Amis du Soir, bonsoir !

La pièce n’est pas finie, aussi n’allons-nous pas nous lever, applaudir, siffler, jeter des tomates ou verser des larmes…

Il nous suffit d’observer la scène où s’agitent les acteurs politiques empêtrés dans les contradictions de la démocratie belge, exposés à l’incompréhension générale, au ras-le-bol d’une opinion publique elle-même divisée, avec une gauche essentiellement wallonne qui refuse les diktats de la droite et une droite flamande qui se crispe à l’idée d’être encore une fois l’otage de la FGTB, alors que l’Europe et le monde de la finance confortent la position de Bart De Wever, prêt à renoncer à de trop maigres acquis communautaires pour boucler un budget rigoureux dont la note serait payée, avant tout, par ces assistés wallons que la Flandre exècre : cela fait 526 jours que cela dure, avec une tension qui s’abîme dans la lassitude.  

Usés, l’optimisme de la volonté, la volonté de l’optimisme, l’autosuggestion, l’autohypnose et  l’euphorie artificielle. Le journal Le Soir, devenu Belgique-Soir au chevet d’un pays malade, en arrive à se demander si, vraiment, la Belgique a encore un sens. L’émotion le dispute à la pédagogie. A la une, un seul titre : un pays brisé, sur fond noir, très noir et très brisé. Béatrice Delvaux, qui alterne avec plus ou moins de bonheur les douches froides et les bains chauds, se lâche : «Assez !!!», écrit-elle avec trois points d’exclamation. «Nous allons en arriver à cette conclusion : la séparation du pays s’impose. Car vous nous donnez désormais la preuve que ce pays est brisé, incapable d’être gouverné, tant ses fractures gauche-droite, francophones-flamands, régionales-fédéral sont béantes. Profondes. Et comme ces clivages se superposent parfaitement, la seule leçon que les hommes politiques démocrates et unitaristes nous forcent à tirer sera donc que ce pays ne peut plus être.»

Si c’est elle qui le dit…

G.R.

Pour l’édito de Béatrice Delvaux : ici.

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