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Une patience ardente

Par Pierre HAZETTE, ancien ministre.

Pierre HazetteJ’emprunte l’oxymoron de ce titre à Arthur Rimbaud et je me  justifie.

Après plus de cinquante ans de militantisme politique, d’action parlementaire et d’exercice de responsabilités gouvernemen-tales, je me trouve dans l’impossibilité de répondre à la question toute simple : « Que se passera-t-il après le scrutin de mai en Belgique ? »

Le destin du pays est incertain. Si le nationalisme triomphe en Flandre, la déchirure s’aggravera sans doute mais le tempo, qui pourrait conduire à l’indépendance de la Flandre, est impossible à prévoir. Si les démocrates chrétiens et les libéraux peuvent maintenir les nationalistes dans l’opposition, ils proposeront un programme gouvernemental qui ne s’éloignera pas de la résolution votée en 1999 par le parlement flamand. La différence ne sera pas ce que les francophones pourraient espérer.

Le destin de la Wallonie est un peu plus prévisible : dès l’an prochain, les problèmes budgétaires vont prendre une acuité impressionnante. Résumons-les : plus de compétences à exercer et moins de moyens à leur consacrer. Quand on sait que les Wallons ont dû puiser dans leurs ressources, manifestement surestimées, pour que la Communauté des francophones, en 2014, puisse affronter ses obligations en matière d’enseignement, quand on voit s’accumuler les dossiers de constructions scolaires, d’équipement des écoles et de rémunération du corps enseignant, on est en droit de se demander si les citoyens de la Belgique francophone sauront de manière claire quel avenir le scrutin leur dessinera.

Je n’ai, donc, pour ma part, qu’une certitude : la Wallonie sortira plus pauvre de la réforme de l’État.

Et les Wallons seront déçus par un État qui, tout doucement ou brutalement, les exclura.

Je conclus dès lors que les accords de coopération signés en 1999 et en 2004 par nos entités francophones avec la France doivent nous permettre de chercher dans les économies d’échelle les moyens d’atténuer les  effets les plus pénibles de l’austérité (1).

Jusqu’à présent, rien n’est venu concrétiser ces accords bilatéraux.

Je préconise en conséquence que les partis francophones en compétition soient invités à livrer leurs propositions visant l’activation ce ces accords.

Ne nous leurrons pas : nul responsable politique d’un parti susceptible d’entrer dans une coalition gouvernementale n’ira au-delà de la réflexion que cette invitation suppose. N’allons donc pas nous exposer. Il ne faudrait pas que les partisans d’un adossement de la Wallonie à la France soient désavoués par un vote citoyen dont les contours ne seront pas précisés d’ici le 25 mai.

Patientons donc et contentons-nous de montrer la voie. Tout excès de passion se heurterait à la  dernière digue que la Belgique, telle que la rêvent la plupart des francophones, dresse devant un déferlement, venu du nord, dont l’ampleur pourrait étonner.

Portons le message de la raison au sein des formations politiques dont nous nous sentons proches ; allons- y et parlons. Parlons avec patience et que notre ardeur nous inspire des paroles fortes mais dépourvues d’agressivité.

(1) Précisons quels sont ces accords avec la France auxquels Pierre Hazette fait allusion et dont très peu de Wallons et de Bruxellois connaissent l’existence.

Le premier est un accord de coopération linguistique, culturelle et scientifique entre la Communauté française de Belgique et la République française. Il fut signé en 1999 par William Ancion, Ministre des relations internationales, et Charles Josselin, Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie.

Le second, signé en 2005 par Jean-Claude Van Cauwenberghe, Ministre-Président de la Région wallonne, et Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères de la République française, est un accord de coopération beaucoup plus vaste et ambitieux. Le champ d’application de cet accord bilatéral couvre, en effet, tous les champs de compétence de la Région wallonne, sans exception.

Cet accord bilatéral de coopération entre la République française et la Wallonie peut prendre les formes suivantes :

– échange permanent d’informations ;

– échange d’expériences et de personnes ;

– conclusions d’ententes sectorielles ;

– collaboration directe entre institutions diverses (chambres de commerce, universités, entreprises, associations, etc.) ;

–  élaboration et réalisation de projets conjoints ;

–  transfert réciproque de technologies et de savoir-faire ;

– organisation de rencontres professionnelles, séminaires, ateliers au bénéfice d’experts et de porteurs de projets ;

–  réalisation d’études et d’expertises ;

–  promotion réciproque de produits et de services ;

  promotion de partenariats inter-entreprises et création de sociétés mixtes. 

Les parties  veillent à établir toutes les synergies utiles, à utiliser toutes les possibilités offertes, notamment par l’Union européenne, pour participer ensemble à des programmes de développement ; elles se considèrent comme des partenaires privilégiés. Une Commission mixte permanente a été prévue, qui veille à la mise en œuvre de cette coopération.

Le « tout pour la Flandre » de l’Open VLD

A l’ A.W.F., nous ne cessons de dire que N-VA, CD&V et Open-VLD ont non seulement un programme économique et social très semblable,  mais que leurs objectifs communautaires ne diffèrent guère : seuls changent les mots et les chemins, parfois tortueux, pour aboutir au confédéralisme. Le CD&V, dans la bonne tradition du CVP, avance voilé, avec un discours jésuitique. Le professeur Nicolas Bouteca, de l’université de Gand, décortique, dans le quotidien De Morgen, la supercherie de l’Open-VLD. Seule la N-VA a un discours clair. Je pense que les Wallons doivent écouter ce que dit Bart de Wever et en tirer les leçons.

Paul D.

L’article qui suit a été publié sur le site du Vif/L’Express.

Le politologue Nicolas Bouteca (Université de Gand) estime que l’Open VLD ne diffère pas de la N-VA en prônant un fédéralisme basé sur le principe de majorité qui démantèlerait les mécanismes destinés à protéger les francophones contre la majorité flamande numérique.

Maggie De Block, Bart Somers, Gwendolyn Rutten et Patrick Dewael (Open VLD) ©  Belga

Selon Bouteca, l’Open VLD fait de son mieux pour se distinguer des nationalistes flamands tout en disant essentiellement la même chose. Ce week-end, le parti présentera sa « déclaration d’avenir » qui opte pour un fédéralisme de coopération entre les régions dans le respect de la diversité de celles-ci.

Si ce point de vue s’oppose effectivement à la N-VA qui aspire au confédéralisme, Nicolas Bouteca estime que « l’étape suivante de la logique des libéraux flamands fait fondre la distinction avec les nationalistes de la N-VA comme neige au soleil puisque l’Open VLD aspire à un fédéralisme basé sur le principe de majorité (résolution 84) qui démantèlerait les mécanismes destinés à protéger les francophones contre la majorité flamande numérique. Cette exigence aligne le point de vue libéral communautaire sur les souhaits de la N-VA ».

Ce démantèlement signifierait la fin de la « constitution de verrouillage » (grendelgrondwet) instaurée en 1970 pour empêcher les néerlandophones de prendre des mesures contestées par les francophones. Le politologue de l’Université de Gand souligne le caractère étonnant du souhait de l’Open VLD de révoquer cette « constitution de verrouillage ». D’après lui, cette mesure exige une réforme de l’état poussée entraînant de longues négociations à laquelle le parti déclare s’opposer et, plus fondamentalement, « signifierait la fin de la Belgique fédérale que le parti prétend défendre ».

« L’Open VLD peut donc difficilement être considéré comme une alternative au ‘séparatisme édulcorée’ de la N-VA. Au contraire, c’est un message flamand extrêmement dur emballé dans un pseudo fédéralisme unioniste », conclut-il.

Syrie : « les attaques chimiques sont un coup monté »

Voici une interview qui doit faire réfléchir nos dirigeants et les citoyens que nous sommes. Elle émane de Haytham Manna, responsable laïc du plus important mouvement d’opposition non armée au régime de Bassar al Achad.

Nous n’oublions pas le discours exemplaire de Dominique de Villepin aux Nations-Unies qui se démarquait des Etats-Unis de Georges W. Bush en refusant d’engager la France dans la guerre d’Irak. Il serait bon que Laurent Fabius s’inspire de cet exemple.

Paul D.

Lu sur le site du « Vif » (lien) :

Haytham-MannaEn exil depuis 35 ans en France, l’opposant Haytham Manna, responsable à l’étranger du Comité de Coordination nationale pour le changement démocratique (opposition syrienne non armée), s’oppose avec force à toute intervention étrangère contre son pays. 

L’utilisation d’armes chimiques en Syrie pourrait amener les Occidentaux à « punir » le régime. Qu’en pensez-vous ?

HAYTHAM MANNA : Je suis totalement contre, tout comme la coordination que je dirige. Cela ne fera que renforcer le régime. Ensuite, une intervention risque d’attiser encore plus la violence, d’ajouter de la destruction à la destruction et de démanteler un peu plus la capacité de dialogue politique. Le régime est le premier responsable car il a choisi l’option militaro-sécuritaire. Mais comment peut-on parler de guerre contre le terrorisme et donner un coup de main à des extrémistes affiliés à Al Qaeda ?

Les Occidentaux choisissent la mauvaise option, selon vous ?

Depuis le début, c’est une succession d’erreurs politiques. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont poussé les parties à se radicaliser. Ils n’ont pas empêché le départ de djihadistes vers la Syrie et ont attendu très longtemps avant d’évoquer ce phénomène. Où est la démocratie dans tout ce projet qui vise la destruction de la Syrie ? Et pensez-vous que ce soit la morale qui les guide ? Lors du massacre d’Halabja [commis par les forces de Saddam Hussein en 1988], ils ont fermé les yeux. Je m’étonne aussi de voir que les victimes d’armes chimiques sont bien davantage prises en considération que les 100 000 morts qu’on a déjà dénombrés depuis le début du conflit.

Qui est responsable du dernier massacre à l’arme chimique ?

Je n’ai pas encore de certitude mais nos informations ne concordent pas avec celles du président Hollande. On parle de milliers de victimes, alors que nous disposons d’une liste de moins de 500 noms. On est donc dans la propagande, la guerre psychologique, et certainement pas dans la vérité. Ensuite, les armes chimiques utilisées étaient artisanales. Vous pensez vraiment que l’armée loyaliste, surmilitarisée, a besoin de cela ? Enfin, des vidéos et des photos ont été mises sur Internet avant le début des attaques. Or ce matériel sert de preuve pour les Américains !

Pensez-vous qu’une partie au conflit a voulu provoquer les Occidentaux à intervenir ?

C’est un coup monté. On sait que les armes chimiques ont déjà été utilisées par Al Qaeda. Or l’Armée syrienne libre et les groupes liés à Al Qaeda mènent en commun 80% de leurs opérations au nord. Il y a un mois, Ahmad Jarba [qui coordonne l’opposition armée] prétendait qu’il allait changer le rapport de forces sur le terrain. Or c’est l’inverse qui s’est produit, l’armée loyaliste a repris du terrain. Seule une intervention directe pourrait donc aider les rebelles à s’en sortir… Alors, attendons. Si c’est Al Qaeda le responsable, il faudra le dire haut et fort. Si c’est le régime, il faudra obtenir une résolution à l’ONU. Et ne pas laisser deux ou trois payer fédérer leurs amis, pas tous recommandables d’ailleurs.

Entre Occidentaux et Russes, quelle position vous semble la plus cohérente ?

Les Russes sont les plus cohérents car ils travaillent sérieusement pour les négociations de Genève 2 [sensées mettre autour d’une même table le régime et les opposants]. Les Américains ont triché. Deux ou trois fois, ils se sont retirés, au moment où s’opérait un rapprochement.

Une solution politique est-elle encore possible ?

Tout est possible mais cela dépendra surtout des Américains. Les Français se contentent de suivre. Une solution politique est la seule qui permettra de sauver la Syrie. Mais l’opposition armée ne parvient pas à se mettre d’accord sur une délégation.

Que deviendra Bachar al Assad?

Il ne va pas rester. Si les négociations aboutissent, elles mèneront de facto à un régime parlementaire. Si du moins on accepte de respecter le texte de base de Genève 2 qui est le meilleur texte, avec par-dessus un compromis international. Mais laissez-moi dire ceci : quand on parle de massacrer des minorités, et que le président fait partie d’une minorité, comment peut-on lui demander de se retirer ou ne pas se retirer ? Aujourd’hui, la politique occidentale a renforcé sa position de défenseur de l’unité syrienne et des minorités. Cela dit, personne ne pourra revendiquer de victoire : la violence est devenue tellement aveugle qu’il faudrait vraiment un front élargi de l’opposition et du régime pour en venir à bout.

La N-VA et le Vlaams Belang obtiendraient la majorité absolue

BehrendtMise en ligne sur le site du journal Le Soir : une importante analyse de Christian Behrendt signalant que la N-VA et le Vlaams Belang obtiendraient la majorité absolue dans leur groupe linguistique à la Chambre si les résultats du dernier baromètre politique RTBF/La Libre étaient confirmés dans les urnes en 2014. Le mécanisme d’attribution des sièges étant ce qu’il est, la N-VA, créditée de 39 % d’intentions de vote en Flandre, obtiendrait 39 sièges sur les 87 du groupe linguistique néerlandais de la Chambre (soit 44 %) et le Vlaams Belang, redescendu à 6,8 % d’intentions de vote en Flandre, obtiendrait malgré tout 5 sièges. Or, 39 + 5, cela donne 44 sièges sur 87.

Rappelons que Christian Behrendt est Professeur de droit constitutionnel à l’Université de Liège. Son texte se termine par cette phrase : « Dans un État démocratique comme le nôtre, le fait d’informer le public à temps, avec toute la sobriété qui sied et chiffres à l’appui, est à mon sens l’un des rôles les plus importants d’un universitaire. » Pour le reste du texte, avec ce qu’il faut de nuances et de précisions, cliquer ici.

Pour sortir du brouillard institutionnel

La N-VA ne montre aucun signe d’essoufflement. Avec 39 % d’intentions de vote en Flandre (voir le dernier baromètre politique RTBF-La Libre), elle oblige les partis de wever baromètrefrancophones  à sortir la tête hors du sable. Ils en sont encore à se demander comment ils vont appliquer la 6e réforme de l’État que, déjà, de nouveaux bouleversements se profilent à l’horizon. Mais il semblerait qu’ils ne seraient pas loin de s’accorder sur l’orientation de la réforme en cours… C’est ce qu’on pouvait lire dans La Libre il y a quelques jours :

« Tout n’est pas réglé, loin de là, mais l’ambiance, dit-on, est bonne et la volonté d’aboutir dans un mois ou deux est assez ferme. Ainsi, les francophones devraient être prêts, le moment venu, à accueillir les compétences issues de la 6e réforme de l’État. Voire d’une 7e. Voire d’une 8e. Voire d’un éclatement de la Belgique. On n’en est évidemment pas là. Petit à petit, c’est donc une Belgique à 3 + 1 qui se dessine : trois Régions, Wallonie, Flandre, Bruxelles et la Communauté germanophone. »

Cette annonce n’a pas convaincu Olivier Maingain, qui s’est exprimé hier dans Le Soir : Maingain« Une fois de plus, les partis francophones de la majorité institutionnelle sont dans un total état d’impréparation. Ils ne font pas le lien avec ce qui s’annonce pour l’après-2014. Je reproche moins aux Flamands de savoir ce qu’ils veulent qu’aux Wallons et Bruxellois de ne pas le savoir pour eux-mêmes… 

« La grande leçon de cette réforme de l’État est : chaque Région devra construire sa prospérité par ses propres forces et par ses seules capacités économiques ! Tous les mécanismes de solidarité vont, à terme, être réduits à une peau de chagrin. On a touché à la Sécurité sociale ! Et le mouvement risque de s’amplifier dans les années à venir. Aujourd’hui, nous n’avons pas même les garanties du financement à 100 % des compétences à transférer. Exemple : les allocations familiales. Les transferts s’arrêtent avec la classe d’âge 18 ans. Or, on bénéficie d’allocations familiales jusqu’à 25 ans ! Qui va les financer et comment ?

« Du côté des autres partis francophones, j’entends globalement ceci : tout aux Régions, avec des mécanismes de solidarité via une fédération Wallonie-Bruxelles indéfinie. Or, la Région wallonne a une capacité fiscale, elle s’en sortira peut-être. Mais Bruxelles…»

Le projet du FDF, c’est le plan B des francophones qui sort des limbes. Olivier Maingain donne sa vision des choses :

« La Flandre nous dit qu’elle veut devenir un État, alors nous devons dire qu’elle perdra toute compétence directe à Bruxelles. La Fédération Wallonie-Bruxelles s’occupera de tous les citoyens établis sur son territoire, Flamands de Bruxelles et germanophones y compris. Avec égalité de traitement et protection des minorités. Et j’imagine un ministre flamand au sein du gouvernement de la Fédération. Le mécanisme est le suivant : nous gardons les Régions, et chaque fois que la Fédération estimera qu’il y aura un intérêt à agir en commun, cela primera. Voilà un projet francophone significatif, fort. C’est l’État Wallonie-Bruxelles. »

Le débat prend forme.

Sur huffingtonpost.fr, un article copieux intitulé L’introversion des Belges s’est récemment intéressé à l’avenir de Bruxelles et des Bruxellois. Son auteur est belge : Olivier Dupuis, journaliste aussi indépendant que ne l’était son action politique quand il militait au Parti radical transnational (mais surtout italien), sur les listes duquel il a été élu deux fois député européen. Nous vous invitons à lire cet article ici. En voici la fin :

Dupuis« On est au bout d’un processus. Les tactiques à l’œuvre, tant au Nord qu’au Sud, sont purement dilatoires. D’un côté, l’objectif est de vider progressivement l’État belge de toute substance pour, devant le fait accompli, faire sécession sur base des frontières administratives actuelles, tout en maintenant une tutelle sur Bruxelles. De l’autre, la jouer « raisonnable », en freinant autant que faire se peut le processus de dévolution et en espérant, par la même occasion, mettre de son côté les acteurs décisifs que sont les autres États européens et, en particulier, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne pour, le jour venu, hériter d’une petite Belgique comprenant la Wallonie et Bruxelles.

« Quoi qu’il en soit, l’Union européenne et ses États membres seront tôt ou tard appelés à intervenir. Pour deux raisons. Tout d’abord parce que les phénomènes centrifuges à l’œuvre en Grande-Bretagne (Ecosse), en Espagne (Catalogne et Pays Basque) et en Belgique (Flandre) poseront immanquablement la question de la permanence de ces (nouvelles) entités dans l’Union européenne. Deux approches juridiques et politiques devront être accordées : la conformité des principes fondamentaux et de la législation du nouvel État avec ceux de l’Union et l’indispensable prise en compte par l’Union du fait qu’elle n’est plus seulement une union d’États mais déjà, aussi, une union de citoyens et que la (ré)admission de ses citoyens « sécessionnistes » dans l’Union est, d’une certaine façon, obligée.

« Mais en ce qui concerne la Belgique, un deuxième élément conditionne le processus de transformation institutionnelle : celui d’être l’hôte de la capitale de l’Union européenne. En d’autres termes les futurs institutionnels belge et bruxellois ne sont plus seulement une affaire belge. Bruxelles « appartient » donc non seulement à ceux qui y vivent, y compris les dizaines de milliers de fonctionnaires européens et leurs familles, mais aussi aux 504 millions citoyens de l’Union. Bart De Wever l’a, semble-t-il, bien compris. Deux fois déjà, il a fait le voyage à Londres. Reçu avec les honneurs par le Premier Ministre, David Cameron.

« Les autorités de l’Union européenne et de ses États-membres sont donc de facto invitées aux futures négociations. A moins que les politiques belges ne décident finalement de revoir leur copie et d’apporter des réponses sérieuses aux questions de viabilité de la Région bruxelloise non seulement en tant que région à part entière de la Belgique mais aussi en tant que capitale de l’Union. Autrement dit, qu’ils réalisent qu’accueillir les principales institutions de l’UE comporte non seulement des avantages (pour la Région bruxelloise et les autres régions de Belgique) mais aussi des responsabilités, des devoirs et des coûts. »

« Vers l’éclatement de la Belgique ? » par Christian Behrendt

Nous reproduisons ici un communiqué du MR :

A l’initiative de Christine Defraigne, Présidente du Groupe MR au Sénat et Députée wallonne, un afterwork est organisé le lundi 4 mars 2013 à 19h00 à la Maison Libérale (Vinâve d’Ile, 9 – 4000 Liège).

BehrendtThème: « 2014: Vers l’éclatement de la Belgique ? », conférence animée par Christian Behrendt, Professeur de Droit public et constitutionnel à l’ULG. 

– Quels enjeux pour les élections fédérales et régionales 2014 ?

– La sixième réforme de l’Etat a-t-elle déjà du plomb dans l’aile ?

– Vers une septième réforme de l’Etat ?

La déglingue du rail wallon

SNCB : privatisation d’un service public, simple changement de structure ou volonté délibérée de certains ministres ou partis politiques soucieux de ménager leurs homologues flamands afin de ne pas ajouter un volet au débat communautaire avant les élections de 2014 ?

wesphaelUn communiqué de presse de Bernard Wesphael, Député wallon

Le 1er janvier 2005, la SNCB a été scindée en trois entités pour répondre à la volonté des instances européenne désireuses de libéraliser le rail et de l’ouvrir à la concurrence :

– La SNCB exploite le réseau et est responsable de tout ce qui concerne les services des trains (voyageurs et marchandises) ;

– Infrabel gère ce qui est relatif à l’infrastructure des voies et aux systèmes de sécurité.

– La SNCB-Holding chapeaute ces 2 filiales et gère également les ressources humaines, le patrimoine (les bâtiments de gares par exemple) et la sécurité.

Cette structure tricéphale a été mise en place par les socialistes et les libéraux. Les conflits permanents qui en ont résulté ont lourdement affecté tous les indicateurs de performance : problèmes de ponctualité, de sécurité, de service aux usagers, le poids de la dette…

Sur proposition de M. Paul Magnette, Ministre fédéral des entreprises publiques, le Kern (Comité ministériel restreint) de ce 09 janvier 2013 a renoncé à la structure tricéphale et mis en place deux entreprises indépendantes l’une de l’autre (Infrabel pour la gestion du réseau ferroviaire et SNCB pour le transport des voyageurs), mais dotée d’une filiale commune (HR-Rail), en charge du personnel et garante du statut de cheminot.

Cette décision marque une étape dans un débat qui fait rage depuis des années, mais il est clair que le Gouvernement fédéral a une fois de plus manqué de courage et de la plus élémentaire concertation tant avec les syndicats qu’avec les associations d’utilisateurs.

Le gouvernement fédéral aurait en effet beaucoup mieux fait d’en revenir à une société intégrée, comme l’ont fait l’Allemagne et l’Autriche.

Pour rappel, l’avocat général près la Cour de Justice européenne a invité dans ses conclusions la Commission européenne à renoncer à poursuivre l’Allemagne et l’Autriche qui ont opté pour un modèle unique intégré dans le cadre de la transposition du premier paquet ferroviaire.

La France a également décidé du retour au modèle à une tête que pourraient aussi suivre les Pays-Bas.

Par contre, chacun connaît les difficultés que le rail britannique a connues et connaît encore du fait de sa totale libéralisation dans les années 1990.

D’où une première question : pourquoi le gouvernement fédéral a-t-il fait fi des expériences de nos voisins les plus proches et ignoré l’évolution même des politiques européennes en la matière ?

Il est évident que les Wallons se sont fait rouler dans la farine quand ils ont accepté la clef de répartition des investissements entre le Nord et le Sud. Cette clef budgétaire (60% pour la Flandre et 40 % pour la Wallonie) correspond à une réalité démographique, mais pas à celle du réseau dont 47% se trouve en territoire Wallon. Cela explique, du moins en partie, un bien meilleur état du réseau dans le Nord du pays.

Cette même clef explique aussi pourquoi le pharaonique projet « Diabolo » auquel tenait tant la Flandre est aujourd’hui finalisé alors que le RER est chaque année reportée d’un an, que l’aéroport de Gosselies attend toujours sa liaison ferroviaire, que le train pendulaire adapté aux lignes wallonnes sinueuses dort au fond d’un tiroir depuis … 40 ans, que la modernisation de la ligne Bruxelles-Namur-Luxembourg qui devait être achevée en 2013 est reportée à 2022 et qu’on ne compte plus les gares fermées et les lignes désaffectées ou non entretenues sur le territoire wallon !

Pourtant, un rapport interne de la SNCB a établi en 2006 que les gares wallonnes généraient 45% des revenus contre 55% pour les gares flamandes. Personne ne semble aujourd’hui prêt à le ressortir aujourd’hui….

Selon le fournisseur international d’informations sur le trafic Inrix, la Belgique est le pays le plus embouteillé d’Europe et même du monde, les gouvernements fédéral et wallon semblent oublier que la diminution des modes de transport les plus polluants est indispensable pour répondre aux enjeux climatiques, énergétiques et sociaux de notre société.

Il est par ailleurs surréaliste de constater que l’offre du rail diminue en Wallonie alors même que la demande augmente.

D’où une deuxième question : les ministres fédéraux et wallons oublient-ils que tout est indissolublement lié et qu’il est du devoir des pouvoirs publics de mettre en place des solutions de mobilité alternative satisfaisantes afin de ne pas aggraver encore plus les inégalités sociales ?

Et pourtant… Alors que la Wallonie planche sur un plan de relance économique et espère réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20% à l’horizon 2020, le plan d’investissements 2013-2025 d’Infrabel, qui s’établissait encore à une quarantaine de milliards d’euros au début 2012, serait réduit à moins de 25 milliards aujourd’hui.

Les investissements ferroviaires dans le Sud du pays seront lourdement revus à la baisse (nouvelle suspension de la ligne Thalys wallonne, suppression des trains qualifiés de peu rentables,…). Les lignes existantes ont été classées en trois catégories, en fonction de leur importance, de l’intérêt et de l’entretien.

Il est clair que le trafic « marchandises » sera touché tout comme le trafic « voyageurs », et que la Région wallonne risque d’être particulièrement visée. On parle notamment d’interrompre tout investissement dans les gares de triage. Les coupes annoncées dans les investissements ferroviaires seront préjudiciables à ses activités industrielles ainsi qu’à son redressement économique. Elles compromettent également les politiques menées pour développement de centres logistiques intermodaux, sur lesquels la Wallonie compte beaucoup pour sa relance économique.

Lorsque la SNCB a mis fin aux activités de la gare de triage Ronet, fin 2011, au profit d’Anvers, on assura aux Wallons que Monceau-sur-Sambre deviendrait une gare de triage internationale au même titre qu’Anvers. Aujourd’hui, tous les investissements destinés à Monceau ont été gelés. On attend encore une réaction du gouvernement wallon…

Il se dit aussi que la SNCB entend prélever deux milliards d’euros sur son prochain plan d’investissements pour constituer une réserve susceptible d’être ristournée au Gouvernement fédéral en cas de besoin : récession économique, destruction massive d’emplois, restrictions budgétaires.

Il est évident que la révision à la baisse des investissements de la SNCB en Wallonie trouve son origine dans la volonté des différents gouvernements de faire des économies dans tous les secteurs, mais tout particulièrement dans les services publics, où la colère commence à monter.

D’où une troisième question : Alors que les économistes du FMI viennent pourtant de reconnaître qu’ils ont dramatiquement sous-estimé les effets dépressifs des politiques actuelles sur l’activité économique, pour quelle raison les différents gouvernements continuent-ils dans la voie du suicide économique ?

En s’obstinant dans une politique sans issue, les différents gouvernements détruisent les services publics, entravent la mobilité de certains (souvent les plus faibles) et se privent d’un levier indispensable à la transition économique au redressement même de la Wallonie.

Quelques exemples en région liégeoise :

Classées en catégorie C, les lignes qui relient Liège au Luxembourg (42) et Liège à Jemelle (43) pourraient disparaître cette année. En effet, le budget d’entretien prévu pour ces deux lignes est nul en 2013, alors que les relais électriques doivent justement être changés cette année, faute de quoi elles devront être fermées.

La simplification de la ligne Ans-Landen (36) est prévue à moyen terme et diminuerait ainsi les capacités entre Liège et Bruxelles, rendant plus compliquées les liaisons avec l’aéroport de Bruxelles-National.

La ligne Kinkempois-Voroux (36A) serait supprimée à court terme. Les conséquences seraient lourdes en région liégeoise. Le projet Liège Carex (réalisation d’une gare TGV fret –Railport sur le site de Liège Airport) deviendrait en effet impossible à réaliser, tout comme la mise en oeuvre d’une desserte de Liège Airport par une navette de voyageurs depuis Liège Guillemins.

La ligne qui relie le Val-St-Lambert à Hermalle-sous-Huy (285) pourrait aussi être supprimée. Or, elle est utilisée par de nombreuses entreprises sérésiennes. Ségal, Eurogal, Palifor et Winters notamment perdraient leur accès au rail.

La ligne Bressoux-Monsin-Chertal (214) est en sursis, car la suppression des entretiens y est envisagée. La suppression de cette ligne mettrait indiscutablement en péril le présent autant que l’avenir économique de la région liégeoise :

– Chertal, qui reste un des derniers fleurons de l’industrie métallurgique de notre région, ne pourrait plus être desservi. Le combat pour conserver la phase à froid à liège deviendra alors vain.

– La plate forme multimodale Trilogiport doit confirmer le titre de Liège comme leader en matière de logistique. Comment pourrait-elle devenir ce leader si elle perdait toute possibilité d’être un jour connectée au rail ? Le Trilogiport deviendrait ainsi un bilogiport, bien moins intéressant.

Le plus grave est que la situation n’est pas meilleure dans les autres parties de la Wallonie et que la province du Luxembourg est tout particulièrement touchée par ces mesures d’économie complètement déconnectées de la réalité.

D’une manière générale, on peut dire que le rail wallon est en voie de désertification et, vu la façon dont les choses évoluent, craindre que la situation va encore s’aggraver dans les mois et les années à venir, surtout dans la perspective d’une régionalisation du rail dans un contexte de continuation des politiques austéritaires !

Au rythme où vont les choses, la Wallonie aura les gares les plus grandes, les plus belles et les plus somptuaires d’Europe (Liège et Mons), mais il n’y aura plus de voyageurs pour les fréquenter parce qu’ils n’y aura plus de train pour les desservir.

D’où une quatrième question : la Wallonie sera-t-elle la grande perdante de la bataille du rail engagée avec le Fédéral et la Flandre ? Ou pire, le développement économique de la Wallonie – peut-être même celui de Bruxelles – ont-ils été sacrifiés hier et le seront-ils encore aujourd’hui et demain sur l’hôtel des ambitions ministérielles ou carriéristes de quelques excellences en mal d’ego insatisfait ?

Plus vaste, plus accidentée et moins densément peuplée que la Flandre qui bénéficie en outre de l’effet d’agglomération et de l’attractivité résultant de la proximité des deux pôles de développement que sont Anvers et Bruxelles, la Wallonie est systématiquement pénalisée par les paramètres de rentabilité à court terme, communément mis en avant depuis trente ans par l’Europe et l’idéologie dominante, qui communient dans une même adoration du privé et une même abomination du public.

Sur le même sujet, La Libre a publié l’opinion de Paul-Henry Gendebien ce 25 janvier : lire ici .

Un discours pour la Wallonie

drapeau wallonHier, Rudy Demotte s’est adressé aux forces vives de Wallonie avec l’envie de les mobiliser. « Il faut agir plus vite car l’urgence économique est là. Je crains que l’opinion publique soit en déphasage total par rapport aux risques que nous courons. » Cette crainte est rapportée par le journal Le Soir (lien), sans plus. Mais que font réellement la classe politique et les médias pour sortir l’opinion publique wallonne de son « déphasage total » ?

Ces « bons vœux » que le Ministre-Président de la Wallonie adresse chaque année aux « représentants patronaux, syndicaux, de l’administration, des sociétés publiques, etc », cela s’apparente à un exercice de style. Pourtant, Rudy Demotte insiste autant qu’il peut : ce ne sont pas des mots qu’il veut mais des actes.

Crédible ? A chacun d’en juger. Voici la fin du discours qui doit mobiliser la Wallonie :

L’année 2013 sera capitale pour notre Région.demotte, bons voeux Les actes que nous allons poser seront déterminants pour l’avenir. Un avenir qui sera fait de toujours plus de responsabilités. Responsabilité financière, bien sûr, avec cette balise, très proche, qu’est 2022 et l’entrée en vigueur d’une loi de financement réformée dans cet esprit.
Mais je dirais, responsabilité au sens le plus large du terme puisque cette dimension budgétaire se traduit immédiatement dans toutes les autres… Avec pour référence la seule véritable autonomie, celle qui impose de vivre de ses propres forces, de ses efforts et de ses talents.
Pour ce faire, les autres aspects de la réforme de l’État doivent être perçus comme le moyen d’acquérir des outils supplémentaires pour poursuivre et renforcer notre développement. Parce que notre redressement a commencé avec et grâce à la régionalisation, lorsque nous avons pu faire de la Wallonie notre priorité et définir des politiques adaptées à sa réalité. (…)
Dans ce contexte, je me réjouis de voir les positions s’exprimer, dans le respect, autour de ce débat essentiel que j’entends aborder sur un mode pragmatique, avec pour guide l’efficacité et le service aux citoyens. (…)
Mesdames, Messieurs,
L’anthropologue et sociologue visionnaire Gustave Le Bon a écrit :
« Les volontés précaires se traduisent par des discours, les volontés fortes par des actes ».
Si je cite cette formule, ce n’est pas pour relativiser la portée de cette intervention mais, bien au contraire, pour la placer dans son contexte… Directement dans le fil de l’action que nous menons depuis des années, et qui a fait ses preuves… Mais aussi en amorce à l’action que nous poursuivons, que nous renforçons et que nous déploierons avec toujours plus d’efficacité dans les jours, les mois et les années à venir.
Une des caractéristiques de la dynamique Horizon 2022 est, en cela, de tirer parti des acquis et des enseignements de tout ce qui précède, pour définir des actions immédiates mais aussi baliser le terrain à long terme.
C’est dans cet esprit que je me trouve, avec les gouvernements, suivant la très juste formule de Mitterrand pour qui :
« L’homme politique s’exprime d’abord par ses actes ».
D’où l’importance de nous investir tous dans la stratégie que nous définissons ensemble, pour la mener à bien, pour le bien-être de notre population.
Au travail, donc, pour cette année capitale pour notre avenir.

Pour l’intégralité du discours de Rudy Demotte : ici.

Jeunesse et élections

Nous n’empruntons jamais sur ce site les chemins qui conduisent à stigmatiser l’un ou l’autre en fonction de  sa race, de sa religion ou de sa philosophie. Nous savons que tant la France que notre région sont confrontées au dilemme des problèmes posés par les relations sociétales nées du communautarisme. Il n’entre pas dans nos intentions de prendre position en ce domaine, mais il nous semble que le site du « Vif.be » a eu raison d’ouvrir ses colonnes à une jeune candidate d’origine turque élue dimanche dernier et qui a le courage de dire haut et fort ce qu’elle pense (lien).

A vous de juger !

P.Durieux

« Le PS a perdu son électorat laïque », constate Duygu Çelik, conseillère communale à Verviers, où les socialistes ont perdu les élections. Son parti a délaissé les valeurs de gauche pour jouer la carte de « la nouvelle bourgeoisie musulmane », dénonce-t-elle.

Verviers est la seule grande ville wallonne où les élections du 14 octobre ont provoqué un basculement politique. Le PS y chute lourdement, passant de 38,7 % à 28,8 % en six ans. Conséquence : le PS est rejeté dans l’opposition, détrôné par une coalition CDH-MR. Claude Desama, bourgmestre depuis douze ans, a annoncé qu’il mettait un terme à sa carrière politique.

Au cours des six ans à venir, le PS devra se reconstruire sur les bancs de l’opposition. Mais aussi tirer les leçons de son échec  dimanche passé. Pourquoi un tel désaveu ? Où sont passés les anciens électeurs socialistes ? Dans un message posté sur son profil Facebook, l’une des étoiles montantes du PS verviétois, Duygu Çelik (27 ans) analyse brièvement les raisons qui, selon elle, ont précipité la chute du PS. « Le PS a perdu son électorat laïque », constate-t-elle. Il s’est aussi laissé prendre au piège du « vote ethnique ». Duygu Çelik, elle-même d’origine turque, appelle son parti à se ressaisir, pour montrer qu’il reste « véritablement à gauche, égalitaire, non discriminatoire… et laïque ».

Ce court billet a provoqué un déluge de réactions dans l’ancienne cité lainière. Nous le publions ici intégralement.

« Élue avec 463 voix de préférence, et autant de remerciements que j’adresse à toutes celles et ceux qui m’ont soutenue !!! J’arrive ainsi première des conseillers sortants, avec une progression de 47% par rapport à 2006, dans un contexte difficile pour mon parti, qui perd 8% et 3 sièges. Cette élection a donc un goût amer… Loin d’une victoire personnelle, c’est sur un sentiment de défaite que je me suis endormie hier soir. Le diagnostic personnel que j’en fais m’inquiète et m’attriste énormément : le PS a perdu son électorat laïque, qui s’est déporté vers le MR. Les résultats en termes de voix de préférence manifestent que le vote ethnique a joué de manière importante. Et pas n’importe quel vote ethnique ! Il s’est cristallisé autour des mosquées, encouragé et piloté par un électorat souvent de droite, appartenant à la nouvelle bourgeoisie musulmane, celle qui roule en 4×4 et qui fait porter le voile à ses femmes, celle qui n’a que faire des idées et des valeurs du PS, et qui a mobilisé en masse pour soutenir son/ses candidat/s, pendant que nos électeurs laïques se détournaient de nous. Hier, ce sont les mosquées qui ont triomphé au Parti socialiste à Verviers ! C’est bien pour cela qu’il faut se battre, plus que jamais, pour un PS véritablement à gauche, égalitaire, non discriminatoire, … et laïque !!! »

François Brabant

Sans commentaire

« Nous sommes le plus grand parti de Flandre, nous devons défendre cette position de la rue du village à la rue de la Loi. Je fais un appel à Di Rupo et aux francophones : préparez avec nous la réforme confédérale. Car ce gouvernement fiscal qui n’a pas la majorité en Flandre n’est pas soutenu par les Flamands. » (Bart De Wever, au soir des élections communales et provinciales en Belgique…)

Le jeu des coalitions ne va pas étouffer le discours de la N-VA mais va l’amplifier.