véritable machine à néerlandiser la population ».

P. Van Parijs a ses marottes : la circonscription fédérale qu’il prônait avec le groupe PAVIA et l’instauration du flamand à Bruxelles. Pour la première, nous savons l’accueil que la Communauté flamande lui a réservé. Pour la seconde, il y met le paquet : il a l’appui de la Fondation Roi Baudouin qui fédère toutes les forces vives bruxelloises (patronat, syndicats, réseaux scolaires, écoles européennes, Actiris…). Excusez du peu !

Nous pouvons dès maintenant prévoir que la population bruxelloise réservera au combat politique et linguistique du professeur de l’UCL le mépris et le rejet qu’il mérite.

Paul D.

Plan Copernic et révolution copernicienne

Nicolas CopernicCopernic, c’est l’assurance d’une communication réussie. Ce nom résonne comme une invitation à penser autrement, à secouer les esprits paresseux, à embrasser la modernité, à se défaire des préjugés, des fausses évidences, du poids des habitudes.

Nicolas Copernic a été adopté par la Flandre, celle dont le nationalisme ne fait pas trop de bruit. La révolution, ce n’est pas forcément un spectacle romantique, façon XIXe siècle, avec une explosion de chants patriotiques et de drapeaux. Quand Kris Peeters (CD&V) a fait de la « révolution copernicienne » un slogan pour faire basculer la Belgique vers le confédéralisme, il restait fidèle à son image de gestionnaire. Mais bon, l’aspiration à l’autonomie de la Flandre est au cœur de ce discours.

Plus sournois semble avoir été le « Plan Copernic » porté par Luc Van den Bossche (SP.A) en 2001 et censé adapter la fonction publique aux exigences du XXIe siècle. Objectif déclaré : dépolitiser l’administration en la confiant à des « top managers » plus compétents (peut-être) et beaucoup mieux payés (à coup sûr). Par après, Luc Van den Bossche lui-même a jeté le trouble en demandant 689.000 euros par an pour sa fonction de président du conseil d’administration de Brussels Airport  (lien). Mais il y a autre chose. Dans sa dernière édition, le magazine « Le Vif/L’Express » relève que le Plan Copernic a facilité le processus de flamandisation de l’Etat belge.

Extraits :

« Regrets éternels : ‘L’erreur historique des francophones est d’avoir capitulé devant la réforme Copernic’, affirme Michel Legrand, du Gerfa. Et d’avoir ainsi ouvert une voie royale à la flamandisation de l’appareil public. Le Selor en serait le bras armé. ‘C’est là que se situe la clé du processus de flamandisation de l’Etat. Sa manière de sélectionner les top managers pose question’, assurent plusieurs voix francophones au sommet de l’administration. »

« La consigne francophone d’apaisement à tout prix a un effet démobilisateur, jusque dans les administrations. Résignation, découragement. Le moral et le punch de fonctionnaires francophones en prennent un coup. ‘Le déséquilibre linguistique au sein de la haute hiérarchie percole aux niveaux inférieurs. Le processus s’autoalimente’, confie un cadre supérieur de l’administration. ‘Nous sommes devenus les « nègres » des néerlandophones’, peste ce fonctionnaire de la Santé publique, témoin ‘de réunions qui ne se déroulent plus en français, où les documents distribués sont uniquement en néerlandais. Résultat : une tendance des francophones à se replier en terre wallonne’. »

Pour l’intégralité de l’article, cliquer sur les images :

Belgique flam. 1           Belgique flam. 2           Belgique flam. 3           Belgique flam. 4

Bernard Arnault renonce à demander la nationalité belge

A l’heure où le Président Hollande annonce un récital de mesures visant à moraliser la conduite des élus de la nation, il semble que la fraude fiscale et les mensonges de Cahuzac fassent réfléchir plus d’un citoyen français. En témoigne la déclaration de Bernard Arnault au quotidien « Le Monde ».

Et si « Médiapart » venait faire un petit tour en Belgique où tout semble si rose depuis 1995 selon les dires du président de la chambre, le très jovial André Flahaut, au 13.00 télévisé de la RTBF ?

Bernard ArnaultMarche arrière toute. Bernard Arnault annonce dans Le Monde, mercredi 10 avril, qu’il renonce à demander la nationalité belge. Le PDG du groupe LVMH explique au quotidien avoir « sous-estimé » les conséquences de sa démarche, et réaffirme son « attachement à la France et sa confiance dans son avenir ».

Bernard Arnault avait formulé en septembre dernier une demande de naturalisation belge, tout en niant vouloir s’exiler pour des raisons fiscales. Il a répété son « seul objectif » au Monde, mercredi : « Mieux protéger la fondation belge que j’ai créée, avec comme seul objectif d’assurer la pérennité et l’intégrité du groupe LVMH, si je venais à disparaître et si mes ayants droit devaient ne pas s’entendre ».

« Je pensais que la polémique allait se calmer »

Pourquoi être revenu sur sa démarche ? « Compte tenu de la situation du pays, l’effort de redressement doit être partagé », affirme-t-il. Et de poursuivre : « Je pensais que la polémique allait se calmer. Mais la rumeur ne s’arrête pas. (…) Et, comme le groupe LVMH et toutes ses marques représentent la France dans le monde entier, cette polémique pouvait avoir une incidence sur l’image qu’il représente. Il y avait une incompatibilité entre cette polémique et les valeurs de notre maison. »

Début janvier, le procureur de Bruxelles s’était prononcé contre la naturalisation belge de Bernard Arnault. L’homme d’affaires le plus riche d’Europe n’avait pas pu prouver qu’il avait sa résidence principale en Belgique depuis la période requise – au moins trois ans -. Selon Libération, le milliardaire français avait néanmoins déjà transféré depuis plus d’un an en Belgique « la quasi-totalité » de sa participation dans LVMH, via un montage juridique complexe.

Bernard Arnault reconnaît dans Le Monde avoir transféré ses actions LVMH dans une fondation créée en Belgique en 2008. Mais « cela n’a aucune incidence sur les impôts que paye le groupe aujourd’hui en France et n’en aura aucune sur les droits de succession que paieront mes héritiers en France le moment venu ».