dimanche 14 octobre 2012
UN DISCOURS ROYAL
Encore un majordome ?
Un vent favorable (facétieux) a déposé sur mon bureau l’avant-projet d’un discours qui, lorsqu’il sera prononcé par le mystérieux monarque d’un pays voisin, ne manquera pas d’être qualifié d’historique…
Je vous en ai réservé la primeur.
Michel Lemmens
« Mes chers compatriotes,
« La Reine et toute notre famille se joignent à moi pour vous souhaiter une heureuse et prospère année 20**, dans la paix sociale et institutionnelle et dans un renouveau de l’économie mondiale dont vous avez toujours été capables de recueillir les bienfaits.
« Le protecteur des institutions, sinon Père de la Nation, que fait de moi la Constitution ne peut que se réjouir en constatant que le fossé qui s’est creusé entre la V** et la W** n’a jamais donné lieu aux violences qui ont dévasté tant de nations durant les deux derniers siècles de l’histoire européenne. Sans doute le nationalisme des uns ou des autres n’était t-il pas aussi toxique que le proclamaient ses critiques ?
« On peut en tout cas y voir la preuve du légendaire bon sens des B**, connus mondialement pour leur pragmatisme grâce auquel ils admettent sans peine que la situation est désespérée mais pas grave; avis que je partage entièrement.
« Les nombreux gouvernements dont vous avez, au fil des décennies, doté notre pays ont, suite aux récentes élections, décidé de consulter la population sur la question de l’avenir que vous souhaitez donner à la B***
« Il est en effet désormais parfaitement établi et reconnu que le gouvernement de la V** entend suivre une voie institutionnelle incompatible avec la volonté, tout aussi claire, de la W*** qui veut ne pas renoncer à des garanties indispensables au maintien du niveau de vie de ses habitants.
« La Consultation populaire, rédigée dans des termes actuellement débattus devant vos divers Parlements, permettra de savoir avec certitude si les citoyens de B*** désirent ou non, sont prêts ou non, à accepter une transformation du pays en une confédération de plusieurs États indépendants unis par des traités de portée internationale librement négociés.
« De votre réponse à cette question dépendra l’avenir de la B***, et le mien. Car je ne suis pas seul à penser que les projets des uns et des autres ne sauraient fonder des traités qui restaureraient une union qu’une Constitution plus que centenaire et dix fois réadaptée n’a pu empêcher de se dissoudre et qu’il serait ainsi mis un terme à mon règne.
« Si nos destins devaient se séparer, je renoncerais sans amertume à un trône devenu sans objet et à une monarchie qui ne serait plus désirée que par une minorité nostalgique uniquement intéressée par la conservation de quelques privilèges.
« Je resterais reconnaissant à la B***, à mes prédécesseurs et à ses gouvernements de m’avoir assuré, grâce à leur générosité, la préservation d’un patrimoine qui assure à notre famille une durable prospérité.
« Nous rejoindrions alors l’agréable société des Rois et Princes sans trône, des Romanoff, Hohenzollern et autres Bourbon, sans avoir eu à souffrir des sanglantes péripéties qui ont accompagné certaines fins de règne. Cette fois encore, la B*** aurait su éviter de funestes violences.
« Nous pourrions ainsi envisager l’avenir serein car apaisé dont la B*** a tant manqué ces dernières années et qui lui a coûté si cher en temps et en imagination pour de vains efforts destinés à sauver ce qui ne devait pas l’être.
« Mes chers concitoyens, je vous souhaite à nouveau etc… »