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La Reine Mathilde sur les traces de la Reine Fabiola

Nous pouvons dire que la Reine Mathilde est particulièrement douée. 10 jours après l’accession au trône de son cher Philippe, la Reine des Belges crée une fondation afin de gérer une partie de la fortune d’Udekem d’Acoz, mais aussi pour en retirer des avantages fiscaux non négligeables.

Tout va bien… Les républicains vont devenir majoritaires en Wallonie.

Lu sur le site du « Vif » du mercredi 31 juillet 2013.

Fabiola-MathildeLa reine Mathilde a mis sur pied une fondation avec ses frères et sœurs pour gérer une partie de la fortune familiale. C’est ce qu’écrivent De Standaard et Het Nieuwsblad ce mercredi.

Il y a peu, Fabiola subissait les foudres des critiques à propos de sa propre fondation avec laquelle elle aurait pu contourner des droits de succession. Aujourd’hui, il semble que Mathilde, ses deux sœurs et son frère, ont fondé leur propre société : le Groupement Forestier de Losange (GFL). Ce groupement comprend les terrains autour du château de Losange, l’endroit où l’épouse du roi Philippe a passé son enfance. La société vise à prévenir le morcellement du domaine de Losange en cas de décès de Mathilde ou d’un de ses frère et sœurs. Si un tel cas de figure se produit, les héritiers percevront des actions de la société, et non pas les territoires en eux-mêmes.

Cependant, la fondation présente également certains avantages fiscaux. « Par exemple, tous les frais d’entretien et de rénovation peuvent être déduits » déclare l’avocat fiscal Michel Maus. « Et le transfert du patrimoine peut s’opérer sans frais en faisant don des actions aux enfants royaux. Tout comme une fondation, une société de patrimoine peut être utilisée pour contourner les droits de succession ».

Pour Jos Ruysseveldt, professeur à l’École Supérieure Fiscale de Bruxelles et avocat spécialisé en gestion du patrimoine, la famille d’Udekem d’Acoz pourrait néanmoins se retrouver en situation difficile si d’aventure il s’avérait que GFL est uniquement motivé par des raisons purement fiscales.

Retour sur une enquête consacrée à l’avenir de la Wallonie

La Meuse, tableauxAu cours du mois de mai, le groupe « Sud Presse » consacrait une enquête à la Wallonie. Elle avait pour ambition de dire ce que voulaient les Wallons. Dans son éditorial, le directeur en chef adjoint, Demetrio Scagliola titrait : « Les Wallons veulent du changement… maintenant ».

Le fait est trop rare que pour ne pas y revenir. Que disait le journaliste ?

« A un an d’élections qui risquent de bouleverser le visage du pays, nous avons posé plus d’une centaine de questions aux habitants de la Wallonie. Sans tabou, sans éviter les questions qui fâchent et sans se limiter aux seules intentions de vote. Pour la première fois, un journal regarde les Wallons dans les yeux en écoutant leurs avis sur la monarchie, la politique, la Flandre, l’école, les syndicats, la santé, la religion, les services publics, l’économie, l’industrie,… Les résultats de ce sondage sont pour le moins surprenants. Et s’il est possible de résumer ce travail titanesque, nous dirions que les Wallons sont lucides sur la situation actuelle de leur région, convaincus que le pays va changer profondément et que la Wallonie pourrait tirer son épingle du jeu à condition de se remettre en question. Mais ce que veulent surtout les Wallons, c’est un changement en profondeur, de la nouveauté au niveau des hommes, des partis, des idées et des pratiques… Les Wallons veulent qu’on leur dise la vérité, qu’on leur présente un projet fédérateur… »

Les résultats de cette enquête faisaient apparaître :

a) que 31 % des Wallons se prononçaient pour un rattachement avec Bruxelles, solution rêvée par la grande majorité du personnel politique qui garderait ainsi ses rentes de situation. Cette solution est largement relayée par les médias, mais comment retenir ce « Wallobrux » qui est rejeté par 95 % des Bruxellois ? Ne confondons pas ici  » Wallobrux », sorte de Belgique résiduelle et collaboration étroite entre les régions wallonne et bruxelloise.

b) la bonne santé de la réunion à la France (24 %) malgré la volonté des médias d’écarter cette solution dans les débats sur l’avenir de la Wallonie. Rappelons le sondage du « Soir »-« La Voix du Nord » de 2009 où l’option du réunionisme remportait 49 % des sondés wallons en cas de scission de l’Etat belge. Plus de 60 % des Français étaient pour une intégration de la Wallonie à la France.

c) que 16 % des Wallons se prononçaient pour l’indépendance de la Wallonie, mais cette solution tient-elle la route à la lumière des chiffres avancés par nos économistes ?

d) que 25 % des Wallons faisaient les yeux doux au Luxembourg, mais comment imaginer que les 500 000 Grands-Ducaux accepteraient de partager la dette publique qui serait celle de la Wallonie ?

e) que 50 % des Wallons se déclaraient républicains. Ce résultat est surprenant au regard du battage médiatique qui ne cesse de vanter aux Wallons les vertus de la monarchie.

Paul D.

Une bombe sous le volet judiciaire de l’accord BHV

Moi qui pensais que l’accord BHV était scellé dans le béton, je découvre sur le site du « Vif », en date du 6 août,  qu’il n’en est rien. Mais rassurez-vous, le constitutionnaliste Delpérée bombe le torse…!

accord BHVIl est fort probable que les francophones et les néerlandophones doivent renégocier la scission de l’arrondissement judiciaire Bruxelles-Hal-Vilvorde. L’accord conclu ne prévoit pas assez de juges néerlandophones. C’est ce que rapporte le journal de Tijd.

Delpérée : « Il n’est pas question de renégocier le BHV judiciaire »

Déjà en octobre 2011, il s’est avéré que l’accord sur la scission de l’arrondissement judiciaire était basé sur des statistiques erronées. Le journal De Tijd a pu étudier le rapport et confirmer cette supposition. Jusqu’ici le problème avait été tenu secret « pour ne pas brusquer les francophones », écrit le journal.

Chiffres erronés

L’accord BHV stipule qu’à l’avenir il y aura seulement 20 pour cent de juges bruxellois néerlandophones alors qu’à présent un juge sur trois à Bruxelles est néerlandophone. Même si quelques mois plus tard il s’est avéré que les chiffres utilisés lors des négociations étaient erronés et qu’il fallait plus que 20% de juges néerlandophones, les partis francophones n’ont plus voulu changer l’accord d’un iota.

En juillet l’année passée, la ministre de la Justice Annemie Turtelboom (Open Vld) a demandé au réseau de conseil KPMG de mesurer la charge de travail des juges bruxellois. Sur base de sources bien informées, De Tijd révèle que les rapports de KPMG concluent que le tribunal de travail, par exemple, nécessite 34 % de juges néerlandophones.

Si l’accord BHV prévoit 5 juges du travail néerlandophones, il en faudrait 12 selon KPMG. C’est même davantage que les 9 juges du travail néerlandophones actuellement actifs à Bruxelles. Pour le tribunal bruxellois de première instance – le plus grand tribunal – KPMG conclut que le département civil doit compter plus de 35 % de juges néerlandophones. Et pour le tribunal de première instance dans sa globalité, KPMG estime qu’il faut 29 % de néerlandophones, donc également davantage que ce qui a été convenu.

L’impasse totale

Selon De Tijd, le rapport KPMG est prêt depuis des semaines, mais on n’en parle pas pour ne pas offusquer les francophones. La ministre de la Justice Annemie Turtelboom (Open VLD) et le Secrétaire d’État aux Réformes institutionnelles Servais Verherstraeten (CD&V) font savoir que le rapport a été transféré à un comité de suivi qui continuera à y travailler après les vacances.

Certains magistrats côté francophone mettraient en doute la stratégie de KPMG et se seraient plaints de sa méthode de calcul. « Si les politiques francophones reprennent cette critique, l’impasse est totale », écrit le journal.

Les diables rouges, arme anti N-VA

diables rouges, brabançonneDès le lendemain du match test de football Belgique-France, le journaliste Olivier  Mouton rédigeait un article au titre agressif sur le site du Vif-l’Express : « Les Diables Rouges, arme anti N-VA ? ». Dans la foulée, l’hebdomadaire de langue française le plus lu en Wallonie et à Bruxelles faisait du titre sa page de couverture à une nuance près : le point d’interrogation disparaissait. L’équipe nationale de football belge serait donc une arme pour influencer le vote flamand et le détourner de la N-VA. Cette instrumentalisation du sport le plus populaire mérite que l’on s’y arrête.

Chaque match des footballeurs belges donne lieu à un battage médiatique où chaîne privée et publique s’adonnent à une surenchère virulente. C’est à qui en fera le plus pour créer en Wallonie et à Bruxelles un climat euphorique et sublimer ainsi un sentiment de fierté « nationale » qui se veut unanime.

Pense-t-on un instant à tous nos concitoyens qui se sentent étrangers à tout sport ou encore à celles et ceux qui détestent tout esprit de compétition ? Pense-t-on à tous ces sportifs qui pensent qu’il n’y en a que pour les « fouteux » et ce au détriment de la discipline sportive qui leur tient à cœur ?

Personnellement, je me range du côté des citoyens qui aiment tous les spectacles sportifs. Un beau match de football peut donc susciter chez moi un grand enthousiasme, mais de là à transformer en guerrier politique chaque diable rouge, il y a un pas sinon un gouffre que je me refuse à franchir.

Nous savons qu’aujourd’hui le sentiment belge est soigneusement et honteusement cultivé en Wallonie. A Bruxelles, le sentiment régional devient majoritaire. En Flandre, l’identité flamande est majoritaire et continue à se développer. Trois régions, trois sociétés différentes sont la réalité de la Belgique.

Au-delà du spectacle proprement dit, plusieurs choses ont retenu mon attention dans ce match.

1. La Marseillaise sifflée par le public « belge ». Ce comportement des « supporters » sera regretté le lendemain à la radio par l’entraîneur belge, Marc Wilmots.

2. La Brabançonne chantée en français par le public, ce qui prouve que les Diables rouges trouvent une majorité de supporters en Wallonie et à Bruxelles.

3. La main posée sur le cœur des joueurs belges pendant la Brabançonne. La mise en scène est parfaite, semblable à celle de pays peu démocratiques.

4. Une foule bariolée de noir-jaune-rouge. Coqs wallons et lions flamands sont bannis.

5. Le commentaire du « journaliste » ne manque pas de parler de l’absence du roi et des membres de la famille royale tout en insistant lourdement sur l’attachement de Philippe 1er aux Diables rouges.

6. La majorité des joueurs sont des Wallons ou des Bruxellois entraînés par un asexué linguistique, parfait bilingue, mais Wallon, même s’il ne revendique que sa belgitude.

7. Chacun sait que rien n’est plus versatile que l’engouement d’un public sportif, particulièrement en football. L’équipe belge a du talent, certes, mais elle doit encore se qualifier et un accident est vite arrivé. Les déplacements en Ecosse et en Croatie ne seront pas les parties de plaisir que certains imaginent.

Ivo Belet, eurodéputé CD&V, spécialiste des questions liant football et politique soulignait : « Les succès des Diables réveillent un sentiment belge, c’est indéniable. Dans les tribunes, c’est tout rouge-jaune-noir. C’est évidemment fort embarrassant pour ceux qui n’y croient pas. Je l’ai tweeté plusieurs fois : oui, cet engouement a une signification politique. Ce qui est dérangeant pour ceux qui ne croient plus en la Belgique. »

Rien n’est moins sûr que cet état d’esprit ne soit pas celui d’électeurs séduits par la N-VA. La Brabançonne chantée en français, la foule bariolée en noir-jaune-rouge, une majorité de joueurs « francophones », un entraîneur wallon, la mise en scène belgicaine, tout cela fait resurgir la Belgique unitaire de papa. Cette Belgique mythique n’est-elle pas l’exemple même de ce que déteste une grande majorité de Flamands ?

Récemment, Robert Collignon me disait : « La Belgique a une belle équipe composée d’individualités talentueuses. Je me réjouis de voir l’éclosion d’un Wallon comme Eden Hazard. Pendant le match, l’état d’esprit des joueurs met de côté les appartenances régionales. Mais quand les joueurs flamands rentrent chez eux, ils laissent le rouge à Bruxelles pour ne garder que le jaune et le noir à la différence des joueurs wallons et bruxellois qui restent belges avant tout. »

Paul D.

Profonde tristesse.

Au retour des vacances, il y a les bonnes, les moins bonnes et les mauvaises nouvelles. Parmi ces dernières se glisse parfois celle que l’on ne voudrait jamais recevoir.

Ainsi, j’ai le pénible devoir de vous faire part du décès de notre ami Jean Lerusse. Ses funérailles ont eu lieu le mardi 13 août dans sa commune de Blegny.

Nous présentons à son épouse Kathleen, à ses enfants et petits-enfants ainsi qu’à sa famille nos condoléances les plus sincères.

J’avais découvert Jean en 2009 au cours des multiples réunions de la Commission  « Retour à la France » dont j’assumais la présidence et qui préparaient les Etats Généraux de Wallonie portés à bout de bras par Jules Gheude.

Docteur en médecine et gynécologue, Jean était un homme souriant, affable, discret, intelligent et compétent dans bien des domaines. C’était un réunioniste de cœur et de raison. Ses avis et commentaires étaient toujours écoutés avec la plus grande attention.

Après les Etats Généraux de Wallonie, Jean continua tout naturellement à participer aux travaux du GEWIF (Groupe d’études pour une Wallonie intégrée à la France) toujours sous l’égide de Jules Gheude. Parmi les cahiers élaborés par le groupe, il fut particulièrement actif dans l’écriture du cahier qui comparaît les systèmes de santé français et belge.

Je me souviens aussi des repas d’après-réunion où Jean, accompagné très souvent de son épouse, nous offrait son humour et sa bonne humeur.

Membre de l’ A.W.F., Jean nous fit l’honneur d’accepter de figurer parmi le groupe de parrainage de notre mouvement.

Nous perdons un ardent défenseur du retour de la Wallonie à la France. Nous garderons en nous le souvenir d’un homme qui était particulièrement apprécié. Merci Jean pour le combat que nous avons mené ensemble.

Paul Durieux

Petit abécédaire du retour à la France

petit abécédaireMagistrat honoraire, Georges-Henry Simonis s’est beaucoup investi dans le cadre d’associations de lutte contre les exclusions. Avec l’enthousiasme et la générosité qui le caractérisent, ce Carolorégien très actif au sein de l’AWF a rédigé un Petit abécédaire du retour à la France. Il s’est amusé, comme il l’écrit lui-même, à faire le tour des lettres de l’alphabet pour exprimer des impressions qui en appellent d’autres. Il s’agit, dans son esprit, de stimuler le débat. Ni plus ni moins.

Pour obtenir cet ouvrage, il suffit d’en faire la demande à l’auteur en utilisant l’adresse suivante : ghsimonis@voo.be.

Le livre sera envoyé gratuitement aux membres de l’AWF. Pour les autres personnes intéressées, il est demandé de verser 10 € (frais d’envoi compris) sur le compte 260-0174332-92. Ne pas oublier de communiquer son adresse postale.

Voici comment Georges-Henry Simonis introduit lui-même son abécédaire :

Georges-Henry SimonisComment augmenter le désir de France des Wallons ? Comment augmenter le désir de Wallonie des Français ?

Tels sont les deux objectifs de cet ouvrage qui ne se veut pas une analyse complète et scientifique, mais qui souhaite qu’existe au moins un large débat sur la question.

Actuellement, ce débat n’existe pratiquement pas dans l’opinion publique, sauf au sein de cénacles spécialisés le plus souvent composés de militants convaincus de longue date de la pertinence de la cause wallonne, de la nécessité du rassemblement des Wallons et du retour à la France.

Souvent, ces militants sont relativement âgés, car le problème ne date pas d’hier… Il remonte à la création du Royaume de Belgique, en 1831, sur des bases déjà aléatoires… Il a connu ses grands moments, comme en 1912, à la veille de la grande guerre, quand Jules Destrée écrivit au Roi qu’il n’y avait pas de Belges mais des Wallons et des Flamands… De nombreux ouvrages ont été consacrés à l’histoire de cette dualité.

Le problème est aujourd’hui plus que jamais d’actualité : un gouvernement de large coalition est né, dont l’accouchement fut particulièrement difficile, qui s’est donné comme mission de marier l’eau et le feu, le nord et le sud, la gauche et la droite…

Il tente, une fois encore, de sauver la Belgique en la fédéralisant davantage.

On sait, en ce début 2013, que les milieux flamands revendiquent déjà le pouvoir pour après les élections de 2014. On sait aussi que l’alliance flamande s’est ressoudée, comme à Anvers à l’occasion des élections communales qui ont réuni la droite nationaliste N-VA, les chrétiens démocrates CD&V et les libéraux Open-VLD.

On sait depuis longtemps que leur combat est celui de l’indépendance de la Flandre, et on sait que celle-ci représente grosso modo 60 % du nombre des Belges.

Or, le débat public sur le retour à la France est largement absent dans l’opinion comme dans la presse : on parle peu du retour à la France en Belgique, la plupart des décideurs étant aux affaires…

De même, en France, où les problèmes sont aujourd’hui conjoncturellement nombreux et variés, on évoque peu la situation de la Wallonie, au nom du principe de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays voisin et ami.

En outre, la façon dont la Région wallonne est perçue à l’étranger n’est pas assez positive : elle traîne encore l’image d’une région en souffrance, victime d’une crise industrielle extrêmement lourde.

Or, la future mariée devient jolie : elle se met en lumière en bien des aspects post-industriels, et assume mieux son héritage difficile du XXe siècle. Elle est même en pointe dans de nombreux domaines scientifiques, industriels, culturels, artistiques…

Le retour à la France s’inscrit dans le sens de l’Histoire.

Commençons donc par le début : ce sera l’ABC d’un rêve et d’un souhait partagés par de nombreux Wallons et Bruxellois.

Faisons-le en nous amusant, de manière parfois un peu simpliste, mais surtout en faisant quelques comptes et en ayant pour but essentiel de lancer largement ce débat public qui concerne toute la société : les jeunes, les adultes, les associations, les partis politiques, les responsables en tous genres…

Et ce des deux côtés de la frontière qui sépare encore la Wallonie et la France. La réunion de la Wallonie – et de Bruxelles – à la France est une grande idée, mais aussi une succession de petites préoccupations quotidiennes. Notre but ultime  est d’aider les gens à avoir des conditions de vie plus faciles, et un brin de bonheur en plus… Lançons-nous, pour un inventaire à la Prévert, qui orientera sans doute nos choix…

Et tant pis s’il n’y a pas assez de lettres dans cet alphabet provisoire : peut-être y aura-t-il un jour l’un ou l’autre dictionnaire amoureux plus complet sur la France et la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Nous comptons sur toutes les réactions !

Georges-Henry Simonis

Port d’Anvers .vlaanderen

Quand les yeux se détournent de la lumière aveuglante, on distingue mieux la réalité des choses. Après ce 21 juillet « historique », il faut réapprendre à voir clair dans les petites infos de la semaine. Voici deux infos relevées sur le site de La Libre, évidemment sans rapport avec le couronnement de Philippe, ni même avec la politique… du moins, pas directement.

BELGIUM ANTWERP HARBOR INFRABELLe port d’Anvers menacé, lisait-on ce mercredi dans la rubrique Economie. « La branche fret de la société de chemins de fer vient en effet de décider officiellement de fermer son ‘hub’ intermodal d’Anvers-Nord. Un site pour le moins important pour le tissu économique flamand puisque«  A vrai dire, ce n’est pas une petite info, si on touche au cœur économique de la Flandre. Anvers, c’est aussi Bart De Wever, prêt à sortir ses griffes quand les intérêts flamands sont négligés par le gouvernement fédéral. Se peut-il que la SNCB/NMBS se désengage ainsi du port d’Anvers ?

Plus loin dans l’article, on apprend toutefois que « …’si le gouvernement devait décider de prolonger les subsides pour le transport ferroviaire intermodal, le conseil d’administration a d’ores et déjà accepté d’annuler sa décision de mettre fin à l’exploitation du Main hub, précise Geert Pauwels, CEO de la SNCB Logistics ». Ah voilà, ce n’est qu’un moyen de mettre le gouvernement Di Rupo face à ses responsabilités. On allume la mèche et on engage le compte à rebours. Un courrier a été envoyé au ministre des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille (PS) et au secrétaire d’Etat à la Mobilité Melchior Wathelet (CDH). Deux francophones. La SNCB/NMBS, dont on connaît les difficultés financières et la propension à négliger la Wallonie, ne réclame ici que quelques millions de plus pour les mois à venir. Inutile de jouer avec le feu. Le gouvernement fédéral doit savoir que s’il a des économies à faire (avec une dette qui explose à nouveau), il a intérêt à ménager la Flandre. Affaire à suivre.

Cela mérite un commentaire. Il y a trois semaines, Le Vif/L’Express a donné la parole à des experts en noir-jaune-rouge qui soutiennent que l’éclatement de la Belgique est impossible. A côté des habituels Philippe Van Parijs et Vincent Laborderie, les joyeux auteurs de Good Morning Belgium, il y avait un invité-surprise : Christian Behrendt, dont l’argument se résume à ceci : « Le plus important, comme le disait Bill Clinton, ‘it’s the economy, stupid !…’ Il pourrait certes y avoir un jour une majorité de parlementaires disposée à soutenir ce genre de résolution. Mais le jour-même, il y aurait une réaction très vive des milieux économiques. » On l’a connu mieux inspiré, le professeur de droit constitutionnel à l’Université de Liège. Il semble au contraire que l’économie soit une source inépuisable d’arguments pour le nationalisme flamand. C’est sur ce terrain-là que le travail de sape de l’Etat belge est le plus efficace. S’il y a des freins au démembrement de la Belgique en Flandre, ils ne sont pas à chercher du côté de l’Unizo ou de la Voka. Quant à Geert Pauwels, CEO de la SNCB Logistics, il fait penser au Monsieur Jourdain de Molière : en menaçant le gouvernement Di Rupo de fermer son « hub » intermodal du port d’Anvers, il joue sans le savoir avec le feu communautaire (mais peut-être est-il très conscient de ce qu’il fait).

Illu: Young boys & their computerAutre info, pêchée cette fois dans la rubrique Cybermédia : Des sites .vlaanderen et .brussels dès septembre 2014. « Les extensions des noms de domaines ‘.vlaanderen’ et ‘.brussels’ devraient être opérationnelles à partir de septembre 2014. C’est une simple information donnée par l’agence Belga, sans développement ni commentaire. On y lit aussi que le « gouvernement wallon, en revanche, n’avait pas souhaité acheter l’extension ‘.wallonie’, invoquant notamment le coût d’une telle opérationEntre-temps, la Wallonie s’est également dotée d’un nouveau logo souligné par le nom de domaine ‘Wallonia.be’ qui profite de l’extension ‘.be’, plus connue internationalement. »

Inutile de revenir sur la polémique suscitée par la façon dont la Wallonie communique et gère son budget. Ce qu’il importe de voir ici, c’est que le gouvernement flamand n’hésite pas, lui, à dépenser de l’argent pour se défaire de l’extension « .be ». Comme toujours, la Flandre entend s’affirmer pour ce qu’elle est, tandis que la Wallonie se présente au monde comme une région de la Belgique, un pays dont la Flandre est l’élément dominant et… centrifuge. Autrement dit, loin de s’émanciper, la Wallonie se définit par son appartenance à un Etat fédéral en voie d’évaporation dont l’avenir dépend du bon vouloir d’une nation flamande de plus en plus consciente d’elle-même et soucieuse d’exister sur le plan international. Ce déséquilibre est préjudiciable à la Wallonie et on ne fait que le renforcer quand on exalte le sentiment national belge dans les médias francophones. A quand une extension « .fr » pour donner une visibilité plus grande à la Wallonie ?

Georges R.

Décès de Jean Esnault

Nous apprenons le décès de Jean Esnault. Il était membre de l’AWF. Pour ceux qui ne le connaissaient pas, voici ces quelques mots du Forum Démocratique Wallon, auquel nous nous associons.

Nous l’avons eu à nos côtés lors de la création du FDW; militant wallon, bien qu’il n’ait pas clamé haut et fort son engagement dans la mouvance wallonne, il fut de ceux qui luttèrent notamment pour l’abdication du Roi Léopold III dans les années 50, document cinématographe en atteste par ailleurs. Il s’est toujours montré critique vis-à-vis de l’Etat belge et de ses mentors, la façon dont la Wallonie fut vendue lâchement aux appétits flamands et la couardise des dirigeants wallons. Il était le premier à vouloir rassembler toutes les forces wallonnes dont il trouvait absurde l’existence de divisions au sein du Mouvement Wallon.

Nous tenons à exprimer à ses proches nos sincères condoléances,

Le FDW

Vingt ans après

21 juillet 2013Albert II se retire en souhaitant que la Belgique garde sa cohésion.

Place aux réjouissances. Soleil radieux pour le couronnement de Philippe en ce dimanche de fête nationale. Avec l’avènement d’un nouveau roi, la Belgique voudrait se persuader qu’elle échappe à ses démons communautaires, à l’emprise du temps, qu’elle se renouvelle à mesure qu’elle écrit son histoire en noir-jaune-rouge. Mais l’inquiétude est palpable.

Vingt ans ont passé. Quand Albert II est monté sur le trône de Belgique, il y avait la même incertitude. L’exemple donné par les Tchèques et les Slovaques, séparés d’un commun accord le 31 décembre 1992,  donnait une résonance particulière aux accords de la Saint-Michel transformant la Belgique en Etat fédéral. Au printemps, 60 000 personnes défilaient contre le séparatisme à Bruxelles, en chantant les exploits des Diables rouges à Mexico, avec des « olé, olé, olé, we are the champions ». Cela n’empêchait pas Luc Van den Brande, le ministre-président flamand, d’annoncer que l’étape suivante était le confédéralisme.

La Flandre sait où elle veut aller. Sa position dominante en Belgique l’engage à rester patiente.

En ce 21 juillet 2013, tandis que des milliers de drapeaux noir-jaune-rouge battent l’air surchauffé, à la façon d’un cœur qui s’emballe, à la recherche d’un nouveau souffle, Albert II cède le trône à son fils, mais il est bien conscient que c’est la population flamande, majoritaire et majoritairement peu enthousiaste, qui détient les clés du royaume. La fête sera de courte durée. A charge, pour Di Rupo, de prolonger le charme. Et les Diables rouges, olé, olé, olé.

De grandes émotions collectives ont pu faire croire en l’ »invincible unité » du peuple belge, mais jamais très longtemps. Les images accompagnant l’ultime discours officiel d’Albert II, hier, ont rappelé combien la mort soudaine du roi Baudouin, survenue le 31 juillet 1993, avait ému les Belges, une foule compacte enserrant le palais royal dans l’attente d’un dernier hommage au défunt. Trois ans plus tard, la tension communautaire était pourtant montée si fort que Claude Eerdekens brisait le tabou du rattachisme en séance plénière de la Chambre : « Nous, Wallons, sommes fiers de nous trouver à côté d’un grand pays comme la France. Si vous voulez que la France se trouve aux portes de Bruxelles, alors allez-y… ». Les médias se sont engouffrés dans la brèche et la question de l’existence de la Belgique a été posée comme jamais auparavant. Il a fallu le retentissement de l’affaire Dutroux pour calmer le jeu, sans rien changer sur le fond, la Flandre maintenant la pression pour de nouvelles réformes.

Certes, un imprévu peut infléchir le cours des choses. En 1999, la crise de la dioxine a rejeté le CVP dans l’opposition, privant Luc Van den Brande de son grand rendez-vous avec l’histoire en 2002. Lui repoussé dans les coulisses, le 700e anniversaire de la bataille des Eperons d’or, annoncé comme le grand soir du nationalisme flamand, s’est dégonflé. La 5e réforme de l’Etat, adoptée un an plus tôt, n’a pas fait chanceler le royaume de Belgique.

Les chrétiens flamands ne sont revenus au pouvoir qu’avec la N-VA dans leurs bagages. Alors que le confédéralisme était désormais sur toutes les lèvres en Flandre, les partis francophones ont utilisé la seule force qu’ils détenaient encore : la force d’inertie. A leurs électeurs, ils ont dit qu’il fallait s’occuper des « vrais problèmes des gens ». Mais, en Belgique, ce discours est trompeur, mensonger. Les choix politiques prennent vite une dimension communautaire. Le communautaire est partout. Depuis les élections de 2007, la Belgique est en état de crise communautaire permanente. Les francophones ont dû négocier une nouvelle réforme qui va leur faire mal dans les années à venir. En dépit de ces concessions, la tension retombe à peine, car voilà que se profile une nouvelle échéance électorale à haut risque, avec un Bart De Wever qui capitalise sur une certaine impatience de la Flandre.

Georges R.

Sur le même sujet, lire aussi Ô Belgique, ô mère chérie.

Jules Gheude dans l’Echo

Dans son édition d’aujourd’hui, le journal L’Echo a brièvement rendu compte de la « joyeuse sortie » d’Albert II en Flandre. C’était à Gand, ce mercredi. « Tout au long de la journée, le public était peu nombreux et l’accueil a été quelque peu perturbé par une poignée d’activistes nationalistes flamands. »

Le quotidien préféré des investisseurs a consacré sa page suivante à une interview de Jules Gheude, que nous reproduisons ici.

L'Echo, Gheude 3Jules Gheude représente un courant très minoritaire en Belgique, celui des « rattachistes » par rapport à la France. Son mentor n’est autre que François Perin, ancien ministre de la Réforme des institutions et constitutionnaliste émérite de l’Université de Liège. Celui-ci avait démissionné spectaculairement de sa fonction sénatoriale, il y a 33 ans, en déclarant que la Belgique ne survivrait pas au nationalisme flamand. Jules Gheude vient de signer un essai sous la forme d’une lettre adressée à « un ami français » et qu’il intitule « De la disparition de la Belgique » (éd. Mon Petit Editeur).

Pourquoi le choix d’une lettre adressée à un ami français ?

S’ils ont entendu parler de l’affrontement entre Flamands et Wallons, nombre de Français ignorent l’ampleur du problème. Ils sont loin d’imaginer qu’un phénomène de balkanisation est en train de se dérouler à leur frontière nord. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Ce n’est pas pour rien que la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale française a chargé, en juillet 2011, deux de ses élus, l’un de la majorité, l’autre de l’opposition, de se rendre chez nous afin de faire un rapport sur la situation intérieure du pays. Et le moins qu’on puisse dire, c’est ce que ce rapport émet de sérieux doutes quant à la survie de la Belgique. Voyez ce qu’a déclaré le député PS Jean-Pierre Kucheida : « J’ai l’ultime conviction que les Flamands ne seront jamais satisfaits dans le cadre actuel de la Belgique, ils ne pourront être satisfaits que si le cordon belge est coupé ou, tout au moins, largement distendu »

C’est cette réalité que, selon vous, les responsables francophones ne veulent pas admettre…

Oui. A travers l’ami français, c’est donc aussi à eux que je m’adresse. Ils ne veulent pas comprendre que la Flandre est devenue une Nation, comme cela figure d’ailleurs expressément dans le préambule de la Charte pour la Flandre, qu’un Parlement flamand unanime a adoptée il y a deux ans. Cet aveuglement volontaire est proprement suicidaire. Alors que la Flandre sait clairement où elle veut aller, c’est-à-dire à l’indépendance complète par étapes – fédéralisme, confédéralisme-, les élites francophones, soucieuses avant tout de préserver leur rente de situation, continuent d’agir comme s’il était écrit quelque part que la Belgique avait valeur d’immortalité. Il faut le dire, haut et fort : aucune réforme de l’Etat ne viendra à bout du nationalisme flamand. Voyez le dernier Baromètre du « Soir » qui indique, à un an des prochaines élections fédérales et régionales, que la N-VA et le Vlaams Belang récoltent 44,4% ensemble des intentions de vote.

Comment voyez-vous les choses si ce score devait se confirmer en 2014 ?

En partant d’un sondage de février, Christian Behrendt, le constitutionnaliste de l’ULg, a fait ses calculs : N-VA et Vlaams Belang pourraient obtenir 44 des 87 sièges que compterait le groupe linguistique néerlandais. C’est la majorité absolue, au siège près. Ce résultat se passe, je crois, de tout commentaire. On imagine déjà les turbulences que cela va engendrer dans le ciel politique ! Je ne sais dire avec exactitude quand la scission de la Belgique interviendra, mais le fait est qu’elle apparaît de plus en plus inéluctable. L’émission « C’est du belge » pourrait, plus vite qu’on ne pense, devenir « C’était du belge »

Vous dites que les élites francophones ne réfléchissent pas à l’après-Belgique. Mais il y pourtant ce Plan B…

Ne tournons pas autour du pot. Comme ils redoutent comme la peste de voir leurs avantages et prérogatives actuels disparaître le jour où, forte de sa légitimité démocratique, la Flandre larguera unilatéralement les amarres, ils s’imaginent, avec une grande naïveté, pouvoir poursuivre la route avec une Belgique seconde ou continuée. Car c’est, à leurs yeux, ce que devrait devenir cette Fédération Wallonie-Bruxelles qu’ils tentent aujourd’hui d’affirmer. Depuis 2007, j’ai placé ma réflexion dans l’après-Belgique. Avec les Etats généraux de Wallonie, initiative citoyenne que j’ai mise sur pied en mai 2009 et que le monde politique a préféré snober, des rapports fouillés ont été rédigés, à charge et à décharge, sur les diverses options d’avenir possibles pour la Wallonie. Et le constat est clair : ni un Etat Wallon indépendant, ni un Etat Wallonie-Bruxelles ne constitueraient des formules réalistes et, surtout, financièrement viables.

Dans votre livre, vous qualifiez cette Fédération Wallonie-Bruxelles de « vaste fumisterie »…

Non seulement l’appellation n’est pas constitutionnelle, mais elle ne peut prendre corps, pour la simple raison que le Parlement bruxellois, contrairement au Parlement wallon, ne pourra jamais délibérer pour l’approuver. En effet, les élus flamands disposent du droit de veto au sein de l’institution bruxelloise et ils ne manqueraient pas d’en user. Par ailleurs, selon un sondage du 23 mars dernier, 68% des Bruxellois se prononcent sans hésiter pour une Région bruxelloise indépendante. Voilà qui met à mal cette Fédération Wallonie-Bruxelles que 61% des Wallons voudraient voir se transformer en Belgique résiduelle. Sans oublier les difficultés que rencontrerait une telle Belgique au niveau de sa reconnaissance sur le plan international.

Selon vous, il n’y a donc d’avenir wallon possible qu’en France ?

Oui, mais au départ d’une union-intégration, avec statut particulier. C’est une formule que permettrait sans problème la Constitution française. Nous avons comparé, aux Etats généraux de Wallonie, les systèmes belges et français en matière d’enseignement, de santé, de législation sociale, de fiscalité, de justice. Il y a des divergences majeures qui empêcheraient une assimilation immédiate.

La France connaît en ce moment de grosses difficultés budgétaires. Pourrait-elle s’encombrer de la dette wallonne ?

L’économiste Jules Gazon a calculé qu’en 2010, on obtenait un solde net à financer pour la Wallonie, intérêts de la dette publique compris, de 9,074 milliards, soit 22% des dépenses publiques. Et il arrivait à 33% si la Wallonie était contrainte de refinancer sa dette avec un taux d’intérêt à 12%, pour reprendre l’exemple de la Grèce. Une situation proprement intenable au plan des finances publiques et qui ne permettrait pas l’émergence d’un Etat wallon indépendant. Mais il est évident que le contexte serait tout autre si la Wallonie intégrait la France. Non seulement, elle ne devrait pas affronter le scénario infernal du refinancement de la dette à des taux usuraires, mais son déficit se marginaliserait à l’échelle de la France. Et l’impact sur la dette et les besoins de financement de la République serait mineur et tout à fait tolérable. J’ajoute que la France, par cette opération, gagnerait – de manière tout à fait pacifique – un accroissement territorial et démographique, qui lui permettrait de réduire sensiblement son différentiel avec l’Allemagne et d’augmenter ses droits de vote dans les institutions européennes. La mariée, comme on dit, ne viendrait pas les mains vides.

Beaucoup de Wallons disent aimer la France, mais ne voudraient pas devenir Français…

Ces états d’âme disparaîtront très vite le jour où l’on sera le nez sur le mur. Car on percevra alors très vite le cadre dans lequel la population wallonne a le plus de garanties de s’épanouir.

Que vous inspire l’accession au trône de Philippe ?

D’aucuns se réjouissent de voir Philippe arriver à la tête d’une Belgique pacifiée. Or, cette accession au trône intervient à dix mois d’élections à très haut risque, qui pourraient compromettre la survie même du pays. Par ailleurs, la personnalité de Philippe est fortement controversée en Flandre où l’on n’a pas oublié ses écarts de 2004 (son irritation à l’égard du Vlaams Belang) et de 2007 (sa manière de tancer vertement deux journalistes flamands). D’où les mises en garde faites récemment par cinq présidents de parti flamands dans la lettre qu’ils lui ont adressée. Et Bart De Wever de résumer ainsi la situation : « C’est un secret de Polichinelle qu’à peu près aucun parti ne veut voir Philippe sur le trône. » Un Bart De Wever qui, comme la majorité de ses collègues, entend réduire la fonction royale à la portion congrue, strictement protocolaire.