Port d’Anvers .vlaanderen

Quand les yeux se détournent de la lumière aveuglante, on distingue mieux la réalité des choses. Après ce 21 juillet « historique », il faut réapprendre à voir clair dans les petites infos de la semaine. Voici deux infos relevées sur le site de La Libre, évidemment sans rapport avec le couronnement de Philippe, ni même avec la politique… du moins, pas directement.

BELGIUM ANTWERP HARBOR INFRABELLe port d’Anvers menacé, lisait-on ce mercredi dans la rubrique Economie. « La branche fret de la société de chemins de fer vient en effet de décider officiellement de fermer son ‘hub’ intermodal d’Anvers-Nord. Un site pour le moins important pour le tissu économique flamand puisque«  A vrai dire, ce n’est pas une petite info, si on touche au cœur économique de la Flandre. Anvers, c’est aussi Bart De Wever, prêt à sortir ses griffes quand les intérêts flamands sont négligés par le gouvernement fédéral. Se peut-il que la SNCB/NMBS se désengage ainsi du port d’Anvers ?

Plus loin dans l’article, on apprend toutefois que « …’si le gouvernement devait décider de prolonger les subsides pour le transport ferroviaire intermodal, le conseil d’administration a d’ores et déjà accepté d’annuler sa décision de mettre fin à l’exploitation du Main hub, précise Geert Pauwels, CEO de la SNCB Logistics ». Ah voilà, ce n’est qu’un moyen de mettre le gouvernement Di Rupo face à ses responsabilités. On allume la mèche et on engage le compte à rebours. Un courrier a été envoyé au ministre des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille (PS) et au secrétaire d’Etat à la Mobilité Melchior Wathelet (CDH). Deux francophones. La SNCB/NMBS, dont on connaît les difficultés financières et la propension à négliger la Wallonie, ne réclame ici que quelques millions de plus pour les mois à venir. Inutile de jouer avec le feu. Le gouvernement fédéral doit savoir que s’il a des économies à faire (avec une dette qui explose à nouveau), il a intérêt à ménager la Flandre. Affaire à suivre.

Cela mérite un commentaire. Il y a trois semaines, Le Vif/L’Express a donné la parole à des experts en noir-jaune-rouge qui soutiennent que l’éclatement de la Belgique est impossible. A côté des habituels Philippe Van Parijs et Vincent Laborderie, les joyeux auteurs de Good Morning Belgium, il y avait un invité-surprise : Christian Behrendt, dont l’argument se résume à ceci : « Le plus important, comme le disait Bill Clinton, ‘it’s the economy, stupid !…’ Il pourrait certes y avoir un jour une majorité de parlementaires disposée à soutenir ce genre de résolution. Mais le jour-même, il y aurait une réaction très vive des milieux économiques. » On l’a connu mieux inspiré, le professeur de droit constitutionnel à l’Université de Liège. Il semble au contraire que l’économie soit une source inépuisable d’arguments pour le nationalisme flamand. C’est sur ce terrain-là que le travail de sape de l’Etat belge est le plus efficace. S’il y a des freins au démembrement de la Belgique en Flandre, ils ne sont pas à chercher du côté de l’Unizo ou de la Voka. Quant à Geert Pauwels, CEO de la SNCB Logistics, il fait penser au Monsieur Jourdain de Molière : en menaçant le gouvernement Di Rupo de fermer son « hub » intermodal du port d’Anvers, il joue sans le savoir avec le feu communautaire (mais peut-être est-il très conscient de ce qu’il fait).

Illu: Young boys & their computerAutre info, pêchée cette fois dans la rubrique Cybermédia : Des sites .vlaanderen et .brussels dès septembre 2014. « Les extensions des noms de domaines ‘.vlaanderen’ et ‘.brussels’ devraient être opérationnelles à partir de septembre 2014. C’est une simple information donnée par l’agence Belga, sans développement ni commentaire. On y lit aussi que le « gouvernement wallon, en revanche, n’avait pas souhaité acheter l’extension ‘.wallonie’, invoquant notamment le coût d’une telle opérationEntre-temps, la Wallonie s’est également dotée d’un nouveau logo souligné par le nom de domaine ‘Wallonia.be’ qui profite de l’extension ‘.be’, plus connue internationalement. »

Inutile de revenir sur la polémique suscitée par la façon dont la Wallonie communique et gère son budget. Ce qu’il importe de voir ici, c’est que le gouvernement flamand n’hésite pas, lui, à dépenser de l’argent pour se défaire de l’extension « .be ». Comme toujours, la Flandre entend s’affirmer pour ce qu’elle est, tandis que la Wallonie se présente au monde comme une région de la Belgique, un pays dont la Flandre est l’élément dominant et… centrifuge. Autrement dit, loin de s’émanciper, la Wallonie se définit par son appartenance à un Etat fédéral en voie d’évaporation dont l’avenir dépend du bon vouloir d’une nation flamande de plus en plus consciente d’elle-même et soucieuse d’exister sur le plan international. Ce déséquilibre est préjudiciable à la Wallonie et on ne fait que le renforcer quand on exalte le sentiment national belge dans les médias francophones. A quand une extension « .fr » pour donner une visibilité plus grande à la Wallonie ?

Georges R.

3 réflexions sur « Port d’Anvers .vlaanderen »

  1. « A quand une extension « .fr » pour donner une visibilité plus grande à la Wallonie ?  » mais lorsque le parlement croupion et le président d’opérette de Wallonie décideront et voteront ce choix; ils en ont le pouvoir légal.

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