Archives pour la catégorie Editorial

Epargnants, attention !

Dans le quotidien « Vers l’Avenir » de ce vendredi 25 novembre, Jules Gheude nous livre ses inquiétudes quant au nouvel emprunt d’Etat belge.

Ainsi, Yves Leterme lance un nouvel emprunt d’Etat pour aider les finances de la Belgique.
Epargnants, attention !
Il faut savoir que la dette belge est presque exclusivement interne et qu’en cas de scission de l’Etat – inéluctable, selon moi – le droit international ne vise que les obligations financières vis-à-vis des autres Etats et organisations internationales. Il ne s’intéresse pas aux dettes des Etats envers les particuliers. Il en laisse le soin aux règles de droit interne.
Les créanciers belges devraient donc, dans le meilleur des cas, se contenter des anciens actifs belges. Sombre perspective, lorsqu’on sait que, depuis 1999, la Belgique n’a cessé de vendre ses bijoux de famille…

Jules Gheude

Amis du Soir, bonsoir !

La pièce n’est pas finie, aussi n’allons-nous pas nous lever, applaudir, siffler, jeter des tomates ou verser des larmes…

Il nous suffit d’observer la scène où s’agitent les acteurs politiques empêtrés dans les contradictions de la démocratie belge, exposés à l’incompréhension générale, au ras-le-bol d’une opinion publique elle-même divisée, avec une gauche essentiellement wallonne qui refuse les diktats de la droite et une droite flamande qui se crispe à l’idée d’être encore une fois l’otage de la FGTB, alors que l’Europe et le monde de la finance confortent la position de Bart De Wever, prêt à renoncer à de trop maigres acquis communautaires pour boucler un budget rigoureux dont la note serait payée, avant tout, par ces assistés wallons que la Flandre exècre : cela fait 526 jours que cela dure, avec une tension qui s’abîme dans la lassitude.  

Usés, l’optimisme de la volonté, la volonté de l’optimisme, l’autosuggestion, l’autohypnose et  l’euphorie artificielle. Le journal Le Soir, devenu Belgique-Soir au chevet d’un pays malade, en arrive à se demander si, vraiment, la Belgique a encore un sens. L’émotion le dispute à la pédagogie. A la une, un seul titre : un pays brisé, sur fond noir, très noir et très brisé. Béatrice Delvaux, qui alterne avec plus ou moins de bonheur les douches froides et les bains chauds, se lâche : «Assez !!!», écrit-elle avec trois points d’exclamation. «Nous allons en arriver à cette conclusion : la séparation du pays s’impose. Car vous nous donnez désormais la preuve que ce pays est brisé, incapable d’être gouverné, tant ses fractures gauche-droite, francophones-flamands, régionales-fédéral sont béantes. Profondes. Et comme ces clivages se superposent parfaitement, la seule leçon que les hommes politiques démocrates et unitaristes nous forcent à tirer sera donc que ce pays ne peut plus être.»

Si c’est elle qui le dit…

G.R.

Pour l’édito de Béatrice Delvaux : ici.

Hommage à Madame Danielle Mitterand.

 Notre ami Serge Havet nous envoie ce qui suit :

 Hommage à Madame Danielle Mitterand.

  «  Les gens ont peur. Ceux qui agissent contre la peur sont considérés comme révolutionnaires. La vie est suffisamment forte que pour combattre la peur ! »

                                            Danielle Mitterand.

Une véritable dame de gauche, de combat et de conviction, pour laquelle les valeurs humaines et fraternelles n’étaient pas de vains mots.

Sa fondation « France Libertés » en est une preuve irréfutable.

Merci Madame.

Le beaujolais nouveau est arrivé

A défaut d’un budget, d’un gouvernement…, LE BEAUJOLAIS NOUVEAU EST ARRIVE…!

Cela fait 60 ans que se fête l’arrivée de ce vin très jeune le troisième jeudi du mois de novembre.

L’occasion est belle de le déguster entre amis en Wallonie, à Bruxelles, en France où en d’autres lieux.

Fêtez donc le Beaujolais Nouveau. Ce vin gouleyant n’est pas un grand cru, mais il ne mérite pas la triste réputation que certains ont voulu lui donner.

Renseignez-vous auprès de cavistes avertis et consommez-le avec modération, mais en toute convivialité.

A votre santé !

Paul Durieux

Petit bilan

Il est des moments dans la vie où il est bon de marquer un temps de pause, de se remettre
en question  ou encore d’ouvrir une parenthèse. Jetons un coup d’œil dans le rétroviseur de l’ A.W.F.

Notre mouvement a véritablement pris son envol  fin avril 2011.

Quels étaient nos objectifs et quel chemin avons-nous parcouru depuis ?

Notre premier objectif était de créer un maillon qui tende à tisser des liens avec ce qui est épars.  Vaste programme que ce seul point. Il est primordial de garder avant tout une saine humilité quant au chemin parcouru et une détermination sans faille pour celui  qu’ il reste à parcourir.

Si  nous regardons sur notre site le groupe de parrainage qui soutient notre mouvement, qui pourrait affirmer que nous n’avons pas progressé ?

Certes, nous n’y rencontrons pas encore de noms d’élus, ce qui ne veut pas dire qu’ils soient absents chez nous, mais nous imaginons bien que les tout-puissants présidents de partis auraient vite fait de crosser  celles et ceux qui oseraient affirmer publiquement leur option profonde.

Cependant, nous avons lu avec un immense plaisir le message de M. Pierre Hazette, ancien ministre. Je veux croire que le courage de Monsieur Hazette sera bientôt suivi par d’autres.

Notre deuxième objectif énonçait qu’il nous appartenait d’ouvrir le débat, de mettre sur pied des conférences seul ou avec d’autres. Nous affirmions qu’il était primordial de se
servir de l’outil informatique
aujourd’hui incontournable.

Notre site a démarré fin avril et n’a cessé d’améliorer son audience. Nous venons de fêter
la 10000ème visite en ce début du mois de novembre.

Nous avons  créé tout récemment une page « facebook » qui a connu quelques problèmes techniques. A ce jour, elle semble avoir véritablement démarré. Voir certains
noms affirmer qu’ils aiment notre page me remplit d’aise.

Nous sommes en train de mettre sur pied notre première conférence-débat. Nous vous en parlerons bientôt ici.

Notre troisième objectif était de nous adresser à nos amis français, élus ou simples citoyens et aux Wallonnes et Wallons qui ont décidé d’aller vivre en France. Ce chantier est à peine commencé même si plusieurs de nos membres ont eu l’occasion d’aller s’exprimer auprès d’auditoires français.

Quatrième objectif : se donner les moyens financiers nécessaires à satisfaire notre seule ambition, celle de continuer à bâtir avec la force de nos idées et les talents de chacun.  Jusqu’à présent, nous vivons exclusivement  grâce aux cotisations de nos membres dont le nombre gonfle de semaine en semaine. Je tiens ici à les remercier pour leur générosité. Le moment venu, selon nos besoins, nous nous adresserons à des mécènes.

Cinquième objectif : devenir un mouvement populaire qui rassemble le plus grand nombre de Wallons en puissance de peser sur l’avenir de la société wallonne.
Nous avons franchi une première étape, mais nous savons que beaucoup de nos contacts doivent encore  franchir le cap de l’adhésion ou tout simplement penser à verser le montant de leur cotisation.
Que chacune et chacun sache que tout nouveau membre est pour nous un
encouragement à décupler nos efforts.

Un ancien ministre nous écrit

Monsieur Hazette a été ministre de l’enseignement secondaire à la Communauté française de 1999 à 2004. Nous le remercions pour ses messages. Il est rassurant de constater que des personnalités politiques ne s’enferment pas dans la croyance en une Belgique éternelle. Sous la chape de plomb imposée par les présidences de parti, la réflexion n’est pas encore étouffée. Ni le souci de l’avenir.

Voici le point de vue de Pierre Hazette :

« J’apprécie que le ton de l’AWF traite la question de notre avenir avec modération. La crise institutionnelle débouche sur des accords que le parti majoritaire de Flandre va s’employer à dénigrer pendant les derniers mois de cette législature. La crise économique et sociale va susciter un mécontentement citoyen inévitable. La N-VA le récupérera au nord du pays. Les prochaines élections législatives risquent de confronter les Wallons à un problème existentiel. Mon avis est que le gouvernement de la fédération Wallonie-Bruxelles doit proposer, dès à présent, des accords de coopération sur la plupart de ses compétences au seul partenaire naturel qui nous permet d’envisager des économies d’échelle. Une alliance étroite avec la République française s’impose à nous, quel que soit notre attachement à une Belgique que d’aucuns continueront à saboter, jusqu’à la faire disparaître. »

Et dans un autre message :

« Ce n’est pas dans une Belgique sans la Flandre, ni dans une Fédération Wallonie-Bruxelles débarrassée de la tutelle fédérale qu’il faut chercher un avenir pour les francophones ou les Wallons. Nos regards convergent vers la France.
« Nous devons cependant nous garder de tout lyrisme incantatoire ou encore d’une agressivité verbale, inopportune en la circonstance.

« L’autonomie que réclame Jean-Claude Marcourt existe dans les compétences dévolues aux entités fédérées.
« Je propose qu’on en fasse un usage massif dans des accords de coopération avec la France.
« Des synergies de fait doivent être organisées institutionnellement, dans l’enseignement supérieur, par exemple.
« Mais c’est vrai aussi dans la coopération internationale.
« Philippe Suinen vient de révéler que nous pourrions nous appuyer, avec plus de profit, sur un autre partenaire que la Flandre, en ce qui concerne le commerce extérieur.
« Dans l’enseignement secondaire, nous pourrions relever le défi de proposer les épreuves du bac à nos grands adolescents.
« Dans l’audiovisuel, une collaboration avec France Télévision enrichirait nos programmes en soulageant notre trésorerie.
« Dans les matières proprement régionales: agriculture, aménagement du territoire, environnement, économie régionale…, j’aperçois maintes occasions de mieux faire et à moindres coûts ce que nous allons nous époumoner à faire seuls.
« La promotion des accords de coopération montrerait progressivement aux Wallons et aux francophones que la France est accueillante et respecte nos particularismes.

« On a trop souvent brûlé les étapes. Nous avons besoin d’une approche plus diplomatique, plus calculée, plus prudente qu’elle ne l’a été depuis que la séparation apparaît inévitable. Certains, à Liège en particulier, l’ont compris avant bien d’autres. Grâces leur soient rendues.
« Il s’agit seulement aujourd’hui de forger un large consensus. »

Quand les Wallons feront-ils le deuil de la Belgique ?

A voir l’éclat de l’automne sur le fond bleu du ciel, à sentir la douceur du soleil, à goûter le caractère intemporel de la nature, on oublierait les péripéties de l’histoire des hommes, l’instabilité du monde, le sentiment diffus de ne pas maîtriser les changements qui s’annoncent. Mais il suffit d’un rien, d’un nuage, d’un peu de vent qui emporte les feuilles mortes, pour saisir la fragilité des choses.

Beaucoup de Wallons se reposent sur une Belgique incertaine pour affronter les incertitudes de l’avenir. Ils sont comme la chair et le sang de ce pays qu’ils n’imaginent pas mourir sans disparaître eux-mêmes. Ils nous déconcertent autant que nous les agaçons. L’incompréhension est mutuelle. Il ne suffit pas d’argumenter pour convaincre. Ni même pour avoir raison. La pensée dominante se justifie par le seul fait qu’elle est dominante. Si la majorité des Wallons se sentent belges au fond de leurs tripes, il n’y a pas à discuter. Sauf que le débat est toujours salutaire, parce qu’il tient le corps social en éveil.

Donc, même si le temps des feuilles mortes n’est pas celui du renouveau, même s’il ne suffit pas de parler pour être entendu, même s’il ne suffit pas d’écrire pour être lu, la question est posée, au moins ici : quand les Wallons feront-ils le deuil de la Belgique ?

Régulièrement, la presse francophone évoque des petits faits qui en disent long sur l’état d’esprit d’une « certaine » Flandre. Ces articles à hauteur du quotidien, loin des grands discours, ne laissent pas l’opinion wallonne indifférente et, en réaction, il y a toujours des lecteurs pour reprocher aux journalistes de souffler sur les braises communautaires. A quoi bon savoir que Monsieur X qui vit en Flandre depuis 16 ans, a perdu son boulot et n’a pas obtenu un logement social car il a parlé parfaitement le néerlandais mais avec un accent (lien) ? Pourquoi s’intéresser à ce footballeur Y qui pour justifier un mauvais geste, à Tervuren, explique qu’il a été mis sous pression par des cris anti-wallons, lui-même étant pourtant bilingue (lien) ?

Plus intéressante est la façon dont les dirigeants du KRC Genk, puis de l’Union belge de football, ont réagi à la « banderole de la honte ». Pour rappel, quelques supporters montois, choqués d’avoir entendu chanter « les Wallons c’est du caca » lors d’un match européen opposant Genk à… Chelsea, se sont mis en tête de faire la leçon aux supporters de Genk le samedi suivant. A la fin du match Genk-Mons, ils ont déroulé une banderole sur laquelle avait été écrit «Je bent de schaam van België» («Tu es la honte de la Belgique» : lien). Ce message à la fois naïf et provocateur a piqué au vif le président du club de Genk (sans doute irrité par une amende de… 600 € venue sanctionner le « Wallons c’est du caca » lors du match Genk-Standard de Liège arrêté par un arbitre francophone) et la direction montoise a aussitôt condamné l’initiative mal inspirée de ses supporters et présenté ses excuses (on n’a entendu personne, à Genk, s’excuser pour le chant de ses supporters). Les excuses ne suffisent pas, de toute façon : l’affaire est entre les mains de l’Union belge de football (lien). Qu’en pense le camarade montois qui veut sauver la Belgique ?

Ce qu’en retiennent beaucoup de Wallons, c’est qu’un tas de Flamands sont des nationalistes et même des racistes. Dans leur esprit, cela tient de l’évidence, comme le fait d’être belge et pas français. Les médias suivent la même pente naturelle, facile : c’est parce que la Belgique est leur pays que les Wallons sont choqués par ces « mauvais Belges » que sont les nationalistes flamands. La morale est de leur côté, Jacques Brel aussi, leur conscience identitaire est sauve. Ce n’est pas parce qu’ils n’aiment pas les Flamingants qu’ils vont aimer les Français. D’ailleurs, ils ne sont pas non plus très fiers de la Wallonie. Ils sont belges. Ça ne se discute pas. J’ai même entendu, l’autre jour, un monsieur déclarer que la Belgique est naturellement francophone (pas française) et que des « amis flamands » partageaient son point de vue (les autres étant des extrémistes).

Bon, d’accord. Quand les Wallons feront-ils le deuil de la Belgique ?

A toute fin utile, rappelons que les Flamands ont toujours été majoritaires en Belgique et que, depuis le 25 avril 1974, il n’y a plus eu de premier ministre wallon dans ce pays. Si Elio Di Rupo réussit à former un gouvernement au bout de ses interminables négociations, celui-ci ne sera pas soutenu par une majorité d’électeurs flamands sur la base des résultats électoraux de 2010. Bart de Wever est là pour le faire savoir à tout qui veut bien l’entendre (peu de monde en Wallonie mais beaucoup en Flandre) : la Belgique n’est plus une démocratie, il a même été le raconter aux Ecossais (lien). Puisque De Wever est un extrémiste ou à tout le moins un populiste, on sait bien qu’il raconte n’importe quoi, mais on ferait bien de noter que des universitaires flamands ont lavé le leader incontesté de la N-VA du soupçon de populisme (lien). Cet homme est donc respectable en Flandre. On peut évidemment qualifier les universitaires flamands de populistes eux-mêmes. Après tout, c’est un mot facile à utiliser quand il exprime un jugement de valeur. Le populisme est à la démocratie ce que le mal est au bien. Et par définition, le bien est du côté des « bons Belges » : critiquer les Flamands nationalistes est une forme d’hygiène démocratique (attention quand même aux dérives sémantiques et à la confusion des valeurs : en matière de populisme, c’est parfois « celui qui le dit qui l’est »).

La Belgique réelle, et pas fantasmée, est avant tout flamande. Il faut l’admettre une fois pour toutes. Or, en Flandre, waar Vlamingen thuis zijn, il n’est pas certain que les Wallons se sentent encore chez eux. Dans le même temps, la frontière avec la France s’estompe, au vu de ce qu’on peut lire dans la presse  (ici, ici et ici , pour ne prendre que des articles de la semaine écoulée). Mais quand donc les Wallons feront-ils le deuil de la Belgique ?

A les entendre, on y vit bien, dans ce pays de cocagne, et il serait fou d’en changer. Quitte à  donner raison à la N-VA qui dénonce un « fédéralisme de consommation », beaucoup de Wallons seraient avant tout sensibles au confort matériel. La peur de l’inconnu les maintiendrait dans la dépendance économique et psychologique de la Flandre. Argument dont la sentimentalité serait absente, auquel nous répondons par une autre question : la Flandre est-elle un bon placement ? A court terme ? A moyen terme ? A long terme ? Il suffit d’interroger les Flamands sur le sujet, si on ne craint pas les insultes. Il apparaît, au vu de ce qui s’écrit, de ce qui se dit ou de ce qui se chante au nord du pays, que les Wallons seraient bien inspirés de ne plus compter sur l’argent flamand pour assurer leurs fins de mois. Le but de la réforme de l’Etat, c’est de s’attaquer aux mécanismes de la solidarité fédérale, encore et encore. C’est le principal os à ronger de la Flandre. Il est temps pour la société wallonne de se projeter dans l’avenir et de chercher ailleurs le soutien dont elle a besoin pour déployer son potentiel.

Les effets conjugués de la 6e réforme de l’Etat et de la crise financière, avec la liquidation du holding communal, vont peser sur les budgets wallons, c’est une certitude. En attendant, la comparaison avec les pays limitrophes ne justifie pas un quelconque acharnement à rester belge. C’est la leçon à tirer de deux articles publiés la semaine passée. Dans le premier, on révélait que le coût des soins de santé, en Belgique, était plus dissuasif qu’ailleurs (lien) ; le constat était atténué par la satisfaction générale des consommateurs de soins, mais il n’y a pas de raison objective de penser que la médecine est meilleure en Belgique (en 2000, l’OMS a établi un classement selon lequel « la France fournit les meilleurs soins de santé généraux, suivie notamment de l’Italie, de l’Espagne, d’Oman, de l’Autriche et du Japon » : lien). Dans le second article, il était question des prix affichés dans les supermarchés de Belgique : ils sont 10 % plus élevés que dans les pays voisins, indique le SPF Economie (lien). Il ne s’agit pas ici de calculer dans le détail ce qu’on pourrait gagner ou perdre en liquidant la Belgique, d’autant plus que la situation est complexe et (dangereusement) mouvante, mais il est permis de relever le caractère irrationnel des justifications données au maintien d’un pays soumis à des tensions communautaires permanentes.

Bien sûr, la vérité des uns n’est pas la vérité des autres, et puis le cœur a ses raisons que la raison ignore. Il est permis d’avoir un point de vue au-delà de toute logique, surtout quand il est question de sentiment, de repère identitaire. Il n’y a pas d’évidence sans une part de croyance et c’est valable pour nous, bien sûr. Mais on voudrait quand même insister, car la Wallonie avance à reculons, nous semble-t-il : quand les Wallons feront-ils le deuil de la Belgique ?

G. R.

500 jours sans gouvernement…

En fait, ce titre est incomplet : lisez « 500 jours sans gouvernement fédéral ». Les gouvernements régionaux et communautaires continuent en effet à gérer avec plus ou moins de bonheur ce qui est de leurs compétences actuelles.

Que lisons-nous dans la presse écrite ?

Pas de gros titre à la « Une » concernant ces 500 jours, mais des titres qui en disent long. Dans « Le Soir », nous lisons : « ça bloque pour l’effort budgétaire en passant par la justice » et « les patrons flamands (le  VOKA) pourfendent la note Di Rupo ». Dans « La Libre » : «  J + 500 , ça use, ça use … » et «  les négociations patinent sur le dossier budgétaire ».

Début janvier 2011, je pariais  une bouteille de champagne avec un ami qu’il n’y aurait pas de gouvernement avant le 31 janvier 2011. La bouteille gagnée, je lui proposai de reconduire ce pari de mois en mois. Il refusa … Dommage !

Plus sérieusement, on nous annonce un gouvernement fédéral de plein exercice pour novembre, décembre ou janvier 2012. Si cela est, il aura, pour autant qu’un accident de parcours ne survienne pas, deux ans devant lui avant de repasser devant l’électeur. N’oublions toutefois pas que lorsqu’il n’y a pas d’accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien…

Deux ans pour mettre en application les compromis engrangés tant bien que mal. Deux ans ? Pas tout à fait, car nous savons que la dernière année d’une législature (en 2014) porte en elle  la campagne électorale.

Et après les prochaines élections ? Attendez-vous à voir fleurir de nouvelles demandes de
régionalisation et un nouveau marathon institutionnel. Les gouvernements fédéraux en affaire courante ont un bel avenir au pays du surréalisme.

Cela pose quand même un gros souci au niveau de la légitimité démocratique belge. En 2007, le PS, battu dans les urnes, accédait au pouvoir pour sauver le pays. En 2010, c’était au tour du MR de subir l’échec électoral. Didier Reynders est toujours ministre des finances pour la même raison bien peu raisonnable : sauver le pays (lisez « la Belgique ») … ! Le Citoyen peut logiquement se poser la question : « à quoi bon aller voter ? ».

En fait, la crise actuelle court depuis 2007 et je ne vois pas le bout du tunnel. Il y aura toujours bien un parti flamand (hier le VLD, demain le CD&V allié à la N-VA au gouvernement flamand) pour mettre sur la table une grenade qui fera sauter le gouvernement.

Comme François Perin et bien d’autres Citoyens, je dis : « Assez ! Séparons-nous… » et négocions pacifiquement le divorce d’un Etat en phase terminale.

C’est aujourd’hui la solution de la Raison.

Paul Durieux

Un peu de poésie…

Par nos racines latines, par nos étoiles voisines, par nos chemins fidèles, par nos récits
partagés, par nos lectures croisées, par nos écrits jumelés, par nos regards
complices, par nos mémoires communes, par nos rêves de lumière, par nos pierres
inachevées, par nos limites humaines, par nos forces pleines, par nos vallées
survolées, par nos chaumières écrasées, par nos collines évadées, par nos
fleuves reliés, par nos flux déliés, par nos luttes bord à bord, par nos
coulées contigues, par nos coudées fraternelles, notre amour de la vie et la
passion de la liberté, oui, sans honte et sans orgueil, je dis, j’écris que la
Wallonie est de France comme la France est de Wallonie, unies par l’histoire et
réunies par le destin.

Texte écrit par Roland Douhard.