« Y a-t-il un leader wallon dans la salle ? »

Kroll dans le Soir, mars 2012

Le sondage « La Libre – RTBF » donne la N-VA à plus de 40 % des intentions de vote, score qui dépasse l’addition des intentions de vote du CD&V, du S.P.a et de l’ Open VLD (37,5 %). Malgré cela, le Vlaams Belang reste à plus de 10 %… !

Devant ce résultat, le fait que le M.R. devienne le premier parti à Bruxelles, que le divorce F.D.F. – M.R. ait profité aux deux partis (le F.D.F. est à plus de 10 %), qu’en Wallonie, le P.S. reste en tête devant le M.R., qu’Ecolo stagne et que le C.D.h. avec son fameux slogan « L’union fait la force » dégringole ne devient-il pas anecdotique ?

Mais quand nos médias vont-ils aider les Wallons et Bruxellois à sortir la tête du sable, là où ils les ont plongés ?

Quand vont-ils cesser de rêver à cette Belgique fédérale dont les Flamands ne veulent plus ?

Quand les responsables politiques de Wallonie et de Bruxelles vont-ils penser à un véritable plan d’avenir qui tienne compte de l’arrêt, à court terme, de la solidarité de la Flandre ? A quand un vrai projet chiffré pour la Wallonie et pour Bruxelles ?

Il y a urgence plus que jamais à voir des dirigeants wallons et bruxellois courageux se lever pour parler vrai à leurs concitoyens et agir en conséquence. Et que M. Deleuze, co-président d’Ecolo, cesse de nous servir son plat de collaboration avec « Groen ». Que représente  ce dernier parti dans le paysage politique flamand ?! 

Un plan pour 2022 n’est-il pas surréaliste ? Ce qu’il faut dès maintenant, c’est établir un plan pour 2014, date des élections fédérales et régionales car là, les conséquences du vote flamand  auront un impact autrement sérieux pour notre avenir que ne le seront les résultats d’élections communales et provinciales. 

                                                                                                 Paul Durieux 

La réaction de BEATRICE DELVAUX au dernier sondage politique

Chronique publiée à la fois dans le Standaard et dans le Soir.

« Elio mesure-t-il bien ce que veut le peuple flamand ? La clarté maintenant n’est-elle pas aveuglante sur l’évolution de l’opinion en Flandre ? Et dès lors le moment n’est-il pas venu de nous demander : que voulons-nous ? Il faudrait avoir peur de perdre 15 % de richesse en cas de rupture ? Quel sens y a-t-il à proférer cette menace ? La question que nous devons nous poser reste politique : vers quoi allons-nous ? » Cette incantation, c’est Guy Spitaels, Dieu aujourd’hui défunt, ex-patron tout puissant du PS et ensuite de la Wallonie, qui l’a prononcée il y a un an exactement.

A 80 ans, alors qu’il souffrait d’une tumeur au cerveau, il était sorti de son silence politique pour dire dans une toute dernière interview au Soir, aux francophones, socialistes et libéraux en particulier, qu’il était temps qu’ils se bougent. Son idée à lui, c’était que la Belgique avait fait son temps et qu’il fallait passer à autre chose pour les Francophones dès lors que, pour les Flamands, ce ne serait jamais assez. Spitaels avait d’ailleurs mis en garde Elio Di Rupo, alors en pleine négociation comme formateur : « Ça va recommencer dans un an et demi. Vous achetez l’armistice pour 18 mois : c’est non ! »

Depuis ? Spitaels est mort, sans que son testament politique ait trouvé d’exécuteur. Quelques essais de « Plan W » – Plan Wallon –, ont bien été tentés, par le groupe Marcourt & Co, provoquant plus de disputes et autres chamailleries intra socialistes, wallons et bruxellois, que de réunions stratégiques pour l’avenir. Rudy Demotte, président de la Région Wallonne, embraye aujourd’hui avec son plan Wallonie 2022. Mais au delà, rien.

Ils sont plus d’un à s’en inquiéter off the record. D’autant plus lorsqu’ils constatent la « monarchisation », la posture royale d’Elio Di Rupo. Ce commentaire est né dans la bouche de l’analyste politique Vincent De Corebyter, directeur du Crisp, qui n’est pas du genre à lancer des boutades. Depuis, il est repris partout. Jusqu’au caricaturiste Kroll qui a remis symboliquement dimanche à Di Rupo un dessin le représentant avec le drapeau belge en guise de traîne, une couronne sur la tête. Di Rupo lui s’agace : « Un Roi, nous en avons un et il remplit très bien son rôle. Moi je fais mon travail ».

Reste que pour beaucoup, le fait que Di Rupo fasse littéralement corps avec ce pays, permet de conclure : 1) qu’il ne sera pas prêt de travailler à son détricotage, ou en tout cas au plan « Larguons les amarres » des Francophones, Wallons et/ou Bruxellois ; 2) que pas grand monde au PS n’osera commettre un crime de lèse Belgique qui devient désormais un crime de lèse majesté puisque c’est un crime de lèse Elio.

Mais qui, alors, va prendre en main le futur des Francophones sans les Flamands-qui-ne-veulent-plus-de-nous ? Personne en vue et cela commence à en inquiéter plus d’un. Car le temps passe et pour beaucoup, au sud du pays, le 10 octobre 2012 nous rapprochera d’un grand coup de 2014. Et, dans les deux cas, du méga risque de la méga bombe nucléaire : le sacre de la N-VA et de son leader Bart De Wever qui, on le sait, n’a pas mis la Belgique au menu de son régime minceur.

Tous en coulisses s’accordent à reconnaître que la seule initiative jouable doit venir d’un président fort du Parti socialiste. Autant dire pas le virtuel (Thierry Giet), pas l’ »actuel » (Elio), pas non plus le trop wallon (Marcourt). Un seul nom émerge et recueille les suffrages, dans et en dehors du parti : Laurette Onkelinx. Elle aime le pays mais n’a pas peur des réformes. Elle comprend les enjeux bruxellois et wallons et peut, si elle est convaincue d’un projet, se battre comme une lionne pour le faire advenir. Elle seule, pourrait assurer ce boulot sans donner l’impression de poignarder le Roi Elio. Et elle a gagné la confiance d’autres présidents de parti. Onkelinx est de parole : cela s’entend beaucoup ces derniers temps.

Alors debout, les Francophones ? Les mois qui viennent diront qui de Spitaels ou des Belgoptimistes ont eu raison.

Une réflexion sur « « Y a-t-il un leader wallon dans la salle ? » »

  1. L’analyse est excellente et la situation cruciale mais, comme wallon, quelle confiance puis-je placer en Laurette dont le job, depuis des années, au PS est de précipiter les liquidations en tous genres ? Ah! Ce serait peut-être différent si François Hollande prenait une position gaulienne à l’attention de la Wallonie et de Laurette.

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