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« Un pays sans ego n’a pas d’avenir »

C’est l’écrivain Patrick Roegiers qui le dit, lui qui n’a jamais caché son rapport passionnel avec la Belgique :

« Un pays sans ego n’a pas d’avenir. Il est voué à disparaître à court terme. Un journaliste japonais a écrit il y a quelques années que la Belgique était la capitale de la Flandre ! Ça dit tout. L’Europe a besoin de pays forts. C’est un patchwork d’identités. Sur l’échiquier du monde, la Belgique se dissout comme un cachet d’aspirine dans un verre d’eau… »

Entretien à découvrir dans Le Vif/L’Express d’aujourd’hui et dans l’émission Noms de dieux diffusée dimanche sur la Deux.

La France, un label

« C’est à une flânerie dans l’Hexagone, à l’ombre des monuments classés, que nous vous convions avec ce Vif Extra. Nous avons déniché une multitude de lieux insolites, magiques, méconnus, des décors de rêve hors des sentiers battus. » Christine Laurent, Rédactrice en chef du magazine Le Vif/L’Express, a de la sorte invité ses lecteurs à découvrir des  « Trésors cachés de France » (Le Vif Extra du 17 février 2012).

Et si la Wallonie était, elle aussi, un « trésor caché de France » ?

Dans un monde en mouvement, le tourisme international est un secteur économique en pleine expansion. Selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, attachée à l’ONU, les recettes d’exportation générées par le tourisme international s’élevaient à 919 milliards de $ EU en 2010 et à 980 milliards en 2011. Les projections de l’OMT font monter ces chiffres à 1 600 milliards pour l’année 2020 (voir ici le site de l’OMT).

La France ne manque évidemment pas d’atouts sur ce marché. Elle reste la destination n°1 du tourisme international : 76,8 millions d’arrivées en 2009 pour 54,9 aux Etats-Unis (évidemment, les Etats-Unis sont plus grands et l’activité touristique y génère plus de revenus).  Pour l’économie du tourisme en France, voir le site spécialisé du gouvernement français : ici.

Malheureusement pour le tourisme en Wallonie, celle-ci n’est pas une région de France mais n’est que le sud de la Belgique. Il suffit de cliquer sur www.tourismebelgique.com pour comprendre ce que cela signifie.

Leçons de philosophie politique

Le 13 février dernier, la présence de Nicolas Dupont-Aignan à une manifestation de soutien au peuple grec n’a pas été appréciée par des militants d’extrême gauche : « Le candidat gaulliste a été expulsé manu militari par les trotskistes des abords de l’ambassade de Grèce où il escomptait manifester. », est-il écrit sur le site du magazine Marianne. « De cet incident (rapporté ici par RTL) , Roland Hureaux tire des leçons de philosophie politique sur le nouvel ordre mondial et ses vrais ennemis. »

Nul n’est tenu de partager l’analyse de Roland Hureaux, chroniqueur plus proche du gaullisme que de l’extrême gauche, mais il faut lire ce texte (aux accents marxistes tout de même) car il jette un éclairage inhabituel sur les enjeux de la mondialisation.

A lire ici.

Valmy au-delà du brouillard

Christian Darlot, chercheur au CNRS, militant souverainiste actif au Comité Valmy, a écrit en 2008, pour l’Observatoire de l’Europe, un article intitulé La crise politique belge et le droit international (à lire absolument ici).  Il nous envoie ce commentaire au texte de Jacques Lenain sur la façon dont Nice et la Savoie sont devenues françaises en 1861. La force de son propos, qui touche à l’avenir proche autant qu’au passé, nous pousse à lui donner plus de visibilité, ne serait-ce que pour nourrir la réflexion et le débat.

D’autres exemples illustrent les évolutions sociales décrites dans cet excellent article :
– Le Nord de la Picardie passa de la souveraineté française à la souveraineté habsbourgeoise, puis repassa dans l’autre sens un siècle après. Les élites furent constamment fidèles au prince, même lorsqu’elles changèrent de prince.
– La Franche-Comté fut conquise par les armes. Le peuple fut soulagé de ne plus devoir supporter les va-et-vients des armées espagnoles, mais les élites grognèrent de devoir abandonner leurs privilèges. La paix, et les dépenses de construction des fortifications qui donnèrent du travail et firent circuler de la monnaie, rallièrent les mécontents.
– La Lorraine, malgré une dynastie pluri-séculaire, se rallia au pouvoir qui assurait la paix.
– Plus caractéristique encore : l’Alsace, purement allemande jusqu’en 1648, subit les atroces dévastations de la Guerre de Trente Ans. Les soldats français furent, comme on dit, “les moins pires” et évitèrent le retour d’autres bandes armées. L’annexion progressive par la France, en un demi-siècle, soulagea les habitants dont la fidélité ne s’est depuis jamais démentie.

Mais des échecs fournissent des contre-exemples :
– En 1945, après un quart de siècle d’oppression, les habitants du Val d’Aoste auraient voté comme un seul homme en faveur de la France, au dire des observateurs de l’époque (le premier vainqueur du Tour de France n’était-il pas valdôtain ?). Mais les Anglo-saxons s’y opposèrent, tant pour ménager l’Italie que pour affaiblir la France. Un agrandissement territorial est en effet une preuve traditionnelle de victoire et de puissance, et les Anglo-saxons s’activaient à éliminer la France du Proche-Orient.
– Le régime politique colonial français n’était pas plus injuste que le régime de domination de classes en France métropolitaine, mais il s’exerçait sur des peuples différents, auxquels étaient imposées des “injonctions contradictoires”. La durée et l’âpreté de la guerre d’Algérie s’expliquent en partie par le fait qu’une proportion notable d’Algériens étaient en voie d’assimilation à la culture française, ce qui incita les gouvernements français à tenter chimériquement l’assimilation complète, et les nationalistes algériens à relancer sans cesse la politique du pire.

Pour préparer l’avenir, il faut considérer les relations sociales :
– Les classes dominantes françaises militent activement pour la vassalisation de la France à l’empire anglo-saxon et à ses relais européens, l’Union européenne et l’Allemagne. La disparition de l’Etat républicain leur paraît en effet indispensable pour maintenir leur domination sur le peuple. Elles rêvent de devenir anglo-saxonnes de langue et de culture pour se séparer du peuple. Depuis quarante ans, au nom de la “construction européenne”, les gouvernements français successifs ont constamment favorisé les intérêts de l’Allemagne, de l’Angleterre et des Etats-Unis. Au besoin, les classes dominantes françaises feront tout pour soumettre la France et nuire à ses intérêts nationaux.
– Au nom de l’internationalisme, les gens qui s’imaginent de Gauche soutiennent cette politique d’abaissement. Réfléchir à une situation réelle dépasse leurs moyens intellectuels. Envisager l’existence même d’intérêts nationaux les scandaliserait, au nom de l’idéal et des bons sentiments.
– Le désastre économique, politique, social, culturel et moral, qui est en cours en France comme partout en Europe et dans une grande partie du monde, a pour causes le libre-échange absolu, l’abandon de la souveraineté monétaire et l’émigration mentale des classes dominantes. Ce désastre n’est toutefois pas encore irréversible.
A moins d’un coup de force, l’euro et l’Union européenne vivent vraisemblablement leurs derniers mois, et la Belgique a peu de chances de survivre à l’euro.

Pour le moment, les personnalités capables de fédérer les énergies sont éliminées du champ politique par les médias. Mais des événements se déclencheront, sans que l’on puisse en prévoir l’origine, ni la date, ni la nature. Le principal risque est que le système politique soit déjà détruit lorsqu’ils se produiront, mais l’expérience politique des peuples palliera en partie ce manque.

Comme toujours, c’est une dynamique sociale et politique qui l’emportera, mais elle n’est pas prédéterminée, et les actes politiques compteront. Si l’on demandait aux Wallons et aux Bruxellois : “Préférez-vous la reine Paola ou la reine Carla ?”, la réponse serait évidente, mais ce n’est pas ainsi que les questions se poseront !

Bref, comme toujours, la question nationale et la question sociale auront même réponse.

Christian Darlot (France)

Note de l’AWF : A tous ceux qui voient dans la crise actuelle une opportunité pour approfondir la solidarité européenne et faire un pas décisif vers de futurs « Etats-Unis d’Europe », nous signalons que Franco Frattini, ancien Commissaire européen, Président de la Fondation Alcide De Gasperi, vient d’écrire un article intitulé L’Union européenne, un projet d’unification continentale, un projet d’avenir (à lire sur le site de la Fondation Robert Schuman : ici). Un condensé de cet article a été publié par Le Monde dans son édition d’aujourd’hui (ici). Perspective réelle d’une Europe enfin citoyenne ou discours incantatoire en marge de la réalité ? A chacun de se faire une opinion, dans l’attente d’y voir plus clair…

Sur l’Europe d’aujourd’hui, voici aussi l’avis de Jean-François Kahn : ici.

Le roi Baudouin s’adonnait-il à la fraude fiscale ?

Il n’entre pas dans nos intentions de nous laisser aller à un anti-monarchisme primaire, mais les questions que soulève le quotidien Le Soir relayé par le site du Vif-L’Express interpellent. Ce souverain jamais avare de discours moraux en qui certains voyaient un saint aurait été un vulgaire fraudeur ?

Pour des précisions, nous renvoyons aux sites du Soir (ici) et du Vif (ici). 

Le partenariat mutualiste franco-belge est une première

Tout ce qui amincit cette frontière artificielle entre notre Région et la France ne peut que nous réjouir. Nous savons que, pas à pas, la douce certitude des faits sera à nos côtés.

Paul Durieux

Sous la plume de Ricardo Gutiérrez, le quotidien « Le Soir » de ce mercredi 15 février nous annonce que la mutualité socialiste SOLIDARIS s’associe à la première mutuelle de santé française MGEN (mutuelle générale de l’éducation nationale).

Les partenaires comptent implanter une mutuelle dans un pays d’Europe centrale ou d’Europe du Sud et leurs affiliés bénéficieront de services transfrontaliers.

Ce sont deux mutuelles aux profils similaires qui s’associent : même envergure (3,1 millions d’affiliés chez SOLIDARIS; 3,5 millions à la MGEN), une offre étendue d’assurance complémentaire qui vient s’ajouter à l’assurance-maladie obligatoire, et un souci identique de peser sur le débat public.

« Il s’agit de proposer, ensemble, une nouvelle offre mutualiste qui puisse constituer une alternative aux assureurs privés« , souligne Jean-Pascal Labille, secrétaire général de Solidaris, rappelant que les mutuelles ne sont présentes que dans 15 des 27 Etats membres de l’Union européenne.

L’accord passe aussi par un échange d’expertise : la MGEN a déjà une expérience internationale, opérant depuis quelques mois au Portugal tandis que SOLIDARIS a une expertise accrue des soins à domicile et des projets d’éducation à la santé.

Un protocole de collaboration transfrontalière permettra aux 6,6 millions d’affiliés des deux organisations de se soigner de part et d’autre de la frontière aux mêmes conditions que dans leur pays de résidence.

Autre projet commun : la mise sur pieds d’un « observatoire mutualiste » afin de préparer les deux organisations aux mutations du système de santé.

Politiquement, les patrons des deux mutuelles défendent une même conception de « l’Europe de la protection sociale« .

Bilan de l’ A.W.F. au 11.02.12

Le texte qui suit avait été conçu à usage interne pour nos membres. A la demande de plusieurs de ceux-ci, nous le mettons en ligne pour information.

Il est bon de marquer ne fut-ce qu’un temps d’arrêt pour jeter un coup d’oeil dans le rétroviseur d’une histoire : en l’occurence celle de notre mouvement, l’ A.W.F., né en 2011 et qui ne ressemble à nul autre.

 Nous nous donnions 5 objectifs qui, à la réflexion, s’enrichissent pour atteindre un autre nombre symbolique, celui de 7 objectifs, à savoir :

 1. Créer un maillon avec toute la mouvance wallonne unioniste/rattachiste et activer les réseaux qui sont les nôtres.

2. Collaborer avec les organisations qui nous donneront la parole.

3. Mettre sur pied des conférences-débats seul ou avec d’autres.

4. Ne pas oublier l’importance d’internet aujourd’hui.

5. S’adresser à la France depuis l’élu local (Conférence des Maires de France) à l’élu national (assemblée nationale et sénat) en passant par le Citoyen français sensibilisé par la problématique wallonne.

6. S’adresser aux Wallons qui ont choisi de s’établir en France durablement.

7. Devenir un mouvement populaire qui rassemble le plus possible de Wallons en puissance de peser sur l’avenir de la société wallonne.

 Après 10 mois d’existence, où en sommes-nous ? Je me permets de reprendre chacun des points :

 1. Des contacts ont été pris avec celles et ceux qui disent qu’il est urgent d’avoir aujourd’hui un projet pour la Wallonie dans l’optique de « L’après-Belgique » (les observateurs les plus optimistes situent la fin de la Belgique dans 10 ans). Nous sommes conscients de l’importance des égos des uns et des autres, mais aussi des approches différentes qui existent : certains raisonnent en termes d’échéance électorale pendant que d’autres se projettent dans le court et moyen terme sans souci électoral. Un beau succès toutefois : celui d’avoir obtenu la collaboration du GEWIF (groupe d’études pour une Wallonie intégrée à la France) grâce à l’ouverture d’esprit de Jules Gheude. Autre beau succès que celui d’avoir constitué un groupe de parrainage de plus de 30 personnes à ce jour et d’avoir reçu l’appui de M. Pierre Hazette.

A la lumière des informations importantes données par la presse (« Le Soir » et « La Libre »), nous avons pu établir des contacts prometteurs avec celles et ceux qui veulent forger un projet wallon sans oublier notre partenariat avec la région bruxelloise. A ce stade, nous devons garder un minimum de confidentialité.

 2. Ici, nous pouvons parler d’un premier succès avec des invitations de sections du P.A.C. (Présence et actions culturelles) et de Maisons de la Laïcité.

 3. Le colloque du 02 avril 2011 en la salle académique de l’ U.L.G., organisé par le Cercle Condorcet de Liège, fut un succès tant au niveau de la qualité des intervenants qu’au niveau du nombre de participants. Seul point noir : le boycott des médias. Nous nous attelons à résoudre ce problème.

 4. Peut-être est-ce ici notre plus beau succès. Notre site https://alliancewalloniefrance.wordpress.com connaît une progression constante en terme d’audience. Nous redoublons d’efforts pour qu’il soit vivant grâce aux contributions de nos membres, mais aussi de personnes extérieures à notre mouvement.

Né en mai, notre site a reçu plus de 18 500 visites à ce jour.

Le fait d’avoir incité nos visiteurs à faire suivre nos articles auprès de leurs contacts n’est certainement pas étranger à ce succès.

 5. Ici, le chantier reste immense, mais nous avons des projets ambitieux dans nos cartons.

 6. Ce travail a commencé. Le dernier membre en date est allé s’établir en Corse. D’autres sont en Languedoc, en Pays de Loire, en Région PACA, dans le Nord-Pas-de-Calais …

Je ne doute pas qu’ils soient nos ambassadeurs là où ils vivent aujourd’hui.

 7. Devenir un mouvement populaire qui puisse peser sur l’avenir de notre région signifie que nous devons nous compter par centaines, mieux encore par milliers de membres. C’est l’objectif qui est le nôtre pour la fin de cette année 2012. Fin 2011, nous avons eu la joie de lancer l’ A.W.F.-Charleroi grâce au travail de Georges Henry Simonis et de son équipe particulièrement efficace et sympathique.

 Merci aux membres qui ont déjà renouvelé leur adhésion pour 2012. Merci aussi aux nouveaux membres. Quant à celles et ceux qui n’ont pas encore repris leur adhésion, je me permets de leur rappeler les coordonnées de nos deux comptes :

 IBAN : BE26 0682 4499 3129 – BIC : GKCCBEBB de l’A.W.F. à 4130 Esneux

– Cotisation ordinaire : 20 €/an
– Cotisation de soutien : à partir de 25 €/an
– Cotisation réduite : 10 €/an (retraité, allocataire social, étudiant, membre d’une même famille)

Vous souhaitez soutenir l’A.W.F. de façon anonyme
– Versez votre soutien au n° de compte IBAN : BE55 0882 4070 0744 – BIC : GKCCBEBB de l’A.W.F. à 4130 Esneux

Il est bien certain que chaque adhésion ou renouvellement d’adhésion est un encouragement pour nous tous à continuer dans les sillons que nous avons tracés.

Continuons à bâtir l’avenir de la Wallonie avec la force de nos idées et les talents de chacun.

 Fraternellement,

Pour l’ A.W.F.,

Paul Durieux

COMMUNICATION

Je répare un oubli impardonnable, celui d’avoir omis de vous communiquer la parution du n° 44/2011 d’ « ECONOMIES ET SOCIETES » consacré à « l’après-Belgique »  aux Cahiers de l’ ISMEA.

Vous pouvez vous procurer ce très intéressant ouvrage en vous adressant au secrétaire du « Cercle Condorcet de Liège » dont l’adresse électronique est : jeancoignon@voo.be

Encore toutes mes excuses pour cet oubli.

Paul Durieux

Les dix stratégies de manipulation des masses

Notre ami Paul Mélot, responsable de l’ A.W.F. pour la Province du Luxembourg, vous invite à réfléchir à ce qui suit :

Les dix stratégies de manipulation des masses

Noam Chomsky

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les médias. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l’éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu’à maintenir le public dans l’ignorance et la médiocrité

1/ La stratégie de la distraction
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l »économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles » (Le foot, les jeux olympiques, Johnny, etc)

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté.

(Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.)

3/ La stratégie de la dégradation
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

(Baisse des retraites et allongement de la durée du travail.)

4/ La stratégie du différé
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

(Laugmentation importante de la pression fiscale ne se fera pas avant les élections de 2012.)

5/ S’’adresser au public comme à des enfants en bas-âge
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

(Les français sont trop gros, trop gros, trop gros,… les boissons sucrées sont surtaxées : nous les paierons plus cher.)

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements

(La terre se réchauffe dangereusement du fait des seules activités humaines (sic), ce sera terrible pour nos enfants : les carburants sont encore plus taxés.)

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

(80 % des élèves des universités ou des grandes écoles sont issus des classes moyenne ou supérieure.)

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte

(Voir certaines émissions de TV particulièrement populaires.)

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité
Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!..

(Vous êtes au chômage par manque de formation ! Suivez un stage et tout ira mieux.)

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

(Pourquoi croyez-vous que les grands politiques utilisent et payent largement des instituts importants des sciences humaines ou des grandes sociétés de publicité, ce qui revient au même ?)