« Belgium is back »

Non la Belgique n’est pas morte, elle était même de retour au Forum économique mondial de Davos : « Belgium is back ». Puisque la bourse est née en Flandre à la fin du Moyen Âge Di Rupo, Davoset qu’à défaut d’une identité véritable, la jeune Belgique s’est affirmée au XIXe siècle par la vigueur de son capitalisme, il était permis à Elio Di Rupo de vanter la soumission des autorités belges au monde des affaires en proclamant « Belgium is back ».

Belgium is back : pas la Belgique de papa mais celle des businessmen du monde entier. Pour rappel, dans son discours d’investiture, le président Reagan avait pour sa part déclaré « America is back ». Avec cette référence ultralibérale et la promesse de quelques avantages financiers, le message du Premier ministre au Forum économique mondial de Davos avait tout pour séduire des investisseurs potentiels, du moins en paroles, certains se réjouissant d’un « breath of fresh air », comme on peut le lire sur le site de l’AWEX.

Il est dommage que Lakshmi Mittal ait choisi le même jour et le même lieu pour annoncer le sien, de message, avec moins de grandiloquence et plus d’effet, malheureusement. Mais le couperet qui tombe sur la sidérurgie liégeoise, c’est une autre histoire. Après tout, Mittal pourra confirmer la bonne volonté des autorités belges. On ne peut pas reprocher au chef du gouvernement de s’adapter au contexte économique international, ni d’attirer l’attention sur le pays qu’il représente (n’en déplaise aux mauvaises augures annonçant la disparition prochaine de la Belgique, « Belgium is back » -à répéter sans modération), ni de vouloir apparaître comme le Premier ministre de tous les Belges, sachant que le socialisme n’a pas la cote en Flandre. Elio Di Rupo relève tous les défis. Cherche à plaire à tous les publics. Fait son chemin dans le monde. Pour un peu, on lui reconnaîtrait la stature d’un homme d’État, car« Belgium is back », vous vous rendez compte ?

G.R.

2 réflexions sur « « Belgium is back » »

  1.  » Avec cette référence ultralibérale et la promesse de quelques avantages financiers, le message du Premier ministre au Forum économique mondial de Davos avait tout pour séduire des investisseurs potentiels,.. » (G.R.)

    Une question alors: combien de temps la Belgique de Di Rupo, d’Albert II mais aussi de Reynders pourra-t-elle tenir le grand écart entre les intérêts notionnels et la désertification industrielle de la Wallonie ?

    S’il est nécessaire de quitter l’industrie des 19e et 20e siècles en vue d’un rédéploiement adapté au 21e siècle, à quoi servent le PS et les syndicats s’ils sont incapables d’encadrer l’opération?
    A quoi servent le gouvernement fédéral et les gouvernements régionaux s’ils attendent tout du privé (international ou intérieur) sans collaborer à une politique industrielle réfléchie conjointement. Nous ne sommes pas en Grande-Bretagne où on use tout jusqu’à la corde pour le jeter ou l’abandonner une fois que cela ne rapporte plus, mêmes les Etats-Unis n’agissent plus aussi aveuglément.

    Mais  » Elio Di Rupo relève tous les défis. Cherche à plaire à tous les publics. Fait son chemin dans le monde. » (G.R.)

    Si les Wallons ne s’aperçoivent pas encore que leur Pinocchio montois n’a de socialiste que la carte du parti, tout comme leur nouvelle vedette Magnette d’ailleurs, alors Mittal et ses confrères ont encore de généreux bénéfices à réaliser sur leurs dos. D’autant plus que le « breath of fresh air », de l’AWEX se traduit toujours en Belgique fédérale par « geen cent meer voor de Walen ». Aux journaux télévisés, après le coup de Mittal à Liège, ni la RTBF ni RTL ne purent dissimuler l’absence des parlementaires de Flandre et leur désintérêt total pour la Wallonie lors du discours de Di Rupo à la Chambre.

    Di Rupo ressemble à Mittal comme un frère jumeau; quand les Wallons le constateront-ils ?

    J’aime

  2. Comparer Di Rupo à Mittal, comme vous y allez…
    En terme d’investissements, la Belgique est historiquement l’inventeur de la banque universelle. Et oui, soyez fiers de vous, chers amis Belges (je suis Français :-)…)!
    Plus sérieusement, depuis le démantèlement de la Société Générale de Belgique, j’ai l’impression que la Belgique n’a plus de stratégie industrielle en tant qu’Etat-Nation. C’est bien cette banque qui a investi pendant près d’un siècle et demi en Wallonie dans la sidérurgie et qui,par la suite, qui a financé les infrastructures et autres industries flamandes à partir du milieu du vingtième siècle. Ce faisant, elle a bouleversé l’équilibre précaire qui régnait dans le royaume entre Flamands et Wallons. La différence, c’est que là où les Wallons ont préservé l’unité du pays malgré des velléités de fédéralisme (cf Mouvement Wallon), les Flamands veulent tout garder pour eux…
    Nul ne mesure encore combien la disparition de la Générale de Belgique a contribué à précipiter le pays dans le chaos. Ce n’est pas un regret, mais aucun autre entité (surtout pas l’Etat belge) n’a pu la remplacer pour financer les investissements utiles au pays. A la place, il y a trois entités qui se font une concurrence, voire une guerre économique coûteuse et mortifère, surtout pour la Wallonie et Bruxelles (25 % de chômeurs dans le siège des institutions européennes)…
    Les Flamands refusent d’aider leur compatriotes Wallons (qu’ils considèrent comme des étrangers ennemis), et il ne s’en faudra pas de beaucoup pour que naissent un profond ressentiment des Wallons à l’égards des Flamands, qui pourrait déboucher sur un conflit destructeur!
    Je suis un grand naïf, et peut-être que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais j’ai la même sensation que celle de regarder un couple d’amis en train de disputer en public et qui ne s’entendent absolument plus: de même qu’on peut se poser la question du divorce, ne serait-il pas temps de déclarer enfin que ce pays est mort?

    J’aime

Laisser un commentaire