Pascal De Sutter persiste et signe.

Récemment, dans Le Vif/L’Express, Pascal De Sutter parlait d’une Belgique à la flamande. Il voulait montrer comment, dans l’opinion flamande, la Belgique et le nationalisme flamand pouvaient s’entremêler.
Cette chronique a manifestement fait polémique. Quand il s’agit de la Belgique, « l’amour sacré de la patrie » ne laisse aucune place à la réflexion critique. Accusé d’être un « nationaliste francophone », Pascal De Sutter a voulu enfoncer le clou.
Extrait choisi (texte intégral à lire dans Le Vif/L’Express) :

(…) Désormais, tout francophone qui est fatigué des revendications flamandes et qui se dit que finalement une séparation à l’amiable vaut mieux qu’une union conflictuelle serait classé « nationaliste francophone ». Tout francophone qui ose se plaindre de la mainmise flamande sur l’armée, la diplomatie et l’ensemble des hauts postes de l’Etat fédéral serait étiqueté « nationaliste francophone ».

Charles de Gaulle disait : « Le patriotisme, c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres. » Pour ma part, je ne déteste ni la Flandre, ni les Flamands. J’aime la Flandre et les Flamands. Et j’aimerais d’ailleurs pouvoir un jour y faire du tourisme en y étant aussi bien accueilli qu’un Français, un Britannique ou un Allemand. J’ai aimé la Belgique. J’ai eu les larmes aux yeux, au garde-à-vous, en entendant la Brabançonne. Mais la Belgique de papa n’existe plus. Et la nouvelle Belgique dominée par une majorité qui respecte de moins en moins sa minorité ne me convient pas. Ce n’est pas le délire paranoïaque d’un nationaliste francophone. C’est le constat porté par la Cour européenne des droits de l’homme, la Commission européenne et même les Nations unies sur l’attitude de la Flandre vis-à-vis de ses minorités.

Dans cette logique, je disais que les francophones qui veulent absolument conserver une Belgique unie devaient petit à petit se faire à l’idée que ce serait une Belgique à forte coloration flamande. Certes, l’on pourra toujours librement parler français à Liège ou à Namur, mais il faudra avoir un CV purement néerlandais pour accéder à une fonction de quelque importance au sein de l’Etat fédéral. Comme ce fut autrefois le cas durant la période de l’union avec les Pays-Bas. Les Belges d’alors (y compris les Flamands) étaient des individus de deuxième catégorie. Pour ma part, je n’ai tout simplement pas envie de vivre dans un pays où mes enfants n’auraient plus accès aux meilleures fonctions de l’Etat parce qu’ils ont le malheur d’avoir été éduqués en français. Je respecte les ambitions flamandes, mais je n’ai pas envie de m’y soumettre. (…)

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