Dans une chronique politique diffusée aujourd’hui sur la Première, Edouard Delruelle, philosophe, professeur à l’Université de Liège, directeur du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, a réagi au rapport des députés français Robert Lecou et Jean-Pierre Kucheida sur la situation politique en Belgique. Son point de vue est à lire ici.
Monsieur Delruelle esquive volontairement un détail à savoir le coût insupportable pour la Wallonie du Gargantua politique qui vit, présentement, à ses dépens. Dans une Wallonie indépendante ou confédérale où le peuple perdra 20% de son avoir vital, ne pensez-vous pas que les prébendes des « copains les moins importants » ne passeront pas à la trappe ? A mon avis, Monsieur Delruelle pourra dire adieu à son emploi inutile. Bien sûr qu’il existe, au parlement et au sénat, une « bonne entente » entre les représentants politiques de tous bords et de tous les points cardinaux mais en réalité cette « camaraderie » de façade ne sert qu’à abuser le bon peuple. Que dit-on des Wallons dans les bureaux des partis flamands, toutes opinions confondues ? Il suffit de lire la bonne presse de Flandre pour s’en faire une idée. Monsieur Delruelle peut toujours rêver; qu’il relise l’article premier de la charte de la NVA avant d’aller dormir !
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De dire que les partis traditionnels francophones resteront scotcher à la Belgique le plus longtemps possible pour profiter des prébendes est une réalité. La crainte, c’est que les flamands continuent à offrir aux mandataires wallons ces avantages pour nous empêcher de devenir français, un peu comme les pays du Nord font avec les dirigeants des pays du Sud pour pouvoir avoir accès aux ressources. C’est ainsi que la Wallonie risque de devenir une forme de Colonie de Flandre…
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Pour rappel, même De Wever trouve insupportable qu’Elio Di Rupo se soit montré en France au côté de François Hollande pendant la campagne présidentielle. Le rêve profond de la Flandre, c’est une Belgique flamande, avec une Wallonie, d’abord forme de Colonie, et en voie de flamandisation avec le temps… Vieux rêve de Jooris Van Severen…
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« La Fin de la Flandre belge », Céline Préaux, Ed. Avantpropos. L’ouvrage de Madame Préaux se révèle captivant à lire. L’auteur, pour une question de documentation, n’ a pu traiter que les fransquillons anversois. Au fond, c’est une chance, parce que Gand, Bruges et Courtrai appartiennent à un passé médiéval. Mais, Anvers fut la première capitale de l’Union d’Utrecht soit le territoire comprenant grosso modo l’actuel Royaume des Pays-Bas et l’actuelle Région flamande, fin du 16me siècle avant sa capitulation en 1585 devant les troupes de Philippe II. Pour la première fois, l’usage du français fut bannis au profit du néerlandais lors des assemblées des Etats Généraux. Or, dans les Pays-Bas Habsbourgeois, les « députés » nobles pratiquaient obligatoirement le français. Au vingtième siècle Anvers redevenait une capitale, la « capitale de Flandre », le foyer et le moteur de l’émancipation flamande. C’est à Anvers que le sort des fransquillons et de la société belgique se régla ! C’est à Anvers que les ténors du Mouvement flamand affirmèrent « qu’Anvers ne laisserait pas tomber Bruxelles ». Le livre de Madame Préaux éclaire ainsi tout l’intérêt et toute l’importance de la lutte que mène la NVA pour la « prise » d’Anvers en prévision des élections d’octobre 2012. Sans minimiser la symbolique de 1302 pour les Flamands, la conquête d’Anvers par la NVA devrait tourner une page bien plus puissante symboliquement tant pour la Flandre que pour la Wallonie. Philippe II ne put arracher le comté de Flandre et le duché de Brabant à l’Union d’Utrecht qu’avec l’aide financière et militaire des Wallons de l’Union d’Arras. Le drame de « l’horrible et sanglante déchirure » en 1585 appartient au passif des Wallons. La Belgique naîtra d’un charnier ! Cela m’étonnerait que Monsieur Bart De Wever ne l’ait pas étudié ? Cela dit faut-il pleurer sur le sort des fransquillons ? Non! Tout d’abord, ils rêvaient d’une « société belge flamande de langue française », soit une communauté flamande et une communauté wallonne chapeautées par la « classe supérieure » des fransquillons, détenteurs de tous les pouvoirs. Le malheur, pour nous Wallons, voulut que nos représentants politiques et nos industriels se firent embobeliner par les dits fransquillons. Je n’en dis pas plus, l’ouvrage de Madame Préaux a droit à une place de choix dans une bibliothèque. Au fait, l’Université de Gand fut néerlandisée et débarrassée des francophones, l’université de Louvain fut néerlandisée et débarrassée des wallons, Anvers obtint son université, Bruxelles possède la VUB; la Flandre exigera-t-elle le déménagement de l’ULB en Hainaut ? Pour Charleroi, voilà une aubaine de récupérer une université qui a drainé depuis plus d’un siècle des milliers d’étudiants hennuyers qui souvent s’installèrent à Bruxelles au désavantage de leur province et de la Wallonie. La bourgeoisie bruxelloise est, en grande partie, la bourgeoisie wallonne qui fit, et fait toujours, défaut au Hainaut.
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