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Que serais-je sans toi…?

« On va finir par leur dire merci si ça continue ! »

Ainsi commençait l’éditorial de Béatrice Delvaux, l’autre jour.  Explication : « Si la Wallonie a bougé ces dernières années, se modernisant, abordant ses tabous et croyant in fine en elle, c’est souvent sous les coups de boutoir des Flamands et la peur qu’ils inspiraient. C’est le couteau flamand sur la gorge que les Wallons ont régulièrement pris certaines décisions qu’ils auraient dû spontanément adopter. »

Donc : merci au couteau sur la gorge. Si celui-ci pouvait réellement susciter une réaction de fierté chez les Wallons, ne serait-ce que leur faire envisager, peut-être espérer, la fin de la Belgique, on serait presque d’accord avec Béatrice Delvaux. Mais ce que veut l’éditorialiste en chef du journal Le Soir, c’est au contraire enfermer la Wallonie dans une relation déséquilibrée avec la Flandre, dont les agressions sont légitimées par la mollesse de l’agressé.

Béatrice Delvaux renouvelle ses sophismes au gré des circonstances et de ses humeurs mais c’est toujours pour nous conduire à la même conclusion : l’important, c’est de rester belge.

Cet édito est à lire ici .

« Les choses sont loin d’être réglées »

Jules Gheude

 Dans son éditorial de ce jour, Mme Delvaux, l’éditorialiste en chef du « Soir », n’hésite pas  à parler de miracle renouvelé à propos de l’accord qui vient d’être engrangé sur le volet judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Et de verser, une fois de plus, dans l’imprécation solennelle anti-N-VA, ce parti qui perd…le nord et met simplement sa crédibilité démocratique en péril.

 Nous sommes toutefois loin de partager l’enthousiasme de Mme Delvaux, qui la pousse à conclure que le cercle a désormais toutes les allures du vertueux. Et nous sommes convaincus que nous ne devrons pas attendre longtemps avant de ressortir son édito où elle dit espérer que les négociateurs ont bétonné ces accords jusque dans leurs détails, pour éviter des rebondissements qui seraient désastreux en plein campagne des communales…

 Tout ce qui vient d’être décidé ne pourra être appliqué tambour battant. De nombreux mois seront nécessaires pour que le parcours parlementaire s’accomplisse, et l’on ne manquera pas, du côté flamand, de faire valoir des interprétations divergentes.

 Ce qu’écrivent déjà aujourd’hui certains éditorialistes de la presse flamande pourrait bien être le prélude d’une mobilisation comme celle que nous avons connue en 1978, avec le comité anti-Egmont.

A la question de savoir si cet accord sur BHV judiciaire est un bon accord, Eric Donckier du « Belang van Limburg » n’hésite pas à répondre par la négative. Et d’expliquer tout cela en quatre points.

1° Le parquet est scindé. Mais du même coup, on détache également cinq magistrats de Bruxelles – certes bilingues, mais francophones quand même – pour les affecter au parquet flamand de Hal-Vilvorde. Les habitants francophones ne sont pas donc pas seulement servis dans leur langue, mais aussi par leurs propres gens. Manifestement, ils n’ont pas confiance dans les magistrats flamands. C’est offensant.

 2° Le tribunal n’est pas scindé, mais seulement dédoublé en un tribunal néerlandophone et un tribunal francophone, tous deux – y compris donc le francophone – restant compétents pour l’ensemble de l’arrondissement BHV.

3° Actuellement, 2/3 des magistrats doivent être bilingues à Bruxelles. On porte cela à 1/3, parce qu’il y a trop peu de magistrats francophones bilingues. Quand on ne veut pas apprendre le néerlandais, on est récompensé par une modification de la législation.

 4° A Bruxelles, on part d’un rapport 20N/80F chez les juges. Mais ces dernières années, on a eu en moyenne 27% des affaires pour le tribunal du travail et 33% des affaires pour
le tribunal de première instance qui concernaient des néerlandophones.

Et Eric Donckier de rappeler l’éternel problème : ces francophones qui viennent habiter en Flandre et qui ne sont pas capables ou ne veulent tout simplement pas apprendre le néerlandais. Cette mauvaise volonté paie. Le résultat, c’est que le bilinguisme est renforcé à Hal-Vilvorde et démantelé progressivement à Bruxelles.

 Il fut un temps, conclut Eric Donckier, où les négociations communautaires revenaient à un deal : des principes pour les Flamands et de l’argent pour les francophones. Ce temps est révolu. La Région bruxelloise est refinancée à hauteur de 600 millions d’euros.
On pourrait tout aussi bien parler d’une prime pour mauvaise gestion. Cet argent sera principalement versé par la Flandre. Mais en échange, la Flandre obtient peu de chose : pas de scission pure de BHV, ni électoralement ni juridiquement. (…) Cela engendrera de nouveaux problèmes communautaires.

 Son de cloche identique chez Dirk Castrel, l’éditorialiste de « Gazet van Antwerpen », pour lequel le compromis atteint ne recevra pas un prix de beauté. Et de souligner que pour l’opposition flamande, la N-VA en tête, il ne fait aucun doute que l’accord introduit de nouvelles facilités dans l’ensemble de la Belgique. Ce qui vaut pour les francophones en Flandre, vaut tout autant pour les Flamands en Wallonie.

 La différence, explique Dirk Castrel, c’est que les Flamands en Wallonie ne demandent pas à être renvoyés devant un tribunal néerlandophone, parce qu’ils se sont adaptés depuis longtemps à la région linguistique dans laquelle ils se sont établis. Et de poser carrément la question : cette réglementation ne viole-t-elle pas le principe de l’unilinguisme des régions linguistiques, à l’exception de Bruxelles ? Bref, pour l’éditorialiste, il n’est pas exclu que le nouveau système engendre à l’avenir des
problèmes assez sérieux.

 On le voit, les choses sont loin d’être réglées. Les ministres d’Etat Antoinette Spaak et Guy Spitaels ont affiché récemment leur profond scepticisme quant à l’avenir de la Belgique. Rien ni personne ne pourra arrêter l’Etat-Nation flamand de prendre son envol. La scission de la Belgique s’avérera à terme inéluctable.
C’est la raison pour laquelle nous avons estimé opportun, en 2008, d’amener les
esprits francophones à réfléchir à l’après-Belgique. Via les Etats généraux de
Wallonie (www.etatsgenerauxdewallonie.org) et le Gewif (Groupe d’études pour la Wallonie intégrée à la France – www.gewif.net), des études sérieuses ont déjà pu être effectuées.

C’est le Professeur Behrendt qui le dit …!

Evolution remarquable de la pensée du professeur Christian Behrendt.

Extrait du chat sur le site du journal « Le Soir »

Jules Gheude : « Il va vraisemblablement y avoir bientôt un gouvernement. Mais pensez-vous que les accords trouvés ici sont fondamentaux, qu’ils sont les garants d’une nouvelle stabilité sur le long terme ? Ou pensez-vous au contraire que c’est juste un répit avant une nouvelle tempête et scission du pays ?

Christian Behrendt :
« Vous avez bien raison et je partage votre sentiment. La réforme de l’Etat sera très méritoire. Mais elle ne doit pas occulter une dynamique plus fondamentale encore, et qui, elle, est en marche et ne s’arrêtera pas. D’où aussi la nécessité impérieuse pour les francophones de réaliser des travaux de prospective institutionnelle pour le moyen terme. J’exhorte d’ailleurs tout citoyen à y contribuer, car ce sont là des questions essentielles qui nous concernent tous. Des initiatives citoyennes dans ce domaine sont donc fort salutaires ; je le dis aussi à mes étudiants. »

Jules Gazon nous fait remarquer l’évolution remarquable de la pensée du Professeur Christian Berhendt : « Et bien , il change ce cher jeune collègue qui, il y a moins d’un an, considérait la fin de la Belgique comme une hérésie. »

Le CD&V se positionne en fonction des élections…

Sans accord sur tout, il n’y a d’accord sur rien. Nous sommes très loin de nouer des accords sur tout.

Imaginons que les huit partis arrivent à des accords sur tout.

Ce ne serait que partie remise. Qui peut imaginer que le refinancement de la région bruxelloise soit « bétonné » dans le temps. Qui peut imaginer que la Flandre n’exigera pas un financement limité dans le temps avec droit de regard sur l’emploi qui sera fait de la manne financière. La Flandre ne pourra jamais accepter que Bruxelles soit une région avec les mêmes pouvoirs que les autres. 

Qui peut également imaginer que les transferts exigés par la Flandre dans les domaines sociaux et économiques n’aboutiront pas à un appauvrissement de la Wallonie ?

Que cessent ces jeux politiques du CD&V, hanté par une nouvelle défaite électorale face à la NV-A.

Ce ne sont ni Annie Cordy, ni Maurane, ni Cécile Defrance, ni Philippe Geluck, tous très belges, mais très éloignés de la chose publique, qui apporteront des solutions.

Quant au rôle de désinformation qu’auront joué les médias bruxellois, il sera gigantesque, n’est-ce pas Mme Béatrice Delvaux ?

Les voix wallonnes sont, elles, inexistantes, incapables d’imaginer un avenir pour la Wallonie. Leur pays reste la Belgique fédérale condamnée par une importante majorité de Flamands, n’est-ce pas M. Leterme ?

Et pendant ce temps, Dexia se meurt avec toutes les conséquences que cette mort aura sur les finances de nos communes. Attendez-vous, Citoyens wallons, à payer une nouvelle fois la note, d’une façon ou d’une autre.

Quand donc trouverez-vous qu’il est temps de crier comme le disait récemment François Perin  : « Assez, séparons-nous ». J’ajouterai : « il y a urgence… »

Paul Durieux

Blocage du CD&V sur BHV judiciaire

Extrait du journal « Le Soir »

samedi 01 octobre 2011, 09:11

Les discussions sur BHV judiciaire ont repris ce samedi midi. A bonne source, on indiquait que la réunion d’hier soir s’était très mal passée. Le président du CD&V, Wouter Beke, se serait mis en colère, aurait quitté la séance avant de revenir une demi-heure plus tard.

Le 14 septembre, les négociateurs du PS, du sp.a, du CD&V, du cdH, du MR, de l’Open Vld, d’Ecolo et de Groen! ont conclu un accord sur BHV, qui portait sur l’arrondissement électoral et sur les principes à mettre en oeuvre pour une réforme du BHV judiciaire. Depuis plusieurs jours, les huit partis essaient de mettre en oeuvre ceux-ci mais, à en croire une source francophone, le CD&V remet en cause les principes eux-mêmes.

Selon cette source, l’accord de principe confirmait la note de formation d’Elio Di Rupo et faisait en sorte que les justiciables francophones de cet arrondissement ne perdaient pas de droits. Il prévoyait en outre que les nouvelles dispositions seraient ancrées dans la Constitution et dans une loi spéciale, c’est-à-dire modifiable à la majorité des deux tiers et à la majorité dans chaque groupe linguistique du parlement. Pour les partis francophones, MR et cdH en tête, il n’est pas question que les justiciables francophones perdent des droits.

Le blocage du CD&V pourrait d’ailleurs avoir des conséquences graves, c’est-à-dire la remise en cause de l’ensemble de l’accord sur BHV, y compris sur le volet électoral. Il pourrait aussi empêcher le démarrage des travaux sur le budget 2012, attendu en principe lundi soir. Du côté flamand, et singulièrement au CD&V, la conclusion d’un accord institutionnel constitue le préalable à toute discussion sur le budget et l’accord de gouvernement.

Vendredi, vers 21h, le formateur Elio Di Rupo a présenté une nouvelle proposition de compromis dans ce dossier juridiquement très complexe. Les partis l’ont examinée en étant séparés par groupe linguistique avant de se retrouver en réunion plénière. Certains partis voulaient y apporter des amendements mais l’attitude de M. Beke aurait empêché la discussion de réellement commencer. Les négociations reprendront samedi à midi.

Lu dans « Vers l’Avenir »

La Fédération Wallonie-Bruxelles

Jean-Sébastien Jamart, Liège

Ainsi, nos hommes politiques et nos constitutionnalistes ne voient pas malice dans la nouvelle appellation « Fédération Wallonie-Bruxelles ». Monsieur Luperto dit que cette appellation va « entrer dans la vie des gens ». Qu’essaie-t-il de faire avec cette nouvelle démonstration ? En fait, de préparer les esprits à l’après-Belgique et de devenir un Etat Wallonie-Bruxelles, lorsque la Flandre bloquera définitivement le pays. On essaie de faire croire en plus qu’une solidarité entre Bruxelles et la Wallonie existe institutionnellement depuis 40 ans, ce qui est évidemment faux puisque la Communauté française avec ses compétences d’enseignement n’existe que depuis 1988. Ne nous réjouissons pas trop vite de cette nouvelle appellation, car elle crée immédiatement un problème territorial et pose une question quant au respect des minorités.

 

« Le syndrome de Munich » par Jules Gheude dans la « Libre »

 Le syndrome de Munich

En 2001, les responsables politiques francophones ont fini par conclure les accords de la Saint-Polycarpe et du Lombard.

 Ce troc a profité essentiellement à la Flandre. Et les importantes concessions faites par les francophones portent toujours leurs fruits.

 A l’époque aussi, souvenons-nous, ils n’étaient demandeurs de rien. Ils finirent toutefois par conclure les accords de la Saint-Polycarpe et du Lombard afin d’obtenir le refinancement de la Communauté française et de la Cocof, refinancement dont il ne reste plus rien depuis longtemps. Même le CDH, alors dans l’opposition, marcha dans l’affaire en échange de quelques liards accordés à l’enseignement libre. Seul le FDF s’abstint, après avoir obtenu de la Flandre la promesse – toujours non tenue – de ratifier la convention-cadre pour la protection des minorités nationales.

 Ce troc profita essentiellement à la Flandre. Non  seulement elle se vit, elle aussi, refinancée, alors qu’elle n’en avait nullement besoin, mais les importantes concessions faites par les francophones portent toujours leurs fruits : régionalisation de la loi communale, avec tout ce que cela implique en périphérie bruxelloise, surreprésentation flamande au Parlement régional bruxellois, renforcement de la présence flamande dans les communes bruxelloises,…  C’est ce qui s’appelle être le dindon de la farce.

 Depuis 2001, la Flandre n’a cessé de se démener pour mettre en application ces cinq résolutions que son Parlement a votées, à une large majorité, en 1999, et qui s’inscrivent dans un cadre résolument confédéraliste. Le fédéralisme a atteint ses limites, a déclaré, il y a deux ans, le Premier ministre Yves Leterme en personne. Quant à la révolution copernicienne dont parle le ministre-président flamand, Kris Peeters, elle ne vise, ni plus ni moins, qu’à dépiauter au maximum l’autorité fédérale et à mettre fin aux transferts financiers.

 Le Flamand ne recule jamais. Il a la douce obstination têtue du fanatisme, écrivait le socialiste wallon Jules Destrée, en 1912. Aujourd’hui, alors que les sondages créditent la N-VA de 40% d’intentions de vote, comment ne pas comprendre que le but final de la Flandre est de s’ériger en nation propre ? Le terme figure expressément dans le projet de Constitution flamande, déposé en 2006 par le cartel CD&V/N-VA. Il y a quelques mois, Bart De Wever a d’ailleurs été reçu, avec tous les honneurs, par le Premier ministre britannique, David Cameron. Et c’est en véritable chef d’Etat que Kris Peeters entend désormais se profiler à l’étranger.

 Plutôt que de reconnaître cette évolution, les responsables politiques francophones continuent à s’accrocher, avec l’énergie du désespoir, au schéma fédéral. Leur volonté de sauver la Belgique vient de les amener à renier leurs engagements solennels pour finalement marquer leur accord sur la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, sans contreparties substantielles. Bien qu’il réagisse de façon négative, Bart De Wever s’empresse d’ailleurs de reconnaître que ce n’est pas un cauchemar. Seul, Olivier Maingain a le courage de dénoncer la supercherie : pas d’élargissement de Bruxelles, pas de ratification par  la Flandre de la convention-cadre pour la protection des minorités, pas de nomination pour les trois bourgmestres contestés de la périphérie,…

 La manifestation des nationalistes flamands, dimanche dernier, à Linkebeek, n’est d’ailleurs pas sans rappeler ce que l’on a vécu, en 1978, après la signature du pacte d’Egmont. Constatant l’impressionnante mobilisation en Flandre contre cet accord institutionnel laborieusement obtenu, le Premier ministre de l’époque, le CVP Léo Tindemans, choisit finalement de le torpiller. Belle fourberie que celle qui consistait à renvoyer, nus, devant leurs électorats respectifs, la Volksunie  et le FDF qui s’étaient tous deux loyalement impliqués dans l’affaire, au départ de concessions réciproques importantes !

 Confronté à l’irrésistible montée de la N-VA en Flandre, le président du CD&V, Wouter Beke sait qu’il doit engranger un maximum au niveau du transfert des compétences et de l’autonomie fiscale. Une évolution que la Wallonie n’est pas en position d’assumer. Que déclarait, en effet, le ministre-président wallon, Rudy Demotte, au « Soir », le 16 mai dernier : « Et je ne vous parle pas des éventuels transferts de compétences, en discussion aujourd’hui : soyons conscients que la Flandre a des facilités que nous n’avons pas. En 2014 par exemple, elle disposera de six fois plus de moyens que la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles… réunies ! La Flandre disposera alors de 2,5 milliards contre 400 millions pour les autres entités. »

 Le professeur émérite Jules Gazon de l’ULg vient de calculer que le solde net à financer d’une Wallonie autonome en 2009, intérêts de la dette publique wallonne compris, soit 10,488 milliards, eût été d’environ 27% des dépenses publiques wallonnes et de 13,5% du PIB wallon pour un objectif de la zone euro fixé à 3% !

 Tel un matamore, Charles Michel, le président du MR, lâchait, il y a quelques jours : « Nous n’accepterons pas l’appauvrissement des Wallons et nous ne lâcherons pas les Bruxellois ! » Après avoir vu ce que cela a donné pour BHV, il y a de quoi ne pas être rassuré…

 Les Bruxellois de la périphérie et l’alliance avec le FDF sont déjà sacrifiés sur l’autel de la Belgique. Cela au moment même où le ministre d’Etat Guy Spitaels affiche son profond scepticisme quant à la survie du pays. Voilà qui nous rappelle ce qu’écrivait Winston Churchill à propos du déplacement de Neville Chamberlain et Edouard Daladier à Munich, en 1939 : Ils ont eu le choix entre le déshonneur et la guerre. Ils ont le déshonneur et ils auront la guerre. Rien ni personne ne pourra empêcher l’Etat-Nation de prendre son envol !

 Aujourd’hui, Jean Gol doit se retourner dans sa tombe. Voici comment Paul-Henry Gendebien raconte la rencontre qu’il eut avec lui à Paris : « Il m’avoua qu’il ne croyait plus à la nation belge ni même à l’Etat. (…) Il avait été ulcéré par les « avancées » du nationalisme chez les libéraux flamands. (…) Il pensait que notre avenir, à nous autres Wallons et Bruxellois, serait français. » (1) Pour en avoir longuement discuté avec lui, je peux attester ici que le regard de Jean Gol était tourné vers la France. On sait que ce n’est pas le cas de Charles Michel, qui n’hésite pourtant pas à se revendiquer de l’héritage « gollien »…

 (1) « Splendeur de la liberté » (Ed. Quorum, 1999).

Jules Gheude, essayiste politique

Derniers livres parus : « Le petit guide de l’après-Belgique » (Ed. Mols, 2010) et « On l’appelait Belgique » (Mon Petit Editeur, 2011)

A cet article de la « Libre », je me permets d’ajouter un petit commentaire.  Lors d’une rencontre avec Jean Gol dans son bureau lorsqu’il fut Echevin des finances à Chaudfontaine, Jean Gol me présenta à sa secrétaire en ces termes : « voici un ami qui pense, tout comme moi, que Paris deviendra notre capitale dans le futur. »

Paul Durieux

Communiqué de presse du G.E.W.I.F.

GE WIF

Groupe d’Études pour la Wallonie intégrée à la France

                        COMMUNIQUE DE PRESSE

 Le Gewif prend acte de l’accord intervenu à propos de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

 Il note le rejet de cet accord par Olivier Maingain, président du FDF, ainsi que la prise de position négative (« Ce n’est pas un cauchemar, mais ce n’est pas bon non plus ») de Bart De Wever, président dela N-VA.

 Considérant les points épineux qui restent à négocier – loi de financement, transferts de compétences, autonomie fiscale, autonomie constitutive pour Bruxelles,… – et sur lesquels de profondes divergences subsistent, le Gewif ne voit pas un accord final intervenir. Il observe d’ailleurs le pessimisme affiché par le ministre d’Etat Guy Spitaels quant à l’avenir de la Belgique.

 Il entend donc garder son fil conducteur, à savoir la préparation du scénario visant à intégrer la Wallonie à la France.

 Edgard Baeckeland, Guy Bertrand,  Willy Burgeon, Jean-Alexis D’Heur, Paul Durieux,  Jules Gazon, Jules Gheude, Marc Hansen, Jean-Sébastien Jamart, Philippe Lausier, Jean-Luc Lefèvre, Jean Lerusse, Michel Pieret, Jean-François Renwart

Spitaels, tu es là. Tout va bien !

Ce dessin, je l’ai fait il y a vingt ans…

Cette phrase, reprise en titre par le journal Le Soir, renvoie aux moments difficiles que Guy Spitaels a vécus récemment, mais il est permis de lui donner un autre sens, tant la Wallonie a besoin qu’on l’éclaire sur la situation politique actuelle. On pourrait le surnommer Spitfire, car sa parole est de feu : ce que dit cet intellectuel de haut vol, ancien président du Parti socialiste, ex-ministre-président de la Région wallonne, engagé très tôt dans le combat wallon, c’est qu’il faut arrêter de coller des rustines sur un pays qui n’en finit pas de se dégonfler. Ce discours ne pouvait pas laisser Béatrice Delvaux indifférente, elle lui a consacré son édito : ici .

Pour un aperçu de l’entretien avec Guy Spitaels : ici .

Nous y ajoutons l’essentiel de l’article, avec, surtout, la question que Béatrice Delvaux a eu le mérite de poser  :

Se rattacher à la France ?

C’est une solution défendable, répond Guy Spitaels. Mais si on consultait la population wallonne sur cette éventualité, il n’y aurait jamais de majorité.

Dans le bain médiatique actuel, on ne voit pas (encore) monter la vague du rattachisme, en effet, mais l’inimaginable est devenu envisageable, et le débat sur l’avenir de la Wallonie commence à peine. La classe politique doit cesser de s’accrocher au passé, selon Guy Spitaels.

Di Rupo est à la tâche depuis des mois. Que pensez-vous de son abnégation ?

(…) Elio mesure-t-il bien ce que veut le peuple flamand ? Sa stratégie est-elle de gagner du temps ? Je ne l’accable pas, mais la clarté maintenant n’est-elle pas aveuglante sur l’évolution de l’opinion en Flandre ? Et dès lors le moment n’est-il pas venu de nous demander : que voulons-nous ? (…)

La Belgique n’a plus de sens pour vous ?

(…) J’ai essayé de servir la Belgique comme vice-Premier. Mais y suis-je affectivement attaché ? Je ne cherche pas de subterfuge, ma réponse est non.

Vous êtes quoi, alors, si vous n’êtes pas belge ?

(Il marque une pause.) Comme il n’y a pas de solution, l’urgence est de définir le visage de la Wallonie. Elio Di Rupo et Charles Michel doivent définir comment ils vont gérer ces 3,5 millions de Wallons. Le fatras d’institutions actuel, ce coût, ces doublons ! Cela nuit aussi à notre crédibilité. Je n’entrevois pas ce que va devenir cette structure, cette salle de commande wallonne. (…)

Vous trouvez l’idée d’une Fédération Wallonie-Bruxelles bonne, factice, tactique ?

Je ne sais pas. Personne ne voit le plan B, je vous l’ai dit. Je suis né et j’ai travaillé dans une ville où les gens vivent avec Bruxelles. Physiquement, cette réalité m’est présente. Je suis à deux tiers temps à Ath, à un tiers temps à Bruxelles. Je connais donc beaucoup mieux que d’autres le lien entre Bruxelles et la Wallonie. Est-ce qu’il est assumé par tous ? Pas sûr. Même si je l’appelle de mes voeux. (…)

En conclusion :

La séparation du pays ne vous fait pas peur ?

Je ne sais pasmais il n’y a aucune solution dans le fait de céder toujours. Vivre ensemble, oui, mais avec des efforts des deux côtés. J’ai démarré ma carrière en 73 comme chef de cabinet de Leburton et je suis sorti en 94 avec la levée de mon immunité : j’en ai vu assez. (…)