Jeunes Wallons : l’appel du 1er mai

Le journaliste Pascal Seret donne la parole à Jules Gheude dans « Vers l’Avenir » (lien).

Jules Gheude compte mobiliser les jeunes Wallons via les réseaux sociaux.

Et si les jeunes Wallons se mobilisaient pour leur Région ? Et pourquoi pas ce 1er mai ? L’idée doit faire son chemin sur les réseaux sociaux.

«Notre personnel politique manque de charisme. Les plans successifs ne mobilisent pas en Wallonie. Il faut faire passer un souffle créateur sur notre région. Il n’y a que les jeunes pour nous en sortir. Si la jeunesse capitule, c’est foutu !»

C’est un jeune… retraité qui parle. Jules Gheude est officiellement à la pension depuis quelques mois. L’ancien enseignant proche de François Perin écrit toujours. Et il coordonne les travaux du Gewif (Groupe d’Études pour la Wallonie intégrée à la France).

Il observe depuis des années le nœud communautaire belge. Et, comme d’autres, il estime quela Wallonie ne remportera pas le fameux défi de 2022, quand les transferts flamands s’épuiseront. Jules Gheude pense même que les Wallons n’ont peut-être même plus 10 ans devant eux.

1. BHV : ça craint. «Je crois que les élections communales d’octobre ne seront pas sans incidence sur la coalition au fédéral. On s’imagine que le dossier BHV est réglé. Mais je ne suis pas sûr qu’on ait bien tout bétonné jusque dans les détails», glisse Jules Gheude. Il note que les interprétations commencent à diverger sur ce qui a été négocié. Et aussi que les éditorialistes flamands parlent d’un travail fait à moitié, qui sera à l’origine de nouveaux problèmes communautaires. «D’autant que la mouvance nationaliste poursuit son ascension. Et je crains vraiment un regain de tensions dans la périphérie à l’approche des élections. Voire des violences», dit-il gravement. «On n’imagine pas que le scrutin de 2014 va arranger les choses non plus.» C’est, entre autres, ce qui lui fait dire que la scission n’est plus très loin.

2. Si la Flandre largue les amarres… On en a fait déjà, des scénarios sur une scission du pays. Mais le jugement de Jules Gheude sur la trajectoire wallonne est sévère : «De 1980 à 2012, qu’a-t-on fait de nos compétences ? On ne voit aucun signe de redressement notoire», dit-il. Le chômage ? «Il baisse, oui. Mais il est toujours deux fois plus important qu’en Flandre». Les investissements étrangers ? «On cite toujours les mêmes : Microsoft, Johnson & Johnson, Google. C’est bien mais on doit miser sur un réseau dense de petites et moyennes entreprises, innovantes, performantes et… non délocalisables.» Selon lui, le ministre-président flamand Kris Peeters «n’a que faire de l’échelon fédéral et des autres entités fédérées. Il entend se profiler clairement comme le chef d’un État flamand souverain. Il faut se préparer activement à l’envol prochain de l’État-Nation “Flandre”».

3. La dette. Selon le coordinateur du Gewif, en cas de scission, «on se retrouverait seul face à une situation effrayante. Selon les critères du PIB, en 2010, le solde à financer pour la dette propre à la Wallonie ajoutée à la part de la dette belge revient à 9,074 milliards €. Soit 22 % des dépenses publiques wallonnes. Mais on se base sur un taux d’intérêt appliqué en 2010 à l’État belge, soit 3,6 %. En cas de scission, le taux serait différent. Mettons 12 % pour rester raisonnable. On se retrouverait sans doute avec plus de 15 milliards à financer, soit 37 % des dépenses publiques wallonnes. Une catastrophe !»

4. Les jeunes ! «Je voudrais profiter du 1er mai pour lancer un grand rassemblement des jeunes de Wallonie sur le plateau de la Citadelle à Namur, à 11 h. Toutes tendances, tous partis confondus, avec comme seul thème le sauvetage de leur région. Il faut leur dire : “Engagez-vous ! Mobilisez-vous ! Forcez vos responsables politiques à cesser leurs jeux partisans !”» Jules Gheude compte sur Facebook et Twitter pour battre le rappel. Mais comment mobiliser une partie de la population qui veut bien s’indigner, mais a priori pas pour une cause régionale ? «Ils ne se mobilisent pas parce qu’on leur tient un discours trompeur. Or, ils ont droit à la vérité. Il est temps !» Et après ? «J’espère que ça ne restera pas sans lendemain. On aura essayé…» Naïf ? «On peut parfois l’être», sourit-il.

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