Ce fut, hier soir, le programme le plus regardé en Belgique francophone : voir l’info de l’AFP sur le site du Soir.
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Comment l’Etat français voit l’évolution de la Belgique
Robert Lecou, député UMP de l’Hérault, et Jean-Pierre Kucheida, député PS du Nord-Pas de Calais, ont déposé un rapport de 113 pages à la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale sur “La situation intérieure de la Belgique”.
Si le diagnostic de ce rapport est très correct et si l’analyse est fouillée, la conclusion, rédigée en 4 §, n’est pas de nature à enflammer les réunionistes wallons : Belgique “conférence de diplomatie permanente”, “démocratie consociative”, “laboratoire de l’Europe” sont des clichés au refrain bien connu. Des mots pour ne pas conclure trop vite à la mort de la Belgique. Il en va de même sur l’estimation à 15 ou 20 % de l’option séparatiste en Flandre en complète contradiction avec les résultats électoraux… Diplomatie oblige !
On aurait tort, pourtant, de ne pas voir, au-delà du devoir de réserve et du souci d’informer, combien la France officielle a intégré l’hypothèse de la fin prochaine de la Belgique. Et combien la France est accueillante. Que les autorités françaises ne forcent pas la main des Wallons, c’est assez normal.
La balle est clairement dans le camp des Wallons. Que l’on en juge par cet échange à l’Assemblée nationale (française) :
Jean-Pierre Kucheida (PS), co-rapporteur
« Quel avenir peut-on entrevoir pour la Belgique ? Mon sentiment est que ça va durer ce que ça va durer… Le principal message de la plupart de nos interlocuteurs était : « on va bien voir ». (…) J’ai l’intime conviction que les Flamands ne seront jamais satisfaits dans le cadre actuel de la Belgique; ils ne pourront être satisfaits que si le cordon belge est coupé ou, tout au moins, largement distendu. J’en veux pour preuve la critique permanente qu’ils adressent aux Wallons, en oubliant que la prospérité passée de la Wallonie a été bénéfique pour la Flandre. »
Jacques Myard (député UMP)
« Ça fait 30 ans que les rapports de fin de mission des ambassadeurs de France en Belgique nous disent que « la Belgique n’existe plus ». La question que l’on doit se poser, c’est : que fera la France ? »
Jean-Pierre Kucheida (PS), co-rapporteur
« La France doit-elle ignorer les difficultés des Wallons ou offrir de les accueillir ? Nous avons posé cette question à nos interlocuteurs wallons, qui n’ont pas exprimé le souhait de rejoindre la France. »
Nous vous invitons à découvrir l’ensemble de ce rapport (facile à consulter) sur le site de l’Assemblée nationale : ici.
Merci la France !
Et c’est Béatrice Delvaux qui l’écrit. Pour un journal flamand. A lire ici.
Après le premier tour des présidentielles
Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, il est de tradition que les élections présidentielles françaises suscitent un intérêt certain chez les Wallons et les Bruxellois de langue française.
Cette fois, je pense que nous pouvons parler d’un véritable engouement. Jamais RTL-TVI ni surtout la RTBF n’avaient consacré autant de temps d’antenne à l’événement.
Si comme moi, un coin de France vous tient particulièrement à cœur, je vous invite à voir les sites de « libération.fr » ou de « Le figaro.fr » dont l’infographie est remarquable. Vous y découvrirez ainsi les résultats par départements mais aussi par villes ou villages, si petits soient-ils.
Je me garderai bien d’apporter un commentaire politique quant aux résultats de ce premier tour et encore moins de faire appel à une boule de cristal pour dire dès à présent qui sera le vainqueur du second tour. Je me plais pourtant à constater l’excellent taux de participation (+ de 81 %), gage de la bonne santé de la démocratie française. Je formule le vœu qu’il en soit encore ainsi dans quinze jours. Quel serait le taux de participation en Wallonie aux élections législatives si le vote n’était pas obligatoire ?
Finalement, peu de grosses surprises avec une France de l’est qui vote plus à droite, voire à l’extrême droite au sud-est et au nord-est et plus à gauche dans le centre et à l’ouest. Ma véritable surprise a été de constater que le seul département noir (sur l’infographie) était celui du Gard (mon cœur est à 50 % liégeois et à 50 gardois) mais avec des résultats particulièrement contrastés d’une ville ou d’un village à l’autre. Cette noirceur est due au vote des cités du sud alors que les villages ou gros bourgs du nord affichent une couleur rose-rouge bien affirmée.
Enfin, je ne puis que m’étonner d’entendre le bruit que font les médias autour du résultat de Mme Le Pen. Son score (17,9 %) est en pourcentage inférieur au vote d’extrême droite réalisé par son père en 2002 (à l’époque, il fallait y ajouter le résultat réalisé par le « dissident » Bruno Mégret). Certes, en termes de voix, son résultat est important, mais il est tout simplement proportionnel au fort taux de participation.
Que le 6 mai nous donne un président qui fasse entendre la liberté (pouvoir à l’Etat et pas à la finance, planification écologique), l’égalité (priorité à l’emploi, pas aux profits), la fraternité (agir pour la paix, pour des services publics performants accessibles à tous) et qui fasse entendre la voix de la France en Europe et dans le Monde fait partie de mes espoirs les plus chers.
Paul Durieux
« Si j’étais président de la République… »
A la veille du premier tour des élections présidentielles en France, il n’est pas trop tard pour comparer les programmes des dix candidats. Pour ce faire, le journal Le Monde propose un « visuel interactif » très commode à utiliser : ici.
La Flandre belge, c’est très bientôt fini !
Lu dans « La Libre » de ce 17.04.12 (lien) pour celles et ceux qui refusent de vivre la tête dans le sable…! Nous ne pouvons que répéter qu’il est urgent de se préparer sérieusement à la séparation, qu’on le veuille ou non…!
Paul Durieux
Céline Préaux, docteur en histoire de l’ULB, retrace l’histoire des relations compliquées entre Flamands et francophones.
Les problèmes linguistiques empoisonnent notre pays quasiment depuis sa création. Le problème plus que persistant qui existe entre les deux grandes communautés linguistiques du pays trouve sa source dans une situation flamando-flamande. C’est l’une des choses expliquées par Céline Préaux, docteur en histoire de l’ULB dans un ouvrage qui vient de paraître et qui s’intitule La fin de la Flandre belge, relève la Dernière Heure.
« En Flandre, les Wallons et l’ensemble des francophones sont
pointés du doigt alors qu’au départ, la frustration des Flamands est née à l’égard des francophones de Flandre. Ces francophones de Flandre étaient flamands et par ascension sociale, ils ont adopté le français. Ils mettaient ainsi une barrière avec le reste de la population qui parlait flamand. »
Les conclusions livrées dans son livre par l’historienne sont d’ailleurs assez négatives pour l’avenir : « La Flandre ne fera jamais marche arrière. Il n’y aura jamais de reconnaissance des francophones de Flandre comme minorité. Une homogénéisation linguistique de la Flandre est apparue dans les années 30 et dans les années 60 avec la mise en place de la frontière linguistique et la fin du recensement. Cette homogénéité est totale. Le mythe fondateur de la Flandre s’est mis en place avec l’identification d’un ennemi commun qui est le francophone. Désormais, c’est la Flandre avant tout. La vision de la Flandre est avant tout ethnique et c’est assez négatif. »
On ne connaît évidemment pas le nombre exact de francophones qui vivent en Flandre, faute de recensement, mais selon certaines études crédibles, le nombre important de 300.000 est régulièrement cité. « Les francophones de Flandre sont amenés à disparaître. Leurs associations sont en train de s’éteindre et ils ne sont pas optimistes pour l’avenir. Ils ont cette peur de disparaître et cette peur est totalement légitime. On leur a supprimé l’enseignement et l’administration dans leur langue. »
On peut donc en conclure qu’à moins que la Flandre ne revoie ses mythes fondateurs construits manifestement sur du sable et que la vision historique qui prédomine en Flandre ne se tienne d’une plus grande objectivité, le mal devrait inévitablement s’approfondir entre les deux grandes communautés du pays.
Stéphane Tassin
La Wallonie s’invite dans les présidentielles françaises
Comme d’ habitude, l’élection présidentielle française passionne les Wallons et les Bruxellois francophones. Il n’est que Bel-RTL et la Première de la RTBF pour, dans leur chronique journalière, trouver la campagne morose, ennuyeuse, de bas échelle. Il est quand même paradoxal de voir ces deux stations de radio consacrer une part d’antenne journalière à un événement qui vole aussi bas !
Il n’entre pas dans les intentions de l’A.W.F., mouvement pluraliste, de prendre parti pour l’un ou l’autre candidat.
Cela ne doit pas nous empêcher de vous faire part d’écrits ou de paroles de candidats qui osent s’aventurer sur le terrain de la Belgique française. Cela nous change du couplet diplomatique du Quai d’Orsay qui concerne notre avenir : « ni ingérence, ni indifférence ».
Par contre, vous ne trouverez pas ici d’écrits des extrêmes dont les programmes sont en contradiction évidente avec les statuts de l’A.W.F. : ainsi, vous n’y trouverez nulle trace de Mme Le Pen, ni de Mme Arthaud.
Deux candidats se sont exprimés sans ambiguïté pour la réunion de la Wallonie à la France : Nicolas Dupont-Aignan, candidat gaulliste, et Jean-Luc Mélenchon, candidat du front de gauche. Ne boudons pas notre plaisir.
Vous trouverez ci-après des extraits significatifs du livre de J-L Mélenchon « Qu’ils s’en aillent tous ! » qui concernent la Belgique puis l’interview du candidat du Front de gauche par la journaliste de la RTBF Charline Vanhoenacker. Dans la dernière ligne droite qui précède le premier tour des élections présidentielles, nous nous ferions un plaisir de voir d’autres candidats parler de l’avenir de la Wallonie. Nous ne manquerions pas de répercuter sur notre site le contenu de leur déclaration…
Paul Durieux
1 . Extraits du livre de J-L Mélenchon
(…)
A mesure que les problèmes sociaux s’accroissent, les solidarités se brisent. Les uns ont tendance à vouloir se séparer des autres pour pouvoir vivre mieux. C’est ce qui arrive en Belgique, par exemple. Les Flamands veulent se séparer des Wallons pour constituer une entité indépendante. Que feront les Wallons si un tel projet aboutissait ? Personne n’en souffle mot. Pourquoi ?
Tout le monde sait que la Belgique est un État totalement artificiel, inventé à une autre époque par les Anglais pour tenir les Français à distance des ports les plus proches de leurs côtes. Ceux qui aiment l’Histoire savent combien les Wallons se sont impliqués dans les démêlés français. On peut imaginer sans peine, dans le cas où les Flamands se sépareraient, que les Wallons veuillent leur rattachement à la République française.
Nombre de Français — comme moi — s’en enthousiasmeraient. Pas vous ? Mais ce serait quand même un sacré changement du tracé des frontières dans l’Union. Ah ! mais, direz-vous, il y a le précédent de l’unification allemande. N’empêche ! Ça ferait vraiment une très grande France. Et quelques inquiets, pas vrai ? Notons que la réunification allemande aussi souleva des problèmes, même si on les a bien étouffés. D’autres cas de ce genre, à l’est de l’Europe ou au sud seraient autrement plus tendus. On ne peut prévoir grand-chose sur ce point. Mais on ne peut ignorer le sujet. Et notre devoir est d’y penser, même si on n’en parle jamais.
Et nous, Français, première population de l’Union dans quinze ans, premier territoire par l’étendue, deuxième PIB du vieux continent, puissance nucléaire, nous ne pouvons nous contenter d’attendre ce que trouveront utile de faire des ectoplasmes du genre du chrétien-démocrate belge Van Rompuy et de la baronne travailliste anglaise Ashton, ces poules mouillées de l’Union européenne élevées sous le parapluie américain. Au contraire, nous devons assumer et proposer, sans complexe.
(…)
Postface à la 2e édition d’octobre 2011
Un an après
(…)
Je veux parler encore d’Europe. Certes, j’y consacre de longues notes sur mon blog. Je sais à quel point le sujet ennuie tout le monde. On a tort. La partie du monde se joue là. En tout cas pour nous. Et l’incurable nullité des autorités qui la dirigent ne peut servir de prétexte à se dissuader d’agir. Ni de parler avec la puissance que nous donne notre pays.
La France n’est pas la cinquième roue du carrosse, mais la deuxième puissance économique de l’Union, pour l’instant, après la sénescente Allemagne. Le trouble qui secoue l’Union est notre affaire intérieure (…).
J’ai bien remarqué qu’on n’aimait pas du tout mes anticipations sur l’implosion de la Belgique ! Après avoir vu passer plus d’un an sans gouvernement du fait des ethnicistes flamands, le silence est tombé ! Dommage. Que la région capitale de l’Union européenne dont est issu le président permanent du Conseil européen soit dans cet état ne soulève aucune passion et guère de commentaires. Les feux de la rampe sont ailleurs. La question reste (…). N’avons-nous rien à dire aux Wallons délaissés et méprisés ? J’ai donné ma réponse personnelle. Il faudrait ouvrir les bras.
Et ne pas repousser ceux qui voudraient venir. Cette idée court depuis au moins quatre siècles. Que m’objecte-t-on ? Rien. Des haussements d’épaules futiles. L’Histoire broie ceux qui se moquent d’elle. J’aime ma patrie républicaine, je ne siège pas chez les étourdis (…).
2. L’interview
Au micro de Charline Vanhoenacker (RTBF), Jean-Luc Mélenchon s’est prononcé pour un rattachement Wallonie-France si la Flandre devait jouer cavalier seul.
Le candidat du Front de gauche à la présidentielle française l’a annoncé, s’il était élu président de la République, il se prononcerait en faveur d’un rattachement de la Wallonie à la France.
Cette déclaration, il l’a faite à la journaliste Charline Vanhoenacker, de l’émission « Arrêt sur images » qui l’a interpellé à sa sortie de France 2, après l’émission « Des paroles et des actes ».
« Je crois que le cœur des Wallons est majoritairement républicain, a-t-il dit. Nous sommes unis par des liens extraordinairement forts ». Il a également promis de s’intéresser à la question quelle que soit l’issue de l’élection.
Pour entendre l’ensemble de la réponse donnée par Jean-Luc Mélenchon, voici le lien.
Le manifeste du Mouvement wallon pour le retour à la France
Jeunes Wallons : l’appel du 1er mai
Le journaliste Pascal Seret donne la parole à Jules Gheude dans « Vers l’Avenir » (lien).
Jules Gheude compte mobiliser les jeunes Wallons via les réseaux sociaux.
Et si les jeunes Wallons se mobilisaient pour leur Région ? Et pourquoi pas ce 1er mai ? L’idée doit faire son chemin sur les réseaux sociaux.
«Notre personnel politique manque de charisme. Les plans successifs ne mobilisent pas en Wallonie. Il faut faire passer un souffle créateur sur notre région. Il n’y a que les jeunes pour nous en sortir. Si la jeunesse capitule, c’est foutu !»
C’est un jeune… retraité qui parle. Jules Gheude est officiellement à la pension depuis quelques mois. L’ancien enseignant proche de François Perin écrit toujours. Et il coordonne les travaux du Gewif (Groupe d’Études pour la Wallonie intégrée à la France).
Il observe depuis des années le nœud communautaire belge. Et, comme d’autres, il estime quela Wallonie ne remportera pas le fameux défi de 2022, quand les transferts flamands s’épuiseront. Jules Gheude pense même que les Wallons n’ont peut-être même plus 10 ans devant eux.
1. BHV : ça craint. «Je crois que les élections communales d’octobre ne seront pas sans incidence sur la coalition au fédéral. On s’imagine que le dossier BHV est réglé. Mais je ne suis pas sûr qu’on ait bien tout bétonné jusque dans les détails», glisse Jules Gheude. Il note que les interprétations commencent à diverger sur ce qui a été négocié. Et aussi que les éditorialistes flamands parlent d’un travail fait à moitié, qui sera à l’origine de nouveaux problèmes communautaires. «D’autant que la mouvance nationaliste poursuit son ascension. Et je crains vraiment un regain de tensions dans la périphérie à l’approche des élections. Voire des violences», dit-il gravement. «On n’imagine pas que le scrutin de 2014 va arranger les choses non plus.» C’est, entre autres, ce qui lui fait dire que la scission n’est plus très loin.
2. Si la Flandre largue les amarres… On en a fait déjà, des scénarios sur une scission du pays. Mais le jugement de Jules Gheude sur la trajectoire wallonne est sévère : «De 1980 à 2012, qu’a-t-on fait de nos compétences ? On ne voit aucun signe de redressement notoire», dit-il. Le chômage ? «Il baisse, oui. Mais il est toujours deux fois plus important qu’en Flandre». Les investissements étrangers ? «On cite toujours les mêmes : Microsoft, Johnson & Johnson, Google. C’est bien mais on doit miser sur un réseau dense de petites et moyennes entreprises, innovantes, performantes et… non délocalisables.» Selon lui, le ministre-président flamand Kris Peeters «n’a que faire de l’échelon fédéral et des autres entités fédérées. Il entend se profiler clairement comme le chef d’un État flamand souverain. Il faut se préparer activement à l’envol prochain de l’État-Nation “Flandre”».
3. La dette. Selon le coordinateur du Gewif, en cas de scission, «on se retrouverait seul face à une situation effrayante. Selon les critères du PIB, en 2010, le solde à financer pour la dette propre à la Wallonie ajoutée à la part de la dette belge revient à 9,074 milliards €. Soit 22 % des dépenses publiques wallonnes. Mais on se base sur un taux d’intérêt appliqué en 2010 à l’État belge, soit 3,6 %. En cas de scission, le taux serait différent. Mettons 12 % pour rester raisonnable. On se retrouverait sans doute avec plus de 15 milliards à financer, soit 37 % des dépenses publiques wallonnes. Une catastrophe !»
4. Les jeunes ! «Je voudrais profiter du 1er mai pour lancer un grand rassemblement des jeunes de Wallonie sur le plateau de la Citadelle à Namur, à 11 h. Toutes tendances, tous partis confondus, avec comme seul thème le sauvetage de leur région. Il faut leur dire : “Engagez-vous ! Mobilisez-vous ! Forcez vos responsables politiques à cesser leurs jeux partisans !”» Jules Gheude compte sur Facebook et Twitter pour battre le rappel. Mais comment mobiliser une partie de la population qui veut bien s’indigner, mais a priori pas pour une cause régionale ? «Ils ne se mobilisent pas parce qu’on leur tient un discours trompeur. Or, ils ont droit à la vérité. Il est temps !» Et après ? «J’espère que ça ne restera pas sans lendemain. On aura essayé…» Naïf ? «On peut parfois l’être», sourit-il.
Epinal n’est pas français
Jean-Luc Lefèvre (Emptinne)
L’alliance Wallonie-France n’a pas bonne presse. Quelle qu’elle soit !
Dans le Grand Livre des Objections à cette Nouvelle Alliance, les thuriféraires de l’état-Belgique en appellent aux autonomies et pouvoirs locaux comme ultimes repoussoirs.
D’un côté, le fier Perron liégeois, de l’autre le Léviathan jacobin. Horreur donc !
Le plat pays qui est le mien a longtemps été, c’est vrai, terre de beffrois et de communautés de feux. Il a longtemps été, c’est vrai, pays où « l’air de la ville rend libres ». Libres et donc rebelles comme l’ont été les bourgeois d’Arras démantelée par Louis XI, l’« Universelle araignée », figure emblématique de la France honnie.
D’un côté donc, un vivier de décentralisation politique, de l’autre, un mouroir de déconcentration administrative.
Et pourtant !
Quand j’entends le Ministre FURLAN, confronté, c’est vrai, à de profondes mais très locales dérives municipalistes, dénoncer l’autonomie communale qui serait aussi un facteur de « chaos » (sic), quand je vois des mandataires locaux s’ »escagacer » de la tutelle étouffante de la Région wallonne, quand je sais le rétrécissement du champ des compétences communales (l’implantation des parcs éoliens et des grandes surfaces commerciales en périphérie urbaine, hier, le « Schéma de développement économique régional et ses noyaux d’habitat », demain), je m’interroge sur la valeur politique ajoutée des terres romanes de Belgique par rapport à la France.
Une France qui, pour rapprocher ses citoyens de la décision politique, a toujours privilégié l’approche des communautés urbaines et rurales à celle des fusions de communes !
Prétendre que les terres romanes de Belgique ne sont pas solubles dans le paysage institutionnel français sous prétexte de la culture hexagonale de la centralisation antinomique de notre culture politique, c’est refuser de prendre en compte nos évolutions les plus récentes; c’est aussi collaborer à l’émergence du mythe d’une structure institutionnelle non bio-dégradable; c’est enfin se regarder dans le rétroviseur au lieu de regarder devant soi.
Serions-nous de nouveaux Narcisse ?



