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Les sondages font monter la pression

A un mois des élections communales, ce qui agite la presse, ce ne sont pas les enjeux locaux mais les sondages qui, de façon répétée, annoncent une secousse imminente en Flandre et, par extension, dans tout le pays.

C’est Béatrice Delvaux qui l’écrit : « Vous avez aimé « La Muette de Portici » ? Vous adorerez « Les Carabiniers d’Offenbach ». C’est en tout cas la partition que suivent les francophones. Musique agréable, tempo sympathique, Offenbach ! Mais pendant que les cigales francophones gaspillent le peu de temps qu’elles avaient, les fourmis flamandes prennent leurs positions. D’un côté, un Bart De Wever, posé, sans ironie, expliquant aux francophones dans un français qu’on a découvert excellent, comment les choses allaient se dérouler. (…) De l’autre côté, pas un, mais des francophones. Qui, alors que De Wever les invite à venir préparer le confédéralisme dans quelques semaines, ne savent même pas où, de quoi, comment, avec qui ils vont discuter… entre eux. Des francophones qui recommencent à courir comme des poules sans tête, sans plan B. On attend 2014 pour être certain que De Wever gagnera les élections ? Bonne chance, les amis… »

Béatrice Delvaux n’était pas la dernière à vouloir sauver la Belgique mais son édito, dans le Soir (lien), nous confirme qu’elle a changé son fusil d’épaule. Il est vrai que, de sondage en sondage, l’hypothèse de l’éclatement du pays s’impose à tous les observateurs francophones, et d’abord à ceux qui ont la responsabilité de gouverner (ne dit-on pas que « gouverner c’est prévoir »). Au CDh, le slogan populiste et malhonnête de la campagne de 2010 est oublié (« L’union fait la force » : cela nous a bien fait rire… jaune) ;  aujourd’hui, son nouveau président réclame un plan B pour les Wallons et les Bruxellois, pour ne plus subir les événements. Cela ne suffit pas à rassurer des journalistes qui n’hésitent plus à fustiger l’incapacité des politiques à concevoir l’avenir de leur région sans la Flandre. Ainsi, Pierre Havaux écrit sur le site du Vif (lien) :

« Plan B : les francophones au comble du ridicule

La probabilité devient certitude médiatique: Bart De Wever, l’indépendantiste/ confédéraliste, sera bourgmestre d’Anvers. La perspective suffit à plonger les francophones dans l’effroi, à envisager à nouveau le pire. Jusqu’à ressortir un plan B qu’ils ne sont toujours pas capables de commencer à dessiner. Ce syndrome de la feuille blanche frise le ridicule. (…) »

« Pas de panique », semble dire Elio Di Rupo, venu s’informer de ce qui se fait à Namur pour re-re-relancer la Wallonie. On ne peut reprocher au Premier ministre de garder son calme à la veille du prochain match électoral. Comme d’autres iraient à Lourdes ou à Banneux, lui s’est rendu auprès des Diables rouges cet après-midi. Cela suffira-t-il ?

Pas d’inquiétude…

Il n’y a pas lieu de craindre un éclatement de la Belgique, car celui-ci ne se produira pas, selon un expert de l’UCL interrogé par Francis Van de Woestyne.

Son argument, c’est que l’Union européenne exigerait un référendum dans la partie sécessionniste. En Ecosse, on n’est pas loin de la rupture. Mais il n’y aurait que 10 à 15 % de séparatistes en Flandre. Et si la moitié des électeurs flamands ont l’intention de voter pour la N-VA ou le Vlaams Belang, cela n’y change rien (selon l’expert).

Et puis, jamais les Flamands et les Wallons ne s’entendront sur les termes d’une séparation, ajoute l’expert, qui n’envisage pas l’hypothèse où les Flamands et les Wallons ne s’entendraient plus sur les termes d’une cohabitation, tout simplement. Il a pourtant fallu 541 jours pour former un gouvernement et cela ne s’annonce pas plus facile en 2014.

Pas de raison de s’alarmer pour les crises à venir, insiste l’expert : d’ici à ce que la Belgique devienne une coquille vide, il y a encore place pour de nouvelles réformes de l’Etat. On n’est pas sorti de l’auberge…

L’article est à lire sur le site de La Libre.

Dans un autre registre, Francis Van de Woestyne a aussi interrogé Olivier Maingain. Pour celui-ci, Elio « Di Rupo sera le dernier Premier ministre d’un Etat fédéral ». Cette interview est à lire ici.

Dossier : le rapport des députés français et les réactions dans la presse

Pour consulter le rapport des députés français Lecou (UMP) et Kucheida (PS), chargés par l’Assemblée nationale de rendre compte de la situation intérieure de la Belgique, cliquer ici.

Pour l’article de l’AWF (03/05/2012) : cliquer ici.

Pour lire les articles de la presse belge francophone s’y rapportant, cliquer sur les images suivantes.

Le Vif/L’Express (18/05/2012)

 

 

 

La Libre (31/05/2012)

 

 

 

Le Soir (01/06/2012)

 

 

 

Pour voir les séquences des journaux télévisés, cliquer RTBF et RTL.

Parmi les chroniqueurs, voici la réaction  d’Edouard Delruelle (pour la RTBF) et celle de Vincent Peiffer (pour le Moustique).

Et puis il y a aussi Pierre Kroll qui a écrit pour… De Standaard.

Flandre à la carte

On peut supposer que nos subtilités institutionnelles n’intéressent pas plus les Japonais que les Américains. Puisque la Flandre entend se faire une place dans le monde, il ne faut pas s’étonner des libertés qu’elle prend pour assurer sa promotion à l’étranger. Que la même carte, déjà contestée, serve encore aujourd’hui, cela montre seulement que les autorités flamandes ne tiennent pas compte des réactions francophones. Plus grave, sans doute, est la manipulation des chiffres en matière de nouvelles technologies : il semblerait que, sur ce marché, la Wallonie et Bruxelles n’existent tout simplement pas, la Flandre ayant outrageusement tiré la couverture à soi. Voir l’article de La Libre.

Le président de la Chambre au rapport

Le CD&V se joint à la N-VA pour demander des comptes à André Flahaut, accusé d’avoir dit du mal de la Flandre aux deux députés français venus, l’an passé, s’informer de la situation intérieure de la Belgique : voir l’article du Soir.  

Pour la séquence du JT de la RTBF consacrée au même sujet : voir ici. Pour le JT de RTL : ici.

Pour compléter cette information, lire ici le cri d’indignation d’un élu francophone de la périphérie.

Une charte constitutionnelle pour la Flandre

Le gouvernement flamand a peaufiné son projet de charte pour la Flandre. Info principale : Le mot « nation » figure en préambule de la charte, mais le texte ne se veut pas une véritable Constitution ni une déclaration d’indépendance, selon ses rédacteurs. Fallait-il le préciser ?

Lire ici l’article du Vif/L’Express et celui du Soir.

Pour aller plus loin : l’avis de Christian Behrendt dans  L’Avenir et celui de Marcel Sel sur son blog.